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Critiques et controverses sur Houris, de Kamel Daoud

Sur le blog Contredit, un juriste nous donne un commentaire franchement négatif sur ce livre :
… j’en ai lu les 46 premières pages et j’ai été incapable de pousser plus loin. J’ai interrompu ma lecture car je n’en pouvais plus de forcer les barrages que l’auteur dressait devant moi à chaque page comme pour dissuader ma bonne volonté, qui se muait de page en page en un véritable consentement au sacrifice.

… la laborieuse trouvaille de son dédoublement linguistique (« sa langue intérieure et sa langue extérieure ») qui revient lourdement à chaque page, occasion que l’auteur ne manque pas de saisir pour accabler la langue arabe, la caricature faite de la condition de la femme algérienne, l’abus de la symbolique du sacrifice d’Abraham, entre autres clichés conventionnels et attendus dans lesquels KD déguise en éléments romanesques les discours de dénigrement qu’il délivre aux médias français depuis des années.

J’ai quand même lu en diagonale plusieurs autres chapitres du livre … L’imagerie coloniale ne se bonifie certainement pas lorsque c’est l’indigénat qui la relaie.
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LE MONDE AFRIQUE

Le roman Houris (Gallimard), de Kamel Daoud, prix Goncourt 2024, a-t-il été bâti sur une violation du secret médical ? C’est l’accusation formulée par Saâda Arbane, seule rescapée d’un massacre qui a emporté sa famille durant la guerre civile des années 1990, en Algérie, alors qu’elle n’avait que 6 ans. Cette femme a raconté, le 15 novembre sur One TV, une chaîne privée algérienne, que le roman est en fait une transposition de ses confidences à l’épouse de l’écrivain franco-algérien, psychiatre, qu’elle a commencé à consulter en 2015 avant que la thérapeute se marie avec Kamel Daoud.

Saâda Arbane, accompagnée de son mari et aidée d’un appareil pour s’exprimer – elle a perdu en grande partie sa voix, séquelle d’une tentative d’égorgement –, a ainsi affirmé qu’elle avait par la suite explicitement signifié à son médecin et à l’écrivain son refus de divulguer son histoire. Elle dit pourtant retrouver dans le personnage d’Aube des détails de son histoire qui ne seraient connus que de sa psychiatre : « Il y a trois ans, j’ai été invitée par Mme Daoud à prendre un café chez eux, dans la cité Hasnaoui. Kamel Daoud m’a alors demandé s’il était possible de raconter mon histoire dans un roman, j’ai refusé. Plus tard, son épouse me disait qu’il écrivait un livre et je lui ai dit que je ne voulais pas que ce soit autour de mon histoire. Elle m’a dit ‘‘Pas du tout… Je suis là pour te protéger.“ » Houris « est une violation de mon intimité », conclut-elle.…

Gallimard dénonce des campagnes diffamatoires contre l’écrivain Kamel Daoud
L’éditeur a dénoncé lundi les attaques « diffamatoires » à l’encontre de l’auteur franco-algérien Kamel Daoud, Goncourt 2024 pour son roman « Houris », accusé par une victime de la guerre civile en Algérie d’avoir exploité son histoire et ses traumatismes.

Par Le Parisien avec AFP Le 18 novembre 2024 à 18h28

Selon les médias algériens, Saâda Arbane, survivante d’un massacre lors de la décennie noire, qui a été suivie médicalement par la femme de Kamel Daoud, dit s’être reconnue dans le personnage principal d’"Houris". LP/Olivier Corsan.

Kamel Daoud a-t-il « exploité » une histoire vraie ? C’est ce qu’affirme une victime de la guerre civile en Algérie, qui accuse l’écrivain d’avoir exploité son histoire personnelle et ses traumatismes pour en faire un livre, le roman « Houris », lauréat du prix Goncourt 2024. L’éditeur Antoine Gallimard a dénoncé ce lundi des attaques « diffamatoires » à l’encontre de l’auteur franco-algérien. « Si Houris est inspiré de faits tragiques survenus en Algérie durant la guerre civile des années 1990, son intrigue, ses personnages et son héroïne sont purement fictionnels », affirme Antoine Gallimard dans un communiqué.

Selon les médias algériens, Saâda Arbane, survivante d’un massacre lors de la décennie noire, dit s’être reconnue dans le personnage principal d’« Houris ». La trentenaire a été suivie médicalement par la femme de Kamel Daoud, psychiatre de profession.

