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Jean-Pierre Garnier
Le café du commerce des penseurs. À propos de la doxa intellectuelle, Louis Pinto.
Éditions du croquant, coll. « Savoir/agir », 2009.
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Depuis maintenant plus d’un quart de siècle, on ne compte plus les ouvrages, pour ne rien dire des numéros spéciaux de revues et des dossiers d’hebdomadaires, consacrés aux intellectuels ou, plus précisément, à « nos » intellectuels, à savoir ceux qui font autorité dans l’hexagone, confondu, la plupart du temps, avec l’espace politico-médiatique. À tel point que la littérature consacrée à disséquer leur statut, leur rôle, leurs parcours, leurs réseaux, leurs discours est devenue à elle seule quasiment un genre à part entière. Un genre qui se subdivise à son tour en deux sous-genres, encore que la limite qui les sépare soit des plus poreuses : d’une part, les écrits où le champ intellectuel constitue un objet d’étude relativement « neutre » des sciences sociales, notamment l’histoire et la sociologie, et de l’autre, ceux à vocation plus ou moins polémique, qui, sous la forme de l’essayisme, s’attachent à dénoncer le rôle maléfique des penseurs les plus en vue dans la liquidation des idéaux d’émancipation collective.

Depuis maintenant plus d’un quart de siècle, on ne compte plus les ouvrages, pour ne rien dire des numéros spéciaux de revues et des dossiers d’hebdomadaires, consacrés aux intellectuels ou, plus précisément, à « nos » intellectuels, à savoir ceux qui font autorité dans l’hexagone, confondu, la plupart du temps, avec l’espace politico-médiatique. À tel point que la littérature consacrée à disséquer leur statut, leur rôle, leurs parcours, leurs réseaux, leurs discours est devenue à elle seule quasiment un genre à part entière. Un genre qui se subdivise à son tour en deux sous-genres, encore que la limite qui les sépare soit des plus poreuses : d’une part, les écrits où le champ intellectuel constitue un objet d’étude relativement « neutre » des sciences sociales, notamment l’histoire et la sociologie, et de l’autre, ceux à vocation plus ou moins polémique, qui, sous la forme de l’essayisme, s’attachent à dénoncer le rôle maléfique des penseurs les plus en vue dans la liquidation des idéaux d’émancipation collective.

À la fin des années 1970, le philosophe Régis Debray avait donné le coup d’envoi [1], suivi par deux journalistes partis à l’aventure « en haute intelligentsia » [2]. L’appartenance des auteurs au sérail, à une place des plus élevée pour l’un et assez subalterne mais néanmoins notable pour les autres, ajoutée au fait que tous trois soient bien introduits auprès de la caste dirigeante « de gauche », eut l’effet habituel quand on est à la fois juge et partie dans ce milieu : un mélange d’esprit caustique et de plaidoyer pro domo. Tout au long des deux dernières décennies du XXe siècle et au début du suivant, ce furent principalement des historiens qui prirent la relève du côté scientifique, en particulier Jean-François Sirinelli [3] et Michel Winock [4], non sans quelque complaisance pour les grands noms mis en avant par la presse dite de qualité, souvent confondus avec les grandes signatures figurant en tête des articles qui y sont publiés. Parallèlement, une sociologie d’inspiration structuraliste avait commencé l’exploration théorique du champ intellectuel [5], sans beaucoup d’impact, sauf exception, hors de la sphère des spécialistes en raison du scepticisme voire du désenchantement que pouvaient susciter les enseignements que l’on en tirait.

La (re)conversion, à partir du milieu des années 1970, de nombre
d’« intellectuels de gauche », expression qui frisait jusque-là le pléonasme en France, en défenseurs patentés de la « démocratie de marché », c’est-à-dire du capitalo-parlementarisme, va donner lieu, au plan éditorial, à une floraison de livres à tonalité souvent pamphlétaire. Certains visaient à rendre compte de la réputation d’excellence usurpée des figures de proue les plus emblématiques de ce revirement, ce reniement et ce ralliement. Ainsi, la flamboyante Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary de Guy Hocquenghem [6], ou La deuxième Droite, virulente mise au jour de la dimension de classe de ces retournements de veste [7], suivie quelques années plus tard par La pensée aveugle, réquisitoire en bonne et due forme des mêmes auteurs contre la prétention des anciens chantres de la révolution à s’ériger en analystes lucides (et enthousiastes) du cours démocratique qu’aurait emprunté l’évolution des sociétés depuis la fin conjuguée des idéologies et des utopies [8]. Alors que l’année 1995 allait vers son terme, un mouvement social de grande ampleur leur offrit l’occasion de se poser en « intellectuels de proposition » en appuyant ouvertement, par le biais d’une pétition, le camp de ce qu’ils auraient nommé autrefois
« la réaction » [9].

