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Tout et Totalité : une interrogation abyssale
Voyage au centre de notre pathos.

Autoritarisme, totalitarisme, despotisme, tyrannie…puisent dans le tréfonds de notre architecture intellectuelle et psychique. Une première étape : chercher les mécanismes qui constituent le tout à l’origine de notre fonds (patrimoine) commun.

 Introduction

La science politique et la sociologie ont envahi la cogito-sphère depuis des décennies. Avant la première guerre mondiale, beaucoup d’agrégés de philosophie ou de Lettres intégraient les grandes entreprises souvent comme Secrétaire Général auprès du PDG. Aujourd’hui, les titulaires des plus hautes formations académiques envahissent les chaires universitaires, les écoles de journalismes, les maroquins et les couloirs des ministères, les postes éditoriaux , presque tous succombent à la tentation scripturale d’où l’envahissement des librairies avant le stade final du pilon. Triste spectacle dont je fus le témoin pendant quarante ans, la disparition des thèses d’Etat a considérablement accéléré le processus d’appauvrissement de la pensée.

Les gloses sur le totalitarisme, les dangers d’un retour aux pires heures de l’histoire avec son cortège de génocides, de nationalismes travestis, de volonté impériale ou générale, de fondamentalismes religieux ou politiques évitent de (re)visiter l’arrière-boutique, le fonds de notre procès cognitif. Explorons en les abysses.

 Le Tout, toute une histoire.

Avant tout…

" L’avant tout " prolonge une interrogation spécifique au genre dit humain (incluant les nuances de gris du wokisme tardif). Cela présuppose la sortie de l’animalité, transitoire et millénaire. Difficile d’interroger Lucie ou même mes poules dévouées à leur jabot, au lissage de leur plumage et à leur ponte avant la ménopause souvent suivie d’une " mise au pot " selon les vœux d’Henri IV.

Des perceptions et de leur pluralité naquirent les premières fulgurances déductives.

  1. Que vois-je ?
  2. La taille des défenses de mammouths a-t-elle une signification ?
  3. Le ciel, les étoiles, la pluie, les éclairs, les astres, le froid, le chaud, la douleur, que d’énigmes à résoudre ?
  4. Le soleil n’est pas là, mais je sais qu’il va revenir, donc l’invisible existe. D’ailleurs, le monde est plein de choses que je découvre par hasard ou par déduction.
  5. La mort fait-elle disparaître tout ce que j’ai perçu ?

Ces simplismes préhistoriques permettent d’imaginer les spéculations de nos ancêtres.

Premières méditations

  • Métaphore de la pleine lune.
    Elle illustre parfaitement nos recherches sur le Tout. L’astre passe du plein au vide (lune noire) et pourtant, elle reste elle-même. Cela met en évidence que le visible et l’invisible forment un tout transformable constitué de parties répétitives et successives. Cette analyse simple préfigure une vison totalisante du monde qui forme une pensée pré-systémique.
  • Le fonctionnement de l’esprit humain.
    Le constat empirique que l’esprit humain fonctionne à l’identique d’un homme à l’autre annonce déjà la problématique de la nature humaine et son cortège d’interrogations sur la perceptions et l’organisation des données confuses, disparates issues de l’environnement qui permettront la reconnaissance progressive des structures du moi et du nous (tribu, groupe, peuple etc.). S’élabore un premier universalisme, celui de la sapiencité de la forme humaine.
  • Les philosophes de l’âge de pierre [1]

Avec les premiers gestes techniques (de la terre taillée à la sédentarisation) l’hominidé sort de l’animalité simiesque puis il passe par des stades de développement dont nous sommes les rejetons " fiers et dominateurs". En cours de route, les spécificités langagières, sociales, politiques et religieuses se diversifient. Le chasseur-cueilleur ne pensent pas comme l’agriculteur. Le forgeron impose un mode de technicité et de domination qui deviendra notre " souche " commune. Progressivement, l’oisiveté relative (Clastres, Sahlins) décline et le travail segmentaire se développe. Le moi et le nous se fortifient pour forger des cultures.

