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Divergences, Revue libertaire internationale en ligne
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Cha, Groupe de Strasbourg de la Fédération Anarchiste
Compte rendu du contre-sommet
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Ce texte raconte mon expérience au contre-sommet du G8 à Heiligendamm, auquel je me suis rendue avec des camarades français et allemands. Impossible de donner une vision d’ensemble : on ne peut pas être partout à la fois. Je milite depuis peu de temps, ce qui m’empêche parfois de prendre du recul. Mais cela permet aussi de porter un regard neuf sur les événements, et peut-être d’être mieux comprise des non-militants... Les récits exhaustifs et les analyses sont nombreux sur Internet, ce n‘est pas mon objectif ici.

[L’Aire de rien->http://www.lairederien.net/]

Avant même notre départ, des problèmes se sont présentés. Les camarades de Strasbourg et d’Offenburg (ville allemande proche de la frontière) ont dû se démener pour louer un mini-bus : malgré un accord de principe donné une semaine auparavant, la compagnie de location n’avait soudain plus de véhicule pour les gens qui allaient à Rostock... mais pour les autres destinations, oui !! Comme par hasard, au même moment, la police allemande lançait une vague de perquisitions pour soupçon de formation d’une coalition terroriste ; les flics iront ensuite jusqu’à téléphoner aux proches de certains militants, afin de les intimider. Malgré la pression policière, nous dénichons un mini-bus et partons pour Rostock le 1er juin, avec les copains de l’antifa Offenburg et quelques militants de divers groupes FA.

Nous arrivons sans subir de contrôles au camp de Reddelich, le plus proche de la zone interdite. Le camp est organisé en « barrios » (quartiers), chacun regroupé autour d’une cuisine autogérée. Nous nous installons dans le « Black barrio », dans lequel se trouve aussi une grande tente installée par l’Ifa (Internationale des Fédérations Anarchistes), où l’on peut trouver du matériel d’information et de propagande, et nouer des contacts. Pas loin de nos tentes, également, le « Family camp », où sont installés les gens qui ont amené des enfants. Ainsi, tout au long de la semaine, nous serons entourés par des individus vêtus de noir revenant d’action... mais aussi par des mômes surexcités en train de jouer au milieu des tentes.

La manif unitaire du 2 juin

Samedi 2 juin, c’est le jour de la grande manifestation unitaire à Rostock, qui rassemble 60 000 personnes. Alors que nous arrivons sur le port et que nous sommes juste derrière le Black block, des lacrymos sont lancées. La police charge, notre groupe se retrouve dispersé. Je n’arrive pas vraiment à suivre ce qui se passe, je vois des groupes de flics charger en plein milieu des manifestants, des gens qui courent dans tous les sens, des pavés qui volent...Des chiffres contradictoires nous parviendront ensuite, sur le nombre d’arrestations, le nombre de blessés de part et d’autres. Peu après mon retour en France, j’ai appris que parmi les dizaines de blessés graves annoncés dans les rangs de la police, seuls deux avaient finalement été hospitalisés. Moi qui croyais qu’un blessé grave était forcément hospitalisé, j’ai encore beaucoup à apprendre...

Dans les jours suivants, les « casseurs » seront unanimement vilipendés dans les médias officiels. Mais d’autres versions circulent. On dit que des « agents provocateurs » de la police auraient déclenché les violences, un flic en civil a été démasqué. L’endroit où l‘émeute a éclaté, situé au bord de l’eau, était idéal pour la police afin de mieux contenir les manifestants. Alors, qui, des flics ou du Black block, a déclenché les hostilités ce jour-là ? Les véritables « violences » n’ont-elles pas débuté en fait trois semaines avant le G8 , lors de la vague de perquisitions musclées menées par la police dans les milieux de la gauche radicale et des autonomes ?

Le 3 juin, nous restons au camp, ce qui Lire la suite




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