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Divergences, Revue libertaire internationale en ligne
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Effondrement de la civilisation

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Cortège de tête et radicalisation des luttes

Vous craignez une radicalisation des formes d’action ?

Absolument. Elle est alimentée par un gouvernement qui se fiche des organisations syndicales. Résultat, certains, y compris des syndiqués, ne veulent plus de formes traditionnelles et encadrées de mobilisation.

Comment veulent-ils agir ?

C’est bien ça qui m’inquiète. Demain, ce ne sera pas une chemise arrachée…
Interview de Pascal Pavageau nouveau SG de FO


Dans la même direction deux textes portant sur la question des cortèges de tête :
Une critique anti-autoritaire du Black Bloc Appel aux convaincu(e)s

Au risque de paraître tirer sur l’ambulance, nous avons choisi la voie du dégrisement. Pour nous la manifestation du 1er mai a été un échec et la stratégie imposée de façon autoritaire par le Black Bloc n’était ni justifiée, ni n’a profité au reste de la manifestation. Collectivement, nous en prenons acte et appelons à dépasser nos pratiques ritualisées du cortège de tête.

C’est assez frappant, et ce malgré la situation sociale généralement morose, que chaque manifestation qui tourne un peu à la confrontation avec la flicaille soit saluée comme une victoire. Un peu comme si le fait de casser en nombre des vitrines égalait un but marqué par son équipe de foot préférée. Ne faisant qu’un, le groupe de supporters fait la Ola et retourne chez lui attendre le prochain match, la prochaine bagarre. Il nous apparait que l’intérêt ponctuel et circonstancié d’un Black Bloc n’est pas là et que nous sommes, peu à peu, en train de nous enfermer dans un trip égotique et autoritaire. Lire la suite


Réflexions collectives de militant.e.s non-violent.e.s participant au cortège de tête sur l’articulation des pratiques et en réponse aux invitations à se dissocier.

Nous sommes quelques-unes des 15 000 personnes présentes au pont d’Austerlitz autour des 1500 membres du « black bloc ». Si nous n’y étions pas cette fois-ci, nous y avons été lors d’autres manifestations ou nous aurions pu y être. Nous sommes dans le cortège de tête sans user de violence et nous voulons dire pourquoi nous y sommes.

Nous le disons d’abord sous le coup de l’énervement à l’écoute des commentaires après la manifestation du 1er mai 2018. Comment peut-on « célébrer » Mai 68, ses barricades, ses voitures retournées et ses lanceurs de pavés, souhaiter un Mai 2018 de luttes et s’effaroucher de ce qu’il se passe dans le cortège de tête ? Comment peut on soutenir NDDL et ses modes de vie alternatifs, José Bové et le démontage d’un Mac Do et dénoncer avec tant de hargne le saccage d’un magasin de la même multinationale devant la gare d’Austerlitz ?Lire la suite

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Les migrants sont des prolétaires. Prolétarisés...

Les migrants sont des prolétaires. Prolétarisés en arrivant, ou déjà moins-que-rien avant de partir.

Cet homme d’une trentaine d’années vient d’une ancienne colonie française, sous l’emprise aujourd’hui, comme beaucoup d’autres, de dirigeants dont le souci est de garder un poste lucratif, soutenus par des sociétés pétrolières (ou autres) appuyées par les gouvernements occidentaux, dans une âpre concurrence avec la Chine unissant l’héritage communiste le plus totalitaire au capitalisme le plus sauvage.

Poursuivant des études supérieures, il préparait une thèse qui l’amenait à se rendre fréquemment en France. Il était alors salué et respecté comme n’importe quel autre thésard. Mais il faisait partie de l’opposition, opposition politique doublée de tensions ethniques, comme dans beaucoup de pays africains. Cet héritage de la période coloniale a brisé les collectifs politiques antérieurs, basés sur des langues et des cultures différentes, et qui cohabitaient de manière plus souple.

