Les bios des premier·es abonné·es à cette liste de discussion.
Martin
Qu’est-ce qu’être anarchiste veut dire pour moi ? (j’ai beaucoup aimé les biographies de chacun... même si j’ai perdu les codes pour y accéder sur Divergences ; peut-être serait-il intéressant de repartir une bonne fois de cette question : si vous l’êtes, en quoi cela consiste ?).
1. Être anarchiste, c’est d’abord pour moi une découverte, un "non possum", un "Je-ne-peux-pas" : je ne pouvais pas le QR-code à l’entrée des cafés, ni la pré-inscription aux offices religieux, ni me faire contrôler par mon semblable... La transcription de la présence humaine en un ensemble de signaux (et bientôt celle du visage en reconnaissance faciale) est une expérience impossible. Mes textes anarchisants (le prologue de Marcher la nuit, Faire face, des articles ici et là) datent surtout de là. J’ai un moment cru (il y a dix-douze ans, sous l’influence de la pensée de Hegel) en l’Etat comme lieu de réalisation paradoxale de la liberté. Je mesure aujourd’hui l’écart qui me sépare du jeune professeur que j’étais.
2. Être anarchiste, c’était déjà, en amont, une analyse du Léviathan (c’est-à-dire de l’Etat moderne). Il m’apparaît aujourd’hui comme un principe d’im-munité, visant à détruire la co-munauté (sur cette distinction, cf. texte ci-dessous). En cela,mes sources anarchistes sont moins Stirner ou Proudhon, que Giorgio Agamben, Roberto Esposito et William Cavanaugh (mais aussi Simone Weil, Jacques.Ellul, Pierre Clastres, Michel Henry). Mais c’est par le hasard de mes lectures... Il faut que je me mette aux anciens.
Le Léviathan montre qui il est, de jour en jour plus férocement. Je vois surtout l’anarchisme comme un pas de recul, comme une critique (par la pensée et par la vie) du Léviathan (celui que Hobbes décrit prépare le totalitarisme : dans le frontispice qu’il fait graver pour la couverture, la place de la Maison Commune comme le parvis de l’église sont déserts, seuls peuplent les rues quelques hommes dont le masque en bec de canard rappelle celui que portaient la police sanitaire lors de la peste... La vérité de l’Etat, c’est le confinement).
Je crois que la puissance étatique qu’il nous est donné de saboter (pour son bien propre) va, si l’on n’y prend garde, tout naturellement vers le totalitarisme (comme l’argent va de son propre mouvement à la finance - comme toute chose, qui n’est pas retenue humainement, finit par vivre sa vie et exiger le sang de la nôtre). Ci-dessous un article sur ce qui oblige l’Etat (et que nos constitutions ne nomment pas vraiment) :
https://le-verbe.com/idees/les-antecedences-ce-que-letat-peut-et-ne-peut-pas/
3. Être anarchiste, c’est donc être critique des espoirs humains qui grossissent la puissance de l’Etat.
Être anarchiste c’est me méfier des processus d’objectivation de ma puissance propre. L’Etat moderne, comme la Technique d’ailleurs, vivent de la délégation par quoi on en arrive à demander (voire à supplier) un être extérieur de faire mieux que soi ce que seul on peut faire adéquatement (penser, construire, se soigner, éduquer...). Même la mort (ce par quoi chacun échappe au monde) finit par être déléguée : l’euthanasie que l’on va voter la larme à l’oeil, croyant avoir donné à l’Homme un droit de plus, n’est jamais que le droit opposable à être tué par un agent qualifié de l’Etat. Dans cette logique du "faire faire", chacun devient excessivement impotent : tous nos gestes, par exemple, tendent à être remplacés par la seule pression du doigt (on/off).
Être anarchiste, c’est ne pas demander à autrui ce que tu peux faire par toi-même.
C’est donc arrêter l’idolâtrie : c’est arrêter d’adorer les puissances qui ne vivent que de nos démissions.
L’idolâtrie de l’Etat est énorme en France. Qui dit aujourd’hui que le problème dans "Etat d’Israël", c’est surtout "Etat" ? On le vénère tellement qu’on interdisait récemment à celui "islamique" de se nommer comme tel. Selon la formule consacrée, employée par tous les journalistes français, on parlait du "prétendu Etat islamique" (et jamais, par exemple, de "l’Etat prétendument islamique").
4. C’est pourquoi je crois être anarchiste et non pas tant libertaire (encore moins libertin : j’aime faire jouer Sganarelle, qui honore la loi du tabac, c’est-à-dire de l’échange entre gentilshommes, contre Don Juan, qui veut posséder autrui sans se mouiller jamais). Je pense en cela que les moeurs peuvent être des manières de vivre en dehors du Droit sans se soumettre à l’arbitraire de quelques-uns. J’entends par moeurs les manières d’habiter ensemble les limites naturelles, lesquelles sont à peu près au nombre de trois : la naissance (c’est-à-dire aussi la subsistance, le fait que nous dépendions des autres dès le début), la différence sexuelle et la mort. Anarchiste ne veut pas dire, pour moi, tout déconstruire tout le temps (le totalitarisme le fait déjà) mais fonder humblement sur ce qui ne changera pas : un corps est sensible, mortel, il peut porter la vie, ou non, il nous lie à nos semblables, etc. Il y aurait une loi naturelle assez simple à formuler, qui n’aurait rien de très essentialiste tout en calmant les ardeurs de celles et ceux qui veulent aujourd’hui formater, en vue de la reconfigurer, la totalité de l’expérience humaine. Un peu vieux jeu, j’ose compter parmi les grands textes anarchistes celui, pourtant issu d’un conservateur, que je vous partage ci-dessous (de Juan Donoso Cortès : c’est une prophétie sur l’Etat totalitaire - une prophétie de vaincus, d’ailleurs, puisque la Chose a eu lieu).
