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Divergences, Revue libertaire internationale en ligne
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La honte... la loi sur l’Etat juif

Tel est le sentiment éprouvé présentement par nombre d’Israéliens et de Juifs de par le monde. Certes le défi qu’Israël s’était fixé à lui même, être un État juif et démocratique, s’est trouvé dès l’origine en bute à de graves difficultés. Discrimination et inégalités entre Juifs et entre Juifs et Arabes ont toujours existé. Mais l’objectif était défini et, au regard de cet objectif, les différents gouvernements se sont plus ou moins efforcés de ne pas franchir le point de non retour.

Comme Denis Charbit l’a exprimé dans un dialogue avec Camille de Tolédo autour de son roman graphique Herzl, une histoire européenne : "...avec les Palestiniens d’Israël (...) je partage une citoyenneté commune. Cette coexistence est encore tendue, mais je la préfère à la perspective d’une société homogène...".

Cette loi est un changement d’horizon même si elle est de peu d’effets concrets dans un premier temps. Comme nous l’avions dit, elle crée une fracture au sein de la société israélienne et entre Israël et une large fraction des Juifs de diaspora sans oublier l’éloignement du "monde" démocratique.

Les initiatives d’associations juives religieuse et laïques, attachées viscéralement à Israël, qui l’ont soutenu et ont contribué à son développement, ont été patentes. La communauté druze n’entend pas accepter sans broncher ce "coup de poignard". Même Naftali Bennett a reconnu qu’il fallait "panser la blessure" qui lui a été infligée.

Un député arabe d’un parti "juif" vient de démissionner de la Knesset. Zouheir Bahloul (Union sioniste) a indiqué qu’il ne voulait pas avoir à dire à son petit-fils qu’il était resté membre du Parlement après le vote la semaine dernière de cette loi qui, a-t-il déclaré, "retire officiellement, constitutionnellement la population arabe du chemin d’égalité en Israël". 180 intellectuels israéliens, écrivains, universitaires, artistes parmi lesquels Amos Oz, David Grossman, A. B. Yehoshua, Eshkol Nevo, Orly Castel-Bloom, Etgar Keret, Zeruya Shalev, Yael Dayan ... viennent il y a peu d’appeler les députés à "effacer ce pêché". (lire l’appel plus bas)

Les opposants de longue date trépignent de joie. "Nous vous l’avions bien dit ! Le sionisme se révèle sans fard et montre enfin son vrai visage !".

Non, il se fourvoie et renonce à ses valeurs !

La mobilisation contre cette loi scélérate dont on perçoit les premiers signes y compris dans l’armée dont nombre d’officiers supérieurs issus des unités d’élite viennent d’exprimer leur solidarité à leurs frères d’armes druzes, débouchera-telle sur un recul ou bien au contraire, sur un raidissement de ceux qui pensent avoir le vent en poupe avec la montée des populismes et des démocratures, surfant sur le soutien a priori indéfectible de Donald Trump ?

Il est encore trop tôt pour le savoir mais une fois de plus la société civile fait preuve d’une opposition plus ferme que celle des "politiques". Plusieurs intervenants, les larmes aux yeux, la voix tremblante de honte et de désespoir, ont mis en avant l’effet destructeur de cette loi, le délitement qu’elle induit.

Certes, les Druzes bénéficient de plus d’empathie que les Arabes, la perception du rôle de l’occupation qui perdure depuis 50 ans est loin encore d’être largement appréhendée. Mais ce qui n’est pas aujourd’hui peut l’être demain.

Chacun là où il est doit se faire entendre et, s’appuyant sur ceux qui en Israël refusent que leur rêve ne devienne chimère, doit s’efforcer d’obtenir un soutien ferme aux valeurs qui sont celles de la déclaration d’Indépendance, tant des institutions juives que des instances politiques de leur pays.

Une rentrée difficile nous attend...Nous saurons y faire face.
Ilan Rozenkier

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Effondrement de la civilisation

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Cortège de tête et radicalisation des luttes

Vous craignez une radicalisation des formes d’action ?

Absolument. Elle est alimentée par un gouvernement qui se fiche des organisations syndicales. Résultat, certains, y compris des syndiqués, ne veulent plus de formes traditionnelles et encadrées de mobilisation.

Comment veulent-ils agir ?