Cet autre. à peu près du même âge vient, lui, d’une ancienne colonie d’un autre « puissance » européenne, qui supporte depuis quarante ans le pouvoir totalitaire d’un dictateur, au départ inféodé à l’URSS et qui a depuis suivi la Russie vers le totalitarisme et la corruption poutinienne. Aux dépens notamment de la santé et au profit des compagnies pétrolières. Ce qui l’a notamment décidé à entrer dans l’opposition c’est, entre autres raisons, le décès d’un frère cadet, mal soigné d’une gangrène qui aurait tout à fait être soignée, mais décédé à cause d’une faiblesse du système de soins, les richesse de son pays étant confisquées par une corruption endémique du pouvoir. Arrêté́ pour sa participation à plusieurs manifestations, il a été violemment torturé, subissant des sévices de toutes sortes. Il y a plus de deux mois, il a « bénéficié » des interrogatoires de l’OFPRA. En attendant les résultats, il dort dans un lieu qu’il partage avec d’autres migrants comme lui, qu’il réveille par les cauchemars bruyants.
Quand il arrive à s’endormir... Il a dû laisser au pays sa famille dont il est sans nouvelle.

L’un et l’autre faisaient auparavant partie d’une classe « moyenne », plutôt privilégiée, compte tenu de la misère endémique dans leurs pays. Ils sont aujourd’hui réduits à la condition de prolétaires au sens étymologique : ceux qui n’ont rien et qui sont réduit·es à deux préoccupations : manger, se reproduire. Ce qui selon Platon, dont Macron est ici un fidèle disciple, leur ôte toute capacité́ et tout droit à exercer quelque pouvoir que ce soit. Ceux qui décident pour tout le monde n’ont pas ces soucis vulgaires.

Je pourrais aussi parler de cette dame qui a dû quitter son pays, parce qu’une rencontre avec un compatriote d’une autre confession l’avait fait rejeter par sa communauté et sa famille.

Tous réfugiés, pour des raisons mêlées

D’autres sont venus ici en ayant déjà̀ ce statut de prolétaire. Poussé·es par la misère dans laquelle leur pays a été́ plongé par l’exploitation économique des « civilisés ». Et donc privé·es de leur culture. D’autres chassé·es par des guerres absurdes dont le prétexte politique n’était qu’un alibi aux rivalités économiques. D’ailleurs, la distinction entre les réfugié·es « politiques » (théoriquement admissibles au droit d’asile) et réfugié·es « économiques » rejeté·es est pure hypocrisie, le politique et l’économique étant forcément imbriqués.

De plus en plus nombreux, les mineurs isolés (majoritairement des garçons, mais les quelques filles dans cette situation ont des itinéraires et des motivations semblables. La plupart venus d’Afrique sub-saharienne par des voies un peu mystérieuses sur lesquelles ils ne s’appesantissent pas : bloqués dans une forêt au Maroc ou dans des entrepôts en Lybie, soumis à des sévices multiples, puis la traversée de la Méditerranée avec tous ses risques. Ils ne sont pas partis par plaisir, par goût d’aventure (ce serait, après tout, une motivation adolescente plutôt sympathique) mais par l’impossibilité́ « chez eux » de mener une vie correcte. Une vie d’enfant.
Tous sont donc des prolétaires, des moins-que-rien. Ou des « sans-part », selon l’expression du philosophe Jacques Rancière. En trop, où qu’ils se trouvent.

Les mêmes ennemis

Traditionnellement, les syndicats se donnent pour mission de défendre des travailleurs·euses, ce qui exclut intérimaires, chômeurs·euses et donc les migrant·es sans papiers. Avec l’évolution (inéluctable aux yeux de ceux qui en profitent), travailleurs en CDI et fonctionnaires sont devenus en quelque sorte une classe moyenne, « admis » dans la sphère du politique par le biais entre autres, des négociations syndicales : ils ont le droit de parler, de protester, même si ça ne sert à rien. Ainsi, beaucoup ont l’impression (certains le disent) que la lutte des classes, cela ne veut plus rien dire. Leur principal souci, c’est de grimper dans la hiérarchie. Accros à la compétitivité, ils sont à l’opposé de toute solidarité́. Presque plus solidaire de leurs patrons, des banquiers et des politiques que de tous ceux dont la peau est peut-être plus foncée que la nôtre. Objectivement, ces travailleurs·ses « intégré·es » font cependant partie de la classe des prolétaires, pouvant à tout moment perdre leur statut et leur relative et illusoire intégration. Il n’y a pas de « classe neutre », pas d’impartialité́ possible. Cependant, explicitement ou par résignation, beaucoup ne veulent pas prendre parti, déjà soumis aux politiques macronistes libérales, ou pensant ne pas avoir le pouvoir de refuser.