D’autres ouvrages seront plus particulièrement consacrés à déconstruire le discours forgé ou repris par ces renégats pour parler du monde, ainsi que le langage qui va avec. Dans cette seconde catégorie, figure en bonne place un savoureux Catalogue du prêt-à-penser depuis 1968 [10] qui fera plusieurs émules, tel le « médiologue » François-Bernard Huyghe [11]. Par la suite, toujours dans la même veine « démystificatrice » au plan lexical, deux éditeurs et essayistes, Raoul Vilette [12]et Éric Hazan [13], dresseront un début d’inventaire des clichés les plus éculés de la pensée conservatrice remis au goût du jour et colportés par ceux que le journaliste Serge Halimi appellera les « nouveaux chiens de garde ». Cette « novlangue » néolibérale dont ils usent et abusent sera aussi la cible du sociologue Alain Bihr qui procédera à son démontage théorique [14], précédé par le post-situationniste Jaime Semprun, qui en fait, sur le mode parodique, un éloge aussi réjouissant que dévastateur [15].

Où situer le dernier opus du sociologue Louis Pinto dans ce catalogue qui est d’autant moins exhaustif que la liste des ouvrages à y inclure ne cesse de s’allonger [16] ? À lire la quatrième de couverture, il relèverait à la fois de la sociologie des intellectuels et de la sociologie politique. Le titre inciterait à le classer parmi les pamphlets. Le sous-titre, néanmoins, indiquerait plutôt une approche scientifique des lieux communs et des expressions toutes faites en vogue dans les milieux savants ou prétendus tels relayés par les médias. Ne devrait-on pas, dès lors, inscrire ce livre sous la rubrique sociologie du langage ? L’auteur signale pourtant, dans l’introduction, qu’il ne se propose pas d’« analyser le lexique ou la langue de la doxa ». Quelques lignes plus loin, cependant, il précise que la délimitation de son objet d’étude l’a « conduit à étudier surtout les discours soumis à un minimum de mise en forme intellectuelle » au travers de « thèmes » et de « schèmes » consacrés : dualisme opposant le passé, ramené aux « vieux schémas classistes », au présent (ou à l’avenir) caractérisé par le « retour de l’individu », exaltation de la démocratie face au totalitarisme honni, inéluctabilité bénéfique de la « mondialisation », etc.). Certes, ces discours et leurs variantes sont rapportés aux différentes « régions » du champ social où ils sont émis et diffusés, définies en fonction de leur degré de proximité par rapport aux lieux de pouvoir (économique, politique, médiatique). Et ils sont replacés dans le contexte socio-historique qui en explique le contenu. Mais ce que l’on retient d’abord de la lecture de l’ouvrage, c’est un décryptage systématique et solidement argumenté de leur sens éminemment politique. Décryptage critique, est-il besoin de le préciser, s’agissant de « penseurs » devenus des « intellectuels de service » qui « n’ont d’autre autonomie que celle d’accommoder à la sauce théorique des plats préparés par des “experts”, spécialistes dotés d’une autorité d’État, et mis en forme par des vulgarisateurs ».

