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Encore un une fois, un non-événement

 Tempête dans les urnes … ?

Nous sommes devant une situation que je tente d’analyser dans l’article sur la factualité. Chasser les mouches qui passent sans découvrir la merde qui les attirent me paraît un travail de Sisyphe. La grande bassine, l’IVG dans la Constitution, la Kanakie maintenant le RN et la dissolution. On nous mène par le bout de la lorgnette. A qui profite la bonne affaire ?

Derrière chaque « factualité », il me semble pertinent de tenter une approche distanciée à partir, bien sûr, d’un lecture attentive des faits,. Bonjour la chronophagie !

  Encore un une fois, un non-événement,

dont les pros de la glose se repaissent avec délectation. Le bas-clergé se sent des ailes pousser et flaire les heures sups. De plus l’ARCOM trouve une justification inespérée, des normes, toujours des normes ! Présurisé

Nous sommes dans le registre constitutionnel, donc pas de panique, le non-électeur que je suis (jamais eu de carte d’ « érecteur » ) reste, toutefois, un spectateur attentif. Pour l’instant « rien de nouveau à l’ouest », juste la petite gué-guerre de la politicaillerie ordinaire. Une envie incoercible de tirer la chasse !

Le résultat des élections confirme la tendance lourde mise en branle par nos politicards de tous bords. Par tradition, l’extrême droite (post- 45) ne représente qu’un % de l’électorat sur des positions à la fois nostalgiques et solitaires (« Tous à la pêche », le jour des élections). Maintenant, le RN coagule l’ensemble des déceptions politiques des partis de l’alternance démocratique dont l’objectif principal est la reproduction et la réélection. Il est devenu un parti néo-con ramasse-miettes.

Le meurtre du père a transformé le F en R. La Marine a transformé le radeau de la Méduse en Trois-mâts grand-large. Les anciens de La Défense de Berlin, preux chevaliers de Charlemagne, et les quelques Compagnons de la Libération nostalgiques des aventures guerrières ont quitté le navire, les Pieds-noirs ont fait leur trou (aux deux sens du terme). Le Parti cravaté et BCBG vogue la galère parlementaire. Les antifa ont perdu leur cible préféré et cherchent désespérément à sauver leur militance cagoulée en rejouant la scène primaire de " No pasaran ". Le triomphe électorale sert de lettre de "noblesse oblige", le pouvoir à portée d’urnes agite la troupe.

La démocratie est le cache misère d’un consensus d’abandon de volonté par délégation, elle sert de dérivatif efficace face aux questions de fond. Dans la grand-messe des élections, le formalisme devient un viatique. On néglige trop l’aspect religieux sous-jacent.

Je ne suis pas surpris et un tantinet ravi de la déculottée. Mais attention, un train peut en cacher un autre (La SNCF serait un complotisme avant l’heure.)

  Dans notre entourage, dit de gôche

les sabots restent dans la bouse. A l’extérieur, nous sommes ostracisés. Avec nous pas de discussions politiques, les aminches barbotent dans la jouvence LFI ou socialo-caméléon.

Quelques remarques importantes :

 L’analyse des résultats montre un pénétration profonde de la mouvance RN qui dépasse largement son cadre conceptuel, pour devenir un fait de masse. Les cartes électorales parlent d’elles-mêmes. La métropolisation a vécu ses belles heures électorales et économiques (vaste sujet). Les géographes le disent depuis un certain temps. Une amie préparant l’agrég d’histoire/géo a eu ce sujet à l’écrit. 8 % pour le RN à Paris montre parfaitement que la boboïtude est complètement hors-sol. Cela ressemble à Versailles en 1789 :

- Une révolte ?
- Non, Sire, une élection !
- Ah, vous me rassurez, mon cher Duc.