5. Être anarchiste, c’est ne m’agenouiller que devant un enfant, pour fermer son manteau parce que l’automne a fini par venir, ou pour écouter ce qu’il a à nous dire (et qui est aussi important que le reste). M’agenouiller aussi, et seulement, devant ce dieu fait enfant, adolescent (fugueur à douze ans), charpentier, compagnon des prostitués (et même des gens bien), condamné à mort par la foule et qui demeure pour le catholique que je suis dans un bout de pain plus ou moins sec selon que la paroisse a des fidèles, et des moyens, ou non. Plier le genou devant lui seul, pour rester souple (j’ai rencontré trop d’anarchistes qui adoraient tellement leur liberté qu’ils en étaient devenus jaloux - propriétaires possédés).
6. Être anarchiste, c’est offrir à l’avenir des droits sur le passé, c’est avoir désespéré du futur (pro-grammé) pour ouvrir l’événement. C’est donc ne pas désespérer trop vite, avoir une discipline à ce niveau ("la joie comme un acte de résistance"), quoi que tout nous incline à l’assommation. Être anarchiste, c’est se faire un oeil pour percevoir l’effort de détraquer la machine à l’oeuvre dès ses premiers rouages et sentir, jusque dans sa solitude, qu’un courant faible, qu’un souffle court, qu’un vent silencieux dévie sans cesse l’histoire, défie les dictateurs, déjoue leurs planifications. J’aime en ce sens les travaux des anthropologues anarchistes américains, parce qu’ils montrent que la résistance au règne sans partage de l’Etat total (et de Total tout court) remonte aux commencements (notamment James C. Scott et David Graeber). Je vous partage, si cela vous intéresse, une note de lecture, reconnaissante et très critique, d’un ouvrage d’un confrère anarchiste (Jean Vioulac) où j’ai mis, je crois, une part de mon âme anarchiste (en PJ cette fois).
7. Être anarchiste, enfin, c’est être pauvre. La pauvreté, disait Agamben, c’est être en relation avec un inappropriable. Cet inappropriable, c’est mon enfant, mon enfance, ma femme et notre vieille histoire, c’est mon semblable, mon corps et le tien, cet oiseau et ce chien, la musique et nos meilleures pensées. "Des pauvres, vous en aurez toujours !" Oui, et c’est la bonne nouvelle : le système se durcit, mais il y a un je-ne-sais-quoi d’ingouvernable auquel donner voix. En tant qu’anarchiste, je goûte tout autant le mouvement franciscain que le souffle d’un certain rock.
J’aurais beaucoup à vous dire encore. C’est pourquoi je m’arrête là.
YVES
75abby@orange.fr
Bon, puisque Caillou le demande, bas les masques, je vais sortir de mon anonymat sans verser dans l’anomie. Je passe vite sur les années de vagabondage, hirsute errant déshérent, borderline sans frontière, puis de pastoralisme pour reprendre pieds sur terre, et arrive aux divers postes d’animation, de psychomotricité équestre en foyer mères-enfants, quelques années de thérapie en bioénergie, comme patient puis praticien, agrémentées de formation en éducation populaire, d’actions de quartier. Paternité aidant, pour assurer j’en suis arrivé à la prévention du saturnisme infantile, puis des pathologies dues à la précarité énergétique, qui me font ne pas être surpris des volte-faces ministérielle, comme les aspergilloses et les hémosidéroses du nourrisson n e sont pas soumises à déclaration obligatoire donc pas recensées, circulez. Après la retraite à 67 ans, j’ai voulu renouer avec l’exploration psychique, et sors juste de trois ans de formation de psychopraticien avec Savoir-Psy, orienté Jung, Gestalt, dessin projectif et psychocorporel. Je cible aussi dans ma pratique le transgénérationnel. Je contribue actuellement à un projet de maison d’édition, peut-être nommée (Liber)Terre Noire, avec des potes anarcho-jungiens, que j’essaie d’associer à notre liste d’échanges mais qui sont très occupé-e-s.
Voila, vous savez (presque)tout. Yves
PATRICK
pschindler27@yahoo.fr
Kalispéra sas,
Pour ma part pour répondre à la suggestion de Caillou et m’associer à Yves, vous trouverez si cela vous intéresse mon parcours sur le site du maitron anarchiste et sur le site Wikipedia en partant mon nom.
Vous saurez également presque tout, itou !
Sur Wikipedia :
Naissance 7 mars 1956 (67 ans)
Le Perreux-sur-Marne
Nationalité française
Activités Journaliste, activiste
Patrick Schindler, né le 7 mars 1956 au Perreux-sur-Marne (Val-de-Marne), écrivain et journaliste, militant du Front homosexuel d’action révolutionnaire et de la Fédération anarchiste dont il est le secrétaire général en 2007.
Son grand-père maternel immigré tchécoslovaque, artisan tricoteur était de sensibilité socialiste anti-autoritaire, à la mode tchèque. Cet homme a eu sans doute une influence sur son petit-fils et sur son engagement libertaire depuis l’adolescence2.
