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Divergences, Revue libertaire internationale en ligne
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Nestor Potkine
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On le sait, qu’ils savent tout. On le sait que tous les téléphones portables sont écoutables, et qu’ils sont tous enregistrés par Echelon, le programme anglo-saxon d’écoute mondiale. On sait que si c’est sur un e-mail, c’est stocké dans un ordinateur du Pentagone. Ce que l’on sait un peu moins, c’est le raffinement avec lequel les actes en apparence les plus simples permettent à présent aux autorités de manipuler consommateurs, dissidents, terroristes, etc.

Un article paru dans The Economist de septembre 2010, frétillant d’admiration mal contenue, nous les décrit.

Les consommateurs, tout d’abord : les petits sournois du marketing
savent qu’une bonne méthode pour vendre consiste à vendre
aux « influenceurs », qu’ils définissent comme les personnes que les autres suivent et imitent. Hélas, ça marche. Très bien, même. Mais comment savoir qui est un influenceur ? Très simple.

Quand ils appellent et que ça ne répond pas tout de suite, on les rappelle vite. Plus vite et plus souvent que les influencés. Les influenceurs appellent plus souvent tard la nuit, ils n’hésitent pas à déranger. Et on les appelle plus souvent aux périodes de préparation des évènements sociaux, par exemple les vendredi après-midi. Quand on les appelle, c’est bref, on n’ose pas s’imposer. Quand eux appellent, ils prennent tout leur temps.

Après les consommateurs, les escrocs. IBM et ses concurrents vendent aux banques, assureurs, etc. des logiciels très spéciaux. Grâce auxquels on voit si un investisseur téléphone ou envoie des courriels, depuis longtemps, aux gens avec lesquels il devrait être en contact, s’il est ce qu’il prétend être. Un spécialiste de physique des solides qui n’a aucune institution scientifique dans ses contacts, c’est louche. Mais grâce à son usage de sa carte de crédit (confidentiel ? vous êtes naïf, vous…), on peut aussi savoir quels livres il achète (s’il en achète), si il a assisté à des congrès scientifiques, etc. Et pour le même prix, on vérifie rapidement si ses contacts ont, eux, des contacts avec des gens plus directement suspects, par exemple dotés de casiers judiciaires. Nul ne sera surpris que le fisc américain se soit doté de ces précieux logiciels. La police française, posséder de tels outrages à la vie privée ? Jamais de la vie, voyons !

Venons-en justement aux logiciels directement policiers. Pas bien méchant, en apparence au moins, celui qui observe Facebook, MySpace et Twitter, qui compte et localise les messages et qui permet aux pandores d’en déduire où se dérouleront le plus d’évènements susceptibles de conséquences policières : ivresse, tapage, violences, etc. Personne ne pense, promis-juré, à adapter cela aux activités protestataires. Qu’allez-vous inventer là, monsieur ? On ne l’adapte pas aux activités contestataires, mais aux activités terroristes, nuance. En se concentrant sur les appels téléphoniques des rouages petits mais indispensables, en particulier les chauffeurs, on réussit à remonter aux plus gros poissons. L’idée n’a rien de neuf (la Résistance en sut quelque chose), mais la technologie permet d’améliorer les rendements.

D’ailleurs, on adapte tout ça « à la diffusion des idées démocratiques ».
Si, si, la CIA utilise ces logiciels pour infiltrer des idées subversives, en Azerbaïdjan ou en Birmanie. Que chez de vilains dictateurs. Ni Berlusconi, ni Sarkozy, ni Poutine, ni personne d’autre ne songe, ou ne commence, à utiliser ces puissants moyens. Viser les influenceurs pour les convaincre de pencher dans tel ou tel sens politique ? Déterminer qui compte vraiment dans un syndicat, une lutte, une association écologiste ?

Sachez simplement ceci. M. Venkatramana Subrahmanian, de l’université du Maryland a conçu un joli petit logiciel qui lui a permis de prédire la fréquence des tirs de roquette par le Hezbollah contre Israël. Mais oui, en surveillant combien d’argent les prétendues ONG islamistes envoient au Liban, en suivant les élections (moins de tirs pendant les élections, les militants sont occupés à conquérir ou conserver leurs fromages), etc. Faut-il s’étonner que ce logiciel « SOMA Terror Organization Portal » soit financé par l’armée de terre et l’armée de l’air américaines ? Mieux encore, saviez-vous que SPADAC, un brillant petit business américain, en utilisant des masses incroyables d’informations, dont les photos satellites des bidonvilles, réussit à prévoir la fréquence des émeutes et de leurs répression. 27 millions de dollars de revenus pour SPADAC, cette année.




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