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Divergences, Revue libertaire internationale en ligne
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Égypte. Des nouvelles
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Ce qui se passe sur l’autre bord de la grande bleue nous interpelle sans arrêt, il peut sembler difficile à certains de s’informer à la source, en effet que lire ? La consultation de sites en ligne est aussi une forme de solidarité.

Pour l’Egypte le supplément hebdomadaire en français du principal journal du pays est intéressant car en attendnat la normalisation à venir il contient des informations qui ne passent pas par les médias européens.

Voici quelques extraits

Des nouvelles de la bourse

Une initiative a été lancée par les jeunes blogueurs appelant à l’achat d’actions de la Bourse égyptienne lors de son ouverture. Elle propose que chaque citoyen verse 100 L.E. pour éviter la chute brutale de l’indice boursier, après une clôture de plus d’un mois, suite aux événements qui ont secoué le pays entraînant la chute du président égyptien Hosni Moubarak, après 30 ans au pouvoir.

Ces 5 500 personnes ont formé un groupe sur le Web dans le but d’appeler la Bourse égyptienne et l’EFSA (Autorité égyptienne de supervision financière) à présenter des facilités dans les différentes banques, afin d’encourager les investisseurs voulant acheter des actions.

Un nouveau front se lève

Initiatives populaires . Maintenant qu’ils se sentent revivre après le succès du soulèvement populaire, les Egyptiens débordent d’imagination pour améliorer leur vie et celle des autres. Tous les domaines sont concernés. Passage en revue.

« Après ce qui s’est passé durant les trois semaines de la révolution, il fallait continuer à soutenir les gens qui n’ont pas eu peur de descendre dans la rue et bravé tous les dangers au risque de perdre leur vie », ainsi explique Hicham Ibrahim, un médecin présent dans l’hôpital provisoire installé place Tahrir lors des manifestations. Une fois la révolution terminée, ce groupe de médecins a pris l’initiative de soigner tous les blessés gratuitement. Jusqu’à présent et en attendant d’avoir une ligne spéciale, les médecins volontaires reçoivent des appels d’aide sur leurs téléphones portables personnels, étudient chaque cas avant de l’envoyer à l’hôpital ou le recommander à des spécialistes. « Nous avons beaucoup de cas de paralysie due à des tirs de balles au niveau de la colonne vertébrale, des yeux crevés, des brûlures et des déformations corporelles

En quête de légitimité

Frères Musulmans. La confrérie a annoncé son intention de créer un parti. Interdite depuis 1954, elle tente de se frayer un chemin afin de s’imposer sur la scène politique. Parcours.

Les Frères musulmans ont annoncé cette semaine leur intention de créer un parti politique légitime. Objectif : se préparer aux élections parlementaires libres que l’Egypte devrait connaître d’ici quelques mois. La confrérie avait déjà souligné que son objectif était d’obtenir une majorité dans le futur Parlement. « Nous croyons à la liberté de former des partis et nous sommes déterminés à nous doter d’une formation politique », a déclaré Mohamad Morsi, porte-parole des Frères musulmans. Les réactions divergent sur la portée de cette initiative. Certains y trouvent une tentative des Frères de se mettre rapidement sur le devant de la scène et de s’accaparer les acquis de la révolution du 25 janvier.

Selon Ammar Ali Hassan, le contexte actuel au sein de la confrérie, et plus généralement en Egypte, ne permet pas de reproduire le modèle turc du parti de la Justice et du développement issu de la mouvance islamiste. « Ce dernier a réussi à s’intégrer dans la vie politique turque en s’éloignant du discours religieux et en s’imposant en tant que parti de la droite libérale loin des discours religieux. Or, les Frères utilisent toujours la religion comme cheval de bataille », assure Hassan. Il souligne que le moment est venu pour la confrérie de se décider sur son futur statut. « Si la confrérie est sérieuse en ce qui concerne la création d’un parti politique, elle devra se débarrasser de toutes ces facettes et cesser d’assumer tous les rôles à la fois. Et ceci implique une deuxième naissance de la confrérie », conclut Hassan.

L’art de la révolte

Stars de Tahrir . Au rythme de la révolution sont nés des artistes associant l’expression artistique à la protestation. Des activités diverses ont été lancées depuis et continuent toujours …

Toute la réalité sur 20 m de longueur

Les jeunes diplômés des beaux-arts ont leur mot à dire. Ils s’expriment via une peinture qui s’étend sur 20 mètres de longueur. « Allons-y pour peindre » est une initiative de la plasticienne et activiste Aziza Riad avec Yéhia Dessouqi, Rim Derbala, Ahmad Badawi, Nourane Ossama et dix autres artistes peintres. Il s’agit de travailler directement sur place. « On voulait participer à la révolution d’une manière active et positive », indique Yéhia Dessouqi. Et d’ajouter : « Aziza Riad s’est chargée d’acheter un rouleau de 20 mètres de longueur et les autres ont fourni les couleurs acryliques et les outils nécessaires ». Le jeudi 10 février, à 11h, le rouleau est étendu pour recevoir pendant six heures les coups de pinceau des 15 artistes. Un appel à d’autres peintres fut aussi lancé à travers Facebook. A chaque peintre est dédié un espace de 80 cm2. Les paroles d’encouragement et l’aide des manifestants présents sur place Tahrir ont aussi contribué à la création de ce tableau gigantesque. « Malgré la pluie et les coups de tonnerre, ce jour-là, nous avons tous continué à peindre », souligne Dessouqi. L’œuvre fut ensuite étendue sur un autre site au bord du Nil pour faire sécher la peinture. Aujourd’hui, les artistes sont à la recherche d’un autre lieu en plein air pour exposer leur œuvre. Qui sait ? Peut-être retourneront-ils à la place Tahrir une deuxième fois, cette fois-ci pour exposer …

Mercredi 9 mars 2011

Prise de la STASI du Caire

Des milliers de manifestants ont pris d’assaut les bâtiments de cet organisme, placé pendant des années au service du régime et détesté par la population. Les appels en faveur de sa dissolution se multiplient.

