confiné deuxième semaine
du 25 au 29 mars 2020

Moi je me suis rendu compte que les humains ont énormément d’imagination lorsqu’ils ne bossent plus.. Une confinée atteinte.

Un autre : je ne fais rien de toute la journée je suis en train d’y predre goût.

Confiné le lundi 30 03 2020

Comme d’habitude, tous les matins de la semaine, baguette, pain, viennoiseries, journaux, mais le Monde n’est pas arrivé. Triste. Toujours cette impression de passage obligé par la méfiance, la distance. Je croise peu de gens mais toujours avec la même question, il l’a ou pas ?

Cet après-midi, coup de téléphone de l’Ehpad où est la tante de ma compagne. Une aide-soignante au bout du fil, elle est de téléphone, elle fait le joint entre cette tante et nous. Difficile d’expliquer à cette vieille dame que tout est fermé, que nous sommes aussi confinés. Mais cette discussion téléphonique est positive. Cet Ehpad a mis en place un formulaire en ligne où il est possible de laisser des petits mots qui sont transmis aux pensionnaires.
Ce soir une nouvelle plus triste. Une ancienne petite voisine, nous l’avions vue quasi naître dans l’escalier de notre ancien logement, elle est au lycée maintenant, vient d’apprendre que deux de ses amis ont été testés positifs. Toujours cette sale impression que cette saleté rôde autour de nous.

Confinés, le temps semble s’être arrêté. Les jours se ressemblent tous. J’ai l’impression d’avoir déjà écrit cela.

Walter Benjamin avait écrit que pendant la révolution de juillet -1830 – des émeutiers avaient tiré sur les horloges de Paris pour arrêter le temps. Belle image, même si probablement inventée.

Rancière, vu dans une interview, dit que la révolution est un changement de temporalité. Le changement de temporalité est-il signe d’une révolution ?

Yves Cochet, interview du Monde dit « Avec mes copains collapsologues, on s’appelle et on se dit : « Dis donc, ça a été encore plus vite que ce qu’on pensait ! »

Première représentation de sortie de crise -5
Au jour de sortie de la crise, qui semble s’éloigner à fur et à mesure que l’on va vers elle, la population française et certainement mondiale aura progressé en matière de connaissances :
- Scientifique, qu’est-ce qu’un virus ?
- Sanitaire, on se lave les mains
- Géographique La Chine Wuhan, la Corée du sud Singapour, L’Italie, Lombardie Milan, Codogno, la France, le Haut Rhin, Mulhouse, l’Allemagne
- Les moyens de transport sanitaire, le TGV et autre ambulance
- Hospitalières, Professeurs, Chefs de service, virologues, réanimateurs infirmières, aides-soignantes etc.
Et par-dessus tout la chloroquine et le professeur Raoult


Confiné dimanche le 29 03 2020

Donc nous sommes dimanche. Nous avons changé d’heure. Nous entrons une heure plus tôt dans le confinement. Pas de journaux, la boutique est fermée. Pas de sortie, il fait froid, il pleut. J’ai plein de choses à lire et à écrire. Mais avec tout ce temps devant moi je n’ai plus trop envie d’écrire, comme s’il n’y avait plus de date limite.

La tête continue à fonctionner, même de plus en plus vite. Le flot d’informations l’alimente. Il est difficile de passer à côté. Ce sont des nouvelles du voisin, du prochain, même s’il est à des milliers de kilomètres.

Une amie canadienne nous a appelé. Confinée aussi, mais moins strict. Le gros problème du gvt canadien est le retour d’un grand nombre de citoyens qui ont passé l’hiver en Floride. Ils rentrent pour le printemps. Ils sont potentiellement covidés. L’Etat les parque dans des campings, une grande partie est en camping-car, pour une quarantaine !

La panique mondiale vient d’un simple fait : même les puissants peuvent être malades. M. disait « on est en guerre » certes mais c’est la première où les dirigeants risquent autant que le quidam, et ça c’est dérangeant. Jusqu’alors les guerres étaient faite par des gens qui ne se connaissaient pas au profit de gens qui se connaissaient mais ne se la faisait pas. Tout a changé, à cause d’un petit truc invisible et tout neuf.

C’est ce que répètent à tout bout de champ les experts. On ne savait pas, on ne connait pas etc. A fur et à mesure que la recherche avance on apprend d’autres choses. Une étude italienne montrerait que 80% des victimes sont des hommes. Et l’égalité ? L’âge moyen des morts baisse.

En même temps, caché derrière cette catastrophe, la machine étatique d’aliénation marche à plein. Pablo Servigne, dans une interview sur Médiapart, samedi soir, parle du retour de l’Etat souverain. Certes, peut être un peu plus que cela, pour le salut de tout le monde…à quand un comité de salut publique avant l’arrivée de la terreur ?

L’absence d’évènements tant sportifs que culturels oblige les médias à ouvrir leur colonne à un tas d’expert en tout genre. La parole semble se libérer. Les interviews, faites à distance, révèlent tout à la fois des visages non maquillés et des intérieurs divers et variés. Le virus en veut aux maquilleuses et au décorateurs.

