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Les chemins de la damnation
Mode de production III - Le MdP socialo-communiste.
Le triomphe du capitalisme

 Le MdP socialo-communiste.

Dans son analyse du MdP, comme pour tout concept philosophique, Marx aborde cette notion en y introduisant des données du monde vivant : le réel, le travail, la propriété et le salariat, etc. Cette approche a permis d’intégrer le concret dans la critique théorique, marquant ainsi une évolution notable dans la pensée européenne. Il passe ainsi de l’idéalisme au matérialisme. La descente de l’abstrait dans le concret est à l’origine de nombreuses difficultés et de contre-sens.

L’analyse marxiste, fondée sur une approche théorique ancrée dans l’étude du passé et du présent, s’inscrit dans une démarche scientifique rigoureuse. Le mouvement ouvrier, dans sa diversité idéologique, a tenté d’élaborer un (MdP) qui visait à ouvrir la voie à une société socialiste, communiste ou anarchiste selon les sensibilités, et à assurer sa pérennité. Dans le cadre des congrès de l’Internationale, un climat de tension et de controverse a donné lieu à des échanges vifs et passionnés.

Il convient de garder à l’esprit que la manipulation des concepts requiert une expertise d’artificier, surtout dans un contexte de turbulences économiques et politiques. Notons également que le concept ne saurait englober le réel en constante évolution. Une philosophie de l’histoire prédictive et finalisante est en soi une contradiction.

Marx a modifié sa conception du MdP au fil de ses analyses. Certaines de ses idées ont été mal interprétées, conduisant à des manipulations qui, malgré leur intention initiale, négligent la signification intrinsèque d’un concept qui ne saurait être réduit à une simple parole d’Évangile.

Le coup d’État de 1917 et la prise de pouvoir ont imposé la mise en place d’une doctrine opérationnelle et indiscutable. Lénine et ses acolytes ont élaboré une doctrine qui rejetait certains principes marxiens susceptibles de remettre en cause leur pouvoir.

Dans la Critique du Programme de Gotha, Marx aborde la question de la transition et de la persistance d’un droit bourgeois. Ce n’était pas le moment de discuter avec les mencheviks.
 [1]

Pour les doctrinaires de la révolution, il fallait directement passer à un " MdP socialiste", monstre théorique laborieusement mis au point par ces fossoyeurs du mouvement ouvrier. On connaît les ukases que Staline a imposés :

  • La transition ne peut être bourgeoise, mais une dictature du prolétariat : les expropriateurs sont eux-mêmes expropriés.
  • Il n’y a plus de classes, donc leur abolition détruit l’État ; il n’y a plus de capitalisme, donc plus de salariat, mais des échanges de " bons du travail ".
  • À chacun selon ses besoins ?!
  • Le communisme est un mode de production s’appuyant sur la propriété commune des travailleurs associés.
  • La propriété collective est comprise comme un fétichisme.

L’État communiste devient " un seul bureau et un seul atelier ". Contre Marx, Lénine impose la centralisation bureaucratique. Face aux réticences, le génial Staline propose le bolcho-nationalisme pour mettre fin aux tiraillements linguistiques et culturels.

  Lutte des classes et prolétariat : une contre-révolution ?

Le MdP social-communiste s’aricule autour de deux concepts qui prétendent subvertir le capitalisme et instaurer une alternative économique et politique à des siècles d’aliénation et de domination.

Le MdP social-communiste s’organise autour de deux concepts qui ont la prétention de subvertir le capitalisme et de mettre en place une alternative économique et politique à des siècles d’aliénation et de domination.

Lutte des Classes

Pas de libération sans lutte des classes. La violence est l’accoucheuse de l’histoire .Pour plus de détails cliquer ici , Pour plus de détails cliquer ici , Pour plus de détails cliquer ici , Pour plus de détails cliquer ici .C’est le maître mot de la théorie marxiste, mais aussi un principe quasi métaphysique de l’interprétation de l’histoire. L’antagonisme entre les classes sociales est inéluctable. Il relève de la simple constatation. Marx se situe dans le courant naturaliste de l’eschatologie du progrès. Marx s’attaque à la fois à l’organisation du travail et au pouvoir de
l’État.

Marx se situe dans un dualisme radical et un campisme idéologique, une vision binaire et idéologique qui n’est que le négatif de la rhétorique du capitalisme.

 Le matérialisme fige l’inconciliabilité des contradictions sociales. Marx annonce Carl Schmitt et sa Théorie du partisan. Le dualisme (ami/ennemi) et la généralisation des luttes deviennent un schème doctrinal par rapport au travail, à la politique nationale et internationale.

