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Divergences, Revue libertaire internationale en ligne
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Chroniques du temps qui passe
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 Aout 2017- Même pas peur

Donc c’est aux cris de « nous n’avons pas peur » que un grand défilé de protestation a eu lieu sur les Ramblas de Barcelone après les attentats du mois d’Aout 2017. Tous les médias en ont fait leur grands titres et leurs fromages. Est ce aussi simple que cela ? N’y a t’il pas une autre lecture à faire de ces événements ?

Car enfin ne serait ce pas une façon schizophrénique de regarder ce qui se passe autour de nous ? Nos dirigeants ne cessent de nous rappeler que nous sommes en guerre contre le terrorisme. Comment s’étonner que des partisans de ce terrorisme ne se fassent entendre de la même façon, c’est-à-dire en tuant, dans nos villes ? Les bombes « alliées » ne font pas de différences entre les tueurs de Daech et les civils soumis par eux.

Faut il toujours rappeler que ce sont « nos morts et leurs commerces » ? Comment en Syrie ne pas se révolter, prendre les armes par désespoir puis tuer sans discernement, le tout habillé d’une idéologie religieuse qui affirme que « Dieu est à nos côtés » ?

  Aout 2017 - Leurs statues et les nôtres

Charlottesville, comme un réveil de la partie radicale des Américains politisés à gauche. La manifestation de Boston confirme ce retour. Effarés, nous, Français , apprenons par le biais de nos gazettes que dans les Etats du sud des Etats unis de nombreuses statues perpétuent la mémoire de ceux qui ont combattus pendant la guerre de Sécession, la Guerre Civile, afin de préserver la liberté d’avoir des esclaves.

Ces monuments ont été élevés bien après cette guerre qui fut la première guerre de masse. Ils sont l’expression d’une forme de revanche qui perdura après la défaite du sud dans les États ségrégationnistes.
Faut il détruire ces statues ? Je crois que c’est une erreur. Elles sont la marque d’un passé qui semble révolu mais peut revenir. Ce sont les informations qui sont jointes à ces édifices qui devraient être explicites et non plus louangeuses.

En France, dans toutes les villes et villages, et surtout dans ceux-ci, des monuments portent les longues énumérations des « morts pour la patrie » de la « Grande Guerre ». Hormis à Gentioux dans la Creuse, où le dit monument dénonce clairement la guerre, partout ces listes ne sont pas autre chose que celles du tribut légitimement payé par les populations à la défense de gens qui ne se la faisaient pas.

Ce tribut est célébré tous les ans, le 11 novembre, sans que soit élevée la moindre contestation, sauf à Gentioux. Rituellement les élèves de nos lycées sont emmenés à Verdun pour voir ces champs de dévastations et de meurtres sans que la notion de refus de l’armée soit jamais évoqués. Restons neutres disent les organisateurs. C’est-à-dire participons au culte du système militariste.

 Juillet 2017 Reconstruire la gauche disent ils !

Toutes les prévisions sondagières annonçaient la disparition de la gauche, elles ne se sont pas trompées. Ce sont ça et là des lamentations dans tous les rangs, chez tous les commentateurs sauf parmi ceux qui s’en réjouissent.

Macron n’a pas réussi seulement à prendre le pouvoir par une sorte de coup de force dans une opinion pleine de rancœur contre le système politique français qui , il est vrai s’était illustré par une inefficacité et une absence de transparence rare. E.M. a réussi aussi à dynamiter un type d’organisation politique que l’on pouvait croire inscrit dans le marbre.

En prenant le pouvoir sans passer par la case parti, Macron a renoué d’une certaine façon avec certains vieux schémas de l’anarchisme et du marxisme de conseil, tout le pouvoir au mouvement.

Au fond, quoi qu’il en dise, Mélanchon a fait de même. Le PS et le PC sont tous les deux des morts en sursis, ou bien même des organismes déjà morts mais qui ne le savent pas encore. C’est une panique qui les prends tous. A la mairie de Strasbourg le groupe dirigeant s’est scindé en quatre, il y a les Marcheurs, le PS, la Coopérative qui regroupe les hamonistes et se veut « un jardin partagé pour les Strasbourgeois » et qui a déjà un chef… les écolos qui restent terrés et qui n’ont rien compris et le Maire qui a décidé de n’adhérer à aucun groupe ! A l’examen, hormis En Marche on s’aperçoit que la seule base de ces gens là est limitée à leur simples personnes.