Les nouvelles des amis sont fluctuantes, certains s’en sortent d’autre sont sur le fil du rasoir. D’autres ne supportent plus de rester à la maison sur l’insistance de leur famille.
Un patron (tissu) de masque, estampillé AFNOR a été publié en ligne. Notre fille va nous en faire deux, bec de canard ou plié a-t-elle demandé. Quel choix ! Cela montre bien l’état de panique au plus haut niveau. On a commandé des millions de masque mais en attendant do it yourself.

Première représentation de sortie de crise -4

A Wuhan , en Chine, la « libération » de ces habitants se fait au compte-goutte, historie de voir si… Plus ou moins trois mois après le début du confinement, comment sera-ce chez nous ?


Confiné le 28 03 2020

Le chiffre d’affaires de ma marchande de journaux a explosé. La frontière avec l’Allemagne est fermée. Plus de possibilité d’aller chercher des cigarettes à moindre cout de l’autre côté du Rhin. Des petits trafics ont lieu cependant, un routier international fait le plein au Luxembourg et revend dans son appartement à ceux qui savent. Il n’y a pas de petits profits en temps de crise.

Les amis atteint par le covid19 sortent tout doucement de leur état pestiféré. La question de l’après se pose de plus en plus. Il y aura ceux qui auront résisté et les autres, indemnes, porteurs sains non symptomatiques etc… Bon on verra cela plus tard.
J’avais hier évoqué une éventuelle récompense aux soignants sous forme de cérémonies aux Invalides, il y aura aussi certainement leur participation au défilé du 14 juillet, les blouses blanches aux Champs Elysées. Comme étouffoir on ne fait pas mieux.

Un ami m’a donné un tapuscrit à relire. La correspondance de deux amis militants dans un groupe politique qui a joué pour moi un grand rôle. Cet échange de lettres entre 1962 et 1968, vivant, passionnant, laisse un goût amer. C’était une époque où il pouvait encore penser un possible. Aujourd’hui nous vivons ce à quoi peut ressembler un effondrement général. Le collapse joyeux, c’est pour hier.

Le soleil est parti. Il fait froid. Drôle de printemps. Cela sera plus facile de ne pas sortir.

Première représentation de sortie de crise -3
Célébration générale de ceux qui nous permettent encore de fonctionner. Tous ces petits métiers, en d’autre temps invisibles. Vite, vite, que cela se termine afin de nouveau pouvoir les oublier et que soit rendu à qui de droit la fonction de premiers de cordée.


Confiné le 27 03 2020

Ma marchande de journaux s’est barricadée derrière une plaque de plexiglas qui rend les manipulations de journaux ou tabacs plus difficile. A partir de lundi, dans toute l’Euro-métropole il faudra sortir les poubelles la veille au soir dans la rue, pour le passage du camion poubelle le lendemain. Jusqu’alors les « poubelliers » le faisaient eux-mêmes. Tout comme les facteurs ne font plus que trois tournées par semaines. Ce, qui à mon avis, perdurera, entrainant une moindre nécessité de main d’œuvre.

Devant le supermarché local, les clients sont alignés sur le trottoir, à un mètre cinquante les uns des autres, comme les queues de l’époque soviétique à l’Est. La différence, essentielle, c’est que les magasins sont pleins de marchandises.

Il fait beau mais froid. Les nouvelles du front sanitaire sont de plus en plus mauvaises. Dans les structures abritant des personnes âgées, pavillons gériatriques ou Ehpad, des tests de dépistage sont fait systématiquement, ce qui amène à des chassés croisés entre lieux sous covid19 et lieux indemnes. Il semble que parmi les arrivants dans les services d’urgence il y ait des personnes qui somatisent les symptômes du virus sans l’avoir. Cela rend le travail des régulateurs de plus en plus difficile.

La colère qui affleure dans chaque prise de parole de soignant éclatera-t-elle après ? Ou bien ils seront tous tellement épuisés qu’ils accepteront de participer à une cérémonie aux Invalides ou des légions d’honneur seront distribués aux médecins décédés et des médailles du mérite ou du travail aux autres. Le tout avec un discours ronflant de qui vous savez. J’ai peur que beaucoup tomberont dans ce panneau.

En attendant la crise économique, qui se profile et que les pouvoirs espèrent calmer avec de l’argent qui n’existait pas il y a deux ou trois semaines, se profile bien plus grave qu’il n’y parait.

Les recommandations du GIEC pour diminuer la production de co2 dans l’atmosphère est suivie à la lettre. L’air redevient pur, le silence règne les oiseaux chantent. Faudrat-il abandonner tout cela à la reprise ?

Le discours du pouvoir n’a jamais apparu aussi vide, aussi en dehors de la réalité. Promettre pour après, qui peut y croire une minute ?