C’est bien ça qui m’inquiète. Demain, ce ne sera pas une chemise arrachée…
Interview de Pascal Pavageau nouveau SG de FO


Dans la même direction deux textes portant sur la question des cortèges de tête :
Une critique anti-autoritaire du Black Bloc Appel aux convaincu(e)s

Au risque de paraître tirer sur l’ambulance, nous avons choisi la voie du dégrisement. Pour nous la manifestation du 1er mai a été un échec et la stratégie imposée de façon autoritaire par le Black Bloc n’était ni justifiée, ni n’a profité au reste de la manifestation. Collectivement, nous en prenons acte et appelons à dépasser nos pratiques ritualisées du cortège de tête.

C’est assez frappant, et ce malgré la situation sociale généralement morose, que chaque manifestation qui tourne un peu à la confrontation avec la flicaille soit saluée comme une victoire. Un peu comme si le fait de casser en nombre des vitrines égalait un but marqué par son équipe de foot préférée. Ne faisant qu’un, le groupe de supporters fait la Ola et retourne chez lui attendre le prochain match, la prochaine bagarre. Il nous apparait que l’intérêt ponctuel et circonstancié d’un Black Bloc n’est pas là et que nous sommes, peu à peu, en train de nous enfermer dans un trip égotique et autoritaire. Lire la suite


Réflexions collectives de militant.e.s non-violent.e.s participant au cortège de tête sur l’articulation des pratiques et en réponse aux invitations à se dissocier.

Nous sommes quelques-unes des 15 000 personnes présentes au pont d’Austerlitz autour des 1500 membres du « black bloc ». Si nous n’y étions pas cette fois-ci, nous y avons été lors d’autres manifestations ou nous aurions pu y être. Nous sommes dans le cortège de tête sans user de violence et nous voulons dire pourquoi nous y sommes.

Nous le disons d’abord sous le coup de l’énervement à l’écoute des commentaires après la manifestation du 1er mai 2018. Comment peut-on « célébrer » Mai 68, ses barricades, ses voitures retournées et ses lanceurs de pavés, souhaiter un Mai 2018 de luttes et s’effaroucher de ce qu’il se passe dans le cortège de tête ? Comment peut on soutenir NDDL et ses modes de vie alternatifs, José Bové et le démontage d’un Mac Do et dénoncer avec tant de hargne le saccage d’un magasin de la même multinationale devant la gare d’Austerlitz ?Lire la suite

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Les migrants sont des prolétaires. Prolétarisés...

Les migrants sont des prolétaires. Prolétarisés en arrivant, ou déjà moins-que-rien avant de partir.

Cet homme d’une trentaine d’années vient d’une ancienne colonie française, sous l’emprise aujourd’hui, comme beaucoup d’autres, de dirigeants dont le souci est de garder un poste lucratif, soutenus par des sociétés pétrolières (ou autres) appuyées par les gouvernements occidentaux, dans une âpre concurrence avec la Chine unissant l’héritage communiste le plus totalitaire au capitalisme le plus sauvage.

Poursuivant des études supérieures, il préparait une thèse qui l’amenait à se rendre fréquemment en France. Il était alors salué et respecté comme n’importe quel autre thésard. Mais il faisait partie de l’opposition, opposition politique doublée de tensions ethniques, comme dans beaucoup de pays africains. Cet héritage de la période coloniale a brisé les collectifs politiques antérieurs, basés sur des langues et des cultures différentes, et qui cohabitaient de manière plus souple.

Cet autre. à peu près du même âge vient, lui, d’une ancienne colonie d’un autre « puissance » européenne, qui supporte depuis quarante ans le pouvoir totalitaire d’un dictateur, au départ inféodé à l’URSS et qui a depuis suivi la Russie vers le totalitarisme et la corruption poutinienne. Aux dépens notamment de la santé et au profit des compagnies pétrolières. Ce qui l’a notamment décidé à entrer dans l’opposition c’est, entre autres raisons, le décès d’un frère cadet, mal soigné d’une gangrène qui aurait tout à fait être soignée, mais décédé à cause d’une faiblesse du système de soins, les richesse de son pays étant confisquées par une corruption endémique du pouvoir. Arrêté́ pour sa participation à plusieurs manifestations, il a été violemment torturé, subissant des sévices de toutes sortes. Il y a plus de deux mois, il a « bénéficié » des interrogatoires de l’OFPRA. En attendant les résultats, il dort dans un lieu qu’il partage avec d’autres migrants comme lui, qu’il réveille par les cauchemars bruyants.
Quand il arrive à s’endormir... Il a dû laisser au pays sa famille dont il est sans nouvelle.

