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Divergences, Revue libertaire internationale en ligne
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Et si on parlait effondrement...

Lundi matin Apocalypse no rush https://lundi.am/Apocalypse-no-rush

Impossible cet été de donner congé au monde, tant va le dérèglement du monde comme il va. Le temps mou des vacances n’a cessé d’être interrompu par les catastrophes. Elles se multiplient, s’accélèrent, plaçant toujours plus le présent dans l’imminence de la fin du temps. Même la voix des journalistes a cessé de sonner faux le temps d’un instant. Apocalypse oblige !

CONTRETEMPS REVUE DE CRITIQUE COMMUNISTE
Capitalisme et changement climatique : notions théoriques et trajectoire historique initiale (I)
François Chesnais 4 septembre 2018 Capitalisme et changement climatique : notions théoriques et trajectoire historique initiale
Le changement climatique et ses conséquences sont la question la plus redoutable que la société humaine contemporaine ait à affronter. Héritière de la trajectoire multimillénaire des civilisations qui se sont succédé depuis l’Age de pierre, elle est aujourd’hui prise au piège dans des processus économiques et des comportements individuels et sociaux autodestructeurs propres au capitalisme. La notion de « devenir-capital du monde » proposée par Alain Bihr, c’est-à-dire « la production d’une société capitaliste appropriée à l’économie capitaliste »[1], peut être étendue à ses rapports à la nature. C’est de ceux-ci que viennent les transformations de la biosphère et de nombreux écosystèmes existant sur la planète qui sont à l’origine du changement climatique. L’expansion planétaire de l’économie capitaliste, sa prise de possession du monde, sont allées de pair avec la constitution d’un ensemble de relations du capital avec son milieu naturel, pris au sens le plus large du terme, qui lui ont été « appropriées ».

Comment rendre crédible la catastrophe écologique ?

Les scientifiques sont formels : la planète court à sa perte, et c’est de notre faute. Pourtant, cette prise de conscience peine à se traduire en mesures efficaces. Comment mobiliser autour de l’écologie ?

La catastrophe écologique est largement documentée, impossible d’ignorer que nous sommes confrontés au réchauffement climatique, à la baisse de la biodiversité. Pourtant, cette connaissance, ce savoir, a du mal à nourrir des changements de politique et de comportements. En 2002, au sommet de la Terre, Jacques Chirac avait eu cette formule célèbre : ‘’Notre maison brûle et nous regardons ailleurs’’. On pourrait dire aujourd’hui : ‘’Notre maison brûle, et nous la regardons brûler’’


Pourquoi le drame écologique mobilise-t-il si peu ?

Un cerveau bâti pour la routine climaticide ?

À ce monde politique confit dans un fonctionnement passéiste s’opposerait une société civile prête à en découdre avec la crise écologique. Mais la réalité est plus complexe. Sylvie Granon, chercheuse en neurosciences comportementales à l’Institut de neurosciences Paris-Saclay, a coécrit un chapitre dans l’ouvrage collectif Le Souci de la nature (CNRS éditions, 2017), dans lequel elle s’intéresse aux raisons pour lesquelles, confrontés à la perspective d’une crise écologique, la majorité des gens ne font rien. La faute en reviendrait au fonctionnement du cerveau humain, réticent à toute modification de ses habitudes. « Le changement est extrêmement énergivore et stressant pour l’organisme, qui va essayer de diminuer l’impact de ce stress en adoptant les comportements les plus automatiques et les plus rassurants possible,