 Par contre la date des élections à la « dé-putation » me paraît beaucoup plus importante. Si la dissolution était inévitable, le choix de la date avant les JO ne peut qu’interroger sur la stratégie de Macron (et non du macronisme). Plusieurs hypothèses :

  • - Un coup de force pour jouer la carte antifasciste au risque de la rendre inopérante.
  • - Une volonté de mettre le RN au pied du mur et de le ridiculiser avant les présidentielles. Marine a flairé le piège. Elle parle déjà d’un programme de cohabitation, donc un gros bémol sur les prétentions réformatrices, du Mélonisme avant l’heure.
  • - Une étape dans le narcissisme délirant de Manu, qui, s’il le veut, peut démissionner avant les JO. N’oublions jamais qu’il est venu au pouvoir avec une arrière-boutique néo-libérale dont le but connu depuis les années trente est de lutter contre les nations, les Etats afin de mettre l’économie au premier plan. Un siècle plus tard, les instruments techniques (numérque + IA) rendent la perspective de plus en plus réalisable. Une démission mettrait à genoux les institutions françaises ce qui arrangerait à la fois les USA, la Russie et la Chine. Le vieux monde ne crève pas assez vite. La réalité risque de surpasser mon cynisme naturel.

RN / Dissolution / Démission = la solution parfaite d’un néolibéralisme triomphant.

 « On ne les a pas essayé ».

Les piles ne s’usent que si l’on s’en sert. L’exercice du pouvoir est fatal aux idées les plus « nobles ». Ce sujet devrait être au centre de nos réflexions et de actions. Le pouvoir est fascisant en-soi, du moins totalisant et à terme auto-destructeur.

  • Le RN est-il fascisant ? Une tarte à la crème pour gourmets gauchistes et politicards à secs d’arguments. Le fascisme historique était de gauche. D’ailleurs, LFI cochent beaucoup plus de cases que le RN.
  • Il me semble urgent de purger les miasmes nostalgiques d’un militance antifa (que je lis avec des frisons devant la bêtise). Le RN devenu un parti politique comme les autres se transforme lentement, mais surement en parti de droite conservateur et souverainiste, sans sombrer dans un frexit anti-productif. Le pouvoir et les manifs l’useront très vite. Le RN s’affirme comme le nouveau parti de droite, après la disparition, en son sein, des groupuscules survivants. De plus, je ne pense pas que l’armée soit Rniste, donc le risque de putschiste typique du fascise est très réduit.

 Trop de choses à dire.

Les semaines qui viennent risquent de détourner notre attention sur les progrès du néoTot, notre véritable ennemi.

 Une semaine après.

  • On rejoue panique à bord, le Titanic coule par surpoids de conneries. Une amie juive dont la majorité de sa famille fut assassinée à Sobibor m’affirme qu’il faut impérativement voter Front Popu (FP, bizarre non !). L’antisémitisme vient de gagner une bataille décisive, celle de la neutralisation par la victimisation des nouvelles victimes. Le Juif, autrefois, errant, devient génocidaire. Le nouveau révisionnisme triomphe et accouche d’une nov-langue.
  • Combien de temps encore, les électeurs prendront les promesses de circonstance pour de l’argent comptant. La dette publique indiffère l’" urneur ", le temps de déposer son bulletin de démission civique avec le sentiment du devoir accompli. Depuis le simulacre de référendum de 2005, la volonté des urnes ne signifie plus rien.
  • L’écoute des discours et des pseudos débats de plateaux-tv font apparaître une énormité supplémentaire, le Ressassement Nnational, forme actualisée de la répétition à l’infini du même. Jamais un programme ne fut tenu, il n’a pour but que d’ escher le gogo.
    La tentative de 1981 inaugure la Rigueur de 83. Mais, fini les fantasmes, la dette attend patiemment son heure.
  • L’outrecuidance du nouveau Front Populaire oublie la tragédie de 39, l’élection du Maréchal par la députation frontiste, la collaboration d’une certaine "gôche". L’amnésie
    permet d’oublier le Pacte germano-soviétique, la Shoah, le Goulag…

Quelques citations en guise de conclusion provisoire :

Maupassant.

Une chose m’étonne prodigieusement — j’oserai dire qu’elle me stupéfie, c’est qu’à l’heure où j’écris, après les innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre chère France un électeur, un seul électeur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu’un ou de quelque chose…Il a voté hier, il votera demain, il votera toujours. Les moutons vont à l’abattoir. Ils ne se disent rien, eux, et ils n’espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera, et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l’électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des Révolutions pour conquérir ce droit (1888).
Octave Mirbeau

Un paradoxe français : Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance. Titre d’un livre de Simon Epstein

R-D M