La mort prend une nouvelle dimension dont nous gardons encore des traces et des témoignages (pyramides par exemple) largement exploités par le tourisme nécrophile. Alors commence, à l’infini, les explications plus riches les unes que les autres par les spécialistes. La question du Tout, de la totalité reste marginale, pourtant elle est bien présente.

  • Il faut faire de place à sa descendance. Se planter en quelque sorte comme une graine.
  • L’ensevelissement marque peut-être un espoir de retour à la vie (Je ne dis pas résurrection).
  • D’où vient la vie, où va le mort ?
  • La pensée est-elle différente du corps. Si oui, qu’est-elle ? Comment s’appelle-t-elle ?
  • Nos ancêtres avaient-ils une conscience de la violence, du bien, du mal ?
  • La mort oblige à la construction d’une mémoire et à sa transmission.
  • L’homme intervient dans la nature comme un être qui la dépasse et qui remet tout en question (G. Gusdorf Mythe et métaphysique).

 Ni Primitif ni Premier : la nature comme culture.

Le faux débat sur l’antinomie entre Nature et Culture sert de thème aux concours en tous genres. Ph. Descola a magistralement intitulé son livre-maître : Par-delà nature et culture [2] La nature que nous connaissons résulte d’une accumulation d’artefacts historiques. Rien de naturel dans une haie, une terrasse, un bief. L’occupation du monde engendre sa profanation depuis des millénaires.

Un rapide tour d’horizon des sociétés "premières" permettra de confirmer l’hypothèse que le Tout fut une préoccupation centrale de ’hominisation.

La matérialité du tout.

En effet, un " sauvage " certifié, se considère comme partie intégrante de son environnement. Son animalité va de soi ; l’anatomie et la physiologie l’attestent. La mammouth broute et bouse, l’homme mange et conchie : c’est un universel à portée de main et de nez. L’homme découvre sa sapiencité, en cela il se considère comme " complet ", mais cela ne déroge pas à la parentalité organique avec les êtres vivants devenus de " véritable partenaires sociaux ". Ici, pas de transcendance ni d’Eden, juste une évidence. Bref, notre ancêtre pouvait légitimement affirmer " Je suis chez nous. " Sapiens, faber et consorts partagent une sociabilité avec leur environnement qui n’exclut pas les dangers, la violence et, si besoin, le cannibalisme (souvent plus religieux qu’alimentaire). En considérant l’animal comme une personne, le chasser, le tuer et le manger est une "anthropophagie" impliquant des rituels multiples et variés. Il n’y a pas d’industrie de la mise à mort. A chacun ses besoins, n’est-ce-pas ?

Humains et non-humains forment un ensemble indissociable à la survie de chacun. Dans la mentalité du prédateur (chasseur-cueilleur), l’économie de la chasse favorise l’absence de division du travail et maintient une cohésion polico-religieuse base d’un égalitarisme primaire où l’exploitation du non-travail n’a pas de sens. Le passage à la production via la sédentarisation progressive change radicalement la donne. L’organisation repose de moins en moins sur la compétence reconnue du chasseur, l’économie de consommation cédera rapidement la place à celle de production avec l’émergence d’un pouvoir pré-politique. L’absence de coupure entre les mondes (humain et animal) se limite à vivre de l’usufruit de la nature.

Tout au plus, selon les conditions locales, l’homme gère le stockage (fumage, froid, salage, panier pour les fruits à coque…) qui permet de palier les pénuries sans pour autant nuire au nomadisme. Le voyage avec son alter ego permet de rester dans l’univers du tout. Les parties du tout sont à disposition et ce n’est pas uniquement une affaire alimentaire. La saisonnalité cadence par répétitions la vie commune. Cette immédiateté, est une forme de l’immanence intégrale au monde.

Certains auteurs ont parlé de communisme primitif avec un arrière plan d’irénisme (Rousseau…). Attention, la violence reste la constante sans pour autant être qualifiée de guerre.

Les structures mentales profondes.

