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CINÉMA… THÉÂTRE…TV…

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Christiane Passevant

Les Vieux chats. Film de Sébastiàn Silva et Pedro Peirano (CINÉMA… THÉÂTRE…TV…)

mardi 10 avril 2012 par CP

Sortie du film sur les écrans nationaux, le 25 avril 2012



Christiane Passevant

Elio Petri, un cinéaste à retrouver (CINÉMA… THÉÂTRE…TV…)

jeudi 29 mars 2012 par CP

Elio Petri est-il « enterré par le système » ? se demande Robert Altman dans le documentaire de Stefano Leone, Federico Baci et Nicola Guarneri, Elio Petri, notes sur un auteur.

On peut en effet se poser la question, car peu de rétrospectives sont organisées autour de la filmographie d’Elio Petri [4] ? La reprise et l’édition en DVD de deux de ses films depuis 2010 — Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon et La classe ouvrière va au paradis — marquent-elles le retour de l’un des cinéastes italiens parmi les plus engagés ?

C’est à espérer puisqu’un troisième film de Petri sera bientôt sur grand écran. En Noir et Blanc superbement restauré, I Giorni contati (Les Jours comptés) est inédit en France, et interprété par le grand comédien, Salvo Randone. Et, bonne nouvelle, le film sortira presque simultanément en DVD.

Critique de cinéma et scénariste remarquable — il a participé au scénario des Nouveaux monstres, réalisé par Dino Risi, pour ne citer que celui-ci —, Elio Petri a réalisé une quinzaine de films en abordant des genres différents, avec cependant une constante dans toute son œuvre : faire un cinéma politique. Toutefois, il ne se fait guère d’illusion sur un courant du cinéma politique en Italie lorsqu’il remarque, « nous sommes seulement quelques-uns à chercher à être engagés. » Un constat lucide qu’il réitère sur une éventuelle diffusion à la télévision de films critiques et engagés. Seuls les films culturels sont admis à occuper le petit écran : « Le problème est de savoir si la télévision accepterait de produire un film politiquement engagé, un film d’ouvriers par exemple. Cela est impossible. Pendant près de vingt ans, la télévision n’a jamais conduit une véritable enquête sur le fascisme et n’a jamais lutté contre les tendances nationalistes ou fascistes de la petite bourgeoisie. [5] »

Elio Petri ne mâchait pas ses mots et sa vision cinématographique atteindra une acuité critique peu égalée chez les cinéastes de sa génération. « Il faut être fou et aimer le cinéma pour faire un film », confie-t-il. Certes sa connaissance diverse et profonde du cinéma prouve à l’évidence qu’il fut un passionné de cinéma, conscient des tendances prémonitoires de certains films. Le cinéma était souvent en avance sur l’analyse sociale dans la littérature.

Tous les films d’Elio Petri se distinguent par une recherche sur le fond et la forme, dans les dialogues, dans les métaphores visuelles et dans les silences. L’image et le son sont tout aussi importants pour le récit, souvent en ellipse, le personnage principal revenant au point de départ du film. Le langage cinématographique y est percutant, allié à un humour noir, et servi par des comédiens et des comédiennes de très grand talent et admirablement dirigés. Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon obtint le Grand prix spécial du jury à Cannes, en 1970, et l’Oscar du meilleur film étranger à Hollywood. La Classe ouvrière va au paradis remporta la Palme d’or au Festival de Cannes en 1972.

Dans la lignée des De Santis (avec lequel il a débuté), Risi, Fellini, Visconti, Antonioni, Pasolini, Bellocchio, Bertolucci, et d’autres encore, Elio Petri a participé à deux décennies cinématographiques italiennes qui ont été parmi les plus grandes périodes du cinéma mondial [6].



Valérie Gaudissart

Les êtres humaines (CINÉMA… THÉÂTRE…TV…)

mardi 27 mars 2012 par CP


"Five Broken Cameras" (CINÉMA… THÉÂTRE…TV…)

vendredi 23 mars 2012 par CP

Un documentaire vidéo tourné en Cisjordanie par un fermier et présenté au Festival de Sundance.



Christiane Passevant

Ich Bin Eine Terroristin (CINÉMA… THÉÂTRE…TV…)

Film de Valérie Gaudissart
vendredi 23 mars 2012 par CP

« Alors, aujourd’hui 24 mai, ça fait

1000 jours que Mamie est morte

1 quinquénat que Papa ne vote plus communiste

87 ans que Rosa Luxemburg a été assassinée

et 2 jours que je chausse du 35 »



Christiane Passevant

Y’a pire ailleurs (CINÉMA… THÉÂTRE…TV…)

Film de Jean Henri Meunier
vendredi 23 mars 2012 par CP

Sortie nationale le 21 mars 2012



Christiane Passevant

Les Femmes du bus 678. Film de Mohamed Diab (CINÉMA… THÉÂTRE…TV…)

vendredi 23 mars 2012 par CP

« J’ai fait ce film en Égypte avant le soulèvement et lorsque je le revoie maintenant, je m’aperçois qu’il y a des prémisses de la révolte. Je n’ai pas voulu que ce soit un film sur la révolte, mais je dois dire que les films de cette période parlaient de cette révolte, même de manière indirecte. »

Fayza, Seba et Nelly s’insurgent contre un état de fait, tabou en Égypte, le harcèlement ordinaire et quotidien. Issues de milieux différents, les trois femmes s’unissent pour combattre ce machisme impuni qui sévit au Caire dans les rues, dans les bus et dans leurs maisons. Elles refusent de se laisser humilier en silence et décident que, dorénavant, elles répliqueront à ceux qui les humilient.