Après une licence de lettres modernes à Paris-VIII Vincennes (1977), il poursuit ses études au Centre de formation et de perfectionnement des journalistes (CFPJ).
En 1971-1972, il adhère au Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) au lycée Buffon et diffuse La Cause du peuple, puis le journal Tout !, puis Le Monde libertaire.
De 1972 à 1974, il rejoint le groupe Germinal de la Fédération anarchiste, où il participe à la rédaction du Monde libertaire. Dans le même temps, il est l’un des animateurs du Collectif radical anarchiste du lycée Buffon (CRAB), jusqu’à son exclusion de l’établissement pour action militante en 19731.
Dans l’après Mai 68, il participe à la création du Front homosexuel d’action révolutionnaire.
En 1974, Patrick Schindler signe l’appel des Cent et rejoint la lutte des soldats appelés dans les casernes pour obtenir des droits. Incorporé, il fait une grève de la faim, puis plusieurs mois de prison pour agitation avant d’être renvoyé de l’armée. Il y écrit un journal qui deviendra Contingent Rebelle.
De 1975 à 1977, il est claviste puis journaliste à Libération. Après des séjours aux États-Unis et en Asie, à son retour en France, il participe au magazine homosexuel Le Gai Pied.
À partir de 1995, particulièrement après l’évacuation musclée des sans-papiers de l’église Saint-Ambroise à Paris et la montée du Front national dans plusieurs régions françaises, il s’engage dans l’association Ras l’front avant de fonder le Collectif libertaire, anticapitaliste, antireligieux, antifasciste, antiautoritaire, antiraciste, antirévisioniste, antisexiste et antihomophobe, Claaaaaash2. En 1998, les animateurs du Claaaaaash adhèrent à la Fédération anarchiste et fondent un groupe qui porte ce nom1.
En 2002, après la nomination de Nicolas Sarkozy au poste de ministre de l’intérieur, il s’engage durant une décennie dans les actions pacifistes de résistance des séropositifs militants à Act Up-Paris.
Après des problèmes de santé en 2014, Patrick Schindler se consacre à la littérature, le militantisme, l’écriture, l’étude de l’histoire et le travail de mémoire. Il vit aujourd’hui à Athènes.
DOM
domgwenn.morel@gmail.com
Quelques indices biographiques
Ex-objecteur de conscience et participant avec Pierre à la Librairie Bazar Coopérative à Strasbourg (LBC). Ex-membre d’Anarchisme et non-violence.
Désagrégé de l’université grâce aux déconstructeurs fraichement sortis des langes derridiens (1970), électron libre sans attache particulière à une officine anarcho-libertaire. S’il faut une définition plus précis, alors je me situe dans le dernier tiroir en bas à gauche dans la sous-chemise stirnérien, donc individualiste impénitent.
Presque quarante de labeur en libraire et dans l’édition (PUF). Position qui m’a permis de suivre la production intellectuelle pendant plusieurs décennies.
Lecteur assidu de l’actualité philosophique et de S-F.
Pas de tropisme junguien, ennemi de la scolastique freudienne et des enflures lacaniennes.
Dans Divergences, je publie sous le pseudo R-D M (ne pas confondre avec Résistance des Matériaux) dans une rubrique Philosophie et Violence. Actuellement je travaille sur la sur Métaphysique notamment dans ses dernières sécularisations.
Je souhaite poursuivre ma réflexion sur les habits neufs du Totalitarisme nouveau dont nous vivons les poussées de croissance exponentielles.
Partisan de l’humour et de la parole directe ; la polémique courtoise me sied comme un gant.
Au plaisir de vous lire.
R-D M
CAILLOU
caillou-toulouse@riseup.net
Salut tout le monde
Je vais faire comme Patrick et vous renvoyer sur ma bio dans le Maitron : https://maitron.fr/spip.php?article252346
J’y rajouterais qu’après avoir milité toute ma vie cela n’a rien changé et que le capitalisme se porte très bien. Il me reste donc des questions sans réponses et l’envie d’en discuter avec des camarades qui s’écoutent et se respectent.
Amitiés. Caillou
PATRICK
nuagef0u@proton.me
Puisque l’heure est à se présenter…ma bio n’est guère brillante ! celle d’un jeune lycéen anar des années soixante-dix converti lors de son entrée en fac a l’informatique puis l’intelligence artificielle (le jeu était de descendre les humains de leur piédestal). S’en suit l’embauche dans une des premières startup française, en IA, comme premier employé et directeur technique. La boite fini par faire fun carton ; ça a duré une trentaine d’années à côtoyer et servir le grand capital. Sur le tard, me voici de retour avec les anarchistes en tant que plumitif, causeur dans le poste et sur les estrades, et arpenteur de pavés (ce que je n’ai jamais cessé de faire). Progressivement j’ai rejoint le milieu techno-critique.
Nuage Fou est une référence à Ikkyu un des grands poètes japonais de haikus, dont l’oeuvre s’intitule « Nuages fous ».
Patrick.
IVAR
ivar.petterson@bluewin.ch
Bonjour chers futurs camarades,
Je suis un des rares anciens du mouvement anarchiste, resté engagé malgré le fait qu’il n’y a plus à Genève, depuis une vingtaine d’années (fin de l’Organisation Socialiste Libertaire (OSL dont j’ai été l’un des membres-fondateurs en mars 1979 é Saignelégier. Mon dernier engagement OSL marquant fut ma participation active à l’organisation de la grande manifestation antiG8 d’Evian (30 juin 2003) où j’étais en contact avec l’ensemble des organisations anarchistes regroupées dans le village alternatif temporaire Claac vers Annemasse. Dans le Forum qui s’y tenait, nous espérions vivement que cette entente entre organisations anarchistes puisse perdurer. Mais malheureusement ce ne fut pas le cas.
