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Divergences, Revue libertaire internationale en ligne
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Jean-Manuel Traimond. Photos Christiane Passevant
Le Sacré-Cœur. Une basilique réparatrice
Guide méchant [et parfois moche] de Paris : les églises…
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M. Horace Léon dans Sainteté du bonnet de coton : « Son édification répond au vœu de M. Legentil qui, persuadé que Dieu avait puni la France par la défaite de 1871 et la Commune de Paris, jura de construire en réparation une église à Paris. L’Eglise reprit ce vœu parce que la République, neuve encore, réclamait la séparation de l’Eglise et de l’Etat. On ouvrit une souscription : l’amplitude espérée de cette œuvre pie devait persuader la République que le peuple soutenait l’Eglise. »

Sur la façade toute blanche de la belle pierre de Souppes, seules deux statues tranchent par leur couleur différente. Ces deux statues de bronze à la patine verte représentent St-Louis et Sainte Jeanne d’Arc, les deux saints qui, en dirigeant la France, ont réalisé la plus complète union de l’Église et de l’État.

En outre, la colossale mosaïque de la voûte dépeint les deux généraux Lecomte et Thomas. Ils saluent de leurs épées nues le Sacré Cœur de Jésus. Lecomte et Thomas avaient été fusillés par les Montmartrois le 18 mars 1871. Derrière eux, un chouan appuyé au drapeau blanc de la monarchie, derrière le chouan Louis XVI et Marie-Antoinette, martyrs de la foi agenouillés en prière. Le Sacré-Cœur ouvrit en 1919, la IIIe République avait 49 ans.

La dévotion au Sacré Cœur de Jésus fut lancée par une religieuse, Sœur Marie Alacocque, L’Église tint longtemps pour suspect l’aspect si charnel de cette dévotion. Mais au 19e siècle, elle se prit d’enthousiasme pour le
Sacré-Cœur, que l’on retrouve dans d’innombrables vitraux de l’époque. Marie Alacocque, représentée par une statue à l’intérieur de la basilique, éprouvait des impulsions d’une grande élévation mystique, comme en témoigne ceci : « J’étais si délicate que la moindre saleté me faisait
bondir le cœur. Il [Jésus] me reprit si fortement là-dessus qu’une fois, voulant nettoyer les vomissures d’une malade, je ne pus me défendre
de le faire avec ma langue. Il me fit éprouver tant de délices dans cette action que j’aurais voulu avoir l’occasion d’en faire tous les jours de
pareilles. Pour me récompenser, la nuit suivante, il me tint bien deux ou trois heures la bouche collée sur son Sacré Cœur. »



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