La détermination de ces femmes, leurs actions anonymes provoquent polémiques et réactions hostiles dans un premier temps, mais ébranlent finalement une société basée sur la suprématie de l’homme [13].

Devant l’ampleur du mouvement, un inspecteur mène l’enquête et cherche à comprendre ce qui génère ce phénomène d’auto-défense. Qui sont effectivement ces femmes qui remettent en question la soumission et revendiquent une reconnaissance de leurs droits et l’arrêt des violences à leur égard ?

Les Femmes du bus 678 de Mohamed Diab [14] fait partie d’une lignée de films de fiction courageux parlant directement du patriarcat, de son influence sur les mentalités, de la place des femmes dans la société égyptienne et des droits qui sont les leurs. On pense évidemment au film de Atef Hetata, Les Portes fermées (1998) [15] et plus récemment, à celui de Yousry Nasrallah, Les femmes du Caire (2009) [16].

Les Femmes du bus 678 de Mohamed Diab, est le premier film long métrage de ce jeune scénariste qui déclare devant le public : « J’ai réalisé ce film sur les femmes égyptiennes et j’en suis fier ». Trop rares en effet sont encore les films qui ouvrent la voie à la réflexion sur les violences subies par la moitié de la population, et Les Femmes du bus 678 est de ceux-là.

À travers le geste de Fayza s’exprime la révolte des femmes et leur courage aussi. La colère de Fayza est le point de départ, d’ailleurs la rémanence de la scène de harcèlement dans le bus revient tout au long du film, prise sous des angles différents, pour marquer la répétition, la quotidienneté de cette violence dont l’écho est quasi nul, face à l’indifférence générale. La révolte de Fayza est filmée en boucle, comme pour ponctuer le film et marquer la prépondérance du machisme, de la frustration sexuelle et l’incommunicabilité due au tabou où l’interdit, transgressé en douce, au détriment des femmes doivent encore subir les conséquences de la frustration des hommes. Il est toujours question, en Égypte comme ailleurs, de la frustration sexuelle des hommes et de leurs « irrépressibles pulsions », mais qu’en est-il de celle des femmes ? Il faut souligner que l’impossibilité, admise pour les hommes, de contrôler leurs pulsions est à l’origine de 75 000 viols par an en France. De plus, les femmes harcelées sont souvent considérées comme responsables du harcèlement.

« Nous entendions parler du problème, mais nous n’avions pas connaissance de l’ampleur du phénomène qui est entouré par le silence. J’ai alors décidé d’explorer la question, et j’ai commencé à en parler aux femmes autour de moi. Et les récits sont arrivés. L’une des protagonistes, Nelly, incarne un personnage véridique qui vient de gagner le premier procès en Égypte pour harcèlement », explique Mohamed Diab, qui ajoute que si les femmes, en Égypte, ont « plus de droits que dans la plupart des pays arabes. En revanche, il y a une conjoncture entre la situation socio-économique, la tradition, la religion et le silence qui fait que cette question chez nous est l’une des plus graves. Il faut savoir que, pour des raisons économiques, la moyenne d’âge pour se marier maintenant, c’est 35 ans. Donc entre la puberté et 35 ans, les jeunes traversent un désert sexuel — vu que les relations sont interdites hors mariage. La frustration est terrible. » Autres tabous sociaux en Égypte ? Beaucoup sont liés aux femmes, comme le divorce parce qu’« une femme divorcée est une femme finie, elle n’a aucun espoir de se remarier. » Mais aussi les mutilations sexuelles, la virginité, le viol, de même que l’homosexualité et le sida.

Film engagé, féministe et inspiré de faits divers réels, Les Femmes du bus 678 de Mohamed Diab marque aussi une embellie du cinéma égyptien. Il porte un regard fin et critique sur la société, ancré dans une réalité souvent niée : « De par la tradition, si un homme harcèle une femme, c’est toujours elle la coupable, elle l’a provoqué d’une manière ou d’une autre. Cette manière de voir est profondément ancrée dans la mentalité collective. Il faut refuser le silence et punir ce délit. D’ailleurs, un mois après le procès de Nelly, une loi a été promulguée en Égypte contre le harcèlement sexuel. [17] Les femmes doivent aussi changer et arrêter de participer à ce silence. J’ai fait ce film pour les femmes égyptiennes. »

« J’ai d’abord pensé que ce film avait été réalisé par une femme, c’est un film engagé et clairement féministe. J’ai acheté ce film parce que j’ai été charmé. » Un joli commentaire du distributeur du film. [18]

Les Femmes du bus 678 de Mohamed Diab a été ovationné par le public lors de sa projection au 33e Festival du cinéma méditerranéen de Montpellier le 22 octobre 2011. Sa sortie nationale est prévue le 2 mai 2012.

Fondu au blanc

« Méfie-toi des femmes… » peut-on entendre dans le taxi cairote au début du film… C’est aussi le début d’une révolte…



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