Divergences Revue libertaire en ligne
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Participer à la guerre comme aux commémorations ? Non !
Pierre

La musique qui marche au pas.... Brave Brassens qui savait ....Merci.

Mes parents ont passé la guerre de 39-45 cachés, sous un faux nom, chacun, donc moi aussi.

A mon père je posais cette question : Pourquoi n’as tu pas rejoint le maquis ? Sa réponse, non discutable ni discutée fut au fond assez simple "Ce n’était pas ma guerre".
Les commémorations qui suivirent ne me virent jamais y participer, sauf une fois avec ma classe de primaire, emmené par les instits, municipalité de gauche. Je ne compris pas très bien ce que je faisais là. Mes parents autant que je m’en souviennes ne commentèrent pas. Ce fut la dernière fois. Entre temps, la France restait en guerre, en Indochine d’abord puis en Algérie. Toute célébration ne pouvait qu’avoir un gout amer.

Je considère quand à moi toutes ces commémorations comme des monuments d’hypocrisie. Elles ne sont pas autre chose que une mise en condition pour une nouvelle guerre. Rejoindre l’héroïsme des anciens voilà votre programme, votre avenir disent-elles !

La mémoire, la garder avant tout mais pas n’importe laquelle

Car enfin, la guerre n°2, celle de 39-45 n’est pas autre chose que la suite de celle de 14 qui ne fut possible que par la défaite du mouvement ouvrier. Alors que commémorer ? A bas la guerre ! C’est bien ce que rappellent, à contrario, tous les monuments au morts de France, étrangement on n’en trouve pas en Allemagne. C’est bien la preuve s’il en fallait une de la glorification permanente de la guerre. Donc ne pas oublier !

Le devoir de mémoire bien sur mais...

Marc dans son article fait référence aux camps, concentration ou extermination et à ce chant bien connu par certains de notre génération "Le chant des marais" [1]. Je me souviens encore du jour où élève de primaire je l’ai appris et où je l’ai chanté à la maison. C’est une des rares fois où j’ai vu mon père en colère. Sur mon cahier d’écolier il était indiqué que c’était un chant de la résistance, donc française. Époque où l’idée même de l’"existence d’une résistance allemande était incompréhensible et niée.

Donc ce devoir de mémoire qui n’inclut pas la façon dont on peut ne pas recommencer, ce n’est pas mon devoir de mémoire.