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Divergences, Revue libertaire internationale en ligne
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Confiné, première semaine
16-24 mars 2020

Confiné le 24 03 2020

Cela fait donc une semaine que la France est confinée et moi avec. Une semaine où les jours ont de plus plus tendance à se ressembler les uns aux autres. Une semaine où les outils numériques modernes deviennent de plus en plus indispensables.

Le soleil revient malgré la froidure. C’est le printemps, sans nous dehors.

Essayons un instant de nous poser la question des origines et du comment/pourquoi de cette situation. Il semblerait que tout ait commencé dans un marché chinois où un individu a mangé de la viande d’un pangolin ou a été soigné par un médicament à base des écailles de cet animal qui lui avait mangé des fourmis qui avaient sucé le suc de bégonias sur lesquels des chauves-souris, gourmandes de ces fleurs elles aussi, avaient répandu le virus qu’elles avaient concocté au fond de leur grottes la nuit. Il y a là tout ce qu’il faut pour en faire un polar naturaliste.

Comment, pourquoi, dans un long article bientôt publié sur ce site, un chercheur chinois analyse les origines de cette pandémie de façon intéressante, en faisant le lien avec l’expansion tout azimut d’une agriculture industrialisée et agressive, donc. En repoussant autant que ce peu les limites de la sphère sauvage, les frontières de l’activité humaine deviennent de plus en plus poreuses. Donc elles laissent passer ce qui auparavant pouvaient rester dans ces limites.

Les nouvelles des amis atteint, virussés, semblent bonnes, la route vers le 14ème jour se raccourcit lentement. La situation dans les Ehpad ne cesse de nous inquiéter, spécialement celui où (je n’ose écrire « enfermée ») est la tante de ma compagne.

Nous avons tous les deux repris le vélo d’appartement, il faut penser dès aujourd’hui à la sortie de crise.

Demain est un autre jour


Confiné le 23 03 2020

Le journal local a 14 pages, ce matin lundi. En fait un correspondant, Jacques, me rappelle que le lundi, les Dernières nouvelles d’Alsace sont quasiment entièrement consacrées au sport et aux résultats de la veille. Il n’y a plus de sport, il n’y aplus nom plus de spectacle, il n’y a plus non plus de nouvelle parution de livres. C’est très calme, c’est très mort. C’est une expérience, combien de temps une société peut-elle fonctionner sans vie culturelle publique.
La vie se passe ailleurs, au sein du confinement mais aussi et surtout en ligne. Concerts sur Facebook, articles intéressants ci-et là. Les journaux et autres talkshows rabâchent toujours la même chose, la montée du virus. Son extension, sa dangerosité, ses symptômes. Je vérifie si je ne suis pas atteint d’anomie olfactive. Je ne crois pas. Je sens monter de plus en plus la colère, non pas à cause de la maladie, mais parce que ce système nous a rendu, et nous l’avons laissé faire, aussi désarmés.

Maintenant éclate toute l’hypocrisie à propos des normes de pénibilité absentes de la loi sur les retraites. Les morts des soignants commencent à apparaitre ? Seuls ceux qui font du télé-travail semblent à l’abri de la contagion.

Une autre question se pose, allons nous passer du confinement, sommes tout confortable (sic) au confinement avec rationnement. A voir certains endroits où la police se questionne et questionne sur l’évidence des produits de première nécessité, on peut se le demander.
Les médias glosent beaucoup sur la Chine. Un pays qui a réglé, à quel prix, la question du virus. La tentation de l’imitation du totalitarisme est toujours très forte. Maii il semble que le retour chinois économique se fasse attendre. A la fois parce que les marchés occidentaux sont en stand-by et aussi probablement parce qu’il est compliqué de faire repartir une machine économique qui s’est arrêtée brutalement. Aux dernières nouvelles quelques pays de l’Asie du sud-est ferment leurs frontières. Tout cela ne peut que ralentir les affaires. De fait chaque pays se replie sur lui-même et s’aperçoit se faisant qu’il ne peut plus fonctionner seul. En France la production de voitures s’avère impossible, une fois les stocks épuisés, car des pièces essentielles au montage viennent de Chine. C’est pandémie pourrait sonner la fin de la production éclatée, mais ce n’est pas sûr.

