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Deux textes sur la subversion dans les forces armées américaines
pendant la guerre du Vietnam.

Édité et traduit par SIA, Syndicat Intercorporatif Anarcho-syndicaliste de Caen
P.B. 257 - 14013 Caen Cedex France

Cette brochure antimilitariste du SIA de Caen, disponible à Montréal, tombe à point nommé pour rafraîchir la mémoire.

Elle rappelle ce que furent le courage de beaucoup de GI’S au Vietnam dans leur pratique de la subversion et du refus de combattre y compris au coeur de la guerre, leur degré d’insoumission, leurs mutineries et leur stratégie du « fragging » auprès des gradés récalcitrants, jusqu’à la création des « coffee houses », lieux d’échanges et de propagande pour les nombreux journaux antimilitaristes édités par eux-mêmes. Le “fragging” consistait, après plusieurs avertissements, à l’élimination du gradé par l’utilisation d’une grenade à fragmentation. De 800 à 1000 tentatives de « fragging » eurent lieu au cours de la guerre du Vietnam.

« L’absence, depuis le milieu des années 70, d’un mouvement de soldats (...), l’abandon de la conscription, l’image de la force d’interposition humanitaire que cultive l’armée ont amené un affadissement et une raréfaction de la propagande et l’action antimilitariste. »

Enfin, si depuis le Vietnam les stratégies militaires ont changé (les équipement et les techniques d’affrontements ne sont plus les mêmes), la guerre en Irak et en Afghanistan rappelle la série de luttes que les déserteurs ou les insoumis ont menés contre l’armée et les mutineries courageuses de certaines compagnies de combat ; leurs luttes exemplaires, en lien avec plusieurs groupes radicaux de leur temps, disent assez combien l’antimilitarisme a fait parti et doit encore faire parti des stratégies révolutionnaires.

En contrepartie, la situation nouvelle au Canada crée par l’engagement des troupes canadiennes, l’impopularité de cet engagement, la militarisation des discours sécuritaires, les tués de plus en plus nombreux peuvent générer à moyen terme un mouvement d’agitation au sein même des forces armées qu’il faut dès à présent anticiper un peu partout.
C’est le sens de cette brochure qui fait aussi le lien avec des signes de mécontentement, épars pour le moment, mais suffisamment visibles dans l’armée américaine en Irak.

L’implication des forces armées canadiennes en Afghanistan de plus en plus massif, les discours militaristes qui l’accompagnent, plus visibles chaque jour, semblent ponctuer une interminable escalade de violence pour la défense d’un ordre mondial en train de se resserrer partout. En 2006, plus de 3 700 insurgés et civils ont été tués depuis le début de l’année lors d’attaques ou d’attentats en Afghanistan, soit quatre fois plus qu’en 2005. Les violences liées à l’insurrection sont passées "de moins de 300 par mois à la fin de mars 2006 à plus de 600 à la fin septembre, alors qu’elles étaient d’environ 130 par mois en 2005".

La récente manifestation à Montréal pour le rapatriement des militaires canadiens a au moins montré que la lucidité, même réduite en nombre et mouillée de partout, peut tenter de se dresser face à l’endoctrinement militaire.
L’insoumission, la désertion, pratiquées massivement pendant la guerre du Vietnam sont quelques unes des valeurs antimilitaristes pertinentes à remettre au goût du jour au-delà du mot d’ordre de rapatriement du contingent militaire.

Elles ne sont pas les seules. Refus de l’endoctrinement et théorie révolutionnaire vont de pair avec la possibilité d’une option révolutionnaire, exprimée en des termes les plus adéquats à la richesse de ce projet. Il n’y a donc pas de hasard si parmi les opposants à toute guerre y compris dans sa version moderne de guerre totale au terrorisme - prétexte à un contrôle massif des populations - certains tentent de corriger la légitimité de l’indignation dans le sens de sa propre radicalité et de franchir « les survivances de pensées, d’habitudes et d’intérêts du vieux monde ». Car nous nous heurtons toujours aux formes aiguës de la dépossession.

Il n’est pas vain de constater que les formes de luttes utilisées par un nombre important de GI’S américains au Vietnam pourraient bien être similaires à celles qui seront, un jour prochain, utilisées en Irak et pourquoi pas en Afghanistan par les militaires canadiens. Si l’antimilitarisme semble avoir disparu des campus américains et canadiens, il n’est pas exclu qu’il y revienne assez vite en cas d’extension du conflit en Iran ou en Syrie.
On a par ailleurs noté que pendant la guerre du Vietnam, ce sont les engagés et non les conscrits qui « avaient le plus tendance à entrer en rébellion ouverte. » Tous les espoirs sont donc permis puisque pour le moment aucune conscription n’a eu lieu.

Actuellement, le nombre croissant de déserteurs américains dont beaucoup se sont réfugiés au Canada est ainsi un signe clair d’une prise de conscience progressive des enjeux véritables de la guerre en Irak contre le « terrorisme » tout comme le mécontentement grandissant de la population canadienne contre les opération canadiennes Apollo (2001-04), Athena (de 2003 au début de 2006) et Archer dans la région de Kandahar où il n’est plus question de se concilier les populations locales mais de participer comme supplétif à un programme militaire américain d’inspiration colonial.

Enfin la fable du caractère « humanitaire » de la présence des forces canadiennes en Afghanistan et le discours inépuisable de la lutte contre le terrorisme relèvent clairement de la propagande et d’un contrôle social ouvertement discrétionnaire pour chaque état concerné ; un tel discours légitime toutes les attaques et chaque moment répressif de tous les états contre leur propre population comme on peut le constater partout dans le monde.

Ces deux textes ont l’immense mérite de démontrer que l’insoumission sous toutes ses formes est plus que jamais d’actualité.

P.S. :

Brochure diffusée au Québec par La Sociale (asociale@colba.net) et disponible à la librairie L’INSOUMISE, 2033 St Laurent Montréal. Tel : 313-3489.




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