Divergences, Revue libertaire internationale en ligne
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2009

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Christiane Passevant

Sur les traces de l’anarchisme au Québec (1860-1960) (Livres)

de Mathieu Houle-Courcelles (Lux)
dimanche 15 novembre 2009 par CP

« Depuis la création des premiers syndicats ouvriers combatifs au XIXe siècle jusqu’aux récentes mobilisations contre le Sommet des Amériques, l’influence libertaire s’est exprimée de nombreuses façons. Une multitude de journaux, d’interventions publiques, de grèves générales, d’œuvres artistiques, d’initiatives sociales et d’alternatives radicales témoignent de cet engagement au quotidien. »

Et pourtant si l’on connaît le mouvement libertaire au Québec de ces dernières années, force est de constater l’ignorance que nous avons de ses origines et des influences qui ont été déterminantes dans son développement dans le pays.

Sur la méconnaissance du mouvement, Mathieu Houle-Courcelles, auteur de Sur les traces de l’anarchisme au Québec (1860-1960) avance une explication :

« Celles et ceux qui ont pris la peine de relater les débuts du mouvement ouvrier et le développement des idées socialistes au Québec ont totalement évacué la présence des libertaires, trop préoccupés de l’articulation de la question nationale ou d’un cadre marxiste-léniniste. »

Sur les traces de l’anarchisme au Québec (1860-1960) est un ouvrage précieux car cela fait plus d’un siècle que les idées anarchistes y sont vives et actives, même si certaines périodes ont été des traversées du désert.

Mathieu Houle-Courcelles [2] : C’est le premier livre sur les débuts de l’anarchisme au Québec. L’intérêt est assez récent pour cette question dans les milieux académiques, poussé d’ailleurs par des anarchistes qui font des études supérieures. Ce ne sont pas des historiens ou des historiennes qui prennent le temps de faire ce type de recherche et il s’agit plutôt du mouvement anarchiste contemporain. C’est l’un des premiers travaux sur l’anarchisme au XIXe et au début du XXe siècle. J’ai commencé ce travail dans un cadre militant, les premiers articles sur le sujet ont été publiés dans la revue Ruptures, liée à la NEFAC (North Eastern Federation of Anarchist Communists / Fédération des Communistes Libertaires du Nord-Est), ensuite cela m’a pris deux ans pour peaufiner le texte et en corriger les erreurs.

Christiane Passevant : Comment as-tu retrouvé ces traces de l’anarchisme ? Par exemple cette revue publiée en français, Spartakus ?

Mathieu Houle-Courcelles : Il y a eu des recherches sur l’histoire du mouvement ouvrier dans les années 1970 et, en allant aux sources de ces auteurs, j’ai trouvé ces traces et, notamment, à travers un livre sur un socialiste canadien, Albert Saint-Martin. Il était l’éditeur de la revue Spartakus, faite par et pour les chômeurs pendant la crise économique des années 1930. Elle était disponible à Ottawa, ce qui est très éloigné et dans une autre province. Pour moi, c’est inconcevable qu’on ne trouve pas ces publications au Québec.

Christiane Passevant : Tu situes le début du mouvement en 1860…

Mathieu Houle-Courcelles : Plus précisément, c’est avec l’arrivée de Communards en 1972-1973 qui sont amenés au Québec pour les besoins de main-d’œuvre de l’État canadien. Certains vont faire des conférences sur les conditions de vie des immigrés. L’histoire de l’anarchisme au Québec est souvent le fait des immigrés avec trois vagues d’immigration, d’abord française, puis juive en 1903-1904 et enfin espagnole dans les années 1950. Les Communards qui débarquent au Québec vont participer à des manifestations, à des émeutes ouvrières au cours desquelles l’un d’entre eux se fera tuer par l’armée en 1878, à Québec.

Christiane Passevant : Mais les influences libertaires sont en fait antérieures et aussi européennes, et tu écris qu’au début ce sont plutôt des humanistes que des libertaires.