Je coordonnais l’arrivée à la douane de Vallard de la manifestation qui venait de Genève et celle qui venait d’Annemasse, avec 8000 anarchistes. Mais la majorité des membres de l’OSL-Genpve est restée marginale et n’a pas voulu adhérer au FSL (Forum Social Lémanique) qui faisait suite à la CARG (Coordination Anarchiste Région Genevoise) sans être spécifiquement anarchiste, mais au moins nous pouvions y être présents.
Par la suite, il y eut les réunions au Café Gervaise, où nous avons pu parler de nos expériences militantes, parues dans un livre où j’ai 15 pages sur "Mai 68 et suite".
Début 1968 à Lausanne, j’étais membre-fondateur de la Fédération Socialiste Libertaire. Notre première apparition publique était la manifestation du 1er mai à Lausanne. Et en mai, nous avons participé au mouvement étudiant à Genève, où lors de "Journées militaires", nous avions diffusé deux tracts : l’un de l’Internationale des Résistants à la Guerre (IRG) dont j’étais secrétaire-remplaçant durant 3 mois, et l’autre de la FSL où nous dénonçions les interventions militaires contre les grévistes et manifestants (plusieurs dizaines de morts entre 1870 et 1932) ce qui suscité une plainte contre moi du Ministère public de la Confédération pour "atteinte à la sécurité militaire" et "incitation à la désertion". Perquisition et interrogatoire à la police juste à mon retour du Congrès international anarchiste de Carrara en août 1068.
Le procès a eu lieu en juin 1969 à Lausanne, Bien défendu (une centaine de militant-e-s étaient présents) j’ai été acquitté, ceci dans un contexte d’un début de vaste protestation contre un petiot livre de la Confédération : "Défense civile" qui amalgamait tout opposant à une allégeance à Moscou.
Dans ces années (depuis 1967) nous avions organisé de grandes manifestations contre l’intervention des USA au Vietnam.
J’étais aussi membre-fondateur de plusieurs groupes anarchistes successifs à Genève, mais ceux-ci n’ont existé que 2 ou 3 ans de suite, avec des intervales à peu près équivalents : une caractéristique à Genève, où le nombre de sympathisants est important (environ 200) est important, mais avec un nombre très limité de militant-e-s formés et à longue durée.
En 1990, l’OSL avait organisé deux jours sur l’anarchisme à l’Usine (centre culturel à Genève) en espérant pouvoir relancer un groupe anarchiste. mais les réunions qui ont suivi n’ont rien donné, ce qui fait qu’en 1992, je me suis engagé dans le soutien à la Bosnie-Herzégovine (une des 6 républiques qui formaient la Yougoslavie socialiste, mais qui ne voulait pas tomber sous le joug du nationalisme serbe, en votant son indépendance suite au départ de la Croatie et de la Slévénie. L’agression serbe a débuté le 6 avril 1992 lors de la proclamation d’indépendance de cette République multi-culturelle. La guerre a duré 4 ans, faisant plus de 100’000 morts, surtout du fait que la République de Bosnie-Herzégovine ne disposait pas d’armée au début de l’agression et du "nettoyage ethnique" des non-serbes et que les grandes puissances lui ont imposé un embargo (illégal) sur les armes.
En 2000, j’ai été membre-fondateur de l’Association des survivants du génocide de Srebrenica et j’ai organisé 5 marche de 3 jours en Suisse pour faire connaître la lutte des survivants contre l’injustice. En effet, toute lla région de Srebrenica a été donnée par les Accords de Dayton (qui ont mis fin à la guerre en décembre 1995) à la Republika Srpska, co-resppnsable (avec la Serbie de Milosevic) du génocide de Srebrenica (plus de 8270 victimes).
En octobre 2004, l’Association des survivants m’a mandaté pour contacter les autorités de Srebrenica et transférer la Marche sur le trajet de la colonne des 14’000 hommes partis le 11 juillet en direction de Nezuk. J’ai alors insisté pour que la Marche soit organisée dans le sens du retour, ce qui se fait depuis 2005. Depuis 20 ans, j’organise le groupe franco-suisse qui participe à la Marche pour la Paix entre Nezuk et Srebrenica, avec entre 5000 et 8000 participant-e-s de tout le pays et de la diaspora (et de quelques autres groupes de divers pays.
Notre association Solidarité Bosnie, qui a succédé à l’Association des survivants de Srebrenica, a soutenu la création d’une association-partenaire en France : SIBH, qui a son siège à Paris. Notre objectif est triple :
– faire connaître l’agression contre la Bosnie-Herzégovine (contre la version dominante de guerre civile inter-ethnique),
– faire connaître le génocide de Srebrenica de juillet 1995 (souvent réduit dans les médias diminant à un massacre en ville de Srebrenica, ceci pour cacher le fait que beaucoup d’hommes de la colonne ont été capturés et ensuite exécutés par inhalation du gaz hallucinogène BZ, fourni par les USA à l’Armée yougoslave contrôlée par les nationalistes serbes.