L’un et l’autre faisaient auparavant partie d’une classe « moyenne », plutôt privilégiée, compte tenu de la misère endémique dans leurs pays. Ils sont aujourd’hui réduits à la condition de prolétaires au sens étymologique : ceux qui n’ont rien et qui sont réduit·es à deux préoccupations : manger, se reproduire. Ce qui selon Platon, dont Macron est ici un fidèle disciple, leur ôte toute capacité́ et tout droit à exercer quelque pouvoir que ce soit. Ceux qui décident pour tout le monde n’ont pas ces soucis vulgaires.

Je pourrais aussi parler de cette dame qui a dû quitter son pays, parce qu’une rencontre avec un compatriote d’une autre confession l’avait fait rejeter par sa communauté et sa famille.

Tous réfugiés, pour des raisons mêlées

D’autres sont venus ici en ayant déjà̀ ce statut de prolétaire. Poussé·es par la misère dans laquelle leur pays a été́ plongé par l’exploitation économique des « civilisés ». Et donc privé·es de leur culture. D’autres chassé·es par des guerres absurdes dont le prétexte politique n’était qu’un alibi aux rivalités économiques. D’ailleurs, la distinction entre les réfugié·es « politiques » (théoriquement admissibles au droit d’asile) et réfugié·es « économiques » rejeté·es est pure hypocrisie, le politique et l’économique étant forcément imbriqués.

De plus en plus nombreux, les mineurs isolés (majoritairement des garçons, mais les quelques filles dans cette situation ont des itinéraires et des motivations semblables. La plupart venus d’Afrique sub-saharienne par des voies un peu mystérieuses sur lesquelles ils ne s’appesantissent pas : bloqués dans une forêt au Maroc ou dans des entrepôts en Lybie, soumis à des sévices multiples, puis la traversée de la Méditerranée avec tous ses risques. Ils ne sont pas partis par plaisir, par goût d’aventure (ce serait, après tout, une motivation adolescente plutôt sympathique) mais par l’impossibilité́ « chez eux » de mener une vie correcte. Une vie d’enfant.
Tous sont donc des prolétaires, des moins-que-rien. Ou des « sans-part », selon l’expression du philosophe Jacques Rancière. En trop, où qu’ils se trouvent.

Les mêmes ennemis

Traditionnellement, les syndicats se donnent pour mission de défendre des travailleurs·euses, ce qui exclut intérimaires, chômeurs·euses et donc les migrant·es sans papiers. Avec l’évolution (inéluctable aux yeux de ceux qui en profitent), travailleurs en CDI et fonctionnaires sont devenus en quelque sorte une classe moyenne, « admis » dans la sphère du politique par le biais entre autres, des négociations syndicales : ils ont le droit de parler, de protester, même si ça ne sert à rien. Ainsi, beaucoup ont l’impression (certains le disent) que la lutte des classes, cela ne veut plus rien dire. Leur principal souci, c’est de grimper dans la hiérarchie. Accros à la compétitivité, ils sont à l’opposé de toute solidarité́. Presque plus solidaire de leurs patrons, des banquiers et des politiques que de tous ceux dont la peau est peut-être plus foncée que la nôtre. Objectivement, ces travailleurs·ses « intégré·es » font cependant partie de la classe des prolétaires, pouvant à tout moment perdre leur statut et leur relative et illusoire intégration. Il n’y a pas de « classe neutre », pas d’impartialité́ possible. Cependant, explicitement ou par résignation, beaucoup ne veulent pas prendre parti, déjà soumis aux politiques macronistes libérales, ou pensant ne pas avoir le pouvoir de refuser.

Quant aux « travailleurs sociaux », il leur appartient de savoir s’ils et elles se situent du coté́ des employeurs liés aux logiques du profit. Ou s’ils et elles sont solidaires des personnes qu’ils et elles ont rencontrées.