Mathieu Houle-Courcelles : Il y avait un mouvement très actif de libre penseurs autour de l’Institut canadien dont l’une des figures importantes est Arthur Buies, qui correspondra avec Élisée Reclus, et avait aussi combattu auprès de Garibaldi en Italie. En rentrant au Québec, il lança un journal satirique, La Lanterne. Il faut souligner que le Canada français, à la fin des années 1860, est la chasse gardée du clergé et que la diffusion des idées est très difficile. Les membres de l’Institut canadien seront excommuniés. Le mouvement est anticlérical, mais pas encore athée. Cela viendra plus tard.

Christiane Passevant : La Lanterne qui se déclare contre les stupidités, les hypocrisies et les infamies, ce qui est radical, provoque une réaction violente, le clergé allant jusqu’à faire des autodafés.

Mathieu Houle-Courcelles : Il ne faut pas oublier qu’à cette époque, les œuvres de Victor Hugo étaient interdites. Alors les anarchistes dans ce climat réactionnaire ! On imagine le travail à faire pour toucher les gens et les intéresser à des idées nouvelles. Ce sont les textes traduits du yiddish qui m’ont permis de voir comment les idées anarchistes ont pénétré au Québec.

Christiane Passevant : La première librairie anarchiste est d’ailleurs fondée à Montréal par Hirsch Hershman qui est issu de l’immigration juive.

Mathieu Houle-Courcelles : Elle est dans le même quartier qu’aujourd’hui l’Insoumise, la librairie anarchiste.



Christiane Passevant

La terrorisation démocratique (Livres)

Claude Guillon (Libertalia)
dimanche 15 novembre 2009 par CP

La démocratie est-elle mise en danger par les lois d’exception ? Question bien mal formulée commente Claude Guillon « à moins de considérer la “démocratie” comme une abstraction morale et non pour ce qu’elle est — un mode de régulation politique du capitalisme ». D’où l’intérêt de cet ouvrage qui revient sur la mise en place d’une stratégie de terrorisation de la population pour mieux la contrôler et limiter ses droits à la contestation. En effet, le processus de faire de l’ « Autre » — virtuel, fabriqué ou réel — un danger potentiel, et l’emploi du mot terrorisme pour désigner toutes sortes de délits — avérés ou supposés —, permet de stigmatiser toute forme de révolte. Dans ce but, il fallait « associer dans l’esprit du public le poseur de bombes, l’étranger et le jeune. »

Dans le contexte politique des années 1980, comme l’écrit Claude Guillon, « L’Islam se révèlera un substitut providentiel au stalinisme d’État […] comme repoussoir des démocraties. » Et pour rattraper le retard par rapport aux autres pays européens en matière de politique sécuritaire, l’état d’exception permanent va donc s’installer avec son cortège de « lois et [de] mesures de police qu’on aurait autrefois jugées barbares et antidémocratiques. »

La « neutralisation judiciaire préventive des groupes terroristes » consiste à les « surveiller pour anticiper le moment où [ils] seront tentés de passer à l’acte ». L’arbitraire est à la Une et « l’affaire » de Tarnac en est une illustration très médiatisée. Absence de preuve, aucune découverte de cache d’armes ou de supposé matériel « terroriste », seulement des présomptions, un livre et le refus de se conformer à la société de consommation ! De quoi s’interroger si nous vivons un scénario à la Minority Report, nouvelle de Philip K. Dick qui se passe en 2054, à Washington, où les agents du Précrime peuvent écrouer les criminels juste avant qu’ils n’aient commis leurs méfaits.

