Le problème de la dette des PTM est devenu patent depuis plus de 20 ans. Du point de vue des Institutions Financières Internationales (IFI) comme le FMI, la Banque mondiale, le « Club de Paris » pour les dettes publiques, le « Club de Londres » pour les créances des banquiers et investisseurs privés, etc., on craint de multiples cessations des paiements, pouvant entraîner un « effet domino » d’écroulement de tout le système monétaire et financier mondialisé. Le Mexique, par exemple, a suspendu le service de la dette ; L’Argentine lors de la crise de 2001 a fait craindre le pire avant d’être un peu renfloué par le FMI. Du point de vue des altermondialistes et d’associations comme le Comité pour l’annulation de la dette du Tiers-Monde (CADTM), il s’agit de faire cesser l’exploitation des PTM par les pays riches et les multinationales, de supprimer la « dette odieuse », de leur redonner les moyens d’investir et de se développer.
Le problème est devenu si prégnant qu’il y a environ 10 ans, les prêteurs publics ont inventé un traitement de faveur pour les pays pauvres très endettés (PPTE, 49 pays). Mais les conditions mises à cette opération sont si draconiennes que seuls 19 pays sont aujourd’hui concernés et que sur ces 19, 3 ou 4 seulement ont vu un début d’exécution de la chose. Le 11 juin 2005, lors d’une réunion du G8 à Gleneagles en Ecosse, on afficha une remise de dette de 40 milliards de $ pour quelques PPTE.
Le CADTM (voir son site) montre aisément qu’il s’agit encore d’une escroquerie destinée à faire croire aux bons peuples occidentaux que l’on fait quelque chose contre la faim dans le monde. Cependant un pays a eu droit immédiatement à une remise de dettes occidentales : l’Irak après l’intervention de mars 2003 et les dégâts causés au pays et à ses installations pétrolières. Il faut ici rappeler que l’aide publique au développement avait été, years ago, fixée à 0,7 % du PIB. Aujourd’hui, Chirac plastronnant son mondialisme, la France en est à 0,34 % (0, 31du temps des socialistes jospiniens !), les USA encore en dessous et accordant leur aide très majoritairement à Israël et à l’Egypte. Seuls les pays scandinaves se sont exécutés...Rappelons aussi les prétendus objectifs du « Millénaire » affichés ensuite par le club des pays riches : faire disparaître la pauvreté en 10 ans.
Les chiffres actuels montrent qu’au rythme adopté, il faudra en réalité 100 ans !