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Trump au pouvoir, néopopulisme ou post-fascisme ?

Le mercredi 6 novembre au matin résonne dans toutes les rédactions des médias de gauche ou simplement libéraux comme dans tous les groupes politiques des mêmes bords cette interrogation « Pourquoi n’avons-nous rien vu venir ? », certains rajoutant « Et pourquoi la gauche américaine n’a rien vu non plus ? » Bien peu terminant en se demandant « Il faut s’interroger et trouver les réponses. »

Les textes que nous publions en ce début décembre 2024 illustrent cette situation et souvent se posent la question passe-partout Que faire ?

Les résultats des élections montrent plusieurs choses, d’abord que les condition de vie comptent plus que les formes culturelles, que les divisions de couleur de peau comptent de moins en moins, les pourcentages de vote des afro américains et des latinos en faveur de Trump ont fortement progressé obligeant ainsi à reconsidérer les attitudes communautaires. Voter républicain devient ainsi une forme de volonté d’intégration et de rejet des étrangers. Dans ce contexte réunir les électeurs sur une base sociale réactionnaire est le principe du néopopulisme. Dans ce contexte le refus de l’immigration est le ciment de l’intégration. Ceci va de pair avec la montée irrésistible de l’illibéralisme politique.

Ce résultat illustre la défaite électorale des camps dit intersectionnels, montrant à quel point les revendications identitaires sont menées par des groupes ultra minoritaires même si très actifs médiatiquement parlant. D’autre part les contre-offensives de la droite et l’extrême droite les enfermant sous le terme devenu injurieux de Woke, ou wokisme ont porté leurs fruits.

Ce néopopulisme est le fond de commerce du vice président élu J.D. Vance. Il a écrit un livre remarquable, à mon avis "Hillbilly Élégie", où il raconte sa vie d’enfant et de jeune homme dans une de ces vallées de la Rust Belt, des usines métallurgiques qui ont toutes fermées, laissant les cols bleus aux prises avec le chômage, les maladies et les drogues. Vance sait de quoi il parle et il offre aux Américains le discours d’un homme qui s’en est sorti. Sorti grâce à l’aide l’État, l’armée en l’occurrence et l’université de même. Son parcours est à l’inverse d’un de ces magnats de la finance high tech pour qui l’État doit se désengager de tout sysème « caritatif ».

Donc la possibilité d’un conflit à venir.