Un syndicat révolutionnaire ne peut qu’être solidaire des travailleurs·euses, et des prolétaires qu’on cache, qu’on rejette, en les présentant comme une menace. Les un·es et les autres sont lié·es par la même exploitation et ont les mêmes ennemis. Tou.tes ont la même arme : la solidarité de classe.

Alain, Sanso 69

le Combat syndicaliste juin 2018

voir aussi


Réflexions à propos d’une présence psychologique auprès de sans papiers

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Le point d’explosion de l’idéologie au Kurdistan

Refusant les lectures policières de l’histoire comme la géopolitique de comptoir, ce texte se propose d’étudier les raisons de l’engouement unanime pour « les Kurdes » (c’est-à-dire prosaïquement le PYD, et sa branche armée, les YPG) au sein des gauches françaises. Il n’y est pas question de la « cause kurde » ni précisément de l’insurrection syrienne en tant que telles (ce serait beaucoup trop vaste) mais de la façon dont celles-ci auront servi de révélateur à la faillite du monde militant « de gauche », révolutionnaire comme réformiste.


Que l’on songe au stalinisme ou à ses innombrables déclinaisons, l’histoire du mouvement ouvrier est jonchée de mystifications et de falsifications. À partir du moment où, dans les années 1920, l’Internationale Communiste est devenue la courroie de transmission des intérêts du jeune État « soviétique » , de larges pans du mouvement ouvrier ont été mis au service d’une propagande systématique. Celle-ci devait présenter la politique d’industrialisation forcée menée par un État autoritaire comme l’horizon et la base arrière de la révolution mondiale. Les mots même de révolution et de communisme ont pendant longtemps été entachés par cette expérience, ne désignant plus une existence débarrassée du travail et de l’État, mais, pour le plus grand nombre, une réalité sordide et brutale sans lien avec les promesses d’émancipation, ni avec une quelconque forme de vérité.

S’il serait possible de débattre longuement des circonstances historiques qui ont conduit à cet état de fait, on s’accordera volontiers à dire que cela a durablement nui à la cause révolutionnaire. Et si nous pensions depuis quelques décennies nous être éloignés de cet
héritage embarrassant, les dernières années ont vu émerger un processus analogue s’étendant progressivement à toutes les sphères de la gauche, y compris celles se définissant comme « révolutionnaire ». C’est ce phénomène, et ce qu’il révèle, que nous tenterons d’analyser.

Hier comme aujourd’hui, la révolution n’est pas une affaire de parti. Au sein des milieux de gauche « radicale » ou « révolutionnaire », de la France Insoumise aux libertaires et à certains « autonomes », en passant par le NPA, ce qu’il reste de maoïstes en France et certains secteurs du syndicalisme de lutte, la dernière mode semble être, non sans un
certain essentialisme, « les Kurdes ».

S’il est stupéfiant de constater le peu de prudence à assimiler tout un peuple à un parti, fût-il un parti de masse (le PYD, branche syrienne du PKK), ce qui nous frappe davantage est le caractère absolument soudain, totalement fantasmé et inconséquent de l’intérêt de la majorité de la gauche française pour la « cause kurde ».

Ce soutien extatique s’expliquerait par l’« expérience révolutionnaire » déclenchée en 2011/2012 au Rojava (Kurdistan syrien), qu’il faudrait comparer à l’Espagne de 1936. De nombreux militants parlent à son sujet d’autogestion, d’écologie et d’égalité hommes-femmes, quand ce n’est pas de communes ou de communisme. Le plus souvent, même si rien n’est dit de ce qu’il se passe au Rojava, le caractère supposément utopique de cette expérience vise à discréditer l’organisation de la vie dans les villes de l’insurrection syrienne. Une tribune signée par tout le gratin de l’extrême-gauche française et publiée par Ballast cite par exemple l’inénarrable Noam Chomsky pour asséner avec lui que l’utopie rojavienne est « très différente de tout ce qui se trouve en Syrie » . Dans une autre tribune, signée par des syndicalistes et publiée par l’Humanité, on peut lire : « C’est aujourd’hui une véritable alternative progressiste, égalitaire, féministe et laïque dans cette région. Elle peut dessiner un avenir émancipé de tous les obscurantismes et de toutes les barbaries » .