– Solidarité avec les courageux survivants qui sont retournés dans leur région (sous occupation de la RS) y ont reconstruit leurs maisons et relancer leurs cultures. Emmaus (France) a équipé une quarantaine de Chambres d’hôtes sur le trajet de 80 km entre Nezuk et Srebrenica où revivent ces Bosniaques qui résistent pacifiquement, en ouvrant par exemple leur propre école (à Nova Kasaba) afin que leurs enfants échappent à l’enseignement nationaliste serbe.
– Réflexion sur le futur de la Bosnie-Herzégovine, qui pourrait de nouveau en 2027 sombrer dans une nouvelle guerre car les nationalistes serbes et croates n’ont pas abandonné le plan fixé entre Milosevic et Tudjman (ex-Président croate) de partition de la Bosnie-Herzégovine (ce qui toucherait en premier les survivants vivant dans la région de Srebrenica (qui sont donc obligés de s’armer : En cas où ils doivent se défendre, ils risquent d’être traités d’islamistes par les gouvernements et médias internationaux.
Nous sommes une petite minorité d’anarchistes à avoir pris conscience de l’inquiétante manipulation opérée par le capitalisme mondialisé depuis une vingtaine d’années sur les gouvernements et les médias dominants (et même de gauche). Déjà lors du conflit en Bosnie-Herzégovine, nous étions largement censurés. Mais c’est encore pire depuis l’alerte covid, car toutes les personnes et nouveaux groupes résistants qui s’opposent à la Doxa covid imposée depuis en-haut sont traités d’irrationnels, d’anti-sceince, d’extrême-droite et même d’antisémites : une manipulation malheureusement reprise par quasi toute la gauche, jusqu’à une majorité des anarchistes.
Lors de la RIA 2022 à St-Imier, il a été possible de nous exprimer pour la 1ère fois dans un milieu de gauche (covid et risque de prise de pouvoir), mais en 2023, la réflexion proposée sur "Que faire face à l’instrumentalisation de l’OMS ? a été annulée (lorsque j’étais à la Marche pour la Paix) par le groupe Team Care (Queer) ce qui n’a été qu’un des actes d’une prise de pouvoir sur la RIA par tout un milieu avec "Renverse"(qui a préparé lle terrain en reprenant en copié-collé toute la propagande distillée par le capitalisme mondialisé contre leurs opposants, nous traitant de fascistes et antisémites (un comble car notre principale intervenante est de famille juive).
L’autre attaque a visé la Fédération anarchiste (sous le prétexte de deux livre), ce qui montre que l’ambition de ce milieu va au-délà de la RIA : s’imposer comme étant les vrais anarchistes, en évinçant les anciens. J’’ai même vu sur leur site, me concernant : "cet individu qui se croit anarchiste", ceci pour manipuler la nouvelle génération.
Nous avons aussi notre part de responsabilité dans cette situation en faisant confiance en la nouvelle génération en tant que relève. En effet, nous ne nous attendions pas du tout à cette prise de pouvoir, qui n’est d’ailleurs pas du tout dans l’esprit anarchiste par ses méthodes brutales (livres volés et brulés), cette défense du capitalisme mondialisé (tout en se prétendant anti-capitaliste). Ils prétendent défendre les musulmans alors qu’ils sont totalement absents de la lutte anti-fasciste que nous menons concrètement par notre soutien à la société civile de Bosnie-Herzégovine contre l’alliance existante entre le capitalisme mondialisé et l’extrême-droite (qui va provoquer une nouvelle guerre en 2027. L’Union Européenne est d’ailleurs hostile à une Bosnie-Herzégovine citoyenne.
Une des raisons de l’absence de ce milieu est sans doute le fait que le 3/4 des Bosniaques sont opposés à la Doxa covid, contrairement à eux.
Je signale que le 2 juillet, lors de la réunion de préparation de la RIA, j’ai été le seul à m’opposer à la volonté du groupe Team Care à imoposer le masque durant la RIA. Les quelques autres (que je savais d’accord avec moi) n’ont pas oser s’exprimer. J’ai alors bien compris qu’il y avait un risque de prise de pouvoir, qui s’est confirmé par la suite. Mais heureusement le masque n’a pas été imposé.
Il est maintenant nécessaire de nous organiser à notre tour (nous avons pris du retard) pour nous oppose à cette prise de pouvoir, tout en développant nos activités militantes anarchistes, à la fois auto-créatives et anti-capitalistes. Etant conscients qu’il y a une réelle rupture avec tout un milieu, il est urgent de trouver des médiateurs et médiatrices : tout débat étant, comme on l’a bien compris, actuellement impossible.
Le but principal d’une médiation étant d’éviter des affrontements physiques, nt. lors des manifestations que nous organiserons avec des militant-e-s de pays du sud, contre la manipulation de l’OMS. Leur AG décisive se tiendra en mai 2024 à Genève. En effet, il ne faut pas perdre l’espoir que dans quelques années ce milieu pourrait évoluer, abandonner leur ambition de prise de pouvoir, ce qui pourrait constituer des signes de rapprochement.
Dans un prochain message, je pourrai plud développer sur mes engagements au niveau écologique, ayant connu Murray Bookchin et d’autres militants écolo aux USA en 1971. Nous avions organisé des repas populaires végétariens et bio entre 1970 et 1977, nt, lors du 1er squat autogéré à Genève, celui du Prieuré en 1972.
Avec mes salutations liberterres.