Arbitraire flagrant qui pousse les responsables antiterroristes « à l’exercice paradoxal de donner un contenu actuel à une “intention”, dont la caractéristique est précisément qu’elle n’en a pas puisqu’elle est supposée se matérialiser dans l’avenir. Ils en dévoilent ainsi les présupposés idéologiques. » Autrement dit, comme le précise Alain Brossat dans Tous Coupat, tous coupables : « La stratégie policière fabrique tactiquement l’ennemi tel qu’elle le veut, de toutes pièces. Il ne s’agit plus de punir le coupable d’un méfait (ce qui, déjà, était inacceptable), mais de créer le méfait et son coupable pour criminaliser, effaroucher, désolidariser, et donc prévenir la grogne qui monte. »

Si l’on remonte à la fin du XIXe siècle, il est aisé de constater les présupposés idéologiques et la stratégie de fabriquer l’ennemi ne sont pas des méthodes nouvelles. La propagande distillée, notamment dans les médias de l’époque, quant à l’image de l’anarchiste lanceur de bombes a largement été diffusée et a fait œuvre efficace. L’image perdure dans les esprits ! Terroriser « l’opinion publique » pour faire passer des lois iniques est plus rentable pour un État que permettre de développer un esprit critique. Et ce livre de Claude Guillon, La terrorisation démocratique, fait un état des lieux rigoureux de ces lois et fort instructif.



Christiane Passevant

Arna Mer Khamis (3) (Femmes dissidentes au Moyen-Orient)

De Haïfa à Jénine, une combattante et une bâtisseuse
dimanche 15 novembre 2009 par CP
— Vois-tu une possibilité pour que les Israéliennes et les Palestiniennes travaillent ensemble contre l’occupation ? Est-il possible de construire quelque chose avec les associations de femmes ? Arna Mer Khamis : Tu seras sans doute déçue par ma réponse. Je ne crois pas qu’une cause spécifique donne (...)


Christiane Passevant

Arna Mer Khamis (1) (Femmes dissidentes au Moyen-Orient)

De Haïfa à Jénine, une combattante et une bâtisseuse
dimanche 15 novembre 2009 par CP

Née en 1929, Arna Mer Khamis meurt d’un cancer en février 1995. Ses convictions et son engagement l’ont amenée à s’opposer à toute oppression, qu’elle soit coloniale, étatique, idéologique ou patriarcale. Issue d’une famille juive immigrée en Palestine dans les années 1880, Arna Mer est entraînée très jeune dans des groupes militaires.

Pendant la guerre de 1948, elle symbolisait les aspirations nationalistes de la population juive d’Israël. Mais la jeune Sabra [11] prend rapidement conscience de ce que représente le conflit pour la population palestinienne contrainte à un exil douloureux. La remise en question est brutale : son rêve sioniste lui apparaît comme dénaturé. Arna s’engage alors dans une lutte énergique contre l’oppression et les injustices et devient profondément antisioniste. Dans les années 1950, elle rencontre Saliba Khamis, Palestinien membre du Parti communiste, et l’épouse contre l’avis de sa famille.

Militante lucide et déterminée, Arna Mer Khamis impressionne par son caractère, sa rigueur et son énergie : « Depuis 1949, j’ai lutté pour la paix – pas pour une illusion — mais pour une paix réelle qui établisse la compréhension entre les êtres humains. Avant 1948, les Arabes et les Juifs vivaient ensemble en parfaite harmonie. Cependant, en l’espace de quelques mois, la création de l’État d’Israël a généré racisme et mépris à l’encontre des Arabes, ce qui n’avait jamais existé auparavant. Les Arabes et les Juifs peuvent vivre ensemble, non pas parce que c’est la seule alternative, mais parce que cela s’est fait par le passé. »