Une autre crainte se fait jour, celle de la perpétuation des mesures contraignantes après la crise. Quelle occasion de tester grandeur nature l’efficacité de la surveillance par drones. D’abord juste équipés de caméra, les technologies sont prêtes pour passer à d’autres transports plus offensifs.

La bande passante du réseau est de plus en plus encombrée. Les vidéos continuent à circuler. Les enfants et petits-enfants sont tout à la fois proches et loin. Nous arrivons seulement en fin de première semaine.


Confiné le 22 03 2020

Dimanche, morne dimanche. Il fait froid. Pa s de journaux donc pas de sortie. Le jardin devient inhospitalier. Je fais le tour des proches des amis. Je skyppe, je whatsappe, je téléphone à tout va, et bien sûr j emaile. Il ne faut pas rompre les liens virtuels, seuls garants d’une santé mentale dans une société qui se délite sous les coups d’un virus qui met à bas ce qui fait société. Nous avions prévu juste avant la crise, optimistes que nous étions, de partir faire un tour en Algérie, en groupe. Sur la petite dizaine que nous formions, trois ont attrapé le covidmachin. Ce qui fait monter le nombre de nos proches à quatre contaminés. L’impression d’être cerné se renforce. Le pic de la contagion est annoncé dans un ou deux jours.

Il faut résister. Pour cela pensons à l’après. Que va-t-il se passer ? Irruption de la colère des laissés pour compte qui n’auront droit qu’à un gigantesque « merci » présidentiel pour solde de tout compte ? Dépression généralisée de tous ceux qui seront rentré dans une déprime confinée et confinante. Comme d’habitude les porte-parole du pouvoir vont dire que les leçons de la crise seront tirées. Qui peut croire cela ?

Je me suis accroché à tenter de comprendre (merci Cyr) le mécanisme de la dette financière comme conséquence des sommes monstrueuses d’argent qui vont être distribuées pour empêcher l’économie français, européenne, mondiale de s’effondrer. J’en ressors avec la très nette impression du piège qui va se refermer sur nous. Quand Apple perd 200 millions de dollars en bourse c’est un argent virtuel qui s’envole. Quand la Banque européenne injecte 750 milliards d’Euros dans le système bancaire de l’Union européenne il s’agit d’autre chose. Cela se fait, si j’ai bien compris, sous forme de bonds, d’obligations, achetés par des organismes, banques, Etats, extérieurs qui les présenteront à échéance le jour venu. Il faudra alors les rembourser, avec ou sans intérêts. Hormis un krach planétaire qui ferait s’effondrer le système financier il faudra en passer par là. Nous pouvons avoir en mémoire l’affaire de l’emprunt russe qui avait été dénoncé par les bolcheviks arrivés au pouvoir et avait laissé les prêteurs riches de somptueux papiers imprimés.

Si la dette n’est pas honorée, la monnaie dans laquelle elle est émise n’a plus de valeur. En conséquence une économie qui fonctionne en osmose avec le monde entier, production parcellarisée, est alors en panne si ce n’est à l’arrêt. Sommes-nous prêt à cela. Ce que nous vivons aujourd’hui n’en est qu’un avant-gout.

Le médicament miracle, la chloroquine, serait à nos portes et le corps médical refuserait de s’en servir car son porte-parole le Professeur Raoult semble hors norme. Des test vont enfin avoir lieu et on va savoir.

Une nouvelle vidéo. Notre petit fils de 2 ans et demi, file de plus en plus vite sur sa draisienne, l’espoir devant nous.


Confiné 21 03 2020

Donc notre confinement, ici en Alsace va devenir plus sévère. Le journal local me l’annonce en ligne juste avant que je ne sorte pour aller chercher la version papier. Le choc. La préfète a décidé de durcir les conditions du confinement par un arrêté qui interdit dans l’ensemble des communes du Bas-Rhin ’accès à l’ensemble des parcs, jardins publics, gravières, forêts, plans d’eau, berges, aires de jeux, parcours de santé et terrains de sport urbains et ce, jusqu’au 15 avril.

Ma première pensée va à mon petit fils qui habite à quelques encablures de chez nous et qui à deux ans passés découvre les joies de la draisienne.