L’hominisation, même sans rentrer dans les détails réservés aux spécialistes, s’accompagne d’une séries de procès mentaux fondamentaux dont certains demeurent le fonds de notre patrimoine intellectuel. L’arrachement à nos racines s’avère que superficiel. D’autant que celui-ci s’accompagne d’un appareillement (Jean Vioulac) progressif à travers le développement des techniques et des savoirs.

Le totémisme.


 [3]
Le totémisme exprime l’apparentement ou l’amitié entre deux personnes n’apparement pas au même groupe du vivant. Cette conception (du type : " l’ours est mon totem ") repose sur la théorie de l’unicité nature/culture fondamentale. Je suis une plante, je suis un animal, (rien à voir avec "je suis Charlie") exprime une affectation/affection paritaire. Cette théorie datant de la fin du XVIIIème a une tendance réductrice. L’évolutionnisme darwinien lui porte préjudice, sans, toute fois, parvenir à détruire les apports principaux du totémisme : lien nature/culture, la symbolique des êtres et l’ontologie particulière induite dans le totémisme.

Dans les sociétés claniques certaines règles (tabous ?) servent à la cohabitation avec les autres clans. Si la tribu a pour totem le phacochère, elle ne peut le chasser, mais par contre, elle peut se nourrir du cheval totem de son voisin. Le totémisme peut aussi fonctionner à l’intérieur du clan de manière individuelle.

Lévi-Strauss ( Le totémisme aujourd’hui, Puf) propose un renversement de l’interprétation du totémisme qui ne représente plus l’interpénétration nature/culture , mais le début de la césure entre ces deux ordres. Il permet de percevoir la différenciation au sein de la nature, donc de l’ordre social qui en découle. On passerai d’une logique du continu à celle de la scission, du discontinu.

  • On peut voir dans la conception Lévi-Straussienne, une reprise de la vision monothéiste du monde.
  • L’immanence baignée de violence structurale du monde des primitifs céderait le pas à l’émergence d’une transcendance apaisante.
  • Le totémisme est une raison classificatoire, prélude à une certaine technicité : boomerang par exemple.

La théorisation du totémisme est d’abord une vision occidentale projetée sur le monde étrange ayant échappé à la vague technicienne, religieuse dont certains excès nuiront à son intuition.

Le totémisme comme activité cultuelle ou sociale met en évidence l’holisme caractéristique de la pensée primitive.

L’animisme

Devant la difficulté de raisonner par rétroactions cognitives sur ce que furent nos ancêtres, l’ethnologie et l’anthropologie tentèrent de modéliser leur manière d’être. Les discutions théoriques reflètent aussi les projections que chaque époque ou les écoles scientifiques formulent.

L’inévitable interrogation sur la nature de l’esprit, de l’âme se posa aussi chez nos lointains géniteurs. Je sens que je pense, où va ma pensée après la mort ? Ces questions existentielles font partie intégrante de la sapiencité. Pour mémoire

Objets inanimés avez-vous donc une âme ?

, mais aussi les rudes leçons des philosophes grecs qui se torturèrent les méninges doctement.

En fait, le terme animisme porte à confusion ; " âmisme " ou " espritisme " conviendraient mieux pour décrire le phénomène. Contrairement au totémisme qui privilégie une relation spécifique, l’animisme est une objectivation de tous les êtres de la nature. C’est une ontologie universelle non dualiste. La nature est un mode de pensée global, un tout sans discontinuité ni différenciation, un schème totalisant.

L’animisme impute à tous les êtres une intériorité identique à l’homme (Descola p.183). Souvent, la différenciation se fait par le corps et non par l’esprit. Chaque entité est une partie du substrat universel intangible. La peau, les plumes, les poils, l’écorce, la pierre sont de simples habits. Le corps n’est qu’un différenciateur ontologique..
Si bien que le passage de l’humain au non-humain se réduit à un changement de vêture, une anamorphose (une illusion d’optique). La métamorphose est l’expression de l’unité ontologique de la matière première. Je pense comme une montagne.

L’unité du Tout existe indépendamment des individus (parties). Cela implique une forme d’égalitarisme intégral. Nature et culte se fondent dans une cosmologie écocentrique ni biocentique ni anthropologique. Cette conception survivra jusqu’à la responsabilité du chien qui mord, le pénal est donc aussi universel. Le principe d’analogie fonctionne parfaitement, Aristote en témoignera.