Cela a commencé vendredi à Alexandrie, lorsque certains activistes ont aperçu des camions contenant de grandes quantités de papiers broyés sortant du bâtiment de l’organisme. Des centaines de manifestants ont alors encerclé le bâtiment et essayé d’envahir les locaux afin d’empêcher les policiers de poursuivre la destruction de documents pouvant contenir des preuves sur leur implication dans des abus de toutes sortes.

Le même scénario s’est répété le lendemain, samedi, dans plusieurs autres sièges de la Sécurité de l’Etat dans six gouvernorats. A Madinet Nasr au Caire, environ 2 500 manifestants ont fait irruption dans le quartier général de ces services et ont essayé de s’emparer de documents officiels qui restaient intacts parmi des piles de papiers qui avaient déjà été détruits.

Mais comment les manifestants ont pu pénétrer à l’intérieur de ces forteresses hautement sécurisées ? Lors d’une intervention télévisée, le ministre de l’Intérieur fraîchement nommé, Mansour Al-Essawy, a évoqué une absence de sécurisation de la part des militaires, ce à quoi le général Ismaïl Etman, porte-parole de l’armée, a répondu en affirmant que les portails électroniques du bâtiment de Madinet Nasr ont été ouverts de l’intérieur, « alors que l’armée assumait jusqu’alors la sécurisation de l’extérieur ». Parmi les témoins oculaires, beaucoup ont eu l’impression qu’ils ont été appelés à « envahir » les lieux afin, croit-on, de leur faire porter, eux, la responsabilité de la destruction des archives.

Dimanche et lundi, ce fut le tour du fameux siège de la Sûreté de l’Etat à Lazoghli, au centre du Caire, d’être envahi. Les manifestants ont été autorisés à y entrer pour s’assurer que le bâtiment a été vidé, qu’il n’y restait plus aucun détenu et que l’armée en assume désormais le contrôle. Le Parquet du centre du Caire a commencé la saisie du matériel écrit et audiovisuel.

Frères Musulmans Vers un renouveau

Une militante en herbe

Faisant partie des fondateurs du mouvement du 6 Avril et membre de la coalition de la révolution, Asmaa Mahfouz est devenue l’une des figures emblématiques du 25 janvier. Cela lui attire les foudres des uns et l’admiration des autres.


Qui est cette fille qui se voit en leader ou en porte-parole du peuple ? Une question posée par tous ceux qui ont visionné les vidéos lancées sur Youtube, avec notamment Asmaa Mahfouz défendant la révolution en toute confiance, mobilisant le peuple à observer des grèves ou à organiser des manifestations. « Je suis une fille ordinaire du quartier populaire de Aïn-Chams ; je n’hésite pas à dire NON à haute voix à toutes sortes d’injustice ». C’est ainsi que s’exprime Asmaa Mahfouz, spontanément. Elle n’hésite ni à défendre une autre jeune fille humiliée et battue dans la rue par un policier ni à demander un rendez-vous avec le chef de la police du quartier d’Al-Bassatine. « C’était pour comprendre pourquoi ils ont souvent recours à la torture. J’ai été surprise lorsqu’il a répondu que c’était la seule manière valable pour traiter les criminels. Et, quand j’ai protesté, en argumentant que c’est la loi qui doit régir leur rapport au lieu du bâton, il a éclaté de rire en me disant que les lois sont lettre morte. Ce qui m’a poussée à poursuivre mon petit bonhomme de chemin, celui du refus et de la mobilisation ».

De l’audace ? « Pas du tout. C’est par intuition ou par ignorance politique », affirme-t-elle. « Ma formation politique était essentiellement fondée sur les dessins animés, surtout avec des films comme Bug’s Life et Lion King. A travers ces films, j’ai appris des valeurs humaines comme la coopération, la dignité et la justice », souligne-t-elle avec modestie. Et d’ajouter : « Je n’avais l’habitude ni de suivre les nouvelles à la télévision ni de lire les journaux. Mais je pouvais dire qu’avec le temps, j’ai commencé à acquérir un savoir lié aux souffrances quotidiennes du peuple. Celui-ci n’a cessé de croître, vu mon aptitude d’être à l’écoute de ce que disent les autres. Dans le métro, le microbus ou chez le boulanger, en famille ou avec les amis. J’ai découvert que finalement, tout le monde partageait les mêmes maux qui tournent autour de deux axes principaux : la corruption et l’injustice ». Quant à Asmaa, elle était toujours hantée par la même question : « Pourquoi baisse-t-on les bras ? Pourquoi ne dit-on pas simplement Non ? ».


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