Danielle Simonet, représentante de la France Insoumise, décrète que cette expérience « socialiste écologiste et féministe » est « inédite dans cette région », avant d’ajouter « un message politique aux féministes : venez, vous êtes pour l’égalité femmes-hommes, il y a dans cette région une expérience politique inédite qui promeut l’égalité femmes-hommes » .

Dans le documentaire Rojava, une utopie au coeur du chaos syrien réalisé par Mireille Court, dont le titre résume la volonté de produire une opposition entre le Rojava et la situation syrienne, la voix off nous invite à « découvrir une autre place pour les femmes au Moyen-Orient » . Plutôt que de tenter de saisir les dynamiques en cours au Rojava, ou de comprendre l’autoorganisation qui a réellement existé dans les villes rebelles syriennes au début de l’insurrection (conseils communaux, auto-gestion des hôpitaux, enseignants qui écrivent leurs propres programmes etc ), l’extrême gauche s’identifie ainsi « aux Kurdes », perçus comme l’incarnation de la Lumière dans une « région » où régneraient sans partage « les obscurantismes ». Dans nombre de discours, la gauche radicale va jusqu’à opposer « les Kurdes » aux « musulmans », et même aux « sunnites », en oubliant qu’ils le sont souvent eux-mêmes. Et puisqu’il ne faudrait pas s’arrêter en si bon chemin, il est même devenu systématique pour une partie de la gauche d’assimiler la totalité des forces de l’opposition syrienne à l’« islamisme », en la qualifiant de « djihadiste », quand ce n’est pas de « barbare ». Comme le résumait Kendal Nezan, président de l’Institut kurde de Paris lors d’une émission de France Culture, « il y a l’unanimité de l’opinion publique, de la gauche libertaire à l’extrême droite » .

Pourtant, parler de révolution au Rojava semble a minima exagéré, pour ne pas dire purement mensonger . Qu’on écoute les longs meetings tenus par l’extrême gauche « pro-kurde » ou la communication officielle du PYD, qu’on lise les déclarations du chef – objet d’un véritable culte de la personnalité – Abdullah Öcalan ou des reportages à la gloire de cette prétendue utopie
on ne trouve au mieux que des éléments de langage et des slogans creux, masquant très probablement l’absence de réalisations concrètes.

Ce que l’on sait en revanche, c’est que l’autonomie relative du Rojava n’est pas le résultat d’une insurrection ou d’une grève générale expropriatrice, mais d’une négociation avec le régime syrien, qui a d’abord consisté en une quasi neutralité des YPG (branche armée du PYD), vis-à-vis de la révolution syrienne .

Fadi Quran (15 juin 2018)
Article mis en ligne le 1er août 2018
Rubrique : Israël - Palestine

Origine

« Stimuler le leadership palestinien : le rôle de la jeunesse » est un article de Fadi Quran pour l’association Al-Shabaka, dont la mission est éducative et vise à favoriser le débat public sur les droits de l’homme palestinien et l’autodétermination dans le cadre du droit international.

Il a été diffusé sur maanews.com, le site de Ma’an News Agency, agence de presse fondée en 2005 dans les territoires occupés par Ma’an Network — un média non-gouvernemental créé trois ans plus tôt par des journalistes indépendants de Cisjordanie et de la bande de Gaza. L’agence a noué des partenariats avec huit télévisions et douze radios locales et son site internet était devenu, en juillet 2014, le second en termes d’audience en Palestine.

Synthèse,Traduction & chapô, Blandine Le Roy pour LPM http://www.maannews.com/Content.aspx?id=780228

« Au lieu de mettre fin à l’occupation, les dirigeants palestiniens actuels et leurs institutions sont devenus un élément clé de l’occupation. Pourtant, une nouvelle génération de leaders émerge lentement avec pour but de construire un nouveau cadre à la lutte palestinienne, d’éviter les erreurs du passé et d’assurer la liberté appelée à se réaliser du vivant de cette génération… »

Fadi Quran retrace la légitimité de tous les anciens dirigeants palestiniens : le Grand Mufti de Jérusalem à l’époque ottomane et du mandat britannique ; A‘hmed Shouqeïri et Yasser Arafat soutenus par la Ligue arabe ; Ma‘hmoud Abbas appuyé par le Fata’h et conforté par les États-Unis et Israël. Pour l’auteur, tous « ces dirigeants et leurs institutions ne correspondaient pas aux aspirations populaires, ce qui a conduit à la stagnation et (...)