Quant aux « travailleurs sociaux », il leur appartient de savoir s’ils et elles se situent du coté́ des employeurs liés aux logiques du profit. Ou s’ils et elles sont solidaires des personnes qu’ils et elles ont rencontrées.

Un syndicat révolutionnaire ne peut qu’être solidaire des travailleurs·euses, et des prolétaires qu’on cache, qu’on rejette, en les présentant comme une menace. Les un·es et les autres sont lié·es par la même exploitation et ont les mêmes ennemis. Tou.tes ont la même arme : la solidarité de classe.

Alain, Sanso 69

le Combat syndicaliste juin 2018

voir aussi


Réflexions à propos d’une présence psychologique auprès de sans papiers

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Lettre ouverte de SUD Rail sur la souffrance au travail

Alerte sur les risques de la mise en oeuvre du « pacte ferroviaire » pour la santé psychique des agents des SNCF.


Le système ferroviaire n’est pas assimilable aux autres services publics ou privés en réseau :

- techniquement, un train n’évolue pas dans trois dimensions (comme l’avion), ni deux (comme un véhicule routier), mais dans une seule, et unidirectionnelle ;
- voyageurs ou marchandises sont dans le réseau, contrairement à l’électricité, l’eau, le téléphone, où l’usager n’est qu’à l’extrémité (robinet, prise électrique, combiné téléphonique,…), le réseau n’étant pour lui qu’une boîte noire ;
- la maintenance ou le développement doivent se faire en continuant les dessertes ;
- il faut coordonner des services très différents (locaux/longue distance, rapides/lents, zones denses ou pas, …) sur un réseau entier interconnecté (contrairement aux lignes de métro ou de tramway parcourues par des matériels homogènes et dédiés, sans planification des circulations).

C’est en rassemblant les leviers de production dans la même main que l’on peut tirer de ce système rigide le maximum de souplesse dans les arbitrages quotidiens pour garantir sécurité, qualité de service et moindre coût pour la collectivité

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Le point d’explosion de l’idéologie au Kurdistan

Refusant les lectures policières de l’histoire comme la géopolitique de comptoir, ce texte se propose d’étudier les raisons de l’engouement unanime pour « les Kurdes » (c’est-à-dire prosaïquement le PYD, et sa branche armée, les YPG) au sein des gauches françaises. Il n’y est pas question de la « cause kurde » ni précisément de l’insurrection syrienne en tant que telles (ce serait beaucoup trop vaste) mais de la façon dont celles-ci auront servi de révélateur à la faillite du monde militant « de gauche », révolutionnaire comme réformiste.


Que l’on songe au stalinisme ou à ses innombrables déclinaisons, l’histoire du mouvement ouvrier est jonchée de mystifications et de falsifications. À partir du moment où, dans les années 1920, l’Internationale Communiste est devenue la courroie de transmission des intérêts du jeune État « soviétique » , de larges pans du mouvement ouvrier ont été mis au service d’une propagande systématique. Celle-ci devait présenter la politique d’industrialisation forcée menée par un État autoritaire comme l’horizon et la base arrière de la révolution mondiale. Les mots même de révolution et de communisme ont pendant longtemps été entachés par cette expérience, ne désignant plus une existence débarrassée du travail et de l’État, mais, pour le plus grand nombre, une réalité sordide et brutale sans lien avec les promesses d’émancipation, ni avec une quelconque forme de vérité.

S’il serait possible de débattre longuement des circonstances historiques qui ont conduit à cet état de fait, on s’accordera volontiers à dire que cela a durablement nui à la cause révolutionnaire. Et si nous pensions depuis quelques décennies nous être éloignés de cet
héritage embarrassant, les dernières années ont vu émerger un processus analogue s’étendant progressivement à toutes les sphères de la gauche, y compris celles se définissant comme « révolutionnaire ». C’est ce phénomène, et ce qu’il révèle, que nous tenterons d’analyser.

Hier comme aujourd’hui, la révolution n’est pas une affaire de parti. Au sein des milieux de gauche « radicale » ou « révolutionnaire », de la France Insoumise aux libertaires et à certains « autonomes », en passant par le NPA, ce qu’il reste de maoïstes en France et certains secteurs du syndicalisme de lutte, la dernière mode semble être, non sans un
certain essentialisme, « les Kurdes ».

