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Divergences, Revue libertaire internationale en ligne
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Confiné 3 ème semaine

Confiné le dimanche 05/04/ 2020

Vous voulez un masque, allez sur Amazon, il y a le choix, mais pas question d’en équiper le personnel.

Une hypothèse : Et si ce confinement n’était pas aussi une occasion d’expérimenter le numérique à grande échelle. Et par là donner un nouvel élan au capitalisme traditionnel qui semblait en perte de vitesse. Tous ces gens qui travaillent à partir de chez eux, qu’ils y restent et qu’ils continuent. Economie de bureau, de prime de déplacement, etc.

Aujourd’hui dimanche. Beau temps, nous sommes restés dans le jardin. Nos voisins du dessous aussi, mais à distance « sociale ». Drôle d’impression. Nous avons fait une bonne tare aux pommes, bien de chez nous. Nous l’avons partagé bien sûr ; par WhatsApp ! Vive le capitalisme numérique !

Ce soir à la télé, un parallèle fait avec l’effort de guerre pendant la guerre de 14/18. Alors les usines fabriquaient des obus, aujourd’hui des respirateurs. Un parallèle qui semble ne choquer personne.

Comme c’est dimanche, repos. Ce sera tout !

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Confiné le samedi 04/04/ 2020

Pas grand-chose à dire ce soir, si ce n’est que je suis sorti ce matin chercher pain et journaux avec un masque sur la figure. Je me sentais déguisé, pas à ma place. On en a parlé en famille, éloignée géographiquement, beaucoup en ont, des colorés, élégants, le mien utilise un des rares tissus que l’on peut trouver en ville. Il semble qu’il faille les laver après chaque usage…on verra.

La polémique autour de cet objet enfle. C’est un peu comme le sparadrap de Tintin, ça va coller aux basques du pouvoir. En attendant les décompte des morts enfle. Ceux qui sont partis alors qu’ils étaient en Ehpad représente la moitié de ceux qui sont morts à l’hôpital. Tragique, funèbre comptabilité. Quel manque à gagner pour tous ceux qui avait investi dans ce segment économique promis à un grand avenir, non profit plutôt.

La panique commence à monter dans les lieux du pouvoir. Après sera-t-il comme avant ? Comment vont-ils faire pour ne pas être comptable de tout ce qui se passe.

La Chine vient de s’arrêter trois petites minutes pour célébrer les morts du virus et le personnel soignant. Les martyrs deviennent des héros. Ce sera comme cela ici. Il y aura des monuments au combattants du virus.

Nos petits-enfants poussent loin de nous, 500 mètres à vol d’oiseau. La petite dernière qui aura 1 ans en mai, grandit vitesse grand V, et nous ne les voyons qu’a travers WhatsApp. L’art d’être grands-parents à distance.

La lecture de la presse, le spectacle de la télévision, toujours le même programme. Avant d’ouvrir le journal, avant de regarder la télé, on espère que quelqu’un dira c’est fini. Mais non ça continue, l’ARS du grand Est vient d’annoncer ce matin que le pic de la maladie serait entre le 10 et le 25 avril. Cette précision, oh combien aléatoire ! est porteuse de tant de tragédies à venir ? Sous les corps sans vie un autre combat se dessine, la reprise économique à tout prix. La grève sans masse a assez durée. Michelin veut faire repartir ses usines, qui dit pneu dit tout ce qui va autour...

Première représentation de sortie de crise -10

L’espoir de la sortie s’éloigne



Confiné le vendredi 03/04/ 2020

Masque ou pas masque ? Ce qui semble sûr, c’est que le fait d’en porter n’empêche pas le virus d’entrer. Le fait d’en porter empêche le virus de sortir. Donc en porter implique le fait, la certitude de savoir que si vous êtes porteur vous n’êtes pas contagieux pour autrui. Il faut donc accepter que vous êtes potentiellement malade. Moi jamais, mais pour qui vous me prenez ?

On a déjà eu ce type de dialogue avec la voiture. Moi je sais conduire, je n’ai pas besoin d’avoir des limitations obligatoires de vitesse. Pourtant le fait d’en avoir a sensiblement réduit le nombre d’accidents.

Curieusement en ce qui concerne le masque, tout cela n’est pas valable. L’exemple de ce déni est donné depuis tout en haut, pour cacher l’impéritie du pouvoir.

Donc, puisque je dispose d’un masque, fait à la maison, je vais le porter en signe de solidarité et d’insoumission.