Contretemps.eu

Contre l’effondrement, pour une pensée radicale des mondes possibles

Je voudrais profiter du dernier article de Daniel Tanuro sur l’effondrement pour réagir et approfondir la critique de l’idée d’effondrement en tant que telle. Je le remercie de ses multiples prises de position critiques par rapport à la collapsologie qui permettent d’ouvrir le débat, en particulier par rapport aux livres très médiatisés de Pablo Servigne. Dans son dernier article, Daniel Tanuro reconnaît la menace de l’effondrement, mais affirme que le discours qui l’entoure occulte ou déforce sa vraie cause : le capitalisme. Il souligne le dangereux défaitisme qui l’accompagne, puisqu’il semble acquis que cet effondrement entrainera la disparition d’une grande partie de la population. Daniel Tanuro se distancie donc des collapsologues en affirmant que l’effondrement n’est pas inévitable, bien que sa menace soit réelle. Je voudrais pour ma part questionner cette idée-même d’effondrement, en couplant à cette critique « anticapitaliste », une critique épistémique, c’est-à-dire sur la vision du monde qui accompagne cette pensée de l’effondrement.

slate.fr

Hulot part parce que nous allons mourir et il se résigne à l’idée qu’il ne l’empêchera pas

Un homme est parti parce que nous allons mourir et il nous laisse à l’illusion de la vie. Elle se tisse de commentaires, sera demain drapée d’oubli. Après son départ est revenu notre bruit et nous encerclons de mots Nicolas Hulot et sa rupture et ce qu’elle dit de la politique, la beauté tragique d’un moment, ce que cette sortie révèle ou confirme de la légèreté insoutenable du macronisme, ce verbe inabouti, qui proclame « great again » la planète face à Trump et contre lui, mais se plie aux habiletés d’un rusé lobbyiste et flatte le portefeuille des chasseurs, tout ça pour ça

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Qu’ont appris les étudiants israéliens cette année ? “L’anti-intellectualisme” est depuis toujours l‘un des symptômes du fascisme.’’

Si l’on observe le système éducatif en Israël à travers les lentilles du Pisa (le Programme international d’évaluation des acquis des élèves), la situation n’est guère encourageante Chaque année, l’Ocde examine le niveau d’alphabétisation des élèves de 15 à 16 ans en lecture, mathématiques et sciences et prédit depuis des années qu’en Israël la proportion des diplômés du secondaire auxquels il sera difficile de s’intégrer dans la société et l’économie sera parmi les plus élevées de l’Ocde. Le quotient de réussite des enseignants en Israël n’est pas haut non plus.

Traduction & Notes, Tal Aronzon pour LPM

Manifestation contre les coupes budgétaires affectant les écoles chrétiennes arabe-israéliennes, 27 mai 2015 ©AP/Photo Sebastian Scheiner [DR]

Ha‘Aretz, le 18 juin 2018

What did Israeli students learn this year ? the least possible

L’Article de Shaul Arieli

La gravité de la situation est plus grande à la lumière du fait que de 2006 à 2016 le budget de l’éducation a augmenté de 30 milliards de Nis [1], et n’a cessé de grossir depuis.
Mais tous ces milliards n’ont abouti qu’à un progrès de 13 points en sciences et un autre de 28 points en mathématiques selon les observations du Pisa.

L’explication n’est ni neuve ni surprenante. « Il nous faut comprendre qu’éduquer les élèves en direction de leur avenir, non de notre passé [nous incombe] », dit le Pr Andreas Schleicher, ministre de l’Éducation de l‘Ocde, à la suite des faibles résultats des élèves israéliens et de leurs enseignants.
« La pédagogie en Israël est très traditionnelle et normative. Elle ne vise pas à développer les dons de l’élève, elle ne s’intéresse pas à la créativité et à la résolution des problèmes… Votre système éducatif use trop d‘études basées sur la mémorisation… Cela ne fonctionne plus de cette façon. Dans le monde moderne, on ne vous gratifie pas [en fonction] de votre savoir — mais pour ce que vous êtes capable d’en faire. »

Ça n’est pas nouveau. Comme d’autres, j’ai publié un article en 2005 (“Pourquoi étudier ? — Apprenez par cœur”) où l’on pouvait lire : « On nous a annoncé qu’à partir de maintenant une partie de l‘examen d’entrée en études bibliques comprendra la mémorisation des versets et leur lecture à voix haute.
L’objectif de cette décision du coordinateur des Études bibliques est de “rapprocher la Bible des élèves, d’améliorer leur capacité à lire les textes à voix haute”.
Á l’ère de la communication et de la technologie, l’innovation du ministre de l’Éducation consiste dans l’emphase mise non pas sur la capacité à comprendre le texte, non pas sur l’esprit critique ou même l’aptitude à comprendre la Bible, mais sur la capacité des élèves israéliens à représenter la réponse sioniste qui convient aux chœurs de l’Église — et de chanter un certain nombre de versets selon la cantilation biblique.