180 personalités israéliennes appellent à "effacer ce péché"
Article mis en ligne le 1er août 2018
Rubrique : Israël - Palestine

180 intellectuels israéliens, écrivains, universitaires, artistes parmi lesquels Amos Oz, David Grossman, A. B. Yehoshua, Eshkol Nevo, Orly Castel-Bloom, Etgar Keret, Zeruya Shalev, Yael Dayan ... ont appelé les députés à effacer ce péché :

...Nous – écrivains, scénaristes, dramaturges, universitaires et membres de la communauté des arts et des lettres d’Israël – voudrions vous exprimer nos plus vives inquiétudes et notre consternation, à la lumière des récentes lois adoptées par la Knesset israélienne sous votre direction...

...Au cours des années de votre gouvernement, vous n’avez cessé de saper les fondements de notre État. Vous avez nui aux relations entre Israël et les Juifs américains et vous avez plongé des populations entières dans la pauvreté...

...Vous avez porté un dur coup à la société (...)

Article mis en ligne le 28 juillet 2018
Rubrique : Migrants et migrations

Origine : La voix des sans papiers n° 16

Résultat d’une série d’entretiens de juillet-août 2016 avec Anzoumane Sissoko, porte-parole de la Coordination parisienne des sans-papiers (Csp75) et de la Coalition internationale des sans-papiers et migrants (Cispm). Par souci de brièveté, réponses, questions, dits et contredits, mises au point, ont été d’un commun accord, fondus en un texte unique. Celui qui parle est, certes, Sissoko, mais aussi, pour ainsi dire, un nous d’une conscience africaine « d’en bas » plus étendue.

Nouvelle révolution africaine ? Ce sont là des mots qui réveillent en moi de lointains souvenirs, ce que m’en a dit mon père quand j’étais gamin. Je veux dire, les récits qu’il m’a faits d’une autre « révolution » ; je l’entends encore me raconter son expérience des luttes anticoloniales des années 1950.

Je suis né quand les colonies françaises ne portaient plus ce nom de colonies, toutefois pour les petits paysans des villages, ceux du moins de l’ouest du Mali, c’était tout comme, et même pire qu’avant. Et c’est encore pire aujourd’hui, et de beaucoup. Ceux qui étaient hier des paysans, vivant maigrement sans doute, mais pas dans le besoin – mais heureux de vivre ensemble, malgré tout, tant qu’il y en avait pour tout le monde – eh bien ceux-là n’ont souvent même plus de quoi vivre, ce sont des indigents (...)

Pablo Servigne, Juin 2011
Article mis en ligne le 28 juillet 2018
Rubrique : Pablo Servigne

par

LES CRISES SE SUCCÈDENT ET S’AMPLIFIENT. LE MONDE CRAQUE DE PARTOUT. NOMBREUX SONT CELLES ET CEUX QUI DÉSIRENT INVENTER UN AUTRE MODE DE VIE. MAIS COMMENT CHANGER LE « SYSTÈME » ? COMMENT EN IMAGINER UN AUTRE ? QUE FAIRE CONCRÈTEMENT ? CERTAINS ONT DÉJÀ COMMENCÉ LE CHANTIER DE RECONSTRUCTION : C’EST LE MOUVEMENT DES « VILLES EN TRANSITION ». L’IDÉE SE RÉPAND DEPUIS TROIS OU QUATRE ANS À TRAVERS LE MONDE, S’INVITE À TOUS LES DÉBATS ET SUSCITE BEAUCOUP D’ENTHOUSIASME. MAIS UNE TRANSITION VERS QUOI ? D’OÙ VIENT CETTE IDÉE ? EN QUOI EST-ELLE ORIGINALE ? PETIT DÉTOUR HISTORIQUE.

Au 16e siècle, les élites européennes prennent conscience que la Terre est ronde et qu’elle tourne autour du soleil. Elle est finie et n’est plus le centre de l’univers. L’angoisse existentielle de l’humanité ne fera alors que grandir. (...)