Je renvoie à Descola qui analyse méticuleusement toutes les richesses et variantes de l’animisme dans lequel le Tout imprègne la vie, l’éthique, la polyvalence des formes d’être. Cet héritage venu des brumes préhistoriques survivant dans les sociétés primitives influence encore nos profondeurs psychiques et sociales.

Bien évidement, les philosophes et les religions s’emparèrent du sujet et l’âme devint un sujet "sacrément " encombrant.

Les chamanismes.

A toutes les époques, la vie s’accompagne de maladies, de fractures, de blessures. Le continuum entre le corps et l’esprit implique une pratique thérapeutique qui tient compte de cette unité première. Il est trop réducteur de le considérer comme une forme primitive de religion malgré que le chaman puisse se considérer, par endroits, comme un représentant des dieux (esprits). Certains, comme Eliade, assimilent la transe chamanique à l’extase. La corporéité n’étant qu’une défroque, il convient d’orienter principalement l’infection (exorcisme) sur l’esprit/âme du corps malade (exorcisme). Nous sommes loin de la sorcellerie, du rebouteur de bocage (pays des t’cheteût-sort et des ardresseurs de sort (désenvouteur bien connu des vétérinaires).

Le chaman établit un pont entre les deux sphères de la naturalité. Il soigne l’esprit pour guérir le corps. Il remplit trois fonctions : spirituelle, médiatrice entre les esprits et les différentes couches de la naturalité, et médicale. Bref de la psychosomatique avant l’heure. Bien évidemment, chaque chamanisme se distingue des autres. On en retrouve des traces vivantes dans beaucoup d’endroits du globe.

En résumé, le chamanisme est à la fois une thérapeutique et une ode à la totalité.

L’holisme.

Position prônant la compréhension globale pour connaître les parties. Il s’oppose à l’atomisme, donc à l’individualisme (Dumont). Le sociétal prime sur l’individuel.

L’hindouisme et le bouddhisme illustrent cette position à travers la métempsycose ou réincarnation. Le continuum de la conscience/nature engendre une relation forte avec le monde animal ou végétal (jaïnisme). Le bouddhisme conçoit six niveaux de conscience : cinq corporelles et une mentale. Cette agrégation des consciences permet la connaissance. Sans la " conscience base-de-tout " (alayavijnana) pas de fécondité, pas de morale, pas de transmigration (Cf. Dictionnaire encyclopédique du bouddhisme, Seuil, pour plus d’informations).

L’holisme résista à bien des offensives : nominalisme, individualisme etc. Il imprègne toujours notre tradition politique et sociétale profondément.

Les métaphores organiques.
  1. La métaphore du corps y joue un rôle fondamental. Le corps est un Tout composé de parties. Le système des castes représente l’holisme intégral. La hiérarchie pyramidale est un des modèles directeurs de la pensée indo-européenne.
  2. Comme toujours, la métaphore sert de démonstration par l’exemple ce qui évite d’approfondir les fondations structurelles et mentales de notre pensée. L’imitation de la nature conçue comme matrice sert d’argument imparable, d’évidence pure.
  3. La métaphore du sang qui irrigue les parties du tout mérite une attention particulière. Elle symbolise la circulation vitale dont la monnaie et l’économie sont les héritières patentes. Le Saint-Esprit joua ce rôle pendant des siècles à côté du corpus mysticum de l’Église comme corps du Christ.
  4. L’État perpétua la tradition parfaitement exprimée par Hegel. Rousseau, dans le Contrat social, parle du Tout comme volonté générale contre l’émergence de l’individualisme. Marx tente de résoudre le schème, mais hélas, il promeut de nouvelles formes du holisme : prolétariat, etc. L’holisme s’épanouit à merveille dans la pensée allemande (Cf. L. Dumont L’idéologie allemande , Gallimard, 1991). Cette thématique mérite de longs développements ultérieurs.
  5. L’holisme est le noyau théorique du totalisme, la forme pré-totalitaire du pouvoir.. Il est la signature anthropologique du totalitarisme sous toutes ses formes. Le penser comme un invariant, une posture innée équivaudrait à nier toute possibilité de changement de paradigmes : le désespoir garanti.
Magie et surnaturel.