Ivar
BENO
beno.hasopher@proton.me
Bonjour à tous,
Je vous lis depuis le début, mais je n’ai jusqu’ici pas eu le temps de vous écrire. À mon tour, donc, d’essayer de me présenter et de dire mes attentes de ces échanges, en espérant que je ne serai pas trop long. Ceux qui souhaitent simplement savoir ce que j’attends de ces échanges peuvent directement se reporter aux deux derniers paragraphes.
Tout d’abord, je suis (très sérieusement) anarchiste parce que chrétien ou peut-être l’inverse (ayant été une sorte d’anar avant d’être chrétien).
J’ai grandi dans un quartier populaire de Suisse romande, où la culture hip-hop était très présente. Quartier où, pour toutes sortes de raison, la police n’était guère appréciée (j’ai écrit un article là- dessus pour ceux que ça intéresserait). Comme beaucoup de jeunes de mon âge, j’ai suivi le mouvement hip-hop et me suis surtout mis au graffiti, puisque j’aimais les lettres et le dessin en général. Avec d’autres camarades, nous avions formé un groupe et essayé de faire un peu de rap, sans jamais rien sortir de concret. Parallèlement, je pratiquais la boxe anglaise en amateur.
À un moment particulier de ma vie, j’ai vécu ce qu’on peut appeler une "expérience mystique" ou plus communément une "conversion". Mais contrairement à beaucoup de croyants, je ne me suis pas contenté de croire, j’ai aussi voulu comprendre ce que j’ai cru. Délaissant progressivement mes anciennes fréquentations et activités, je me suis alors mis à étudier la Bible à fond ; j’ai fréquenté diverses Églises pour essayer de comprendre les différences doctrinales, posé les questions qui fâchent, etc. Parallèlement, j’ai sorti mon premier album de rap (et quelques années après, un deuxième, distribué gratuitement en mille exemplaires). Plus tard, suite à des problèmes, j’ai dû arrêter de travailler à 100%. Cela m’a permis d’avoir plus de temps pour étudier, approfondir certaines choses, en particulier l’histoire (toujours en autodidacte, n’aimant pas l’orientation des universités ou des écoles). Je ne me suis jamais vraiment rattaché à quelque Église locale – pas même à celle qui a officié mon baptême (dans le lac) –, préférant rester libre pour mieux penser.
Car en vérité, quelque chose clochait entre ce que j’avais compris du christianisme et ce que je voyais et entendais dans toutes ces Églises. On y parlait d’amour, on trouvait des pensées positives, parfois des jolis chants (mais plus souvent ennuyeux), une morale sexuelle plus ou moins rigide, etc. Mais jamais la moindre critique sociale, de l’exploitation, de l’autorité, du capitalisme, ni de la technique. Bien au contraire : on y prônait même la soumission aux autorités. De toute évidence, ces Églises, parfaitement conformistes, filtraient le moucheron et avalaient le chameau, pour reprendre une expression christique. Rien à voir avec le prophétisme de la Bible, du Christ, et des premiers chrétiens. Absolument rien ! Partout, c’était une morale bourgeoise et bien hypocrite, culpabilisante, pour des gens très fragiles, remplis de peur, qui écoutaient chaque dimanche les ministres du culte ergoter sur des vétilles en échange d’un bon salaire. Cette pseudo-morale m’ennuyait terriblement.
Elle était parfois si ridicule, que certains se demandaient si on pouvait fumer ou pas, boire un coup ou pas (avec modération), s’il fallait porter une "ceinture de chasteté" ou pas, si le jour du Seigneur était plutôt samedi ou dimanche, etc. Quant à moi, j’étais toujours plus convaincu que la liberté de faire ou de ne pas faire était une vertu chrétienne. Que la liberté permettait même de changer d’opinion au fil du temps, face à de nouvelles connaissances, mais qu’elle nécessitait quand même quelques garde-fous pour ne pas tomber dans l’esclavage.
Certes, il y avait parfois quelques bons messages et des gens intéressants, mais le plus souvent, c’était creux. Même – et peut-être surtout – dans ces églises évangéliques à l’américaine, qui ressemblent à des discothèques ou des centres commerciaux. J’ai vu de mes propres yeux, avec horreur, des vrais charlatans qui prêchaient le culte de Mammon et de la technique, manipulant des masses complètement crédules, incapables du moindre esprit critique. Ministres qui s’enrichissaient sur leur dos. Je sais donc ce qu’est l’aliénation religieuse. J’ai essayé comme j’ai pu, pendant des années, de sensibiliser les chrétiens, mais la plupart d’entre eux étaient trop prisonniers de leur système religieux. Aussi préféraient-ils écouter des gens "diplômés". J’ai alors compris que le besoin d’appartenir à un troupeau était souvent plus important que la vérité. Mais cela ne concerne évidemment pas seulement les religieux à proprement parler.
Dépité, j’ai failli perdre la foi, comme bien d’autres avant moi, mais en même temps je savais que le vrai christianisme n’était pas cela : non seulement par ma propre expérience "mystique", mais aussi par ce que j’avais lu et par certaines rencontres que j’avais faites. La Bible est un livre aliénant ou libérateur selon l’interprétation qu’on en fait.
Bref, c’est ainsi que je suis devenu chrétien anarchiste. Et cela a été comme une seconde phase de ma conversion. Incompris de tous, y compris de ma famille, j’étais bien seul. Les religieux ne m’appréciaient guère, pas plus que les laïques. Trop laxistes pour les uns, trop conservateurs pour les autres, trop ceci, trop cela. Avais-je perdu la raison ou pris trop de coups lorsque j’avais fait de la boxe ? À vrai dire, je m’en fichais, sachant que la vérité a toujours dérangé tous les conformistes.