S’il est stupéfiant de constater le peu de prudence à assimiler tout un peuple à un parti, fût-il un parti de masse (le PYD, branche syrienne du PKK), ce qui nous frappe davantage est le caractère absolument soudain, totalement fantasmé et inconséquent de l’intérêt de la majorité de la gauche française pour la « cause kurde ».

Ce soutien extatique s’expliquerait par l’« expérience révolutionnaire » déclenchée en 2011/2012 au Rojava (Kurdistan syrien), qu’il faudrait comparer à l’Espagne de 1936. De nombreux militants parlent à son sujet d’autogestion, d’écologie et d’égalité hommes-femmes, quand ce n’est pas de communes ou de communisme. Le plus souvent, même si rien n’est dit de ce qu’il se passe au Rojava, le caractère supposément utopique de cette expérience vise à discréditer l’organisation de la vie dans les villes de l’insurrection syrienne. Une tribune signée par tout le gratin de l’extrême-gauche française et publiée par Ballast cite par exemple l’inénarrable Noam Chomsky pour asséner avec lui que l’utopie rojavienne est « très différente de tout ce qui se trouve en Syrie » . Dans une autre tribune, signée par des syndicalistes et publiée par l’Humanité, on peut lire : « C’est aujourd’hui une véritable alternative progressiste, égalitaire, féministe et laïque dans cette région. Elle peut dessiner un avenir émancipé de tous les obscurantismes et de toutes les barbaries » .

Danielle Simonet, représentante de la France Insoumise, décrète que cette expérience « socialiste écologiste et féministe » est « inédite dans cette région », avant d’ajouter « un message politique aux féministes : venez, vous êtes pour l’égalité femmes-hommes, il y a dans cette région une expérience politique inédite qui promeut l’égalité femmes-hommes » .

Dans le documentaire Rojava, une utopie au coeur du chaos syrien réalisé par Mireille Court, dont le titre résume la volonté de produire une opposition entre le Rojava et la situation syrienne, la voix off nous invite à « découvrir une autre place pour les femmes au Moyen-Orient » . Plutôt que de tenter de saisir les dynamiques en cours au Rojava, ou de comprendre l’autoorganisation qui a réellement existé dans les villes rebelles syriennes au début de l’insurrection (conseils communaux, auto-gestion des hôpitaux, enseignants qui écrivent leurs propres programmes etc ), l’extrême gauche s’identifie ainsi « aux Kurdes », perçus comme l’incarnation de la Lumière dans une « région » où régneraient sans partage « les obscurantismes ». Dans nombre de discours, la gauche radicale va jusqu’à opposer « les Kurdes » aux « musulmans », et même aux « sunnites », en oubliant qu’ils le sont souvent eux-mêmes. Et puisqu’il ne faudrait pas s’arrêter en si bon chemin, il est même devenu systématique pour une partie de la gauche d’assimiler la totalité des forces de l’opposition syrienne à l’« islamisme », en la qualifiant de « djihadiste », quand ce n’est pas de « barbare ». Comme le résumait Kendal Nezan, président de l’Institut kurde de Paris lors d’une émission de France Culture, « il y a l’unanimité de l’opinion publique, de la gauche libertaire à l’extrême droite » .

Pourtant, parler de révolution au Rojava semble a minima exagéré, pour ne pas dire purement mensonger . Qu’on écoute les longs meetings tenus par l’extrême gauche « pro-kurde » ou la communication officielle du PYD, qu’on lise les déclarations du chef – objet d’un véritable culte de la personnalité – Abdullah Öcalan ou des reportages à la gloire de cette prétendue utopie
on ne trouve au mieux que des éléments de langage et des slogans creux, masquant très probablement l’absence de réalisations concrètes.

Ce que l’on sait en revanche, c’est que l’autonomie relative du Rojava n’est pas le résultat d’une insurrection ou d’une grève générale expropriatrice, mais d’une négociation avec le régime syrien, qui a d’abord consisté en une quasi neutralité des YPG (branche armée du PYD), vis-à-vis de la révolution syrienne .

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Marche pour les migrants

Marche Citoyenne et Solidaire

Nous marchons pour l’accueil des migrants, contre le « délit de solidarité », contre le blocage de la frontière franco-italienne et de la frontière franco-britannique.


Marche Citoyenne et Solidaire

Nous marchons pour l’accueil des migrants, contre le « délit de solidarité », contre le blocage de la frontière franco-italienne et de la frontière franco-britannique.

LAISSEZ LES PASSER !