Donc à la question qui les hante, comment reconstruire la gauche ? ils n’ont pas de réponse.

La question qui se pose autant à La République en marche qu’aux Insoumis, est comment pérenniser leur succès sans reprendre la forme parti. Par essence le mouvement est dynamique alors que le parti est fondamentalement statique.

Plenel dit « Nous avons besoin d’une gauche sociale, écologique et solidaire.D’une gauche qui s’oppose avec l’intelligence d’une radicalité pragmatique. D’une gauche qui entrave cette tentation d’un pouvoir sans partage que renforcent nos institutions monarchiques".

Le problème est bien celui là : le pouvoir ! Un journaliste de Mediapart qualifie le mvt de Mélanchon de prophétique, alors que ce dernier n’a en tête que la prise du pouvoir.

Combien de temps faudra t il encore à la gauche de terrain pour comprendre que le pouvoir est un poison ?

 12/06 Garde à vous ! En avant ! Marche ! Quand 1/6 = 4/5

Billet d’humeur de Thierry

Lendemain de premier tour de législatives, un Français sur deux parmi les inscrits à peine s’est déplacé, et sur cette moitié un sur trois à voté pour En Marche. Le parti du président obtient donc les suffrages d’à peine un inscrit sur six, il obtiendra environ quatre cinquièmes des députés.

Il n’y aura pas plus de représentation nationale que dans une république bananière, la gauche et la droite réduites à jouer les spectatrices de la nouvelle donne politique.

Si l’on peut se réjouir de voir de nombreux ténors du perchoir manger leur chapeau face à une horde de notables assez conséquentes, banquiers, patrons, haut-fonctionnaires, novices en politique, on ne peut néanmoins s’empêcher de s’interroger sur la suite.

Dans ma circonscription - 5e de Charente-Maritime – Le vieux briscard de droite qui visait sa réélection est en ballottage assez peu favorable. Le jeune maire dynamique de Marennes sous l’étiquette du PS mais avec un projet local qui tient la route a été balayé, éliminé. Arrive en deuxième position, un retraité inconnu, sans expérience, ni militante ni syndicaliste, qui n’a même pas eu à faire campagne, et sera vraisemblablement le député dimanche soir, qui n’a même pas été véritablement investi mais porte fièrement sur ces affiches la mention En Marche après que le candidat officiel a été désinvesti, suite à des tweets antisémites dénonçant la collusion du Crif et de l’État... et pourquoi pas le complot judéo-maçonnique.

Ensuite, ce nouveau député votera, le doigt sur la couture, toutes les lois présentées, sans se soucier le moins du monde du reste... Un député de la République française.

On aura donc une assemblée sans la moindre opposition crédible pour diriger le pays ou plutôt voter par plébiscite les lois du gouvernement.

La conclusion s’impose : dans ce cadre totalement dévoyé de la cinquième république, la seule opposition constructive - ou pas -viendra de la rue.

Thierry

 04/06 Déradicalisons, Disent ils !

Les attentats revendiqués par Daech se suivent sans pour autant se ressembler, apparemment. Il ont, semble t il, pourtant une similitude frappante. On trouve presque partout la présence d’un voisin. Comme disent les Anglo-saxon, le "guy next door". Il ne s’agit pas d’un type rentré de Syrie. Il ne s’agit pas d’un individu envoyé par un état-major fantôme. Juste votre voisin de porte dont vous direz, la main sur le cœur, que vous ne comprenez pas, qu’il disait toujours bonjour etc.

Les réactions sont partout les mêmes. Il était signalé et la police n’a rien fait. Il faut TOUS les enfermer ! et pour les spécialistes et les commentateurs éclairés , il faut les déradicaliser. Sur ce dernier point toutes les autorités sont d’accord. Des centres à cet effet on été créés. Leurs résultats sont décevants pour une simple raison. Les pouvoirs en places, qu’ils soient politiques, policiers, scientifiques ou autres considèrent que toute motivation qui s’exprime hors du consensus "démocratique" est à rejeter. Le roman national français exalte les notions de liberté, de combats, d’engagement etc. Les réalités de vie dans notre société, que ce soit dans les quartiers dits "populaires" comme dans les autres ne font apparaître pas autre chose que l’appât du gain, la volonté de réussir dans la vie, quitte à la perdre. Où sont passé les idéaux de révolte, de justice sociale, de révolutions ?