Peut-être que ce livre ne fournit-il guère d’éléments nouveaux, en termes d’informations ou d’analyse, sur la transmutation des intellectuels « engagés » en intellectuels à gages, et le remplacement des mots de l’émancipation et de la subversion par ceux de la conformité et de la soumission, comme dirait Éric Hazan, pour peu que l’on ait lu quelques-uns des ouvrages mentionnés plus haut ou d’autres traitant de ce processus, sans parler des nombreux articles parus sur le même sujet dans Le Monde diplomatique. L’un des mérites de l’auteur, cependant, est d’avoir su synthétiser, de manière très pédagogique et dans un style enlevé qui fera grincer quelques dents dans les hauts lieux de la pensée alignée, une bonne partie des connaissances indispensables à qui ne veut pas se laisser gruger par ceux qu’il faut bien appeler des imposteurs patentés. On ne saurait, à cet égard, accuser ou même soupçonner L. Pinto d’avoir pris, comme on dit, le train en marche, pour se joindre, un peu tardivement, au chœur de leurs dénonciateurs.

En 1984 en effet, paraissait, sous sa signature, un livre disséquant au scalpel de la critique sociale l’un des bastions journalistiques des intellectuels de parodie et des transgressions d’apparat [17]. Au début des années 1990, L. Pinto élargira son propos dans la revue Actes de la recherche en sciences sociales avec un article remarquable… et remarqué, y compris par les préposés au maintien de l’ordre symbolique qu’il visait et leurs sectateurs médiatiques, où le sociologue s’en prenait déjà à la « doxa intellectuelle » [18]. L’essentiel de ce que l’on trouve dans Le café du commerce des penseurs s’y trouvait exposé, à commencer par la définition de la doxa comme « un ensemble relativement systématique de mots, d’expressions, de slogans, de questions et de débats dont les évidences partagées délimitent le pensable et rendent possible la communication ». Communication avec qui ? Le « grand public », lettré de préférence. Mais surtout « entre qui ? ». Car c’est l’élitisme qui prévaut en la matière parmi des gens fortement dotés en capital scolaire et culturel. D’où une relation de connivence « entre les plus intellectuels des journalistes et les plus journalistes des intellectuels », auxquels il faut ajouter les « décideurs » publics ou privés, secondés par leurs experts et autres consultants, au nombre desquels les économistes orthodoxes figurent, bien entendu, en bonne place, toujours heureux de voir leur « vision du monde », imprégnée d’utilitarisme et de pragmatisme, sublimée par le
« panoramisme de surplomb sans pesanteur » des penseurs de haute volée [19]. Là encore, L. Pinto ne faisait que tracer les grandes lignes d’une interprétation qu’il développera et approfondira dans son dernier livre.

Il est néanmoins un point sur lequel il innove véritablement, en raison du caractère récent du phénomène concerné, mais aussi de la crainte des observateurs les plus critiques du champ politico-intellectuel français de ne pas être en retard d’une révolution conceptuelle : l’apparition d’une « région de gauche » dans la constellation doxique [20]. Il va de soi que, dans l’esprit de ce sociologue « bourdivin », cette appellation est à prendre avec des pincettes. Elle désigne les gourous d’un courant post-moderne, post-marxiste pour ne pas dire post-matérialiste, qui prétendent surenchérir en matière de dissidence et de subversion, mais qui tendent, en fait, à
« fonctionner indépendamment de toute référence à un contenu
déterminé ». Figure majeure de cette mouvance, le philosophe Toni Negri qui a fait école en France parmi les rescapés, comme lui, du gauchisme ouvriériste, dont L. Pinto avait déjà souligné, dans le chapitre d’un ouvrage collectif [21], la propension à mettre sur orbite des concepts originaux, excitants et énigmatiques, mais, disons-le tout cru, assez souvent fumeux, très appréciés d’un cercle restreint de lecteurs ou d’auditeurs diplômés à l’affût de nouveautés marquées du sceau de la rébellion.

L. Pinto aurait pu se référer aussi à d’autres auteurs dont le verbe anticapitaliste, pour peu qu’il soit compréhensible, ne laisse pas d’impressionner, tels les philosophes Alain Badiou, Jacques Rancière ou même Slavoj Zizek, slovène, mais de plus en plus présent sur la petite scène du radicalisme mondain français. Et à d’autres revues que Futur antérieur, aujourd’hui disparue, Multitudes, qui a pris le relais, et Chimères, où la « schizoanalyse » et l’art sont appelés à la rescousse pour remédier, si l’on en croit l’un de ses contributeurs, à « l’état de délabrement des énoncés d’une société ». La Revue internationale des livres et des idées (la RILI pour les initiés), par exemple, qui gagne en notoriété depuis quelque temps, chargée de réimporter la French theory cuisinée à la sauce des campus étasuniens.