Encore un nouveau jour de passé, Philipe vient de rallonger le confinement de deux semaines, alors que tout le monde sait que les spécialistes qui le conseillent demandent 4 semaines. Il a peur ?

Première représentation de sortie de crise -2

La fin de la crise, la sortie se soldera-t-elle par un tri entre ceux qui l’ont eu et sont immunisés et ceux qui y ont échappé et devront rester confinés ?


Confiné le 26 03 2020

Voilà, la deuxième semaine est entamée. Encore combien ? Trump dans sa grande bonté lâche du fric pour l’équivalent de 4 mois. En arrière-plan de la déroute sanitaire se profile la déroute économique. Les mêmes qui appelaient à la maitrise des coûts déversent des milliards de dollars, euros, yuans pour ne pas couler.

Je peux l’avouer ici, je suis content de ne pas exercer le pouvoir en ce moment (il n’y a jamais eu l’ombre d’un risque…).

La déroute économique est-elle probable, je n’en sais plus rien. Un chiffre aux nouvelles, l’économie française est en panne – 35%. Dans n’importe quelle situation on serait en été de guerre sociale. Grèves, manifestations violentes dans les rues, prise d’assaut des magasins, les grand d’abord. Économiquement, plus de crédit, plus de subvention, état d’urgence, des flics partout et j’en passe. Aujourd’hui rien de tout cela !

Une remarque hier, lors d’un talk-show, de l’urgentiste préféré des Français, P. Peloux, me revient à la mémoire en écrivant. Le confinement a fait chuter le nombre d’accident en tout genre et par ce fait permis de dégager des lits pour les pandémiens (sic !). C’est au fond une façon de régler le problème de=u budget de l’hôpital public sans couter un sou au budget gouvernemental.

Dans le journal local les annonces mortuaires prennent une place de plus en plus grande, 4 pages aujourd’hui.

Retour sur la crise économique, où est passée la liberté du marché, la loi de l’offre et de la demande. Nous rentrons dans une économie ultra régulée. L’Etat prends son rôle à cœur et comme dans toujours est incapable de gérer correctement le b a ba de cette fonction. On l’a vu avec l’Etat soviétique, on le voit aujourd’hui ici avec cette palinodie des masques.

Bon aujourd’hui, on a fait du vélo, on est descendu dans notre jardin (air connu) pour le préparer pour le printemps. Ça fait du bien ! Demain on ira faire un tour, un kilomètre du domicile, cela fait un diamètre de 2 km, et une circonférence de…pi, 3 14.16…compliqué...

Un très grand ami à qui je dois beaucoup m’a mis en demeure de me représenter aujourd’hui ce que pourrait être la situation en sortie de crise. D’abord refus de ma part, je ne suis pas un météorologiste social. Puis je me suis dit, essayons quand même. Donc tous les jours qui viennent, je tenterais de jouer à ce petit jeu.

Première représentation imaginée de sortie de crise

La queue chez les coiffeurs pour ceux qui auront encore des cheveux.


Confiné le 25 03 2020

Voilà le grand mot est lancé, ce soir à 20h20 ! Résilience ! Merci B. Cyrulnik ! Avouez que ça en jette. Utilisation de l’abstraction en politique. Merckell, Trump, Johnson, peuvent aller se rhabiller. Contre le virus nous avons l’arme absolue. La situation ne serait pas aussi grave, ce serait risible.

Voir ce soir tous ces pantins masqués autour du chef avait tout à la fois quelque chose d’inquiétant et de scandaleux. Inquiétant, un gang masqué à la tête du pays, ce n’est pas sans rappeler les conférences de presse des nationalistes corses. Scandaleux de voir tous ces masques blancs, immaculés, portés par des gens qui n’en avait pas besoin, les distances de sécurité, alors que ceux qui en ont besoin en manquent.

Grandes promesses qui n’engagent que ceux qui les entendent. En résumé, ceci, : dans les masses d’argent qu’on va répandre pour sauver le système il y en aura, des poussières, pour vous. Merci papa ! Trump est moins hypocrite !

Selon le New England Journal of Médecine la pollution atmosphérique jouerait un rôle important si ce n’est déterminant dans la propagation du virus. L’arrêt des activités aussi bien en Chine qu’en Italie est à regarder, entant que tel, de près.

Sous prétexte d’avoir les moyen de lutter contre le virus des dispositions légales, des avancées technologiques se mettent en place. Elles pourraient durer après coup, au cas où ?
Aujourd’hui comme hier, rien de neuf. Ce matin avec mon vieux complice nous avons décidé de prendre notre café ensemble, mais à distance. Longue conversation avec nos proches, qui continuent à travailler en ligne. L’enseignement, pour trois d’entre eux, de cette façon est difficile, un autre métier certes, mais pas seulement.

Le vélo fonctionne à nouveau, exercices physiques en vidéo mis en scène par le club local. Surtout ne pas sombrer. Encore 4 semaines à tenir, au moins, puis après, la crise économique, on n’en est pas sorti.

A demain !