Il n’est guère étonnant que le ministre de l’Éducation, Naftali Bennett [2], ait choisi une manifestation en l’honneur de la Fondation pour le renforcement des Études du judaïsme, en septembre 2016, pour déclarer :
“Étudier le judaïsme et l’excellence est à mes yeux plus important qu’étudier les mathématiques et les sciences”, [et ait] rejeté à maintes reprises la moindre critique à l’encontre de cette position.
Semblable critique fut formulée par Rachel Elior, professeur de pensée juive, qui écrivit dans un court préalable sur Facebook :
“Le plus important est d’apprendre le respect des êtres humains, dont le caractère universellement sacré de la vie ne dépend ni de la religion ni de la nationalité.”

Rappelons que la plate-forme éducative du parti de Bennett ignore la diversité de la société [israélienne] et vise à donner à tous les enfants une éducation (religieuse) juive ; et (nationale) sioniste.
L’amour de la patrie auquel le parti du Foyer juif entend éduquer comprend l‘annexion de la Cisjordanie ; la domination perpétuelle d’un autre peuple ; et l‘isolement international jusqu’à “ce que le monde s’habitue”.
Son modèle éducatif ignore des commandements tels que “Tu aimeras l’étranger” [3]. Il propose l’univers éducatif sur lequel Yeshayahou Leibowitz [4] écrivit cette vive mise-en-garde :
“Lorsque que quelqu’un admet les vues selon lesquelles ‘l’État’, ‘la nation’, ‘la patrie’, ‘la sécurité’, etc., sont les valeurs suprêmes et que la loyauté inconditionnelle envers elles est un absolu devoir sacré — [cette personne] devient capable de commettre n’importe quelle abomination dans cet intérêt sacré sans le moindre pincement de mauvaise conscience.” »

Cela se reflète dans l’allocation de budgets plus fournis à l’éducation religieuse-nationaliste [des sectes] messianiques, à laquelle il nous faut reconnaître que Guideôn Sâ‘ar et Shaï Piron [5] s’associèrent également.
Selon les données du ministère de l’Éducation, entre 2012 et 2016 le ministère a augmenté les budgets [dévolus] aux élèves du secondaire [des réseaux] religieux au taux le plus élevé en comparaison des autres secteurs, atteignant le pic de 33 000 Nis annuels par élève.
Cette somme est de 22% supérieure au budget attribué aux élèves du secondaire du secteur public ; et de 67% au budget alloué aux élèves arabes du secondaire.

Bennett sait que façonner les positions politiques de la jeunesse affectera le système politique, son caractère, et le régime de l’État d’Israël dans les années à venir.
[Cela] n’est pas dissimulé à ceux qui désirent “conquérir les cœurs” et promouvoir des idées nationalistes-messianiques.

Mais le désastre éducatif de la société israélienne est plus profond encore et est marqué par les caractéristiques du fascisme. “L’anti-intellectualisme” est depuis toujours l‘un des symptômes du fascisme.

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La honte... la loi sur l’Etat juif

Tel est le sentiment éprouvé présentement par nombre d’Israéliens et de Juifs de par le monde. Certes le défi qu’Israël s’était fixé à lui même, être un État juif et démocratique, s’est trouvé dès l’origine en bute à de graves difficultés. Discrimination et inégalités entre Juifs et entre Juifs et Arabes ont toujours existé. Mais l’objectif était défini et, au regard de cet objectif, les différents gouvernements se sont plus ou moins efforcés de ne pas franchir le point de non retour.