Les tenants du roman national oublient ces moments où ce pays, la France est passé d’un état à un autre, de façon momentanée mais décisive. 1789, 1830, 1848, 1879, 1936, 1968, ces dates montrent, démontrent s’il en était nécessaire, que le consensus du moment est fait pour être brisé et que les briseurs ont à chaque fois été considéré comme des terroristes.

Il ne s’agit pas de mettre dans le même sac des femmes et des hommes qui se battaient pour plus de liberté et de justice d’une part avec des individus qui combattent pour un projet dont le maitre mot est la soumission à un dieu tout puissant.

Il s’agit juste de rappeler que l’idée de vivre pour autre chose qu’un bout de pain est tellement absente de notre société, que vouloir déradicaliser sans ouvrir le chemin vers un projet révolutionnaire de liberté et de justice, est juste une vue de l’esprit et la marque de la panique qui saisit notre société.

 1/06/ TRANSPARENCE ET CHANGEMENT

L’avidité médiatico-politique pour ce nouveau gadget qu’est la transparence répond à au moins deux besoin si ce n’est trois.

- il faut d’abord nourrir la bête journalistique. La nécessité de voir clair dans les va et vient de nos politiques fait vendre du papier et de l’heure de télé ou de radio.

- Il y a ensuite un côté de vengeance journalistique au nom de la demande publique : vous les politiques, votre discours n’est plus le seul fournisseur de nos articles mais votre passé et vos actions souterraines sont devenus une source intéressante de profit.

- La dernière raison est au fond assez simple. Le roi est nu ! Tout un chacun se rend bien compte après avoir vu la droite puis la gauche au pouvoir que le seul domaine où il est possible de faire, changer, améliorer la vie de tous les jours est l’espace politique hexagonal. Pour la partie économique, emploi donc chômage, on peut repasser. Demain on rase gratis !

 MANCHESTER, LES ENFANTS ET LE TERRORISME

L’hydre islamique a de nouveau frappé. toujours aussi douloureux, toujours aussi programmatique, toujours aussi identique. Des enfants sont morts, des jeunes gens aussi et de plus vieux. C’est un scandale, certes. En Méditerranée des enfants meurent chaque jour avec leurs mères ou sans elles. Est ce moins scandaleux ? Faut il faire une échelle des horreurs. En Irak-Syrie des enfants continuent à mourir. Au Soudan du sud, ils sont en fin de vie par centaines. Pourquoi n’y a t’il pas aussi de gros titres sur ces drames, peut être parce qu’il faudrait en refaire tous les jours et qu’alors ce ne serait plus aussi vendeur !

L’horreur a encore de beaux jours devant elle tout comme la myopie de nos pays développés. Chaque fois que la question se pose, ON nous ressers la vieille antienne "on ne peut pas accueillir toute la misère du monde" en oubliant la fin de la phrase de Rocard, mais nous devons en prendre notre part et cette dernière est immense. (Même si alors cela servait à justifier une politique d’accueil plutôt pingre) Merci de ne pas l’oublier.

 LA FRANCE RETIENT SON SOUFFLE

Nous attendons avec impatience cette loi de moralisation publique qui va purifier notre classe politique dirigeante. Ceux qui nous gouvernent vont devenir des incorruptibles, enfin ! Ils auront les mains blanches. Allons nous regretter les temps où "tous pourris" ils exerçaient le pouvoir ? Il est vrai que d’une façon ou d’une autre nous aspirions à avoir une démocratie représentative à l’image de celles du nord. D’un coup de baguette magique nous aurons aussi ainsi le plein emploi qui va de pair !!! Nous pourrons ainsi dire à des individu-e-s propre sur eux "encore instant, monsieur, madame le bourreau (mot invariable).

Car après cette loi de purification, indispensable et incontournable, expression de la colère du peuple, il va falloir retourner au travail.

 LE BORGNE AU PAYS DES AVEUGLES

Il est de bon ton aujourd’hui de chercher des poux dans l’absence de barbe de Macron. Trop jeune, trop poli, trop intelligent etc. et.

Au fond cet individu fait des jaloux partout. Personne n’ose dire qu’il est juste plus clairvoyant quand au changement du mode de production que d’autres. Il a parfaitdment intégré l’esprit west-coast. Les entreprises ont besoin de plus en plus de techniciens de haute volée. La France, petite nation, en est une.