En 1987, quand débute l’Intifada, elle se mobilise pour la défense des enfants palestiniens emprisonnés. Elle crée l’association Care and Learning [12] avec des militantes et des militants israéliens d’Haïfa pour pallier à la fermeture des écoles par les autorités militaires israéliennes dans les territoires occupés et pour développer l’éducation des jeunes Palestinien-ne-s dans le camp de réfugié-e-s de Jénine, au nord de la Palestine. Si les écoles sont fermées par les militaires, qu’à cela ne tienne ! Elle s’installe, face aux soldats israéliens, dans la rue, avec les enfants, pour dessiner, écrire et leur fournir les moyens de s’exprimer. L’association met en place des homes d’enfants et une bibliothèque dans le camp de réfugié-e-s. Ces centres culturels et éducatifs rassemblent des enseignantes palestiniennes, des animatrices et animateurs bénévoles, Israélien-ne-s et internationaux. Juifs, chrétiens, musulmans et athées se retrouvent sur un projet aussi dérangeant pour les autorités israéliennes que salutaires pour les enfants (et les adultes) palestiniens. Menacée par les services secrets israéliens et les fondamentalistes musulmans, son itinéraire de femme libre a été et est encore une source d’inspiration. Arna est inoubliable, respectée pour sa force et son combat qu’elle mènera jusque dans la maladie.

Jénine, Cisjordanie. 31 mai 1992. La rencontre avec Arna Mer Khamis se fait par hasard, dans une rue de Jénine. C’est la veille du festival des enfants et Arna m’accorde un premier entretien entrecoupé par les questions des enfants pour les préparatifs du festival, les discussions avec les Palestinien-ne-s, l’intervention des militaires. Arna est l’énergie du spectacle et l’initiatrice du projet éducatif dans le camp de réfugié-e-s de Jénine et les villages palestiniens du nord de la Cisjordanie. Avec l’association Care and Learning, Arna et les éducatrices palestiniennes travaillent sur le terrain et œuvrent pour la défense des enfants dans les territoires occupés.

Dernière répétition, préparation de la scène et nettoyage de l’espace pour le public. Avec les enfants, nous ramassons et brûlons les ordures (pas de service de voierie dans les territoires occupés), nous déblayons les pierres et les barbelés. Il faut aussi décorer la scène et afficher les dessins des enfants sur les couleurs palestiniennes, noir, vert et rouge. Un groupe d’adolescent-e-s organise le chantier pendant que les autres déclament, chantent et dansent sur la scène improvisée. Le contact avec les enfants est immédiat et spontané.



Christiane Passevant

Arna Mer Khamis (2) (Femmes dissidentes au Moyen-Orient)

De Haïfa à Jénine, une combattante et une bâtisseuse
dimanche 15 novembre 2009 par CP
L’entretien reprend le lendemain matin, 1er juin 1992. Arna Mer Khamis : Je suis née dans un petit village de Haute Galilée, au nord de la Palestine, près du lac de Tibériade. Le village était une colonie juive établie plus d’un siècle auparavant près d’un village arabe appelé Jaoni. Ma vie était (...)


Larry Portis

Between Anarchism and Marxism : Confusion and “Bad Faith” in Revolutionary Thinking and Practice (1) (English)

dimanche 15 novembre 2009 par CP

A central question in contemporary revolutionary thinking is how to draw the best from past experience while overcoming political reflexes tied to debates that no longer (or should no longer) exist. Historical knowledge is absolutely necessary for informed thinking and acting, but partial historical understanding can perpetuate doctrinal disputes that further limit and rigidify perspectives. At the same time, partial knowledge of individual motivations—especially our own—can amplify the effects of the ignorance and confusion in which everyone participates in some way.

From this perspective, it is necessary to confront the motive bases of dogma and confusion. By dogma I mean defined and received certainties that are often founded in personal insecurities but projected onto perceived adversaries or heretics. Confusion may be best defined as misunderstandings that arise from either lack of knowledge or understanding, and that tend to be reinforced by individual interests and their conscious or unconscious defense. The history of the conflict between the proponents of “Anarchism” and “Marxism” is perhaps the best example of how dogma and confusion have limited the effectiveness of revolutionary struggle since the mid-nineteenth century.