Comme Denis Charbit l’a exprimé dans un dialogue avec Camille de Tolédo autour de son roman graphique Herzl, une histoire européenne : "...avec les Palestiniens d’Israël (...) je partage une citoyenneté commune. Cette coexistence est encore tendue, mais je la préfère à la perspective d’une société homogène...".

Cette loi est un changement d’horizon même si elle est de peu d’effets concrets dans un premier temps. Comme nous l’avions dit, elle crée une fracture au sein de la société israélienne et entre Israël et une large fraction des Juifs de diaspora sans oublier l’éloignement du "monde" démocratique.

Les initiatives d’associations juives religieuse et laïques, attachées viscéralement à Israël, qui l’ont soutenu et ont contribué à son développement, ont été patentes. La communauté druze n’entend pas accepter sans broncher ce "coup de poignard". Même Naftali Bennett a reconnu qu’il fallait "panser la blessure" qui lui a été infligée.

Un député arabe d’un parti "juif" vient de démissionner de la Knesset. Zouheir Bahloul (Union sioniste) a indiqué qu’il ne voulait pas avoir à dire à son petit-fils qu’il était resté membre du Parlement après le vote la semaine dernière de cette loi qui, a-t-il déclaré, "retire officiellement, constitutionnellement la population arabe du chemin d’égalité en Israël". 180 intellectuels israéliens, écrivains, universitaires, artistes parmi lesquels Amos Oz, David Grossman, A. B. Yehoshua, Eshkol Nevo, Orly Castel-Bloom, Etgar Keret, Zeruya Shalev, Yael Dayan ... viennent il y a peu d’appeler les députés à "effacer ce pêché". (lire l’appel plus bas)

Les opposants de longue date trépignent de joie. "Nous vous l’avions bien dit ! Le sionisme se révèle sans fard et montre enfin son vrai visage !".

Non, il se fourvoie et renonce à ses valeurs !

La mobilisation contre cette loi scélérate dont on perçoit les premiers signes y compris dans l’armée dont nombre d’officiers supérieurs issus des unités d’élite viennent d’exprimer leur solidarité à leurs frères d’armes druzes, débouchera-telle sur un recul ou bien au contraire, sur un raidissement de ceux qui pensent avoir le vent en poupe avec la montée des populismes et des démocratures, surfant sur le soutien a priori indéfectible de Donald Trump ?

Il est encore trop tôt pour le savoir mais une fois de plus la société civile fait preuve d’une opposition plus ferme que celle des "politiques". Plusieurs intervenants, les larmes aux yeux, la voix tremblante de honte et de désespoir, ont mis en avant l’effet destructeur de cette loi, le délitement qu’elle induit.

Certes, les Druzes bénéficient de plus d’empathie que les Arabes, la perception du rôle de l’occupation qui perdure depuis 50 ans est loin encore d’être largement appréhendée. Mais ce qui n’est pas aujourd’hui peut l’être demain.

Chacun là où il est doit se faire entendre et, s’appuyant sur ceux qui en Israël refusent que leur rêve ne devienne chimère, doit s’efforcer d’obtenir un soutien ferme aux valeurs qui sont celles de la déclaration d’Indépendance, tant des institutions juives que des instances politiques de leur pays.

Une rentrée difficile nous attend...Nous saurons y faire face.
Ilan Rozenkier

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Effondrement de la civilisation

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Cortège de tête et radicalisation des luttes

Vous craignez une radicalisation des formes d’action ?

Absolument. Elle est alimentée par un gouvernement qui se fiche des organisations syndicales. Résultat, certains, y compris des syndiqués, ne veulent plus de formes traditionnelles et encadrées de mobilisation.

Comment veulent-ils agir ?

C’est bien ça qui m’inquiète. Demain, ce ne sera pas une chemise arrachée…
Interview de Pascal Pavageau nouveau SG de FO


Dans la même direction deux textes portant sur la question des cortèges de tête :
Une critique anti-autoritaire du Black Bloc Appel aux convaincu(e)s

Au risque de paraître tirer sur l’ambulance, nous avons choisi la voie du dégrisement. Pour nous la manifestation du 1er mai a été un échec et la stratégie imposée de façon autoritaire par le Black Bloc n’était ni justifiée, ni n’a profité au reste de la manifestation. Collectivement, nous en prenons acte et appelons à dépasser nos pratiques ritualisées du cortège de tête.

