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Divergences, Revue libertaire internationale en ligne
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Jean-Manuel Traimond. Photos Christiane Passevant
Saint-Nicolas du Chardonnet
Un guide méchant [et parfois moche] de Paris
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Centre de lutte contre les instituts de malice

Le promeneur curieux lira, dans cette église occupée par les catholiques traditionalistes de Paris, des livres tels que l’Abrégé de Démonologie, de Jean Vaquié (éditions Sainte Jeanne d’Arc). En voici un résumé, présenté par Horace Léon dans Les Voies du Seigneur, tome IV, Impasses : « Le Psalmiste nous enseigne que toutes les voies du Seigneur sont miséricorde et vérité.

La vérité de Dieu, c’est sa justice, c’est sa rigueur.

La miséricorde de Dieu c’est sa dilection, sa prédilection, sa condescendance.

L’homme est une créature issue de la pensée de miséricorde, une preuve en étant que les hommes sont rachetés.

La rigueur de Dieu, elle, a engendré un autre type de créatures : les anges. Les anges, l’étymologie l’atteste, sont les messagers de Dieu. Ils sont les instruments de sa vérité, non de sa miséricorde, ce qui explique pourquoi les anges rebelles ne peuvent être rachetés.

Ils sont d’une substance spirituelle simple, au contraire des hommes encombrés de leurs corps, de leurs passions, de leurs humeurs. Messagers, instruments de Dieu, destinés à être rapides, exacts, efficaces, les principales vertus de l’esprit des anges sont la promptitude et la rectitude. Depuis leur Création, et jusqu’au Jugement Dernier, les anges sont, disent les théologiens, en « état de voie », comme les hommes : tirés du néant par Dieu, ils pourraient fort bien y revenir. A la création de l’homme, Dieu montra aux anges, par anticipation, ce que serait le Médiateur Universel entre la création et lui : notre Seigneur Jésus, Dieu mais homme aussi. Et il leur montra sa mère : la Vierge Marie, Reine des Anges. Dieu montra à ces êtres en état de voie, l’être dont ils devraient recevoir la grâce nécessaire à leur sanctification, les deux êtres qui seraient désormais les intermédiaires privilégiés entre la création et l’Éternel.

Bref, il montra aux hiérarchies angéliques qui les détrônait.

Quel choc pour le Prince des anges, Lucifer, le porte-lumière ! Lui qui résidait jusque-là au sommet spirituel, il lui faudrait s’abaisser, non seulement devant une autre créature, mais une créature d’argile, matérielle, dont la chair au moins serait obscure. Sans parler de la Vierge, seulement humaine. Le vrai mystère est que l’intelligence angélique, toute promptitude et toute rectitude, a dû apercevoir sur-le-champ les conséquences de l’insubordination. Pourtant l’orgueil a été le plus fort. Lucifer a lancé son « non serviam », dont le puissant écho torture, depuis, sans relâche les âmes des nations. Lucifer, conscient de sa force, de sa puissance, de sa splendeur, agit alors comme agiront plus tard les révoltés terrestres. Il part plaider sa cause, convaincre, séduire, comploter. Lucifer est le premier chef de parti. En bon chef de parti, il veut enrôler le plus de partisans possibles : Kérubims brûlant de l’amour de Dieu, Séraphims pleins de la science de Dieu, trônes, dominations, vertus puissances, principautés, archanges et anges reçoivent sa visite. Lucifer devient le premier des « astres errants auxquels l’obscurité des ténèbres est réservée pour l’éternité ». Car après l’insubordination, voici la seconde marque des réprouvés, l’instabilité. L’abandon des demeures, l’errance incessante, le goût pour la poussière des chemins plutôt que pour le grain du foyer, voilà l’un des signes de l’esprit mauvais. Le sage ne se tient-il pas lui « sous son figuier » ?

N’est-ce pas la non-résidence des évêques dans leurs cathédrales, des abbés dans leurs abbayes, des nobles sur leurs terres qui annonça les Troubles ? N’est-ce pas la non-résidence des mères dans leur foyer et des peuples dans leur patrie qui témoigne des malheurs du temps ? »



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