La porte de ma buraliste s’orne d’un « ouvrez avec le coude ! » comminatoire et à l’intérieur un parcours flécher. Tout le monde accepte sans broncher. Tout le monde, c’est-à-dire deux ou trois au maximum, s’il y a plus, on attend dehors. Il fait froid. Le printemps semble être parti.

Je découvre une vidéo qui vient d’être publiée. Ruffin, le député insoumis, dialogue avec mon ami, Pablo Servigne. L’un confiné dans sa cuisine, le second dans son bureau au fond d’une vallée drômoise. C’est là en bout de ce texte àp partir de la 37 minutes. Il y aurait beaucoup à dire.

Plusieurs remarques me viennent à l’esprit. J’ai l’impression que chaque jour passant, et ce n’est pas fini , la colère monte, celle d’être enfermé et de voir, entendre, le scandale du manque de masque grandir. La colère monte et avec elle ce refrain bien connu des comptes à rendre, plus tard. Pourquoi plus tard ? On sait bien qu’il n’en sera rien. La colère monte et le souhait que l’on en tire les conséquences, les leçons. On sait bien que le « rien ne sera plus comme avant » relève du vœu pieux. Mais au fond qui est le « on » ?

J’ai emmené ma compagne au cinéma ! Si ! si ! Petite salle, deux fauteuils, pas de queue. Le luxe… Nous avons vu Le dernier vice-roi des Indes. C’est à voir. Un film sur la fin de cet empire, le départ des Britanniques, la partition, un nouvel Etat, le Pakistan, un à deux millions de morts dans le grand transfert de population d’un côté vers l’autre. Le triomphe de la volonté de pouvoir appuyé sur la différence religieuse. Atterrant, fort bien joué. Excellente reconstitution. En quelques images, le drame de Gandhi, l’image de son échec terminal qui préfigure son assassinat.

Un nouveau jour se termine, un nouveau se profile, pareil, confiné. A demain !


Confiné 20 03 2020

Comme d’habitude, pain, journaux, petit déjeuner. Puis une série de skypes, famille, amis. Faire tourner la solidarité est non seulement essentiel mais indispensable, pour les autres et pour soi. Savoir que l’on est relié. Qu’un rituel semble en place, permet de ne pas devenir fou.

Chaque jour un nouveau proche est atteint. A la question comment, la réponse est « je ne sais pas ».

La lecture des journaux est bien sur traumatisante. Tout comme le spectacle télévisuel. Un ami, touché, se refuse à regarder ses spectacles d’une désolante répétitivité. Quant à moi j’ai envie de comprendre ce qui se passe, envie de comprendre ce qui est en jeu derrière tout cela. Je ne crois pas une seconde à un quelconque complot. Par contre je ne peux pas ne pas ressentir les efforts fait un peu partout pour ne pas sombrer. Quitte quand on est politique à manger son chapeau.

L’affaire des masques est révélatrice en cela. Elle illustre parfaitement la circulation des biens en période ultra libérale où seul le profit est justifié. Pour les masques comme pour tout autre marchandise. Ceux qui se scandalisent aujourd’hui sont pour la plupart des hypocrites. Ces protections ne forment que la partie émergée de l’iceberg de la « libre circulation » des biens.

Cet après-midi j’ai continué à échanger avec mon petit-fils à propos de ses devoirs d’histoire. 10 ans et être confrontés à l’histoire du XXème siècle de façon globale et brutale a pour conséquence la primauté de la réponse au maître au détriment de la compréhension.

*En cette fin de journée je ne peux que me pencher sur le mystère de la fabrication de l’argent et me réjouir de l’embarras des économiste « mainstream » incapables d’expliquer de manière rationnelle l’arrivée de l’argent hélicoptère dont Trump est près d’arroser son pays.

La seule question qui me traverse l’esprit et celui de mes amis avec qui j’en parle est comment vont-ils nous le faire payer ?

Cela suffit, demain est un autre jour !

Confinés 19-03-2020

Ce matin ma buraliste a du pain. Pour le toucher le moins possible elle m’enjoint de venir demain avec un sac. Sur la porte de sa boutique, un nouveau poster, « merci de bien vouloir gratter dehors ! ». Un instant de surprise, puis je réalise qu’elle fait allusion aux jeux de grattage qu’elle vent par dizaine.