C’est assez frappant, et ce malgré la situation sociale généralement morose, que chaque manifestation qui tourne un peu à la confrontation avec la flicaille soit saluée comme une victoire. Un peu comme si le fait de casser en nombre des vitrines égalait un but marqué par son équipe de foot préférée. Ne faisant qu’un, le groupe de supporters fait la Ola et retourne chez lui attendre le prochain match, la prochaine bagarre. Il nous apparait que l’intérêt ponctuel et circonstancié d’un Black Bloc n’est pas là et que nous sommes, peu à peu, en train de nous enfermer dans un trip égotique et autoritaire. Lire la suite


Réflexions collectives de militant.e.s non-violent.e.s participant au cortège de tête sur l’articulation des pratiques et en réponse aux invitations à se dissocier.

Nous sommes quelques-unes des 15 000 personnes présentes au pont d’Austerlitz autour des 1500 membres du « black bloc ». Si nous n’y étions pas cette fois-ci, nous y avons été lors d’autres manifestations ou nous aurions pu y être. Nous sommes dans le cortège de tête sans user de violence et nous voulons dire pourquoi nous y sommes.

Nous le disons d’abord sous le coup de l’énervement à l’écoute des commentaires après la manifestation du 1er mai 2018. Comment peut-on « célébrer » Mai 68, ses barricades, ses voitures retournées et ses lanceurs de pavés, souhaiter un Mai 2018 de luttes et s’effaroucher de ce qu’il se passe dans le cortège de tête ? Comment peut on soutenir NDDL et ses modes de vie alternatifs, José Bové et le démontage d’un Mac Do et dénoncer avec tant de hargne le saccage d’un magasin de la même multinationale devant la gare d’Austerlitz ?Lire la suite

Alain Bihr
Article mis en ligne le 18 octobre 2018
Rubrique : Alain Bihr - Analyses

Apparue dans les années 1980 aux États-Unis, où son succès a été foudroyant au sein du monde académique, la world history ou global history ou encore big history (bien que ces expressions ne soient pas strictement synonymes) s’est répandue en Europe, en Amérique latine et en Asie au cours des deux décennies suivantes. Ne constituant pas à proprement parler une nouvelle École historique, tant les ouvrages qui s’en réclament présentent de divergences sur le plan méthodologique et épistémologique, sans parler des conclusions auxquelles ils aboutissent, elle propose plutôt une nouvelle manière d’envisager et d’écrire l’histoire de l’humanité en se juchant à l’échelle du monde.

Ce qui implique tout d’abord de la décentrer : non seulement rompre avec la réduction de cette histoire à la juxtaposition d’autant (...)

Ni Catalogne, ni Espagne !
Article mis en ligne le 16 octobre 2018
Rubrique : Catalogne 2017

Cet article a été copié, tel quel, du site des Giménologues

Texte complet, 76 pages

Le collectif de diffusion libertaire La Sociale de Montréal au Québec a publié au printemps dernier (mai 2018) un recueil de textes intitulé « Ni Catalunya Ni España. Textes épars sur la question catalane ».

Nous avons souvent terminé nos tracts et publications locales par « Ni Québec, Ni Canada. Ni patrie, Ni État : à la question sociale, pas de solution nationale ! ». La question catalane nous intéresse donc particulièrement…

On trouvera dans cette brochure différents textes issus du « mouvement anarchiste officiel » et de groupes ou personnes ayant pris position sur l’indépendance de la Catalogne dans une perspective sociale radicale. La confrontation des analyses nous montrent encore quel’hydre nationaliste n’a pas fini de relever ses milles têtes :

[…] Le patriotisme est une religion étatique. (...)