Ce type fait face à trois défis, l’économique ( production, chômage, financiarisation), le défi numérique ( la domestication du big data) et environnemental qui est probablement dramatiquement hors de portée. E.M. croit qu’en prenant le pouvoir il pourra faire quelque chose, il va bientôt se rendre compte que c’est le pouvoir qui lui dictera sa route. *On ne prend pas le pouvoir, c’est lui qui nous prend.

Sa prochaine échéance électorale est dans un peu plus de trois semaines. Loin des sondages, il semble qu’un ras le bol se fasse jour, un ras le bol vis à vis de ces discours mettant en exergue le peu d’expérience des ces marcheurs à Macron comme vis à vis de cette campagne qui n’en finit pas. Ce qui sera déterminant est la forme que prendra cette loi sur la moralisation de la vie publique. Décision législative qui ne coutera pas un sou mais qui se voudra signe de rupture et qui ne sera jamais assez radicale pour les spectateurs que nous sommes. Nous attendons CURIEUX !

 LA RÉVOLUTION DANS LES URNES

Le troisième étage de la fusée est mise en place. Après le président, le premier ministre, voici le gouvernement et tout le monde de s’exclamer "mais ce n’est pas un gouvernement de gauche". Il manque le quatrième tour, celui des législatives. Chacun d’espérer reprendre la main. Et la gauche dans tout cela ?

Un débat organisé chez Médiapart mercredi met en scène des universitaire qui furent un jour pétris de marxisme plus ou moins orthodoxe. D’autre débats rassemblant différent acteurs de la scène de gauche ont eu lieu au même endroit. Tous se posent la même question comment sortir la gauche de sa crise. Ce qui est fort intéressant c’est qu’hormis la référence aux sempiternelles "valeurs de gauche" dont je défie tout un chacun d’en avoir une vision nette personne ne se pose la question de savoir en quoi le changement, la modification profonde du mode de production capitaliste dans les pays développés a un impact sur le monde politique.

Deux hommes politiques ont compris cet état de fait. Macron d’abord, qui fort de cette prise de conscience a conquis le pouvoir et de l’autre côté Hamon avec son "revenu universel" qui s’est planté. L’idée de ce dernier qui avait au départ emballé les foules s’est perdu dans les sables. Aucun leader à gauche ne se pose plus la question de savoir ce qui est en train de se passer dans notre aire euraméricaine. Juste une information à creuser en passant.Faisons le compte du nombre d’actes financier que chacun d’entre nous fait lui-même sans passer par un être humain. Dans les fait chacun travaille sans être payé, que ce soit en achetant en ligne un billet de train ou un vélo d’occasion sur Le bon coin.

La gauche parlementaire ou parlementarisée puisqu’il n’existe plus que celle là pense qu’il est possible de changer les choses sans qu’il soit nécessaire de s"appuyer sur un mouvement social.

 LE SACRE !

La traduction en français contemporain de ce terme monarchique s’énonce comme suit "La passation des pouvoirs". Mais nul ne s’y trompe et surtout pas les artilleurs chargés de tirer les 21 coups de canon au Champ de Mars. [1]
Pour cet acte quinquenal nul comparaison n’est faite avec un autre pays europeen et encore moins l’Allemagne. L’effet de ringardise serait trop fort. Tout cela montre à quel pointles héritages historiques sont lourds même quand ils sont lointains et cela montre bien la conception pyramidal de l’exercice français du pouvoir.

 LE NATIONALISME 11 mai

Une constante parmi toute ces offres politiques qui se veulent nouvelles, anti-système etc. etc
Il suffit de regarder ces quatre photos de meeting des quatres deniers finalistes pour voir ce qui les rassemble tous ? Effrayant.


Meeting Le Pen

Meeting Fillon

Meeting Macron

Meeting Melanchon

 LE COUP SUIVANT

Ce n’est pas fini. Le cirque électoral a commencé il y a maintenant presque 6 mois avec les primaires de droite. Tout va t il se terminer au dernier tour des législatives ? Bien malin qui en ferait le pari. Il y a d’abord eu le dégagisme systématique de ceux qui étaient en place. On peut s’attendre selon certaines sources à l’éviction d’un certain nombre de survivant.