Nous demandons la liberté de circulation et d’établissement des migrants en Europe et en France : pas de blocage des frontières à l’intérieur de l’Europe, notamment entre la France et l’Italie, entre la Grande-Bretagne et la France ; pour les migrants, liberté de choix du pays dont ils veulent demander la protection.

ACCUEILLONS LES !

Nous sommes solidaires avec les migrants : nous demandons l’ouverture de centres d’accueil inconditionnel, la fin du « délit de solidarité » et des autres entraves au travail des citoyens et des organisations d’aide aux migrants.

Pablo Servigne
Article mis en ligne le 6 juillet 2018
Rubrique : Pablo Servigne

Barricades 2013

Le concept de bien commun a l’air évident : est commun ce qui appartient à tous. Mais en réalité, il est loin d’être simple car il heurte nos plus profondes convictions. Qu’est-ce que « appartenir » ? Qui est « tous » ? Finalement qu’est-ce que le « commun » ? Chacun le voit à sa manière et l’interprète en fonction de sa culture politique.

Le concept de bien commun a pris une place importante dans le champ médiatique depuis l’attribution en 2009 du prix (de la Banque royale de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred) Nobel à la politologue étasunienne Elinor Ostrom. Cette dernière a produit une oeuvre scientifique immense démontrant magistralement que de nombreux biens communs (des ressources naturelles et des ressources culturelles) peuvent être bien gérées localement par des communautés très diverses (...)

Interview d’Arthur Quesnay par Thomas Clerget
Article mis en ligne le 6 juillet 2018
Rubrique : Guerre et Djihad

Les Kurdes de Syrie sont d’abord connus pour leurs faits d’armes. Leur « projet révolutionnaire », aux antipodes de celui des djihadistes, leur attire également la sympathie d’une partie des gauches européennes. Les vicissitudes de leur trajectoire dans la guerre syrienne sont pourtant largement ignorées. Qu’a signifié la révolution syrienne de 2011 pour la jeunesse kurde ? Comment s’en est-elle éloignée ? Quel rôle ont joué les organisations kurdes telles le PKK, et comment gèrent-elles les territoires conquis ? Quel est l’avenir de ces territoires autonomes, coincés entre la Turquie d’Erdogan et le régime de Bachar al-Assad ?
*
Arthur Quesnay, chercheur de terrain spécialiste des Kurdistans irakien et syrien, co-auteur de l’ouvrage Syrie, anatomie d’une guerre civile, fait une lecture sans concessions de la situation. Entretien.

Bastamag le 4 juillet 2018

Basta ! : Comment les populations kurdes de Syrie, en particulier la jeunesse, ont-elles réagi au déclenchement de la révolution de 2011 ?

Arthur Quesnay [13] : Dès les premiers événements de Deraa, le 15 mars 2011, la jeunesse kurde participe aux mobilisations [14]. Elle fréquente les révolutionnaires arabes dans les manifestations, au sein des tanzikiyat, de petits comités de coordination révolutionnaires qui se créent à Damas ou Alep, où habite environ un tiers de la population kurde. Dans les zones majoritairement kurdes, à Afrin, Kobané, Qamishli, dans le nord de la Syrie, les habitants descendent aussi dans la rue, essaient de manifester, se rendent sur les places en adoptant les mêmes moyens de protestation que dans le reste du pays. La révolution est alors multi-communautaire : l’un de (...)

Alain Bihr
Article mis en ligne le 19 mai 2018
Rubrique : Livres

Éditions Syllepse/Page 2 Mois de sortie : Septembre 2018 700 pages 35 cartes 30€

La montée en puissance contemporaine des « pays émergents », au premier rang desquels la Chine, venant après celle du Japon et des « dragons » sud-est-asiatiques (Corée, Taïwan…), oblige à réinterroger voire à réviser l’histoire du capitalisme. Et de se demander si le premier rôle, longtemps tenu par l’Europe occidentale, au sein de cette dernière n’avait été qu’un accident dont les conséquences seraient en train de s’épuiser et une parenthèse en train de se refermer.

Cet ouvrage soutient que, si l’Europe occidentale a été le berceau du capitalisme et a pu, des siècles durant, en constituer l’élément moteur et dirigeant, c’est à son emprise sur le restant du monde qu’elle l’a d’abord dû. Ce premier tome revient sur l’acte inaugural de ce processus : l’expansion dans laquelle elle s’est lancée en direction des (...)