Paru dans le Monde Libertaire du mois de septembre 2018
Pierre Sommermeyer
Article mis en ligne le 18 septembre 2018
Rubrique : Israël - Palestine

Le 4 aout 2018 des milliers de Druzes manifestent à Tel Aviv. Samedi 11 aout 2018 des milliers d’Arabes israéliens manifestent dans la même ville. Selon le Monde du même jour Des juifs israéliens se sont joints aux manifestants qui ont crié en hébreu et en arabe « égalité, égalité », « on ne se taira pas, l’Apartheid ne passera pas », tout en traitant le premier ministre Benjamin Netanyahou de « fasciste ».

Que s’est-il passé ? Le 19 juillet précédent le parlement israélien confère aux juifs le droit « unique » à l’autodétermination en Israël. Ce qui exclut automatiquement 20% de la population qui est non-juive de la fabrication de la loi. C’est la confirmation juridique de ce que certains affirmaient déjà exister, c’est à dire l’apartheid.

Cela pose de fait au moins deux problèmes à tous ceux qui se battent (...)

Effondrement ou autre futur ?
Article mis en ligne le 11 septembre 2018
Rubrique : Pablo Servigne

Contretemps : Malgré la critique de la croissance que vous émettez dans Comment tout peut s’effondrer[1], vous ne citez que très peu le système économico-politique qui la sous-tend : le capitalisme. Pourquoi ?

Pablo Servigne : On a voulu faire un livre qui se concentre le plus possible sur les faits. Pour moi on peut distinguer trois étapes : les causes, la situation et ce que l’on propose de faire. Concernant les causes, chacun a sa théorie et ça se chamaille tout de suite. C’est pareil pour les solutions à envisager. Nous on voulait s’accorder au moins sur le constat des faits, ce qui est au cœur du livre et que nous avons tenté d’amener de la façon la plus neutre possible, même si on n’est jamais neutre. On m’a souvent fait cette remarque concernant le capitalisme, et je comprends que c’est (...)

Richard Greeman
Article mis en ligne le 7 septembre 2018
Rubrique : Richard Greeman

Ce printemps 2018 a vu se propager aux Etats-Unis une vague imprévue de grèves dans l’enseignement public. Ce sont des grèves organisées par une base d’enseignant·e·s, militant·e·s avec l’appui des syndicats de l’enseignement (ou parfois contre eux). Depuis février elles sautent d’un État conservateur à un autre … Et de plus elles gagnent des victoires significatives !

Ce sont des enseignant·e·s sous-payé·e·s dans les Etats « rouges » (Etats républicains partisans de Trump) qui mènent depuis fin février des grèves auto-organisées fructueuses qui leur ont permis de remporter des victoires économiques et politiques importantes. Ce mouvement advient après des années de coupes budgétaires drastiques qui avaient réduit les enseignants et leurs écoles au seuil de pauvreté.

Paradoxalement, cette marée de mouvements de masse rampants se déferle dans des États ultra-conservateurs où les syndicats sont soit embryonnaires, soit non reconnus ou simplement illégaux. Les groupes de base d’enseignant·e·s de chaque région ont créé des pages Facebook pour échanger des informations, se fédérer par localité, et éventuellement se mobiliser au niveau de la capitale de l’Etat afin d’affronter (...)

Fadi Quran (15 juin 2018)
Article mis en ligne le 1er août 2018
Rubrique : Israël - Palestine

Origine

« Stimuler le leadership palestinien : le rôle de la jeunesse » est un article de Fadi Quran pour l’association Al-Shabaka, dont la mission est éducative et vise à favoriser le débat public sur les droits de l’homme palestinien et l’autodétermination dans le cadre du droit international.

Il a été diffusé sur maanews.com, le site de Ma’an News Agency, agence de presse fondée en 2005 dans les territoires occupés par Ma’an Network — un média non-gouvernemental créé trois ans plus tôt par des journalistes indépendants de Cisjordanie et de la bande de Gaza. L’agence a noué des partenariats avec huit télévisions et douze radios locales et son site internet était devenu, en juillet 2014, le second en termes d’audience en Palestine.

