Bandeau
Divergences, Revue libertaire internationale en ligne
Slogan du site
Descriptif du site
Jean-Manuel Traimond. Photos Christiane Passevant
La Madeleine
Guide méchant [et parfois moche] de Paris : les églises…
logo imprimer

M. Albert Lévy, dans un livre sur la spatialité religieuse, a qualifié l’église de la Madeleine de « machine à faire croire ». Ce qui ne manque pas de piquant lorsque l’on se souvient d’abord que la Madeleine faillit, à la Révolution, devenir la Bourse, et que la Bourse elle-même, on l’a vu plus haut, est presque une église.

La personne qui poussa le plus Louis XV à lancer le projet d’une église dédiée à Marie-Madeleine, prostituée repentie, fut Madame de Pompadour.

La Madeleine est la seconde manifestation, après le Panthéon, du double défaut de l’architecture moderne : l’illusion qu’il suffit de bâtir grand pour bâtir beau et que le respect des règles de l’art suffit à faire de l’art.

René Sédillot se souvient que les Romantiques s’indignèrent de cette dernière illusion, typique des Classiques : « Le temps des Gracchus et des Brutus est démodé, David est un pompier, les artistes qui persévèrent dans le genre antique sont honnis. Comme les pouvoirs publics sont souvent en retard d’une génération, comme au surplus il faut poursuivre les entreprises en cours, l’art parisien ne se met pas vite à la page.

La Restauration achève la Bourse, dont les quatre faces alignent des colonnes corinthiennes. Louis-Philippe achève la Madeleine, autre parallélogramme à péristyles. Les églises qui sont alors élevées dans les quartiers nouveaux procèdent de la même formule : Notre-Dame de Lorette, Saint-Pierre du Gros-Caillou, ce sont toujours des frontons triangulaires sur des colonnes.(…) Le jeune Hugo s’indigne et s’emporte : « N’est-ce pas une belle chose en vérité, que votre Madeleine, ce tome deux de la Bourse, avec son lourd tympan qui écrase sa maigre colonnade ? » De la Bourse, Hugo dira aussi : « belle ligne droite, gracieusement coupée çà et là de tuyaux de poêle. » Et des tours de Saint-Sulpice : « deux grosses clarinettes. »



Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.86.39