 Face à l’extension de l’État, une nouveauté en Prusse, Marx propose une troisième voie : le prolétariat.

 Marx participe de l’économisme qui se met en place à son époque.

 La notion de classe est-elle préexistante ou un résultat tendanciel ?(Lenine)Prolétariat
Il tient une place prépondérante dans la construction du marxisme. Il date de 1836 et Marx l’utilise à partir de 1843. Le prolétariat agglomère plusieurs sens.

Le prolétariat.

 C’est d’abord un " regroupement de masse ". Marx lui ajoute une dimension philosophique et sociologique. Il prend lentement le sens de " classe universelle " dont dépend le renversement du capitalisme.

 Le prolétariat a pour mission d’être la nouvelle classe dominante active et porteuse d’espoir.

 Il s’oppose à la propriété privée. (Proudhon et Stirner.)
« Le prolétariat exécute la sentence que la propriété privée prononce contre elle-même en engendrant le prolétariat. »
« C’est évidemment dans le prolétariat qu’ils [KM et FE] voient la force à la fois capable de mener cette lutte et directement intéressée à la faire aboutir »

 Marx internationalise l’émancipation :

« Prolétaires de tous les pays, unissez-vous. »

Avec le concept de prolétariat, Marx et son sponsor Engels recyclent les vieilles lunes du judéo-christianisme. Leurs héritiers ajouteront une dose d’idéalisme brutal à la scolastique marxiste.

La classe laborieuse souffre ; elle est donc la seule à pouvoir mener une rédemption collective.
 Le prolétariat sécularise le peuple élu des Écritures. Il établit une transcendance et une incarnation. Il opère une rupture marcioniste avec les notions de peuple, de masse et de producteurs.
 La notion de prolétariat rend caduques le misérabilisme, le populisme, le paternalisme et toute forme d’assistanat. Il abolit la question de la finalité de l’homme au profit du processus révolutionnaire objectif.
 Le prolétariat annule et remplace la notion de classe ouvrière. Sa disparition dans la consommation bourgeoise entraîne la mort du mouvement ouvrier. Ne survivent que les institutions bureaucratiques des syndicats et des partis subventionnés.
 L’eschatologie n’est plus une utopie, la praxis sauve l’humain en tant que tel.
 En luttant, le prolétariat participe à l’accumulation du capital tout en favorisant son propre accroissement.

La fonction révolutionnaire du prolétariat devient une propagande d’une efficacité redoutable. « De toutes les classes qui, aujourd’hui, font face à la bourgeoisie, seul le prolétariat est une classe réellement révolutionnaire »
(Marx). « Le prolétariat doit s’efforcer de créer des partis
ouvriers politiques indépendants, dont le but essentiel doit être la conquête du pouvoir politique par le prolétariat pour organiser la société socialiste.
Il ne doit nullement considérer les autres classes comme« une seule masse
réactionnaire » (Lénine)

  • La " praxis ", version transcendantale de l’action ordinaire, entre dans le vocabulaire sacré du marxisme.
    Le prolétariat recycle également l’universalisme du monothéisme. Il incarne la volonté générale rousseauiste, prototype de la dictature. « L’universel comme but de son activité essentielle »
     Le prolétariat est la prolongation idéologique des philosophes allemands : « Le mouvement ouvrier allemand est l’héritier de la philosophie classique allemande. ». Marx et consorts initient une nouvelle pensée : la panzer-philosophie. Le rouleau compresseur commence sa longue marche macabre du totalitarisme occidental. Bakounine a parfaitement détecté le retour « des barbares »

 Le messianisme suinte entre les lignes. Évidemment, les adeptes se voilent les yeux.

La scolastique marxiste se heurte au mur de la réalité. Les nations russes ruent dans les brancards de la révolution (Makhno, entre autres). Staline invente le national-bolchevisme afin de calmer les esprits, mais n’hésite pas à organiser la Grande Famine pour briser les résistances à la collectivisation des terres (hodolomore)

Le marxisme est un humanisme au visage sanglant.

Marcuse dans L’homme unidimensionnel affirme que le « prolétariat » est un concept mythologique.

Il était utile de démontrer que le MdP socialo-communiste ne fait que prolonger le MdP capitaliste, mais que surtout, il lui donne une dimension brutale. Lénine s’empressa d’adopter le fordisme et de favoriser l’industrie lourde. Le léninisme-stalinisme imite le capitalisme caricatural et le militarise.

Comme le Dark Enlightenment, le marxisme-léninisme est bien une contre-révolution.