Pablo Servigne
Article mis en ligne le 28 juillet 2018
Rubrique : Pablo Servigne

Article extrait du livre MOINS NOMBREUX, PLUS HEUREUX aux Éditions Sang de la Terre Paris 2013

Prenons le problème à l’envers. Si aucune politique de contrôle de la natalité n’est mise en place rapidement, combien serons-nous en 2050 ? Vous connaissez sûrement la réponse, elle est sur toutes les lèvres et s’invite à tous les débats : 9 milliards selon l’ONU. Pour être plus précis, 9 milliards en 2043, [29] et 10 milliards en 2083.

Pour les agronomes, ce chiffre est l’argument ultime pour justifier [30] qu’il faut continuer à intensifier l’agriculture. Pour les politiciens et les urbanistes, c’est l’argument-massue pour commander la construction d’aménagements et d’infrastructures gigantesques. Pour les économistes, c’est l’espoir d’une croissance sans cesse renouvelée.

Mais ce chiffre cache aussi une autre information, il annonce une stabilisation progressive de la population. Selon les projections de (...)

Revue Plus loin N° 111 1934 (Banquet du 27 avril 1934 )
Article mis en ligne le 26 juillet 2018
Rubrique : 03 Antisémitisme etc

Texte obtenu avec l’aimable concours du webmaster du site archives autonomies

La causerie au lieu de se continuer par un exposé des souvenirs de la voyageuse, qui eussent ainsi servi d’illustration, a été le point de départ d’une discussion extrêmement vive sur le sionisme et l’antisémitisme, qui a rappelé le débat entre Bernard Lecache et Filderman dans cette même salle, deux ou trois ans auparavant. Les interruptions, souvent très courtes, s’entrecroisant avec d’autres interruptions, les répétitions et les contradictions empêchent de faire un compte rendu fidèle qui serait d’ailleurs sans intérêt. Mon travail a été de grouper les arguments, de développer les thèses présentées et même de les compléter, dans le dessein de faire réfléchir les lecteurs et non avec l’ambition de reproduire un débat confus. Je m’efforcerai de ne pas trahir les thèses des contradicteurs en présence, et je resterais sur le terrain de la bonne foi.

H. Pierrot. - Les renseignements que je vous donnerai, seront sans doute un peu vagues. Ils datent de mon voyage en Palestine qui eut lieu en avril 1933, il y a déjà un an .

La Palestine est un pays un peu plus petit que la Suisse. Elle a 700.000 habitants, dont 150.000 juifs (statistique de 1932). Elle est cultivée à peu près dans le quart de son étendue et il y aurait place, dit-on, pour 2 à 3 millions d’émigrants juifs (sans doute au maximum).

Depuis 50 ans environ existe un mouvement sioniste dont les débuts furent très difficiles. II fut déterminé par le désir de fuir les pays où les juifs étaient persécutés et, en même temps, de recouvrer la terre des ancêtres. C’était donc un mouvement national, appuyé sur des souvenirs religieux, et essentiellement idéaliste. Depuis la guerre il a passé au (...)

Pablo Servigne
Article mis en ligne le 6 juillet 2018
Rubrique : Pablo Servigne

Barricades 2013

Le concept de bien commun a l’air évident : est commun ce qui appartient à tous. Mais en réalité, il est loin d’être simple car il heurte nos plus profondes convictions. Qu’est-ce que « appartenir » ? Qui est « tous » ? Finalement qu’est-ce que le « commun » ? Chacun le voit à sa manière et l’interprète en fonction de sa culture politique.

Le concept de bien commun a pris une place importante dans le champ médiatique depuis l’attribution en 2009 du prix (de la Banque royale de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred) Nobel à la politologue étasunienne Elinor Ostrom. Cette dernière a produit une oeuvre scientifique immense démontrant magistralement que de nombreux biens communs (des ressources naturelles et des ressources culturelles) peuvent être bien gérées localement par des communautés très diverses (...)

