Etant depuis quelques décennies un observateur plus ou moins avertis de la vie politique française je voudrais partager ici mon incrédulité. Il fut un temps où être accusé de communisme, sympathisant ou pas, était risquer de se trouver exclut des cercles intellectuels. Puis ce fut le terme de fasciste qui prit le dessus avec celui de révolutionnaire.
Puis vint tiers-mondiste puis islamo-gauchiste. J’en oublie probablement.
Aujourd’hui, en ces jours qui précèdèrent les élections législatives du 7 juillet 2024 parmi les échanges d’arguments, celui qui est le plus en vogue, le plus excluant c’est l’accusation d’être antisémite. Ces dernières années sur les réseaux numériques on assistait à l’émergences, au bout de quelques échanges, de ce qui prit le nom de “point Godwin” c’est-à-dire la référence obligée au nazisme et à Hitler. Aujourd’hui c’est le terme d’antisémite qui tient la corde et curieusement essentiellement dans les milieux de gauche entre partisans et adversaires du Nouveau Front Populaire.
Un antisémitisme de gauche ou un antisémitisme à gauche ?
Le socialisme des imbéciles, version Bebel (1905) était un antisémitisme de lutte de classes. Le juif était le patron dont il fallait se libérer. La glissade vers le national-socialisme était ainsi annoncée. L’antisémitisme, aujourd’hui à l’œuvre dans la gauche radicale française, est d’une autre nature. Il prend ses sources dans le tiers-mondisme.
Le juif devenant le colonisateur du Palestinien. Ce dernier incarne le prolétaire nous libérant de nos chaines. Il n’est plus question de révolution sociale mais de lutte de libération nationale. Cela pourrait se défendre si une telle attitude était étendue à d’autres endroits en lutte. La révolution syrienne a échappé aux partisans d’une Palestine libre, comme celle du Soudan écrasée en ce moment par la soldatesque déchainée. Pas plus que la lutte des Kanaks pour leur indépendance n’a suscité autre chose que des déclarations sympathiques.
Une raison me vient à l’esprit. Dans tous ces cas les juifs en sont absents.