Article mis en ligne le 19 avril 2018
Rubrique : Grèves

Il faut passer la pub, (indispensable sur BFM !!!) pour voir un camarade explique et défendre ceux qui luttent et les autres

La guerre tue ; alors crions !
Article mis en ligne le 19 avril 2018
Rubrique : Grèves

Si vous avez le pouvoir de frapper des gens sur la tête quand vous le voulez, vous n’avez pas trop à vous inquiéter de comprendre ce qu’ils comprennent eux-mêmes de ce qui est en train de se produire et, par conséquent, en règle générale, vous ne le faites pas. Un moyen infaillible de simplifier les arrangements sociaux, d’ignorer le jeu incroyablement complexe des perspectives, des passions, des intuitions, des désirs et de la compréhension mutuelle dont est faite la vie humaine, est d’établir une règle et de menacer de s’attaquer à quiconque y contrevient. C’est pourquoi la violence a toujours été le recours préféré des personnes stupides : c’est la forme de stupidité à laquelle il est presque impossible de fournir une réponse intelligente. C’est aussi bien sûr le fondement des Etats. ( David Graeber )

Journal d’information permanente du Syndicat SUD Rail des Directions Centrales

 Plus de 400 suicides annuels pour 600.000 exploitants et co-exploitants agricoles,

 Plus de 50 suicides annuels pour 145.000 cheminots en 2017 (en constante augmentation depuis 2007)

 Sans doute autour de 400 suicides annuels pour 1.160.000 agents de la fonction publique hospitalière (par application du taux de suicides de la période 1997-2002 des professions de santé & action sociale)

 39 suicides pour 100.000 enseignants en 2002 (depuis, le Ministère ne communique plus de chiffres car il sait bien que la situation à l’Education nationale n’a pu qu’empirer),

 France Télécom qui avait défrayé la chronique en 2008-2009, mais rien n’a changé sous Orange : 21 suicides en 2014 !

 Beaucoup de suicides aussi chez (...)

R.D.M.
EST-IL SOLUBLE DANS LE COCA-COLA ?*
Article mis en ligne le 18 avril 2018
Rubrique : Islamophobie, racialisme antisémitisme etc

Le monde islamique est entré dans une nouvelle phase convulsive. Hélas, le phénomène n’est pas isolé. Une lecture attentive montre que la civilisation occidentale, devenue le référentiel mondialisé, souffre de vives tensions, de contradictions fatales.

Cet article tente de synthétiser les principales étapes de la genèse et de la généalogie de la stagnation programmée et congénitale qui sévit dans le monde musulman, sans distinction ethnique ou nationale. Ensuite nous analyserons les causes et les conséquences de la fermeture de l’islam au monde en évolution. Nous aborderons la réforme impossible qui régulièrement agite le monde musulman, nous examinerons la fausse question à la mode : choc des civilisation ou malaise dans la civilisation.

*A l’instar du communisme qui se dilua dans l’alcool frelaté

1) – Généalogie d’une agonie interminable.

A vrai dire, l’islam n’est que le troisième avatar d’un phénomène méditerranéen : le monothéisme [20] dont il partage les caractères principaux : Révélation, Prophétisme, Incarnation [21], Créationnisme et Universalisme. D’ailleurs, l’apparition de l’islam se fait dans un environnement judéo-chrétien multiforme. Pendant presque trois siècles, les consœurs en religion, dialogueront, disputeront, conceptualiseront en commun et partagerons une vision du monde proche malgré des sensibilités différentes. Le bref épisode andalou est souvent cité comme exemple.

Selon certains spécialistes [22], il n’est ni farfelu ni médisant « de conclure que l’islam est un rejeton du judéo-nazaréisme développé en Syrie du IIe au VIe siècles, qu’il ne fut institutionnalisé comme religion (...)

Richard Greeman
Article mis en ligne le 14 avril 2018
Rubrique : Aujourd’hui

Mille neuf cent soixante-huit (soupir !)... Quelle belle année ! Des rébellions éclatent partout.

De Paris à Prague, de Berkeley à Berlin, de Mexico à Chicago – dans les banlieues, les campus, les jungles du Vietnam, et même au sein des conseils du Vatican, la révolution est en marche.