Je suis abonné à un site (aoc.media)très qui publie régulièrement des articles divers et souvent très intéressants ? Les plus récents en date me semblent montrer le début d’une révolution "intellectuelle". Voici quelques-uns des derniers titres qui illustre bien notre moment :

Nous vivons la décroissance en version thérapie de choc » - Covid-19 et santé globale : la fin du grand partage ? - « Coronarration » ou les paroles gelées : - Bolsonaro et le Covid-19 - Quoi qu’il en coûte, sans doute : mais à qui ? – Coronavirus et inégalités - Trouble dans le présentisme : - le temps du Covid-19 - Viens loin de moi – de la proxémie en temps de pandémie - Cuisine et confinements – sur quelques livres - Covid-19 : impréparation et crise de l’État - « Le capitalisme a des limites » : Donald Trump face au Covid-19.

Texte à lire. Mon frère m’a demandé d’écouter une interview de Bruno Latour sur France Inter ce matin. Le journaliste faisait référence à un article de cet auteur paru sur ce site, intitulé : « Imaginer les gestes-barrières contre le retour à la production d’avant-crise » qui a été reproduit sur un blog de Médiapart.

Latour pose six questions, dont je vous livre la première :
Question 1 : Quelles sont les activités maintenant suspendues dont vous souhaiteriez qu’elles ne reprennent pas ?

Première représentation de sortie de crise -9

L’angoisse de la sortie…une sortie angoissante


Confiné le jeudi 02/04/ 2020

Mon ami a choppé le virus. Que dire de plus, je crains le pire. Son état physique général étant chancelant. La belle-mère d’un autre ami très proche vient de décéder. Elle était dans une maison de retraite. Ces endroits clos, où mourir en silence est la règle. Ces endroits où la fin de vie, attendue, est devenu une épreuve, pour ceux et celles qui sont concerné directement d’abord, pour leurs familles impuissantes ensuite. Cette impuissance est, si on n’est pas atteint, l’une des choses la plus difficile à vivre tant elle est mêlée de culpabilité et de désespoir. Accompagner les mourants jusqu’au bout est l’ultime devoir des vivants. Premier geste du deuil, deuil devenu impossible.

Le Premier M. a parlé longtemps à la télé, pour annoncer que cela durerait plus longtemps. Ce qui confirmait ce que nous pouvions déjà savoir par ailleurs. Décalage du discours officiel avec la réalité. Il a dû redire que tout ce qui se passait n’était pas de sa faute. Bien sûr c’est de la mienne !

Dire que le pays est en colère est en dessous de la vérité. Les chiffres des morts dans les Ehpad semble pire que ce que l’on pouvait supposer. Dans notre journal local les pages consacrées aux annonces mortuaires augmentent de jour en jour. La colère peut soulever des montagnes mais quand elles retombent, les situations ont-elles réellement changées ?

L’enjeu pour le système capitalo-financier va être de retomber sur ses pieds. Le choc est pire que prévu. L’Etat qui redevient jour après jour de plus en plus jacobin va prendre la situation en main. Déjà il forge les outils d’un futur maintien de l’ordre. Diminution des services, allongement de la durée du travail, mise en place sous prétexte de contrôle des potentiels contaminés/contaminants d’outils numériques de suivi des déplacements.

Notre fille nous a fait des masques en tissu selon la norme AFNOR. Pas très beaux, ce genre de choses est en train de se multiplier pour pallier aux incapacités du pouvoir.

Texte à lire
 : Un article de l’historien Chapoutot dans Libération du jour, à lire ici

Première représentation de sortie de crise -8
Continuation du discours, ce n’est pas le moment de contester, réclamer, demander des comptes, on le fera après. Le gouvernement a pris les devants, après se fera très lentement et tuera de ce fait toute revendication qui ne pourra qu’être intempestive. Rendons hommage à nos morts, d’abord !


Confiné le mercredi 01/04/ 2020

Difficile d’écrire quelque chose de nouveau tous les jours alors qu’il ne se passe rien ou pas grand-chose dans ma vie. Rien ? non, je viens d’apprendre que mon plus vieil ami, 50 ans qu’on se parle, qu’on se dispute, qu’on boit un café ensemble.

On a beaucoup voyagé, on a beaucoup marché, on a skié. On a aussi travaillé ensemble, beaucoup. Il m’a aidé plus que je ne l’ai fait pour lui.

Il vient d’être hospitalisé, ce sois je ne sais pas, si le covid l’a frappé ou si son corps a lâché, frappé par le vent mauvais qui souffle. Ce soir je sais que ce sont ses poumons qui …

Mon dernier sms : je tiens à toi, j’ai mis une bouteille de champagne au frais !

Donc ce soir je n’ai rien à dire ou alors trop.