« Il y a trois ans, j’ai été invitée par Madame Daoud à prendre un café chez eux, cité Hasnaoui [à Oran]. Kamel Daoud m’a alors demandé s’il était possible de raconter mon histoire dans un roman, j’ai refusé », a-t-elle déclaré à la chaîne de télévision algérienne One TV.

Le roman et Gallimard interdits au salon du livre d’Alger

« Depuis la publication de son roman, Kamel Daoud fait l’objet de violentes campagnes diffamatoires orchestrées par certains médias proches d’un régime dont nul n’ignore la nature », poursuit le dirigeant de la maison d’édition. Le contexte est tendu : Gallimard s’est vu interdire de présenter ses ouvrages lors du salon international du livre d’Alger, qui s’est terminé samedi. La décision est tombée début octobre, quand « Houris », le roman de Kamel Daoud sur les violences de la « décennie noire » (entre 1992 et 2002), était déjà vu comme l’un des grands favoris du Goncourt.

Il a remporté le prix, le plus important de la littérature française, le 4 novembre. Le livre n’a pas pu être édité en Algérie, où il tombe sous le coup d’une loi interdisant tout ouvrage sur cette période sanglante qui a fait au moins 200 000 morts, selon des chiffres officiels.

« Après l’interdiction du livre et de notre maison d’édition au salon du livre d’Alger, c’est au tour de son épouse, qui n’a aucunement sourcé l’écriture de Houris, d’être atteinte dans son intégrité professionnelle », poursuit Gallimard.

Ressemblances troublantes

« Houris », qui désigne dans la foi musulmane les jeunes filles promises au paradis, est un roman sombre se déroulant en partie à Oran sur le destin d’Aube, jeune femme muette depuis qu’un islamiste lui a tranché la gorge le 31 décembre 1999.

On y retrouve de troublantes ressemblances avec la vie de Saâda Arbane, comme « la cicatrice au cou, les séquelles physiques d’un égorgement manqué, l’absence de voix, le traumatisme d’un massacre familial ». Selon l’accusatrice, Houris reprendrait aussi des éléments plus personnels, comme son parcours de soins ou sa relation avec sa mère.

« Un témoignage [qui] pourrait bien égratigner l’édifice littéraire et médiatique autour de l’œuvre du célèbre écrivain Kamel Daoud, lauréat du prix Goncourt pour son roman Houris », commente le quotidien algérien El Watan. Le prix Goncourt est en effet une distinction décernée exclusivement aux œuvres de fiction.

Cette affaire pourrait déboucher sur une plainte contre l’épouse de Kamel Daoud pour « violation du secret professionnel », poursuit El Watan. En revanche, Saâda Arbane ne pourrait lancer aucune poursuite judiciaire contre Kamel Daoud, son nom n’étant jamais cité dans le roman.

Sur MEDIAPART

Pourquoi Kamel Daoud suscite la controverse en Algérie ?

Dans un entretien à TRT Français , le journaliste Samir Hamma m’a posé quelques questions à propos de la controverse que suscite en Algérie Kamel Daoud depuis la nomination de son roman "Houris" au Goncourt et surtout après l’avoir obtenu. Quelques réponses données ont été incluses dans son article*. Je reproduis ici l’intégralité de l’entretien.Zoubida Berrahou

Professeure des Universités en Sciences économiques. Romancière.Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le dernier roman de Kamel Daoud, Houri, suscite énormément de réactions, notamment en Algérie où il est vivement critiqué. De quoi cette hostilité quasi générale est-elle le nom ?

Tout d’abord, il faut toujours prendre ses distances par rapport aux réactions de masse abondant dans le sens de l’émotion vive et des critiques irréfléchies. A l’ère des réseaux sociaux (RS), c’est encore plus viral et incontrôlable. La meute qui s’extasie et lynche pour le plaisir. Je commencerai par faire la généalogie objective de ces critiques (attaques) diverses et diversifiées. Même quand il était en Algérie, Kamel Daoud, chroniqueur dans le quotidien d’Oran avait toujours suscité la critique des sphères conservatrices et/ou religieuses mais il était soutenu et défendu par les progressistes et démocrates et c’était tout à son honneur.

Depuis 2019, suite à son article tournant le dos au Hirak (mouvement de contestation du 5ème mandat de l’ex-président Bouteflika) et faisant fi de critiquer le nouveau pouvoir, beaucoup de ses aficionados lui ont tourné le dos. Pourtant en tant qu’écrivain, avec son « Meursault contre-enquête », il était le héros de la littérature francophone dans son pays.

