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Christiane Passevant
Mai 1968 : Tactiques politiques et esthétiques du documentaire
Revue Documentaires n° 22-23
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Documentaires

N° 22-23

Mai 1968 : Tactiques politiques et esthétiques du documentaire

Sous la direction de David Faroult et Hélène Fleckinger

Il est certain que les films documentaires de la fin des années 1960 et des années 1970 ont accompagné les luttes sociales, on le voit par les sujets traités, autrement dit par le fond, mais aussi par la forme qui a déhiérarchisé la pratique du filmage.

Prends ta caméra et descends dans la rue ! fut une manière, pour les cinéastes en devenir, de sauter le pas, de brûler les étapes et de créer un nouveau langage cinématographique. L’héritage de ces années, plus encore que le courant de la nouvelle vague, fut déterminant pour nombre de cinéastes, vidéastes et de militant-es qui ont alors mesuré l’impact des images.

« Quelles leçons, encore fécondes, 68 nous a-t-il léguées, spécifiquement dans le champ des cinémas documentaires ? » Question qui revient en leitmotiv dans la revue et amène évidemment à réexaminer, sur quatre décennies, les évolutions de la représentation des luttes dans le paysage audiovisuel. De même, il est intéressant de voir de jeunes chercheurs et chercheuses étudier la richesse et le foisonnement de la production des images et des sons de cette époque, et il faut le souligner, sans le carcan académique.

Quant aux répercussions de Mai 68 et des possibilités d’expression que les événements ont engendrés, même si le projet d’une émancipation radicale, universaliste et égalitaire en a pris un bon coup depuis, les répercussions semblent encore déranger le pouvoir qui parle… qui rêve de « liquidation de l’héritage de mai 1968 ». Quoi d’étonnant ? l’homologue présidentiel de l’époque nous traitait déjà de chienlit, mais, pour paraphraser le slogan d’alors, la chienlit c’est lui !

Ce double numéro de la revue Documentaires, à travers des articles, des entretiens, des transcriptions de débats, des réflexions croisées, s’attache à montrer l’importance de la réappropriation de cet héritage, si décrié par les réactionnaires, même si celui-ci est récupéré par un système qui tend à en détourner les enjeux et les espoirs de changement de société.

« Le résultat ou plutôt l’échec politique de mai 68 fut l’élection de Mitterrand en 1981. Quatorze ans de socialisme et de consensus mou ont permis à la bourgeoisie d’éradiquer, dans ce pays, toute conscience politique. » Constat de Nicolas Stern, réalisateur et ancien membre de la revue Cinéthique, qui cependant ajoute : « On peut assassiner des hommes, on peut ruiner des monuments, on peut détruire des documents, on ne liquide ni l’Histoire ni la mémoire. Des fantômes par centaine de milliers hantent les couloirs des forteresses ouvrières mises à la casse, des fermes abandonnées, des coursives des prisons, des hôpitaux, des cellules des asiles psychiatriques, des centres de rétention… Ce sont eux, les véritables héritiers de l’Histoire et en particulier de mai 68. »




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