Mal et souffrance
Souffrir, c’est une chose qui est au fond assez commune et là je suis d’accord avec ce qu’en dit Yves. Quand au mal il s’agit d’autre chose. Il se manifeste à partir du moment où quelqu’un ou quelques uns considèrent un ou plusieurs individus semblable à soi même comme n’en étant plus. Quand des milliers de gens quels qu’il soient sont envoyé de vie à trépas en Pologne, au Cambodge ou au Rwanda le mal est là. Il ne s’agit plus de souffrance. Il ne s’agit ps d’incriminer un ou plusieurs hommes ou femmes, mais de la concrétisation, de l’incarnation d’une mystique. On sort alors de la rationalité.
On peut aussi s’arrêter sur ce concept né avec Hanah Arendt « la banalité du mal ». C’est justement la contradiction entre la personnalité sans intérêt d’Eichmann et la dimension de ce qui advint qui peut être une fçon d’avancer sur cette question fondamentale ; qu’est-ce que le mal ?
Aborder cette question sans l’incarner, aborder cette question d’un point de vue platement philosophique c’est une façon de jongler avec les passés de ceux qui ont souffert en les renvoyant dans une catégorie de faire valoir. Faut il rappeler que ce que disait Adorno « Écrire un poème après Auschwitz est barbare » pourrait s’appliquer à la philosophie abstraite comme à tout autre discours qui ne prenne pas en compte simultanément la capacité des hommes à ne plus considérer leurs prochains comme deux mêmes ? Ne pas tenir en compte ce qui s’est passé et ce qui se passsera encore n’est pas autre chose que d’en nier les victimes.
À l’heure actuelle, mon avis est que le mal n’est jamais radical qu’il est seulement extrême, et qu’il ne possède ni profondeur, ni dimension démoniaque. Il peut tout envahir et ravager le monde entier précisément parce qu’il se propage comme un champignon . »
Banalité du mal
Elle résulte, au contraire, d’une croyance fondamentale en l’existence d’une force surhumaine : la Nature (pour le totalitarisme nazi) ou l’Histoire (pour le totalitarisme communiste) que le régime se donne pour tâche d’accomplir et même de précipiter. Ainsi, la Nature ou l’Histoire deviennent le principe suprême de légitimité, autorisant l’élimination de tout ce qui entrave sa pleine manifestation, y compris les lois et les populations. L
C’est la Nature elle-même qui décidait non seulement qui devait être éliminé, mais aussi qui devait subir l’entraînement pour devenir bourreau [Source]