Une nouvelle journée démarre. Ce sera ma seule sortie. Il fait beau. Il va falloir s’organiser pour tenir. J’ai reçu une lettre du Ministère de l’intérieur, un point en moins pour excès de vitesse. Dépassé de 5 km heure la vitesse limigte de 70. Il va se passer du temps avant que je ne reprenne la voiture. De même plus question d’aller en Allemagne (15 minutes de chez moi) boire un café avec mon vieux copain. La frontière est coupée. Le virus plus fort que les migrants !

Une petite sortie dans le jardin, il fait beau, il faut en profiter, à partir de dimanche le froid reviens.

Heureusement il y a les divers moyens de relations moderne. Je téléphone, je skype, je WhatsApp avec les uns et les autres. Cet après-midi pendant une demie heure nous avons pu voir nos enfants et petits-enfants en « live », c’est mieux que rien.

Les médias sont omni présents dans notre vue de confiné. Une plainte en surgi en ce moment, le manque de masques. Problème intéressant qui montre les limites du marché à la sauce libérale. Réquisitionnés, pour empêcher qu’ils partent en dehors de nos frontières, ils sont bloqués par cette même réquisition et donc empêchés d’être distribués tout de suite là où il en faut. Les gesticulations du pouvoir, ministre de la santé en tête, n’en changent rien. Manquerait-il des commissaires politique pour faire le sale travail ?

Dans quelques journaux l’espoir que cela serait qu’à la sortie de la crise les choses seraient différentes. Combien de temps cette illusion perdurera-t-elle ?


Confiné 18-03-2020

Sorti ce matin, chercher mon ou plutôt mes journaux. Plus que d’habitude, les magasins de nourriture sont ouverts mais ceux de nourritures spirituelles sont fermés. Insupportable !
Visite au kiné, j’ai mon ausweis, je me suis fait contrôlé au retour, , 4 flics sourire au lèvres, mais armés… Passé à l’hypermarché, pris des pommes de terre qui manquaient près de chez nous. On est prêt pour un siège ! Il faut s’installer dans la durée. Facile à dire sur le moment ! Mais demain et après-demain ?

Un coup de fil d’un très très bon copain avec qui j’ai beaucoup fait et beaucoup appris, la montagne était notre espace de vie. Il vient de rentrer d’un trek dans l’Himalaya, il présente des soupçons du virus. Encore jeune et en forme, peu de risque mais quand même, l’impression que cela se rapproche.

Toujours drôle d’impression de voir ces plateaux télé désertés, interlocuteur à distance. Le top, c’est sur France2 20heures, le président du comité scientifique, conseil du gouvernement, participant au journal télévisé depuis sa cage d’escalier, avec l’ascenseur en arrière-plan.

Il semble que pouvoir soit passé aux mains des médecins. Les politiques étant forcés d’en suivre leurs recommandations qui contiennent des risques de mort. Le conseil scientifique étant le vrai pouvoir actuel, (la population générale étant confinée), les unités combattantes sont à la bataille.


Confinés 17 03 2020
Je suis sorti comme tous les matins chercher mon journal et mon pain. Une centaine de mètres. La buraliste est barricadée derrière son comptoir, masque sur la figure, des gants sur les mains. Drôle d’ambiance. Sur sa porte, un avertissement : pas plus de trois clients, chacun à un mètre de distance. D’habitude ici, c’est un endroit très convivial, où l’on rencontre plein de monde. Le silence. La boulangerie qui lui fait face est fermée. Rideau de fer baissé, sans un mot affiché. Pourquoi, nul ne sait. Elle ne ferme jamais, sauf le dimanche après-midi ! Le boulanger, un homme jeune, grand, mince, est-il malade ? Le virus ? Donc pas de pain. Je repars avec mes journaux, dépité. Un peu plus tard, je reçois une copie du formulaire de sortie. Un peu surpris, je ne sais pas trop comment manipuler ce truc. Je le transmets aux amis, aux proches. Curieuse, cette situation, en fait je m’autorise à sortir pour cela ou cela. C’est l’autogestion tant désirée ? Certes, mais derrière il y a le bâton policier. Cela dit, il faut remarquer que ce n’est qu’un papier pas tout à fait officiel, pas de signature d’autorité, poutant il à cours auprès des pouvoirs de police. « Monsieur le policier je m’autorise à sortir et cela doit vous suffire pour me laisser aller ». L’anarchie n’est pas loin ! Ce serait chouette si le contexte n’était pas aussi terrible.