Un autre point de critique, c’est sa migration vers le magazine « Le Point » à la ligne éditoriale bien connue et ses chroniques exclusivement centrées sur l’Islam et les musulmans (dans la même veine que son pamphlet, -permettez-moi cet humour- « à l’eau de Cologne » en référence à son article sur "les événements de Cologne" discrédité par des intellectuels de renom). Mais il a continué dans la même trajectoire.

Puis il y a eu c’est le 07 Octobre et sa position d’intellectuel du Sud (à la nationalité française récente) s’alignant sur le discours officiel des défenseurs du droit d’Israël à se défendre sans jamais à aucun moment faire un revirement. Au contraire, il a continué à écrire et à s’afficher avec les soutiens du sionisme en France comme si de rien n’était, allant jusqu’à signer la postface d’un ouvrage ouvertement pro Israël. Et ceci restera impardonnable pour une large partie de ses ex-admirateurs algériens et presque blasphématoire pour ses éternels détracteurs idéologiques (islamistes et nationalistes excessifs), beaucoup plus que tout ce qu’il lui a été reproché jusque-là. La question de la Palestine en elle-même englobe toutes les autres.

Et enfin le troisième basculement s’est profilé depuis le mois de Septembre 2024. Kamel Daoud ayant multiplié les apparitions médiatiques en France (télé, radio, presse écrite) pour la promotion de son roman « Houris » (relatant la décennie noire des années 90 en Algérie sous un prisme douteux) sur la liste du prix Goncourt 2024 et qu’il vient de remporter. Les propos tenus étant la plupart du temps des critiques de la société algérienne et son arriération religieuse (islamisation) où parfois il y a du vrai (constat) mais beaucoup de clichés ( manque de profondeur) , un peu dans la même rhétorique que Eric Zemmour. Et cela ne peut laisser indifférent en Algérie, surtout que cela se passe en France, sur des médias ne déroulant le tapis rouge, depuis le 07 octobre, qu’à ceux qui ne critiquent par Israël et ne parlent pas du droit du peuple Palestinien.

Kamel Daoud a su jouer le jeu médiatique en créant un buzz incessant, amadouant parmi les français, ceux assimilant les Palestiniens au Hamas (donc islamistes et terroristes), et défendant les femmes musulmanes opprimées chez elles (qui ne lui ont rien demandé, un peu comme Trump disant aux Américaines durant sa campagne présidentielles « qu’il protégerait les femmes, « qu’elles le veuillent ou non »).

En abordant sans cesse ces sujets à la frontière de l’islamophobie tolérée et favorisée dans les médias mainstream comme on dit, il a conquis un large public en France.Kamel Daoud a adopté une ligne de critique très à l’aise à ce sujet, il ne s’en est jamais caché ou dissimulé, une sorte de pari fou, se faire rejeter par les siens (Algérie) mais se faire accepter par les cercles bienveillants de la reconnaissance médiatique. Une grande endurance mentale qu’il faut bien lui reconnaître. Maintenant tous ces points soulevés ont un dénominateur commun : ils proviennent de la France : le passé ne pardonne pas, c’est l’ex-puissance coloniale. Surtout que Daoud répète à la télé, écrit dans ses chroniques et remet encore une couche dans son roman « qu’il faut oublier la guerre coloniale et se souvenir de la guerre civile des années 90 ». Il l’aurait fait depuis l’Allemagne ou l’Angleterre (à titre d’exemple), cela n’aurait pas eu la même portée offensante et impardonnable aux yeux de ses (ex) compatriotes, si tant que cette question puisse intéresser ces pays. Un peu comme si un individu traumatisé par sa mère despote va aller se plaindre chez la marâtre de cette dernière (à l’origine du despotisme de la première) afin de punir ou soigner la mère. Je pense que ces critiques sont recherchées par le polémiste car elles sont à l’origine pour une grande part de son ascension, sa médiatisation, ses récompenses et la solidarité (il faut le protéger contre les menaces venant de son pays) qu’il suscite dans le pays des droits de l’homme (du deux poids, deux mesures).

J’étayerai mon propos avec cette phrase de Joyce Carol Oates extraite de son essai « La foi d’un écrivain » : « Écrire, c’est envahir l’espace d’autrui »… « Écrire, c’est s’exposer à la critique irritée de ceux qui n’écrivent pas, ou qui n’écrivent pas exactement comme vous »…L’art est par nature un acte transgressif, et les artistes doivent accepter d’en être punis, plus leur art est original et dérangeant, plus la punition est dévastatrice ». Kamel Daoud cherche désespérément et sciemment cette punition à travers ses sorties médiatiques fracassantes ( voir son « droit dans les yeux » à la Grande Libraire sur France 5) à l’intention des Algériens afin d’accélérer le processus de l’écrivain puni sans beaucoup suer dans son art. Nous sommes dans une ère ou le Joker (de Batman) est le héros.