Cependant, j’ai quand même essayé de voir si d’autres avant moi avaient compris le christianisme plus ou moins de la même manière. C’est alors que j’ai découvert que, depuis le changement paradigme qui s’est opéré au IV e siècle sous Constantin, il y a toujours eu des survivances chrétiennes anarchistes. Et le plus grand réveil chrétien anarchiste a eu lieu lors de la réforme radicale (anabaptisme, Thomas Müntzer, etc.). D’où le fait que l’anabaptisme a été combattu aussi bien par les catholiques que les protestants. Malheureusement, l’anabaptisme fut progressivement noyauté par les protestants et les évangéliques, de sorte qu’il ne reste pratiquement plus rien de ce mouvement révolutionnaire (sauf un peu chez les Amish, qui se sont retirés pour vivre séparés du monde).
Voilà la tradition à laquelle j’appartiens, survivances qu’on peut aussi qualifier de "prophétiques". Dans mon cheminement, les livres de Jacques Ellul m’ont beaucoup aidé, surtout pour comprendre le nouveau phénomène totalitaire et idolâtrique qu’est la technolâtrie. En
parallèle, j’ai moi-même écrit deux livres et bosse actuellement sur un troisième qui sera bien plus long (déjà plus de 600 pages !).
Venons-en maintenant à mes attentes de ces échanges. Frappé de constater que ce qui se passe dans le mouvement anarchiste laïque (ou libertaire) ressemble à ce qui s’est passé avec le christianisme, à savoir que l’un comme l’autre sont devenus majoritairement l’inverse de ce qu’ils avaient été au début, je pense qu’il est urgent et nécessaire de "réformer" l’anarchisme, via une Internationale.
Pour être tout à fait franc, j’ai dans l’idée de regrouper différentes sensibilités anarchistes, en laissant de côté les querelles de genres, de sexualité, de races, de religions, pour revenir aux sujets centraux et universels. Il ne s’agit pas d’essayer de faire une sorte de syncrétisme politico-religieux, entre croyants et athées, mais simplement de chercher ce qui peut nous unir plutôt que ce qui nous divise, notamment notre combat commun contre l’autoritarisme, le totalitarisme, les inégalités sociales, etc.
Je suis en train de rédiger un "Appel pour une Internationale (vraiment) Anarchiste", que je souhaite le plus concis possible, et j’aimerais vous proposer d’y participer. C’est-à-dire déjà de connaître votre avis, de discuter si un tel projet vaudrait la peine, si vous êtes en accord avec ça, et éventuellement de le co-signer (même sous un surnom, qu’importe). Je sais déjà qu’un certain nombre de socialistes ou communistes kurdes sont plus ouverts à ce type d’anarchisme, n’ayant pas encore été séduits par les luttes de genres et de sexualité. Par contre, nombre d’Occidentaux réagiront peut-être mal. Quoi qu’il en soit, il vaut la peine d’essayer, malgré le risque d’un échec ou d’un sabotage. L’idée serait aussi de le traduire en quelques langues (au moins en anglais) et de le diffuser à un maximum de personnes et de sections. J’attends vos avis ou réactions...
Beno Hasopher
PIERRE
pierre.s@plusloin.org
Bonjour à tous.
Merci à tout le monde pour vos mails.
Je vais donc me présenter, rapidement, je bénéficie comme d’autres ici d’une notice Maitron. https://maitron.fr/spip.php?article155339
Le résumé d’entrée est inexact et faux, pas très grave, je ne suis pas pacifiste mais non-violent tendance désobéissance civile. On pourrait discuter de la différence qui au fond n’a de sens qu’en France.
Je suis le cofondateur du site Divergences.be avec Ronald Creagh qui nous a quitté il y a peu.
Je suis membre de la FA comme quelques uns d’entre nous.
J’ai été longtemps un fan d’escalade que je ne puis plus pratiquer , hélas, l’âge....
Voilà si nécessaire je peux donner d’autres informations
Amitiés à tous
Pierre
BERNARD
bernard.legros@cwacwa.be
Bonjour à Tous,
A mon tour de me présenter. Actuellement, je suis rédacteur et coordinateur du conseil de rédaction du journal belge Kairos. La "gestion" calamiteuse de la pandémie par les Etats occidentaux m’ont fait définitivement pencher du côté de l’anarchie, à laquelle je m’intéressais depuis une vingtaine d’années, à côté de l’écologie politique et de la décroissance, qui avaient ma préférence, et l’ont toujours, dans une certaine mesure.
Il est temps de refonder une nouvelle Internationale anti-autoritaire et anti-totalitaire face à l’autoritarisme des néolibéraux — toujours aux manettes — et au néo-totalitarisme de ces faux rebelles que sont les antifas et les wokes, et généralement la gauche "radicale" postmoderne.
Au plaisir de poursuivre la discussion. Si vous passez par la Wallonie, bienvenue chez moi.
Cordialement, Bernard Legros www.kairospresse.be
BERNARD
bernardaubanar@riseup.net
Bonjour,
je vais faire comme tout un chacun , pas vu beaucoup de "chacune", avec
une petite présentation.
Inutile de chercher ma fiche sur le Maitron : considérant qu’il n’était
pas nécessaire de donner des infos au camp d’en face, que les copains
z’et copines qui souhaiteraient en savoir davantage sur mon curriculum
vit’fait de militant n’ont qu’à demander, que je ne souhaite pas laisser
de plaque tombale même numérique, ben... j’ai refusé la proposition.
