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Treize petites idées sur l’islamo-gauchisme

1 Le temps de la révolution est passé. La parenthèse ouverte par la révolution russe de février 1917 s’est refermée en 1956 avec la révolution hongroise. Avec elle la possibilité de la révolution dans un seul pays. Idée qui reste incrustée dans de nombreux cerveaux de militants gauchistes.

2 La gauche est orpheline. Le prolétariat industriel a failli. Les tendances révolutionnaires qui ont succédé au gauchisme historique cherchent un autre chemin. Les pauvres du tiers monde, du fait de leur double statut exploités par l’occident capitaliste et de leur différence de couleur de peau sont considérées comme objectivement révolutionnaires.

3 Au cours de la deuxième moitié du XXème siècle les guerres d’indépendances furent nombreuses et victorieuses pour la plupart. Les nouveaux régimes se révélèrent être juste une autre forme d’exploitation, endogène. Les combattants étaient soit morts ou avaient déserté le combat révolutionnaire.

4 L’idée « tiers mondiste » est morte. Le Tiers-monde est devenu un des acteurs de la gestion capitaliste du monde. Qui peut prendre la place ? Certains ont cru que le Rojavah pouvait être le nouveau foyer porteur de la révolution. Mais son principal acteur le PKK n’a pas suivi, centré qu’il est sur ses revendications propres, ethnique et géographique.

5 Alors qui ? Simultanément au Moyen Orient parmi les ruines laissées par la guerre d’Irak un mécontentement populaire monte. Les dirigeants de l’OLP revenus en Palestine s’avèrent incapables de gérer leur pays. Le courant islamiste radical ou réformiste prend de l’ampleur et arrive sur le devant de la scène avec un discours religieux et révolutionnaire.

6 Il devint alors évident, dans nos pays développés et particulièrement en France, qu’il existait dans cette région du monde comme en Afrique du nord des pauvres revendicatifs avec une présence en Europe importante. Là, ayant une autre couleur de peau, employés à des taches peu valorisantes et sous payés, il représentaient une clientèle politique potentielle. Ils furent baptisés du qualificatif de racisés. Cela coïncida par ailleurs avec l’irruption de courants divers portant l’étiquette de LGBTQIA++.

7 Ces pauvres pratiquent une religion particulière, l’Islam. Pratiquée par des pauvres elle ne fut pas interrogée comme « l’opium du peuple » car elle fut considérée comme la « religion des pauvres » sans qu’aucun de ces connaisseurs ne tente de la rejoindre puique au fond ils ne font pas partie de ces pauvres.

8 L’Islam, soumission, a une logique propre. Son fondateur est à la fois un chef de guerre et un leader religieux. Pour ses disciples il y a concordance entre le projet religieux et politique. Dans le système chrétien il y la reconnaissnce de deux pôles,Dieu et l’Etat et le non idenfication l’un à l’autre, ce qui permet de tracer un chemin entre les deux.

9 Dans les pays musulmans le mécontentement social rencontre le radicalisme religieux, les difficultés justifient le passage à la lutte armée. La radicalité des armes montrant la réalité de l’engagement religieux.

10 L’utilisation des armes est liée à la valeur de l’action politique révolutionnaire. La mystique de la lutte armée irrigue celle de la révolution qui elle se réduit à la conquête du pouvoir. L’utilisation des armes devient un critère de la valeur révolutionnaire.

11 Le propre d’une religion est d’être pratiquée en bien des lieux différents et de bien de différentes façons. La nature même de l’islam fait que sa pratique et que l’organisation sociale qu’il se donne sont intimement liés et qu’il devient tout à la fois la religion des pauvres et des puissants. Ces derniers ont besoin de cette religion pour maintenir leur pouvoir au nom lui même de cette religion.

12 La caractéristique générale des islamo-gauchistes c’est de ne pas questionner les pratiques dictatoriales des pouvoirs islamistes puisqu’ils sont musulmans comme les pauvres dans les pays développés. Une des conséquences est leur silence par rapport à la décennie noire algérienne, leur silence vis vis à vis des attentats islamiques des Twin Towers au Bataclan en passant par les attentats « Charlie ». Ils sont prisonniers de leur défense du port du voile en France et incapable de promouvoir leur solidarité avec les femmes qui luttent contre cette obligation dans les pays à pouvoir musulman.

I3 Les islamo-gauchistes sont prisonniers de la guerre israélo-palestinienne. Solidaires avec raison des victimes des massacres à Gaza, ils sont incapable de considérer le Hamas comme un complexe militaro-industriel à idéologie islamiste radicale, tout comme ils ne prennent pas parti pour les refuzniks israéliens. Leur silence en ce qui concerne les informations fournies par l’agence +972 est tout aussi révélateur de leur soumission à une idéologie multiforme meurtrière. D’une certaine façon ils se sentent coupable d’être les citoyens d’un pays qui leur semblent complice de ce qui se passe en Palestine. Sentiment partagé par les petit groupes de juifs radicaux UJFP, RAAR, qui n’osent pas appeler leur proches en Israël à la désobéissance civile, au refus de participer.
Pierre.S