L’illusion serait de croire que le changement de dirigeant équivaudrait à un changement radical. Après avoir évacué l’option fermeture des frontières il reste à comprendre quel nouveau paysage politique français est en train d"émerger.

Quelle marge de manœuvre E.M. va t il avoir ? Si sa volonté de normaliser la vie politique française ne fait pas de doute quand est il du reste ? Pour la première partie, c’est de la réforme libérale libertaire qui ne va pas couter un sou commele mariage pour tous le fut à une autre époque. Ce va être une tentative de réconcilier les citoyens français avec leur classe politique. Pas sur que cela suffise.

L’azutre question centrale c’est le programme économique, c’est à dire la suite de la loi El Khomri.

Le dernier vendredi avant le vote E.M. a fait devant la rédaction de Médiapart son discours du Bourget.Ce fut habile, séduisant, intéressant, pour tout dire nouveau. Dans son projet économique on trouve quatre points sur lesquels il faudra faire attention.

- 1 la possibilité de négocier à tous les niveaux, salaires, heures sup, temps de travail
- 2 La question de la formation permanente, gros fromage des syndicats tant patronaux qu’ouvriers
- 3 La sortie du paritarisme en ce qui concerne les caisses de chomage
- 4 la question de la retraite à points

On va bien voir.

 Le jour suivant

Les chiffres ont donc parlé. Soit on les affiche comme les autres, pas de problème, tout va bien. EM a gagné sans coup férir, même mieux que prévu, MLP a perdu tout en augmentant son score. C’est aussi une victoire. Maintenant si on regarde de plus près. les choses sont différentes.

J’habite une petite ville de 31 633 habitants accrochée à une grande, une métropole.
Au premier tour Mélanchon est arrivé en tête : la participation était de : 71,44 %. Au deuxième tour la participation fut de 45,08 %, et Macron eut 74.66% des suffrages mais en vrai il n’eut qu’une toute petite partie des inscrits. Dans ma ville le nouveau président est minoritaire. C’est avec ce type de calcul (par rapport au nombre des inscrits) le cas dans toute la France. Ce qui annonce pour le moins un quinquennat tumultueux.

Ci-dessous les chiffres pour les 4 premiers.

  Premier tour

Jean-Luc MELENCHON 26.96 % 3419 votes
Emmanuel MACRON 23.96 % 3039 votes
Marine LE PEN 16.75 % 2 124 votes
François FILLON 15.24 % 1 933 votes
Inscrits 18 114 .
Votants 12 940 71,44 %
Abstention 5 174 28,56 %
Exprimés 12 683 70,02 %
Blancs ou nul s 257

 Deuxième tour

Emmanuel MACRON 74.66 % 8 277 votes
Marine LE PEN 25.34 % 2 809 votes
Inscrits 27 119 .
Votants 12 225 45,08 %
Abstention 14 894 54,92 %
Exprimés 11 086 40,88 %
Blancs ou nul s 257 1139

 Dimanche soir 7 mai

La France ne retient pas son souffle. Les chiffres ont parlé bien avant le terme. Les résultats sont plus ou moins connus. La victoire de Le Pen n’aura pas lieu. L’establishment médiatico-politique va pouvoir repartir à l’assaut de la réalité.

Donc ce soir le pire aura été évité, ou du moins repoussé de cinq ans. Il sera alors temps de compter les votants, les abstentions, les pour les contre et les blancs. Les calculettes vont se mettre en marche.

Après une campagne électorale qui n’aura jamais duré aussi longtemps le paysage politique français est complètement bouleversé. Un autre pays s’est fait jour.

Les sociologues en parlaient depuis longtemps. Les géographes aussi et bien d’autres. Il y avait le centre et la périphérie. il y avait ceux qui étaient in et ceux qui sont out.

Parler de ceux qui seraient en dehors de la mondialisation relève d’une réduction, puisque aujourd’hui rares sont les individus qui n’en possèdent pas un morceau dans leur poche, c’est à dire un téléphone mobile.

D’un point de vue entomologiste il v a être intéressant de voir comment la machine étatique va reconstruire son pouvoir.
Macron a fait son discours de Bourges pendant deux heures à Médiapart , ce sera intéressant de voir si quelqu’un l’y contraindra.