Les gens en mouvement. Toutes sortes de gens. Les gens pensent, agissent, osent, participent à une crise historique sans précédent à une échelle internationale sans précédent. Ils envoient des étincelles d’inspiration et de solidarité au-delà des frontières de la nationalité, de l’âge, de l’idéologie et de la classe. Des étincelles qui illuminent un moment de signification historique mondiale, défiant l’ordre ancien et éclairant les possibilités d’une autre manière d’être, d’un nouvel ordre humain.

C’est au Vietnam que (...)

André Bernard
Article mis en ligne le 13 avril 2018
Rubrique : Livres

Charles Reeve, Le Socialisme sauvage, essai sur l’auto-organisation
et la démocratie directe dans les luttes de 1789 à nos jours
L’Échappée éditeur, 2018, 320 p.

Publié dans Le Monde libertaire, n° 1794, d’avril 2018

♦ ♦ ♦

C’est un livre dense ! Aussi, cette courte chronique risque d’altérer la pensée de Charles Reeve dont le propos, à travers le prisme des théories et des pratiques ouvrières – nommées « sauvages » –, est de revisiter la représentation dans les principaux événements révolutionnaires vécus de par le monde et qui ont porté l’auteur sa vie durant ; visite qui s’accompagne – indistinctement – de multiples références à des auteurs marxistes, libertaires, conseillistes, etc. ; ce qui témoigne d’une large ouverture d’esprit. Cette chronique, se voulant mesurée, laissera au lectorat le soin de découvrir un ensemble de réflexions riches, variées et argumentées.

La Grande Révolution française, qui semble avoir engendré les suivantes, n’a pourtant été qu’une (...)

Charles Reeve
Article mis en ligne le 28 mars 2018
Rubrique : USA, résistances et autres

La grève des instituteurs et du personnel des écoles dans l’État de Virginie-Occidentale aux États-Unis

Une grève sauvage de masse

La dégradation du système de remboursement des dépenses de santé semble avoir été à l’origine du mouvement de révolte qui a abouti, fin février 2018, à la grève totale des 30 000 instituteurs et des 13 000 fonctionnaires des écoles dans l’État de Virginie-Occidentale.

Dans cet État, les fonctionnaires n’ont pas le droit de faire grève, et tout mouvement est illégal. En Virginie-Occidentale, les syndicats sont faibles, même si les communautés populaires ont une longue tradition de lutte sociale. Les grèves de mineurs y furent particulièrement combatives et violentes par le passé.

La grève a été organisée hors des structures syndicales par l’intermédiaire des réseaux sociaux, les grévistes se sont organisés par école et ont établi des liens entre eux par Internet. Il était clair, (...)

Alain Bihr
Article mis en ligne le 10 mars 2018
Rubrique : Alain Bihr - Analyses

Il est à peine besoin de rappeler les principaux indices de la crise écologique globale dans laquelle l’humanité est en train de s’enfoncer tant ils sont connus de tous et constatables pour certains au quotidien : le réchauffement climatique global et les perturbations climatiques locales qui en résultent, avec leur cortège d’appauvrissement et de déplacements contraints de population ; l’épuisement progressif d’un grand nombre de ressources minérales terrestres, matières premiers ou sources d’énergie fossiles ; la dégradation des éléments naturels (eau, sol, air) : salinisation des sols, eutrophisation des eaux douces, acidification des mers et océans, pollution de l’atmosphère par des gaz d’échappement et des particules fines, notamment en milieu urbain ; le dramatique appauvrissement de la biodiversité (...)

Alain Bihr
Article mis en ligne le 8 mars 2018
Rubrique : Alain Bihr - Analyses

Le capitalisme n’est aujourd’hui toujours pas sorti de la crise structurelle dans laquelle il est entré au milieu des années 1970 – ce qui en fait d’ores et déjà la crise la plus longue de son histoire pluriséculaire. La mise en œuvre méthodique par la grande majorité des États (notamment des États centraux) tout comme par les instances de gouvernance supranationales (FMI, OMC, Banque mondiale, Union européenne, etc.) des politiques néolibérales a certes permis à partir des années 1980 de redresser significativement la profitabilité du capital, au moins au sein des grands groupes industrialo-financiers opérant sur le marché mondial. Mais elles ont ainsi instauré un régime d’accumulation à dominante financière et à faible régulation fondamentalement instable, la poursuite de l’accumulation venant (...)










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    le 6 juillet 2018
    "Six obstacles à franchir pour penser les biens communs"


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