Synthèse,Traduction & chapô, Blandine Le Roy pour LPM http://www.maannews.com/Content.aspx?id=780228

« Au lieu de mettre fin à l’occupation, les dirigeants palestiniens actuels et leurs institutions sont devenus un élément clé de l’occupation. Pourtant, une nouvelle génération de leaders émerge lentement avec pour but de construire un nouveau cadre à la lutte palestinienne, d’éviter les erreurs du passé et d’assurer la liberté appelée à se réaliser du vivant de cette génération… »

Fadi Quran retrace la légitimité de tous les anciens dirigeants palestiniens : le Grand Mufti de Jérusalem à l’époque ottomane et du mandat britannique ; A‘hmed Shouqeïri et Yasser Arafat soutenus par la Ligue arabe ; Ma‘hmoud Abbas appuyé par le Fata’h et conforté par les États-Unis et Israël. Pour l’auteur, tous « ces dirigeants et leurs institutions ne correspondaient pas aux aspirations populaires, ce qui a conduit à la stagnation et (...)

180 personalités israéliennes appellent à "effacer ce péché"
Article mis en ligne le 1er août 2018
Rubrique : Israël - Palestine

180 intellectuels israéliens, écrivains, universitaires, artistes parmi lesquels Amos Oz, David Grossman, A. B. Yehoshua, Eshkol Nevo, Orly Castel-Bloom, Etgar Keret, Zeruya Shalev, Yael Dayan ... ont appelé les députés à effacer ce péché :

...Nous – écrivains, scénaristes, dramaturges, universitaires et membres de la communauté des arts et des lettres d’Israël – voudrions vous exprimer nos plus vives inquiétudes et notre consternation, à la lumière des récentes lois adoptées par la Knesset israélienne sous votre direction...

...Au cours des années de votre gouvernement, vous n’avez cessé de saper les fondements de notre État. Vous avez nui aux relations entre Israël et les Juifs américains et vous avez plongé des populations entières dans la pauvreté...

...Vous avez porté un dur coup à la société (...)

Article mis en ligne le 28 juillet 2018
Rubrique : Migrants et migrations

Origine : La voix des sans papiers n° 16

Résultat d’une série d’entretiens de juillet-août 2016 avec Anzoumane Sissoko, porte-parole de la Coordination parisienne des sans-papiers (Csp75) et de la Coalition internationale des sans-papiers et migrants (Cispm). Par souci de brièveté, réponses, questions, dits et contredits, mises au point, ont été d’un commun accord, fondus en un texte unique. Celui qui parle est, certes, Sissoko, mais aussi, pour ainsi dire, un nous d’une conscience africaine « d’en bas » plus étendue.

Nouvelle révolution africaine ? Ce sont là des mots qui réveillent en moi de lointains souvenirs, ce que m’en a dit mon père quand j’étais gamin. Je veux dire, les récits qu’il m’a faits d’une autre « révolution » ; je l’entends encore me raconter son expérience des luttes anticoloniales des années 1950.

Je suis né quand les colonies françaises ne portaient plus ce nom de colonies, toutefois pour les petits paysans des villages, ceux du moins de l’ouest du Mali, c’était tout comme, et même pire qu’avant. Et c’est encore pire aujourd’hui, et de beaucoup. Ceux qui étaient hier des paysans, vivant maigrement sans doute, mais pas dans le besoin – mais heureux de vivre ensemble, malgré tout, tant qu’il y en avait pour tout le monde – eh bien ceux-là n’ont souvent même plus de quoi vivre, ce sont des indigents (...)