L’anthropologie, l’ethnologie, la psychologie et la sociologie sont les enfants naturels de la philosophie académique. Contrairement à Durkheim, Mauss, Lévi-Strauss, pour les plus connus, Lévy-Bruhl développa une approche originale de ce qu’il nomma La mentalité primitive. Il refusa l’universalité de la nature humaine pour développer une méthode plus proche de la diversité du terrain.
Il s’oppose à l’animisme postulant l’uniformité des fonctions mentales (Frazer et Tylor), pour lui chaque groupe social façonne différemment les esprits. Refusant de plaquer nos propres conceptions à l’univers de " autres ", il émet l’hypothèse qu’ils n’obéissent pas aux lois de notre logique, mais qu’ils pratiquent une particulière pré-logique.
Il ne forma pas d’école anthropologique, mais ses apports révélèrent des aspects importants sur : le Tout.

Nature/culture, la loi de participation : un lien mystique.

Il aborde l’animisme sous un angle différent. L’esprit primitif participe pleinement à son environnement donc aussi à sa violence intrinsèque. Nos lignes de démarcation sautent. L’humain perçoit et transmet sa compréhension du règne naturel par fusion interne. C’est la définition même d’un mysticisme absolu différent du mysticisme religieux chrétien ou autres. Ce mysticisme exprime la croyance en des forces, à des influences imperceptibles, mais réelles. Le primitif ne cherche pas la raison des choses (pas de principe de causalité), mais les puissances occultent en oeuvre. Cette liaison mystique est extra-spatiale et extra-temporel. La durée et l’espace ne possèdent pas la même signification que les nôtres. La mystique les annule. Le primitif sait qu’il existe, mais n’a pas de conscience d’un moi individuel. Il est dans Tout et Tout est en lui. Si bien que la mort n’est qu’un changement de stade dans le continuum. Le spirituel et le corps ne font qu’un. Ce mysticisme met en évidence la puissance de l’affectif dans l’expérience. La causalité mystique ne connait pas le principe de causalité, pas besoin d’Archimède pour faire flotter une pirogue.

Un peu de magie

On peut considérer la magie comme un invariant. Elle est une forme de savoir qui permet de combler le vide d’un rationalisme méthodologique donc réducteur. La science implique le morcellement en savoirs et en techniques. La magie tente de maintenir le continuum. Plusieurs pratiques actuelles comme la psychanalyse et la fascination pour les objets connectés présentent des caractéristiques magiques. L’une tente de relier le moi à son histoire, l’autre de perpétuer le continuum avec les objets fragmentés par la technique. Nous assistons ici à un principe premier du néoTot.

La magie bouscule les idées reçues des observateurs. Elle est plus qu’un système de pensée, de communication, elle révèle des processus cognitifs puissants s’appuyant sur rites variant d’un peuple à l’autre. La parole, du rythme, de la danse, des gestes jouent un rôle essentiel en tant que tels. Ici, dans le bocage, les désorceleurs (désenvoûteu en dialecte) concurrencent encore les vétérinaires, comme les sourciers, ils détectent les forces négatives et les expulsent.

La mentalité mystique ne disparait jamais.

 Conclusion.

Cette première partie introductive au néoTot voulait démontrer que le Totalisme et le Totalitarisme provenaient des profondeurs de l’être humain. L’anthropologie nous livre des éléments essentiels à la compréhension d’une constante de la sapiencité. Il n’y a pas de coupure radicale ou épistémologique dans notre constitution mentale et sociétale. L’historisation par période masque les continuités clandestines, les exhumer permettra, j’espère, de cesser de promouvoir la sécularisation perpétuelle de nos fondations.

Notre interrogation abyssale comportera trois étapes suivantes :

  • Le Tout dans les mythes et le corpus mythologique.
  • Les religions comme première objectivation fondamentale du Totalitarisme.
  • La philosophie sergent-recruteur de la modernité autoritaire et sanglante.