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Divergences, Revue libertaire internationale en ligne
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Jean-Manuel Traimond. Photos Christiane Passevant
Hommage aux disparues
Un guide méchant [et parfois moche] de Paris
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Le musée de Langres conserve un plâtre du monument qu’à la demande du Directoire M.Petitot faillit bâtir en 1799 au centre de la Place de la Concorde, récemment (1795) nommée ainsi pour masquer le sang de la Terreur. La déesse Concorde était assise sur un char tiré par un agneau et un lion, symboles du fort et du faible concourant ensemble au bien public. On sait que les régimes suivants ont, à l’unanimité, préféré respecter la fable du loup et de l’agneau.

La IIIe République céda avec enthousiasme au vice statuaire, grâce auquel elle espérait rivaliser de légitimité avec l’ancien régime. On lui doit quantité de redingotes de marbre. Le Manuel de pâtisserie française, de M. Horace Léon, nous donne la recette du monument élevé à Gambetta devant l’arc de triomphe du Carrousel, détruit pendant l’occupation :

« Pour cerise, le gâteau de Gambetta reçut une Démocratie à cheval sur un lion ailé. La Démocratie tenait une foudre et une tablette gravée à ces mots : Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Ni la foudre ni la tablette n’étaient ailées. De chaque côté du lion ailé et de la Démocratie, la Force et la Vérité. Derrière, des enfants se serrant la main unissaient le Travail, sans ailes mais muni d’un marteau, à la Défense de la Patrie, toujours sans ailes, mais munie d’une épée. »

On remarquera que, si depuis les Grecs les effigies de la Victoire comportent toujours des ailes parce que la Victoire peut fuir en un instant, celles des Défenses n’en ont point puisqu’elles ne sauraient fuir.

Plus ailé encore était un monument à Victor Hugo, de Barrias, qui y avait accroché quatre figures ailées représentant les quatre vents de l’esprit. Et une pieuvre.

Point d’aile, mais un panache du plus piquant effet sur le shako d’un tambour surgissant de derrière un pilier (soutenant le buste de l’imprimeur patriote Raffet) comme un malandrin s’apprêtant à assommer le bourgeois.

Le monument à Raffet ayant été commandé par le Sabretache, association d’officiers, d’artistes militaires et de collectionneurs de militaria, il ne manquait pas un bouton à l’uniforme.




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