Le pouvoir algérien a décidé d’interdire l’éditeur de KD, Gallimard, de participer au SILA (Salon international du livre d’Alger). D’aucuns pensent que Kamel Daoud est devenu persona non grata à Alger à cause de ses accointances avec les cercles réactionnaires français ( néo-coloniaux) et ses sorties très ambiguës sur l’islam et la colonisation. Cette hypothèse est-elle valide selon vous ?
Je ne pourrais me prononcer vraiment puisque je n’ai aucune information à ce sujet. Est-ce que cette interdiction est due à la relation France-Algérie avec ses hauts et ses bas, Gallimard seulement, Daoud en particulier ? Je n’en sais rien et je donne ma langue au chat. Des maisons d’éditions algériennes ont été interdites au SILA pour moins que cela, donc cela peut être vrai en partie mais aussi faux pour d’autres considérations non encore affichées. Mais il est à souligner que le positionnement de Kamel Daoud n’a jamais été politique depuis 2019 mais surtout idéologique (Islam ou guerre de libération) donc une censure sans doute dans ce sens .Mais cette soi-disant interdiction a également boosté son sacre récent au Goncourt.

Au delà du "cas" Daoud, les tensions suscitées par ses prises de position, que l’on peut contester, ne reflètent-elles pas une incapacité à interroger notre rapport (nous les algériens) au récit national en général et à la décennie noire en particulier ?

Ceci est une autre question qui à mon avis -et avec beaucoup de recul lucide- n’est ni favorisée ni révélée par « le cas « Daoud, au contraire, ce dernier nous pousse à la régression alors que l’apaisement est nécessaire pour nous interroger dans l’art de la bonne interrogation loin de la stigmatisation ou l’offense venant constamment depuis les sphères de la si haïe-aimée « France ». Par exemple quand il affirme partout sur les médias qu’il est le seul à avoir écrit un roman sur la décennie noire, risquant sa vie et même un emprisonnement en brandissant un texte de loi (qui concerne autre chose qu’un roman), c’est une pure invention (pour ne pas dire mensonge), il existe des milliers d’œuvres tous supports confondus sur ce sujet . Malheureusement les journalistes en face de lui ne font pas leur travail d’enquête (il n’a jamais de contradicteurs) et laissent se diffuser une fausse information qui devient la raison de la compassion du public français envers l’écrivain. Mais s’interroger sur ces questions (récit national, décennie noire…etc) demeure une problématique cruciale et intournable et l’art en général puis la littérature et le roman en particulier sont des outils qui , entre de bonnes mains peuvent faire des miracles, leur contenu doit certainement être dérangeant mais jamais sous-humanisant. La complexité humaine est l’essence même de la littérature. Eloigné de la vision du « Cas Daoud », le nœud du problème est ailleurs.

Et enfin pensez-vous que le cas Daoud reflètent une tendance à la perpétuation d’un imaginaire colonial et orientaliste d’une partie de l’élite intellectuelle algérienne ?

Je me méfie toujours des conclusions hâtives et simplistes, mais il faut avouer que l’après 07octobre a rabattu beaucoup de cartes et de certitudes. D’abord qu’est-ce qu’un imaginaire colonial et orientaliste ? Nous devons tout prendre avec des pincettes et rester lucides. Reconnaître un état de fait, ne veut pas dire oublier d’autres méfaits.Je m’explique : admirer par exemple la France ou un pays occidental à travers sa langue, son art, sa littérature, sa gastronomie, sa musique ou son cinéma, ne veut pas dire renier son algérianité ou son appartenance à une culture voire à une sphère géographique précise, c’est parce que nous avons des nourritures intellectuelles larges que notre humanité est spacieuse. D’autres diront que nous sommes occidentalisés mais c’est une stigmatisation due à la fainéantise de la pensée et l’endoctrinement idéologique. Prendre le meilleur de chaque culture c’est l’intelligence de la pensée, en critiquer les travers est l’espace de liberté qu’on s’octroie dans l’exercice de sa libre pensée, donc si nous ménageons une partie au détriment d’une autre, nous sommes dans la paresse et dans la mauvaise foi, ou à notre tour endoctrinés ou porteurs d’idéologie dominante.