Pablo Servigne, Juin 2011
Article mis en ligne le 28 juillet 2018
Rubrique : Pablo Servigne

par

LES CRISES SE SUCCÈDENT ET S’AMPLIFIENT. LE MONDE CRAQUE DE PARTOUT. NOMBREUX SONT CELLES ET CEUX QUI DÉSIRENT INVENTER UN AUTRE MODE DE VIE. MAIS COMMENT CHANGER LE « SYSTÈME » ? COMMENT EN IMAGINER UN AUTRE ? QUE FAIRE CONCRÈTEMENT ? CERTAINS ONT DÉJÀ COMMENCÉ LE CHANTIER DE RECONSTRUCTION : C’EST LE MOUVEMENT DES « VILLES EN TRANSITION ». L’IDÉE SE RÉPAND DEPUIS TROIS OU QUATRE ANS À TRAVERS LE MONDE, S’INVITE À TOUS LES DÉBATS ET SUSCITE BEAUCOUP D’ENTHOUSIASME. MAIS UNE TRANSITION VERS QUOI ? D’OÙ VIENT CETTE IDÉE ? EN QUOI EST-ELLE ORIGINALE ? PETIT DÉTOUR HISTORIQUE.

Au 16e siècle, les élites européennes prennent conscience que la Terre est ronde et qu’elle tourne autour du soleil. Elle est finie et n’est plus le centre de l’univers. L’angoisse existentielle de l’humanité ne fera alors que grandir. (...)

Pablo Servigne
Article mis en ligne le 28 juillet 2018
Rubrique : Pablo Servigne

Article extrait du livre MOINS NOMBREUX, PLUS HEUREUX aux Éditions Sang de la Terre Paris 2013

Prenons le problème à l’envers. Si aucune politique de contrôle de la natalité n’est mise en place rapidement, combien serons-nous en 2050 ? Vous connaissez sûrement la réponse, elle est sur toutes les lèvres et s’invite à tous les débats : 9 milliards selon l’ONU. Pour être plus précis, 9 milliards en 2043, [36] et 10 milliards en 2083.

Pour les agronomes, ce chiffre est l’argument ultime pour justifier [37] qu’il faut continuer à intensifier l’agriculture. Pour les politiciens et les urbanistes, c’est l’argument-massue pour commander la construction d’aménagements et d’infrastructures gigantesques. Pour les économistes, c’est l’espoir d’une croissance sans cesse renouvelée.

Mais ce chiffre cache aussi une autre information, il annonce une stabilisation progressive de la population. Selon les projections de (...)

Revue Plus loin N° 111 1934 (Banquet du 27 avril 1934 )
Article mis en ligne le 26 juillet 2018
Rubrique : 03 Antisémitisme etc

Texte obtenu avec l’aimable concours du webmaster du site archives autonomies

La causerie au lieu de se continuer par un exposé des souvenirs de la voyageuse, qui eussent ainsi servi d’illustration, a été le point de départ d’une discussion extrêmement vive sur le sionisme et l’antisémitisme, qui a rappelé le débat entre Bernard Lecache et Filderman dans cette même salle, deux ou trois ans auparavant. Les interruptions, souvent très courtes, s’entrecroisant avec d’autres interruptions, les répétitions et les contradictions empêchent de faire un compte rendu fidèle qui serait d’ailleurs sans intérêt. Mon travail a été de grouper les arguments, de développer les thèses présentées et même de les compléter, dans le dessein de faire réfléchir les lecteurs et non avec l’ambition de reproduire un débat confus. Je m’efforcerai de ne pas trahir les thèses des contradicteurs en présence, et je resterais sur le terrain de la bonne foi.

H. Pierrot. - Les renseignements que je vous donnerai, seront sans doute un peu vagues. Ils datent de mon voyage en Palestine qui eut lieu en avril 1933, il y a déjà un an .

La Palestine est un pays un peu plus petit que la Suisse. Elle a 700.000 habitants, dont 150.000 juifs (statistique de 1932). Elle est cultivée à peu près dans le quart de son étendue et il y aurait place, dit-on, pour 2 à 3 millions d’émigrants juifs (sans doute au maximum).

Depuis 50 ans environ existe un mouvement sioniste dont les débuts furent très difficiles. II fut déterminé par le désir de fuir les pays où les juifs étaient persécutés et, en même temps, de recouvrer la terre des ancêtres. C’était donc un mouvement national, appuyé sur des souvenirs religieux, et essentiellement idéaliste. Depuis la guerre il a passé au (...)










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avec le squelette ESCAL-V3
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Version Escal-V4 disponible pour SPIP3.2