Alors que dire : Que je suis né alors que ça ferraillait en Algérie. Que
mon père, en tant que pupille de la nation, son père étant mort sous les
bombes ricaines le 25 mai 44 à Sainté, a échappé au voyage organisé.
Que j’ai découvert l’anarchie en 68, le jardinier de mes pensées étant
un rescapé de la guerre d’Espagne, des camps d’internement, du maquis
des Glières et du pote à son petit-fils qui lui posait plein de
questions.
Que, le ciel s’étant ouvert et en m’ayant dit "Bernard, mon bon Bernard,
va bouter l’ignorance hors d’Ardèche !", j’ai fait toute une carrière
d’instit au pied des châtaigniers dont 23 ans en classe unique.
Que j’ai adhéré à la FA en 81 , ai fait une pose, ai ré-adhéré pendant
la premier guerre du Golfe, y suis encore.
Que j’ai eu la bonne idée de me présenter pour le commité de rédaction
du Monde libertaire en 2018 "pour voir", y ai découvert des
personnalités sympas, parfois déroutantes. Y ai "sévi" (selon quelques
Torquemada pisse-vinaigre") pendant 5 ans dont la dernière année
quasiment seul avec le copain maquettiste. Je devais vraiment faire
peur...
et pour en venir au pourquoi de ma présence sur cette liste, eh bien,
disons que j’ai hâte de lire vos contributions, ayant l’impression
d’être entourer de "pointures". Et peut-être que je me lancerai aussi à
contribuer sachant que, comme aurait presque dit Emma Goldman : « Si je
ne peux pas faire de l’humour à la révolution, je n’irai pas à la
révolution »
Anarmités
Bernard (d’A)
comme dirait Caillou
RENÉ
rfu@plusloin.org
René Fugler nous a rejoint, mais a d’emblée annoncé qu’il est très intéressé par les échanges que nous pourrons avoir mais qu’il ne participera par (L’âge et le mémoire fluctuante).
Donc pour en d’avoir plus vous pouvez lire sa notice que le Maitron qui vaut le déplacement https://maitron.fr/spip.php?article24255
René est entre autre l’auteur de trois textes qui me semblent importants et méconnus dans l’anarchisme théorique aujourd’hui.
La révolution fragmentaire https://www.plusloin.org/plusloin/spip.php?article57
Formes et tendances de l’anarchisme...https://www.plusloin.org/plusloin/spip.php?article203
La question anarchiste http://archivesautonomies.org/IMG/pdf/anarchismes/apres-1944/anv/anv-n31.pdf
PHILIPPE
philippe.godard@autistici.org
Donc, pour une présentation autobiographique, ce qui est un exercice qui me gêne beaucoup car je ne crois pas tant que ça à l’intérêt de raconter ce que j’ai fait ( ! ) : je suis né en 1959, j’ai été le « meneur » de la grève dans mon lycée en 1975 contre la loi Haby (j’étais en terminale). Toujours en 1975, j’ai fondé le Mouvement écologique berrichon, affilié à la Cité fleurie de René Dumont. Cette année-là, je suis arrivé aux Langues orientales, où j’ai appris plusieurs langues dites orientales (chinois, quechua, bengali, haoussa, amharique). En 1976, j’ai « mené » la grève contre la réforme de l’université (Saunier-Séïté) qui introduisait le secteur privé dans les facultés. En 1977, je suis rentré à Sciences Po Paris, où je ne suis resté que trois semaines. De retour à Châteauroux, j’ai fondé un groupe punk, vécu de vols (uniquement des grands magasins), puis je suis parti en Amérique centrale en 1980. De cette période me reste l’idée que l’anarchie est une tension vers la liberté et l’émancipation, et une lutte de chaque instant contre l’État, ses sbires, le système économique, le Capital, le productivisme et tous leurs dieux (Pouvoir, Argent, Crédit…).
Vivant à Paris de 1982 jusqu’à 1992 puis dans le Jura, je pratique depuis longtemps la simplicité volontaire et le refus de parvenir. Déçu par le milieu militant, j’ai préféré agir en franc-tireur, en publiant notamment des bouquins pour la jeunesse que l’on qualifie d’« engagés », ce qui m’énerve car tout est engagé – la plupart des ouvrages pour la jeunesse (et les autres) sont engagés pour « la continuation de l’existant ». Pour en venir à l’anarchie : je suis l’auteur de « L’Anarchie ou le chaos », paru en 2018. Pour ce qui est du système économique, « Une bande de riches, des milliards de pauvres » qui sortira le mois prochain. Pour ce qui est de l’écologie : « Le Dico de l’écologie », ou « C’est foutu ou pas ? »
De 2011 à 2020, j’ai donné des cours de pédagogie dans un institut du travail social – d’où un ouvrage, « Pédagogie pour des temps difficiles ».
Je termine en disant que je cultive depuis plus de trente ans un potager bio qui fut assez important.
J’ai omis beaucoup de choses, sans doute importantes, mais pour cet appel à une Internationale, il me semble que là est la base pour ce qui me concerne.
A bientôt. Santé et Anarchie !
Philippe GODARD
Martin Steffens steffens_martin@yahoo.fr
René BERTHIER berthierr@wanadoo.fr
Sylvie KNOER knoerr.sylvie@club-internet.fr