Cela dit, L. Pinto met le doigt sur ce que le sociologue Pierre Rimbert, journaliste au Monde diplomatique, avait déjà relevé à propos du succès de certains brûlots littéraires « antilibéraux » ou celui – éphémère il est vrai – des rassemblements altermondialistes [22]. À savoir l’existence d’un contraste flagrant entre la montée des indignations néo-petites bourgeoises contre l’ennemi désigné sous le nom de « néo-libéralisme », qui n’est autre que la bourgeoisie transnationalisée, et leur totale innocuité pratique. « De la mèche crépitante au baril de poudre, notait-il, il y a… comme un problème. » En des termes plus choisis, L. Pinto ne dit pas autre chose : « Ces intellectuels téméraires qui se font une spécialité de la critique de toute chose, sauf des limites de leur point de vue sur les choses, sont les victimes par excellence de l’illusion qui consiste à prendre des transgressions sur le papier pour des ruptures dans l’histoire mondiale. » Et d’enfoncer le clou en concluant : « La radicalité n’est pas une fin en soi, sauf pour les virtuoses du dépassement ».

On ne s’étonnera donc pas de l’engouement dont ce jusqu’au-boutisme de salon ou de salles de séminaire bénéficie dans certains milieux de l’intelligentsia « libérale » étasunienne, imités maintenant par les « post-gauchistes » de l’hexagone. Pas plus que de l’accueil bienveillant dont certains de leurs maîtres à penser ont commencé à bénéficier dans les colonnes de la presse de marché pour cadres. Pontifiant dans les départements de philosophie ou de sciences sociales de certaines universités ou les amphithéâtres d’institutions culturelles prestigieuses (École normale supérieure, Centre Pompidou, Bibliothèque François Mitterrand…), quand ce n’est pas dans les centres de recherche de quelque organisme étatique, les uns et les autres n’ont nullement empêché, au plan politique, le cap de la révolution conservatrice néo-libérale d’être maintenu presque partout avec une constance qui semble inébranlable.

La critique intellectuelle de l’ordre dominant, lorsqu’elle ne s’attaque pas aux conditions sociales effectives de cette domination, s’évitant ainsi d’avoir à se coltiner les « analyses concrètes de situations concrètes » qui permettraient d’y parvenir, est devenue non pas exactement « une marchandise comme une autre », mais une marchandise spécifique à la fois par la fonction qui lui est assignée et par la clientèle visée : une fraction minoritaire et contente de l’être de la petite bourgeoisie intellectuelle que le désir de « résistance » poussé à l’extrême, « sans savoir plus trop de quoi et de qui il s’agit », remarque L. Pinto, et le souci de se distinguer du tout-venant de la « gauche » traditionnelle, officielle ou non, incitent à se laisser fasciner par n’importe quel délire théoriciste pour peu qu’il paraisse aller au-delà de ceux qui l’ont précédée. C’est ainsi que les postures « radical-chic » communient dans le rejet des questions pratiques de stratégie et d’organisation de la lutte politique. Et, d’une manière plus générale, de toute réflexion qui pourrait conduire ceux qui adoptent de telles postures à ce qui relève, dans leur esprit… ou plutôt hors de celui-ci, de l’impensable : le passage à l’acte. Inutile, par conséquent, de rappeler aux fournisseurs de ce marché de la consommation contestataire haut de gamme ce que Marx reprochait aux philosophes qui se contentaient d’interpréter le monde plutôt que de chercher à le transformer. Ce qui importe, désormais, aux premiers, c’est de transformer les interprétations du monde de façon à le laisser tel qu’il est tout en ayant l’air de livrer contre lui un combat sans fin.