A supposed conflict between two doctrinal tendencies has largely hidden from view the existence of an alternative current that has attempted to draw upon all expressions of transcendent social philosophy and action. There is, indeed, a fundamental division of the revolutionary movement, but it is a division that exists artificially in that it has been willed into existence and has obstructed perception and knowledge of alternatives. There is, in fact, no reason to juxtapose in a binary way what real libertarian socialism represents. In reality, there is no implicit contradiction in a nuanced synthesis of the most directly democratic and egalitarian ideas and practices called into existence by opposition to the industrial capitalist system.



Larry Portis

Between Anarchism and Marxism : Confusion and “Bad Faith” in Revolutionary Thinking and Practice (2) (English)

dimanche 15 novembre 2009 par CP
Historical developments seem to indicate that hierarchical political structures—revolutionary in intent or not—lead to manipulations and forms of social and political domination. Institutionalized, formalized control over others develops that is counterproductive in revolutionary struggles in (...)


Jean Michel Kay

Beyond "red" and "black" : Publishing in pursuit of libertarian socialism (1) (English)

Les Amis de Spartacus
dimanche 15 novembre 2009 par CP

The history of a political current can never be reduced to that of its organisations or to the study of its doctrine, unless it has never had the least influence outside itself. On the other hand, it is difficult to identify such a current when it has not built any permanent organisation and has not produced a body of doctrine. Nonetheless, it is the premise of such a current that we beg to offer as a research topic based on the story of an activist publisher from the 1930s on.

What is surmised here is that at certain periods of French contemporary social history, and probably elsewhere in Europe, a political current has sprung up that overcomes the historical deadlock between the protagonists of “State socialism” and those of “socialism without a State”. This current has not given birth to permanent political organisations ; it has not spawned recognized theoreticians, it has not spelt out a formal doctrine. The reason that suggests itself for those three negatives is that this current has only emerged in periods of social upheaval and has generally lacked time to create a lasting political vehicle, and that the theory of what it stood for could only develop after the event.

As shorthand, we will designate this current as “libertarian socialism”. This label has no historical legitimacy ; it has been used by Daniel Guérin as cover title of his first collection of essays aimed at reconciling those he called “twin brothers, feuding brothers [30]”. In later editions, he changed it to “libertarian Marxism”, and then to “libertarian communism”. But at the time when, in our estimation, that libertarian socialism first materialized, libertarian communism was claimed as their objectives by the Spanish CNT and FAI, and they are clearly different.

We propose to search for that current through the enduring story of an unusual publishing house, which has carried on for fifty years thanks to the exertions of one individual, René Lefeuvre, and which has outlived him. The features of that publishing endeavour – the Cahiers Spartacus – qualify it as an appropriate tool for identifying that current and turning it into a legitimate research topic :

- It is an activist publishing house, i.e. one that pursues specific political goals.

- It is not-for-profit, and has no other concern than to publish whatever it feels should be made available to the readership it hopes to reach.

- It is independent, to the extent that it is not controlled by any political organisation.

- However, it does not rely on patronage or to any significant extent on donations. Therefore, while it does not need to be profitable in any sense, it can only carry on publishing if there are enough buyers for its output. This has not always been the case.



Jean Michel Kay

Beyond "red" and "black" : Publishing in pursuit of libertarian socialism (2) (English)

Les Amis de Spartacus
dimanche 15 novembre 2009 par CP
The trap of anti-sovietism When back in France in June 1945, René Lefeuvre had to adapt to a political landscape that had of course undergone significant changes. The PSOP had sunk without a trace during the war. The Communist party had now been in a coalition government for a year, and it (...)


World Day Against the Death Penalty (English)

Robert Bryan
dimanche 15 novembre 2009 par CP
Dear Friends : There is a renewed effort by the police and far right to destroy the support for Mumia Abu-Jamal, who has been on Pennsylvania’s death row for nearly three decades. Their purpose is simple : to kill him. This is the most dangerous time for Mumia since his 1981 arrest. I am (...)


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