 Les mains sales

Cela reste une loi inéluctable de l'histoire : elle défend précisément aux contemporains de reconnaître dès leurs premiers commencements les grands mouvements qui déterminent leur époque. »[...] le chômage, les crises politiques et pour une bonne part la folie des gouvernements [...] avaient soulevé le peuple […] Et quiconque promettait l'ordre avait aussitôt des centaines de milliers de gens derrière lui.[...] Stefan Zweig 1941

Il y a quinze ans ce fut le choc. Le Pen au deuxième tour, impensable ! Et pourtant c’était cela. Le retour en France de l’hydre. Le ventre n’avait jamais cessé d’être fécond. Ce que nous avions pris pour un avertissement, repoussé au moyen d’un bout de papier, n’était en fait que le premier acte de ce retour. Quinze ans après, voici le deuxième acte.

La super structure démocratique nous enjoint de repousser cette tentative d’arriver aux premières loges de la même façon, un nouveau bout de papier avec une autre nom. Il ne s’agit pas cette fois d’un politicien blanchit sous le harnais mais d’une étoile filante : Macron.

Le petit monde militant rassemblé autour d’un vieux cheval de retour, formé chez les trotskistes les plus orthodoxes, passé sous les ors de la république comme à travers ceux du parti socialiste, nous assène ce slogan Ni Le Pen ni Macron.

Je m’aperçois ainsi que dans ce milieu là la détestation de Macron est plus forte que la haine envers Le Pen. Au fond le reproche est fondé sur l’implication de ce dernier dans la mise en oeuvre de la loi travail.. Après une étude de marché comme c’est enseigné dans les écoles de commerce E.M. s’est aperçu de trois ou quatre choses.

- 1- Que la situation économique française est bloquée et qu’elle fait beaucoup de mécontents pour des raisons différentes et souvent antagonistes, le salarié ne gagne pas suffisamment et et le coût du travail est trop élevé.
- 2- Que malgré toutes les recettes il n’y a pas de solution
- 3 - Que l’échec de la droite comme de la gauche aux pouvoirs a provoqué un rejet total des classes politiques .
- 4 - Que l’immense majorité des Français ne veut rien perdre de ce qui les semble protéger contre les aléas de la vie c’est-à-dire la protection sociale sous ces différentes formes.

Ces quatre points auxquels on pourrait rajouter bien d’autres sont connus de tous, répétés par tout le monde. Les médias sont remplis de cette détestation tout azimuts. Donc rien de nouveau. La force commerciale de Macron c’est d’avoir trouver un nouveau produit pour satisfaire la clientèle votatrice : LUI. Et ça marche ! Mais cela pour la gauche de la gauche c’est insupportable. Nous avons pu nous en rendre compte le soir du 23 avril avec le silence « démocratique » du lider-maximo populiste. Le peuple ne l’avait pas choisi, son produit n’avait pas été jugé assez performant. Au fond Macron avait fait les poches de Mélenchon. Ce dernier sur les mêmes présupposés que son concurrent avait lancé La France insoumise.

De là à mettre un = entre Le Pen et Macron il y a un gouffre que je ne franchirais pas.

Donc le 7 mais ( sic) j’irais mettre un papier macron dans l’urne puis je rentrerais me laver les mains.

Pierre Esse

Notes :

[1Sous l’Ancien Régime (de 1515 à 1789), 101 coups de canon étaient tirés pour annoncer la mort d’un roi et l’intronisation de son successeur. En 1958, au début de la Ve République, le général de Gaulle a décidé de garder cette coutume mais a choisi de la modifier quelque peu. Les 101 coups royalistes se transformèrent alors en 21 tirs républicains.
Pourquoi 21 ? Personne n’en est vraiment sûr mais la théorie la plus probable est liée à l’histoire de la marine. Au XIVe siècle, les bateaux de guerre avaient pris l’habitude de vider leurs canons, soit sept tirs puisqu’ils disposaient de sept canons, lorsqu’ils entraient dans un port. Ils annonçaient ainsi leur venue mais, surtout, prouvaient qu’ils ne voulaient pas se battre. D’autres y voient une référence à la tradition judéo-chrétienne où Dieu créa le monde en sept jours. Quoiqu’il en soit, l’évolution des techniques a permis aux bateaux de tirer trois coups de canon pour chaque coup tiré en mer. Et c’est là qu’on arrive à la fameuse formule 7 x 3 = 21 (LCI 13 mai 2017)

P.S. :

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