La sortie du confinement se fera au coup par coup selon un protocole dont personne ne sait rien, des hypothèses en l’air partout. Et je ne sais pas si je retournerais boire mon café, de l’autre côté du Rhin, avec lui.

Une copine, du côté de Montpellier, vient de m’écrire : « Jusqu’ici ça va... symptômes de début viral mais ça tient encore. Comme pour une grippe ça réveille les douleurs un peu oubliées (articulations, orl, digestion...) ».

Les pages de mon quotidien régional se remplissent d’annonces mortuaires ; 7 pages aujourd’hui. Combien encore à venir. Ma compagne et moi nous aurons bientôt des masques, fabriqués par notre fille. Nous avons tous, je crois, entendu parlé du Masque de fer, cet homme emprisonné à la Bastille dont personne n’a jamais vu le visage, mythe ou réalité, peu importe, eh bien ces masques blancs nous manquent.

On, les médias, s’aperçoit que les chiffres donnés par le pouvoir chinois sont à prendre avec des pincettes. Ce qui est curieux c’est qu’on les a pris pour argent comptant. Dans un régime totalitaire les chiffres du plan (économique) sont et ont été toujours faux. La volonté bureaucratique est supérieure à la réalité. Comme cette dernière est rétive il faut maquiller les chiffres. C’est ce qui vient de se passer en France avec c ette historie de masque. Comme il n’y en a pas, ils ne sont pas nécessaires.

Notre société ralentit. La course vers le profit est stoppée. Le quotidien se dégrade. Il faut toujours prendre la file en gardant une longueur de bras au moins d’écart avec qui vous précède ou vous suit.

Au confinement structurel des quartiers dit "populaires" se rajoute le confinement covid19. Ce n’est pas tenable humainement parlant. L’espace extérieur permet de supporter son absence à l’intérieur. Le temps d’école permet aux parents d’aller travailler...etc. Quand la soupape est bouchée ...

Première représentation de sortie de crise -7
Quelles seront les manœuvres pour faire oublier ce qui apparait au grand jour , puisque plus rien ne les cache, les inégalités sociales ?


Confiné le mardi 31 03 2020

Rien de neuf aujourd’hui, au moins ici. La poubelle jaune (papier) a été sortie par nos soins hier soir et rentrée par nous idem ce matin. Toujours cela que les ouvriers eurométropole (iens-istes ?) n’auront pas à à faire. Est-ce un premier pas vers la diminution des postes de travail, probablement comme cela se passera aussi pour les facteurs ?

La presse est là. Ce matin dans le journal régional, sept pages sont consacrées aux annonces mortuaires. Insupportable.

Les annonces sur la durée de confinement apparaissent cachées parmi d’autres plus officielle, par exemple les dates du bac, ou la question des tests pour l’après confinement.

Un grand mouvement d’accès à la lecture est lancé. Nombre de livre gratuit sont mis à la disposition de tous. Juste un bémol, mais à mon avis il est de taille. Pour accéder à ces livres gratuits il faut se créer un compte. Ainsi les généreux donateurs rentrent en possession de nos coordonnées personnelles et se constituent un fichier de clients à bon compte. Charité bien ordonnée…

Emergence d’une parole hospitalière autonome prouvant que le personnel soignant sait mieux que les administratifs ce qu’il faut faire et que lorsque ces derniers ne sont plus liés par au-dessus, l’hosto fonctionne. L’autogestion en acte ?

L’occupation d’un Ehpad, forme nouvelle d’occupation ou démonstration que les gens sont capables de se prendre en main sans autorisation supérieure.

Il faut faire attention, c e pourraient être des prises d’habitudes difficiles à se défaire, par la suite.

Textes à lire et à relire
- Louis, Colmar : Comprendre la crise du présent, c’est avant tout comprendre la fragilité de l’Etat et de l’économie, et ne pas se laisser impressionner par leurs rodomontades médiatiques, dont le récent discours présidentiel de Mulhouse était une caricature
- Annie Ernaut : Aujourd’hui, quoique vous le proclamiez, nous ne sommes pas en guerre, l’ennemi ici n’est pas humain, pas notre semblable, il n’a ni pensée ni volonté de nuire, ignore les frontières et les différences sociales
- Coline Serreau : Ne nous y trompons pas, il n’y aura pas de retour en arrière après cette crise.

Première représentation de sortie de crise -6

La dette, toujours elle, l’argent déversé aujourd’hui, piège demain. La valeur de l’argent est liée à celle du travail. Beaucoup d’argent nécessite de fournir beaucoup de travail. Qui a dit ce gros mot : profits ?