Interview d’Arthur Quesnay par Thomas Clerget
Article mis en ligne le 6 juillet 2018
Rubrique : Guerre et Djihad

Les Kurdes de Syrie sont d’abord connus pour leurs faits d’armes. Leur « projet révolutionnaire », aux antipodes de celui des djihadistes, leur attire également la sympathie d’une partie des gauches européennes. Les vicissitudes de leur trajectoire dans la guerre syrienne sont pourtant largement ignorées. Qu’a signifié la révolution syrienne de 2011 pour la jeunesse kurde ? Comment s’en est-elle éloignée ? Quel rôle ont joué les organisations kurdes telles le PKK, et comment gèrent-elles les territoires conquis ? Quel est l’avenir de ces territoires autonomes, coincés entre la Turquie d’Erdogan et le régime de Bachar al-Assad ?
*
Arthur Quesnay, chercheur de terrain spécialiste des Kurdistans irakien et syrien, co-auteur de l’ouvrage Syrie, anatomie d’une guerre civile, fait une lecture sans concessions de la situation. Entretien.

Bastamag le 4 juillet 2018

Basta ! : Comment les populations kurdes de Syrie, en particulier la jeunesse, ont-elles réagi au déclenchement de la révolution de 2011 ?

Arthur Quesnay [68] : Dès les premiers événements de Deraa, le 15 mars 2011, la jeunesse kurde participe aux mobilisations [69]. Elle fréquente les révolutionnaires arabes dans les manifestations, au sein des tanzikiyat, de petits comités de coordination révolutionnaires qui se créent à Damas ou Alep, où habite environ un tiers de la population kurde. Dans les zones majoritairement kurdes, à Afrin, Kobané, Qamishli, dans le nord de la Syrie, les habitants descendent aussi dans la rue, essaient de manifester, se rendent sur les places en adoptant les mêmes moyens de protestation que dans le reste du pays. La révolution est alors multi-communautaire : l’un de (...)

Article mis en ligne le 6 juin 2018
Rubrique : Grèves

Le système ferroviaire n’est pas assimilable aux autres services publics ou privés en réseau :

techniquement, un train n’évolue pas dans trois dimensions (comme l’avion), ni deux (comme un véhicule routier), mais dans une seule, et unidirectionnelle ;

voyageurs ou marchandises sont dans le réseau, contrairement à l’électricité, l’eau, le téléphone, où l’usager n’est qu’à l’extrémité (robinet, prise électrique, combiné téléphonique,…), le réseau n’étant pour lui qu’une boîte noire ;

la maintenance ou le développement doivent se faire en continuant les dessertes ;

il faut coordonner des services très différents (locaux/longue distance, rapides/lents, zones denses ou pas, …) sur un réseau entier interconnecté (contrairement aux lignes de métro ou de tramway parcourues par des matériels homogènes et dédiés, sans (...)

Alain Bihr
Article mis en ligne le 19 mai 2018
Rubrique : Livres

Éditions Syllepse/Page 2 Mois de sortie : Septembre 2018 700 pages 35 cartes 30€

La montée en puissance contemporaine des « pays émergents », au premier rang desquels la Chine, venant après celle du Japon et des « dragons » sud-est-asiatiques (Corée, Taïwan…), oblige à réinterroger voire à réviser l’histoire du capitalisme. Et de se demander si le premier rôle, longtemps tenu par l’Europe occidentale, au sein de cette dernière n’avait été qu’un accident dont les conséquences seraient en train de s’épuiser et une parenthèse en train de se refermer.

Cet ouvrage soutient que, si l’Europe occidentale a été le berceau du capitalisme et a pu, des siècles durant, en constituer l’élément moteur et dirigeant, c’est à son emprise sur le restant du monde qu’elle l’a d’abord dû. Ce premier tome revient sur l’acte inaugural de ce processus : l’expansion dans laquelle elle s’est lancée en direction des (...)

Article mis en ligne le 30 avril 2018
Rubrique : Migrants et migrations

Toutes les infos sont là :
L’auberge des migrants

Marche Citoyenne et Solidaire

Nous marchons pour l’accueil des migrants, contre le « délit de solidarité », contre le blocage de la frontière franco-italienne et de la frontière franco-britannique. LAISSEZ LES PASSER !

Nous demandons la liberté de circulation et d’établissement des migrants en Europe et en France : pas de blocage des frontières à l’intérieur de l’Europe, notamment entre la France et l’Italie, entre la Grande-Bretagne et la France ; pour les migrants, liberté de choix du pays dont ils veulent demander la protection. ACCUEILLONS LES !

Nous sommes solidaires avec les migrants : nous demandons l’ouverture de centres d’accueil inconditionnel, la fin du « délit de solidarité » et des autres entraves au travail des citoyens et des organisations d’aide aux (...)










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