Alors oui, si un intellectuel d’un ex pays colonisé critique seulement les siens sur ces moindres faits historiques, sociologiques ou politiques chez l’ex-puissance coloniale sans la confronter elle pour ses méfaits passés ou actuels de la même façon alors on peut dire qu’il est au service de la perpétuation de cet imaginaire dont on parle.

Mais je dois reconnaître que le Cas Daoud (ou d’autres avant lui) n’ont pas d’autres choix que d’en user pour gagner des galons et connaître la gloire chez l’ex-puissance coloniale qui ne l’oublions pas possède des intellectuelles « autochtones » dénonçant justement l’orientalisme et l’imaginaire colonial.
Ce qui est dérangeant même pour les esprits les plus tolérants en Algérie c’est de voir ensuite ces intellectuels transfuges alignés sur la doxa idéologique colonialiste venir crier à « l’accusation de traitrise » de la part du pays d’origine. Je trouve que ce n’est pas très fait play ! Un positionnement idéologique doit s’assumer et c’est en cela qu’il devient pari gagnant et conviction personnel. Pour conclure, j’aimerai revenir sur la polémique suscitée par le livre Houris sur les RS en obtenant le prix Goncourt. Je tiens à souligner que je m’en désole pour trois raisons :
- Ceux qui lynchent et vilipendent Daoud sans lire son roman (la meute), s’en prenant à sa personne par rapport à ses sorties médiatiques que le journaliste a bien cherché et instrumentalisé ( retour de bâton, qui blâmer ?). Malheureusement, parfois des intellectuels algériens favorisent ce jeu car ils ont une sensibilité idéologique plus forte qu’eux (islam, conservatisme, nationalisme, identité…etc).
 Ceux qui le félicitent automatiquement (Fan club fidèle) en lynchant ceux qui l’ont lu et n’ont pas trouvé l’œuvre méritante ,les confondant avec la meute (avec accusation de jalousie et de manque de bagage intellectuel) , ne sont pas du reste différents des premiers, se dressant en défenseurs du lauréat (premier algérien à obtenir le Goncourt) à vénérer sans esprit critique. Ils se voient tout comme lui, la pointe avancée de la liberté en Algérie. Ils somment les esprits critiques de choisir entre Daoud et la meute. L’absence d’implications des écrivains algériens ou professeurs de littérature afin d’apporter des outils de lecture critique de l’ouvrage en question en orientant le débat sur des bases purement rationnelles ou plus prosaïquement faire « une critique littéraire « qui ne se résume pas à « j’ai bien aimé » (comme si c’était une glace à la vanille) ou grandiose, bouleversante, poignante, bien écrit, lyrique, poétique…etc L’argument littéraire étant la seule boussole pour apprécier ou pas une œuvre surtout quand cette dernière, sujette à une polémique est récompensée d’un prix prestigieux.

A ce sujet, à titre de citoyenne, je publierai prochainement une lecture critique du roman dans une totale neutralité (idéologique), qui j’espère ouvrira la voie à d’autres débats instructifs. J’envisage également d’organiser une rencontre littéraire virtuelle pour débatte du -pour ou contre « Houris » -avec argumentation littéraire qui je sais débouchera sur -pour contre Kamel Daoud-, tant l’œuvre est indissociable des idées de l’auteur. Pour finir , j’aimerai aussi signaler qu’il ne faut pas trop se fier à l’effet de meute des RS, le commun des mortels algériens dans la vraie vie, ignore totalement qui est Kamel Daoud, Houris, et le Goncourt, non pas par Ignorance « avec un grand I » mais du fait du marasme économique de l’algérien lambda préoccupé par des questions de survie au quotidien plus importantes. Et heureusement je dirai, car il n’a pas besoin de savoir qu’un ex-rescapé de ce marasme le stigmatise à sa condition d’arriéré de la civilisation qui marche sans lui.

Je finirai par cette note d’espoir de Lord Byron que je fais mienne et que j’adresse à tout émetteur d’opinion radicale « Les opinions sont faites pour changer : sinon comment atteindre la vérité ? ».
(Entretien accordé avant l’actuelle polémique concernant l’apparition de Saada Arbane qui attaque l’écrivain pour avoir raconté sa vie privée sans son consentement).

*https://www.trtfrancais.com/actualites/kamel-daoud-nouvelle-egerie-litteraire-de-la-droite-identitaire-18232244