La question de l’autoritarisme dans la religion,
La religion est tout à fois un corpus théorique sous la forme d’écrits ou de récits oraux fondateurs pour une part et de l’autre un ensemble de rituels dérivants des premiers formant un ensemble de formes d’organisation sociale permettant le vivre ensemble.
Le temps, c’est à dire les années, fait que ces formes sociales repoussent dans un passé lointain les fondements théoriques originels pour privilégier les normes sociales en cours.
Il arrive alors que se passe simultanément deux choses antagonistes au fond que l’on nomme « réveil ». Il s’agit de velléités de revenir aux origines de la religion, celles « imaginées » des pères fondateurs.
Deux tendances contradictoires se font jour : l’ordre et la révolution : le désir d’une organisation sociale définitive et celui d’une vraie justice. L’autorité et la contestation.
Le christianisme a vécu cela à plusieurs reprises, par exemple l’Inquisition et la Réforme. Ces deux tendances peuvent se mélanger, c’est le cas dans l’islam aujourd’hui, cela donne naissance à un Islam radical porteur d’une idéologie plus connue sous le qualificatif d’islamisme radical. C’est ce qui est interrogé dans le texte suivant.
La tentation apocalyptique
Dans toutes les religions du monde, quelle que soit leur forme, existe un récit des origines de l’humanité. En même temps préexiste le souvenir d’un passé magnifique et en découle l’envie d’y retourner. Comment faire ? Existe ainsi l’idée que l’adepte de ces religions croit qu’il a charge de faire advenir ce moment rapidement. Il est possible de nommer cette attitude du nom de millénarisme
Le mahdisme
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Il s’agit nous dit Wikipedia le millénarisme de l’islam : il s’agit d’un mouvement religieux et eschatologique, mais également social et politique, apparu notamment en Inde au XVIIIe siècle et au Soudan au XIXe siècle. Des sources nous indiquent que selon un certain lettré musulman Koleib Ibn Djaaber, le prophète de l’islam Mahomet aurait dit : « Après moi, il y aura des califes, des émirs, après les émirs, des rois superbes, c’est alors que viendra le Mahdi, il sortira de ma famille et il remplira le monde de justice. »
Au Soudan, ce courant s’illustre dans le conflit contre la présence colonialiste britannique incarnée par Kitchener.
Des contestations mahdistes sont mises en place dès le VIIIe siècle avec la révolution Abbasside de 743-744 après J.-C et ce jusqu’à la prise de La Mecque en 979. Mais c’est surtout le contexte politique colonisateur britannique du XVIIIe et du XIXe siècle qui fait naître des réformateurs tels que Sayyid Ahmad Barelwî (en) en Inde britannique, Muhammad Ahmad Ibn Abd Allah dit Al-Mahdi au Soudan. Ils se revendiquent tous deux du mahdisme et marquent par la suite les contestations mahdistes postérieures.
La datation de la fin du monde est quelque chose qui a fait phosphorer nombre de personnes. Wikipedia a publié une liste des dates prophétisées par les uns ou les autres depuis les débuts du monothéisme. Voici quelques exemples exemplaires. Pour Thomas Muntzer, révolutionnaire de l’époque de la Réforme, le Millénium (1000 ans avant la fin du monde) commence en 1525, pour le lettré juif Sabbatai Zevi, annonce le retour du messie en 1648. Parmi les protestants depuis les camisards, 1708, jusqu’au XIXème siècle avec les adventistes la date est fixée en 1874. Les Mormons reprendrons ce type de prophétie à partir de 1862 jusqu’en 1969.
Les Témoins de Jéhovah comme certains hindouistes avaient prévus des dates qui comme nous savons se sont révélées pour le moins inexactes. Selon certaines interprétations du Talmud ce serait en 2239-3239....
Pour le courant musulman le début de la fin du monde a commencé avec l’arrivée de Mahomet.
Theodor Herzl trouvera un accueil chaleureux parmi les protestants fondamentalistes persuadés que le retour des juifs en Palestine accélèrera le retour du Christ.