Nous n’avons pas de pain, donc, pas grave il y a des restes. Notre fille nous en amène en début d’après-midi. Elle est avec sa petite fille, dix mois. Elles se tiennent à la distance réglementaire, un mètre cinquante. Je ne peux pas prendre la petite dans mes bras. Elle est porteuse potentielle du virus, une bombe. Je suis obligé de la considérer comme un danger. Dans quel monde vivons-nous ? Au bout de vingt minutes, elles repartent sans que j’aie pu les embrasser. Je ne m’en remets pas.

Ce soir aux médias, les journalistes s’extasient devant les rues vides des villes. Ces dernières ressemblent à ces maquettes que l’on peut voir parfois, mais aujourd’hui c’est grandeur nature ! Une ville vide c’est triste !

Dans le monde du jour un excellent article sur la tentation de Pékin. Faire comme eux, contre le virus, voilà le danger. Les attentats de 2015 ont laissé dans nos villes comme un arrière-gout de contrôle permanent, soldats en armes, flics partout, vigiles aux entrées de salles de spectacle ou autres, avec le regard curieux dans nos sacs. Une fois le virus régulé, disparu, que va-t-il rester de ce désir de contrôle, urbi et orbi, ici et partout ?

Combien de temps encore avec cette peur qui rôde. Ici, en Alsace les limites sont atteintes. Ce serait trop facile de continuer à sourire du fait que tout est parti d’une communauté religieuse fondamentaliste chrétienne. Des rumeurs de choix à faire, en matière de gravité, circulent. L’armée intervient, un hôpital de campagne, transfert de malades vers des hôpitaux non encore saturés. Ma belle-mère, 94 ans, est hospitalisée tout comme sa sœur, pas de visite possible ! Comment lui expliquer ? Douleurs. Comment va-t-on tenir encore, 15, 20 jours ou plus comme cela. Demain est un autre jour.

Pierre S.


Confiné, 16 – mars 2020
Je suis rentré hier dimanche d’une réunion à Metz, en train. Je garde mes distances. Je suis un peu mal à l’aise. Malaise qui grandit ce lundi à fur et à mesure. Il faudrait vivre en dehors de la chaine de l’info, de ces chaines qui nous enchainent à l’insu de notre plein gré.
Mais que se passe-t-il ? Les messages d’alerte sont de plus en plus nombreux, se font de plus en plus angoissant. Pourtant quand je regarde par la fenêtre il n’y a rien de nouveau. L’air est doux, les fleurs commencent à arriver. Mes forsythias fleurissent et au fond de moi croît une petite angoisse, une toute petite angoisse. Aurais-je ramené de Metz une de ces saloperies invisibles qui n’attends que le bon moment pour me prendre d’assaut ? Ma compagne ne m’a pas encouragé à aller au CFA, sera-t-elle co-victime ?
Les élections ont eu lieu, la maire écolo de ma ville a été réélue au premier tour. Plein de débats ont lieu. Que va dire le grand Mamamouchi ce soir ? Moi qui ne l’écoute jamais, pas plus lui que les autres, je suis devant ma télé et je scrute ses propos. Après nous avoir assommés avec ses « quoi qu’il en coute » il nous assène ses « Nous sommes en guerre ». Et je ne peux même pas objecter ! Il joue au père de la Nation. Il joue sa réélection. Il semble revenir sur tous les points de blocage. Il joue l’unité nationale. Qui peut le croire ? Les promesses n’engagent que ceux qui les entendent. Et pourtant, l’ennemi rode et la seule chose que je peux faire c’est refuser de collaborer.
Je ne peux pas m’empêcher de voir, d’entrevoir les prémisses de l’effondrement, le grand arrêt de l’économie, ce que les grèves ne peuvent plus faire, la grève générale, le virus y arrive ! Demain est un autre jour avec encore et encore des annonces dramatiques.
Pierre S.