Faut-il reprocher à L. Pinto de verser ainsi dans le travers de l’amalgame en associant dans une même réprobation les piliers intellectuels les plus reconnus de l’ordre établi et les francs-tireurs de la conceptualisation qui se font fort de les ébranler ? Ce serait là oublier ce qui les réunit par-delà les divisions affichées sur lesquelles reposent leurs images de marque respectives. Une « unité plurielle » fondée sur « une même fétichisation du “changement” qui les porte non pas à découvrir des formes et des facteurs de transformations sociales, mais à s’en remettre à une pensée binaire qui, en interdisant d’interroger les permanences, les invariances, les constances, les détourne de toute recherche permettant de comprendre ce qui change… et ce qui ne change pas, ou seulement en apparence ». Autrement dit, de déceler en quoi et pourquoi le changement social peut s’articuler à la continuité du capital en tant que rapport social, comme s’y était attaché, à la suite de Marx, Henri Lefebvre [23], un sociologue de formation philosophique comme Louis Pinto, progressiste lui aussi.

Notes :

[1Régis Debray, Le Pouvoir intellectuel en France, Ramsay, 1979.

[2Hervé Hamon, Patrick Rotman, Les Intellocrates. Expédition en Haute Intelligentsia, Ramsay, 1981.

[3Jean-François Sirinelli, Sartre et Aron, deux intellectuels dans le siècle, Hachette, 1995 ; L’Histoire des intellectuels aujourd’hui (direction avec Michel Leymarie), PUF, 2003.

[4Michel Winock, Le siècle des intellectuels, Le Seuil, coll.
« Essais », 1997 ; avec Jacques Julliard, Dictionnaire des intellectuels français, Le Seuil, nouvelle éd. augm., 2002.

[5Pierre Bourdieu, Homo academicus, Éditions de Minuit, 1984. Lire aussi « Le fonctionnement du champ intellectuel », Regards sociologiques, nos17-18, 1999.

[6Guy Hocquenghem, Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary, paru en 1986 et réédité chez Agone en 2003.

[7Jean-Pierre Garnier, Louis Janover, La deuxième Droite, Robert Laffont, 1986.

[8Jean-Pierre Garnier, Louis Janover, La pensée aveugle. Quand les intellectuels ont des visions, Spengler, 1993.

[9Julien Duval, Christophe Gaubert, Frédéric Lebaron, Dominique Marchetti et Fabienne Pavis, Le“décembre” des intellectuels, Raisons d’agir, 1998.

[10Serge Quadruppani, Catalogue du prêt-à-penser depuis1968, Balland, 1983.

[11François-Bernard Huyghe, La soft-idéologie, Robert Laffont, 1987 ; La langue de coton, Robert Laffont, 1991.

[12Raoul Vilette, Le marché des mots, les mots du marché, Les Nuits rouges/L’Insomniaque, 1997 ; La langue du capital mise à nu par ses locuteurs mêmes. Décodeur du sabir politico-médiatique, Les Nuits rouges, 2009.

[13Éric Hazan, LQR. La propagande du quotidien, Raisons d’agir éditions, 2006.

[14Alain Bihr, La novlangue néolibérale. La rhétorique du fétichisme capitaliste, Éditions Page deux, 2007.

[15Jaime Semprun, Défense et illustration de la novlangue française, Éditions de l’Encyclopédie des nuisances, 2005.

[16Par exemple, le numéro 41-42 de la revue Agone (2009), intitulé Les intellectuels, la critique et le pouvoir.

[17Louis Pinto, L’intelligence en action : le Nouvel Observateur, A.-M. Métailié, 1984.

[18Louis Pinto, « La doxa intellectuelle », Actes de la recherche en sciences sociales, n° 90, 1991.

[19Ibid.

[20Des auteurs avaient levé ce lièvre dans Le Plan B (mai 2009), journal bimestriel de critique des médias, pour y revenir plus en détail, sous le pseudonyme d’Adam Garuet, dans « Radical, chic et médiatique », in Les intellectuels, la critique et le pouvoir, op. cit., p. 149-163.

[21Louis Pinto, « La pensée post- de Toni Negri » in Pour une gauche de gauche, dir. Bertrand Geay, Laurent Willemez, éd. du Croquant, 2008.

[22Pierre Rimbert,
« Contestation à consommer pour classes cultivées », Le Monde diplomatique, mai 2009.

[23Henri Lefebvre, La survie du capitalisme. La reproduction des rapports de production, Anthropos, 1973, 3e éd., 2005, Anthropos-Economica,

P.S. :

Ce texte est publié dans la Revue française de socio-économie n° 5, 1er trim. 2010.



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