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Antisémitisme

8/11
Je vous joins un texte d’un prêtre Melkite (chrétien d’orient).
J’ai surligné les passages croustillants .
Assiste-t-on nous à une nouvelle internationale antisémite (NIA) ?
Est-ce un apocryphe des Sages de Damas ?
Estomac fragile, s’abstenir .
R-D M
La source originale de cet article est Mondialisation.ca – Copyright © Pr. Elias Zahlaoui, Mondialisation.ca, 2023
Les propos développés dans cette lettre n’engagent la ligne éditoriale du Courrier des Stratèges.
à Qui de Droit…
Devant ce qui se passe, depuis le 7 octobre 2023, à Gaza, en Palestine occupée,
quant au soulèvement de la Résistance, appelé « Déluge de l’AKSA »…
quant au génocide programmé, pratiqué par l’Occupant israélien…
quant au silence de toutes les Églises Chrétiennes Responsables, tant en Orient qu’en Occident…
quant à la précipitation des « grands » responsables politiques occidentaux, vers « Israël »…
quant aux sursauts populaires accrus au niveau du monde, en faveur de la Palestine…
quant à l’incapacité radicale de toutes les « grandes » Institutions mondiales, à proclamer la moindre condamnation contre « Israël », depuis sa « création » en 1948, jusqu’à ce jour…
J’ai jugé de mon devoir, encore une fois, de rappeler certaines vérités proprement historiques, tant anciennes que récentes, peut-être oubliées ou obnubilées…, pour finir cette approche par une question sans plus.
Première Vérité :
Jésus-Christ, sur la Croix, a dit à l’égard de ses assassins :
« Père,
Pardonne-leur,
Car ils ne savent pas ce qu’ils font » !
Deuxième Vérité :
Par contre, Son Église, qui avait pourtant affronté avec une foi et une audace admirables, les persécutions menées contre Elle, par les juifs d’abord, puis par le Pouvoir Romain, jusqu’en 313, date à laquelle l’Empereur Constantin reconnut au Christianisme le droit de vivre en liberté, à l’instar des autres religions, cette Église donc s’est laissée, depuis ce moment, envoûter, au niveau d’un grand nombre de ses responsables, par l’ivresse de la collusion avec les hommes du Pouvoir… Et, au lieu de vivre l’amour et le pardon en toutes leurs implications, à l’exemple du Christ, elle s’est enhardie et a fait proclamer contre les juifs de tout l’Empire, des lois extrêmement oppressives… Ces lois leur interdisaient désormais de travailler dans toute l’administration de l’Empire, de posséder des esclaves chrétiens dans leurs nombreuses et immenses entreprises agricoles. Elles leur imposaient aussi d’habiter dans des quartiers propres à eux (les ghettos), et de rester enfermés dans leurs maisons, durant les grandes fêtes chrétiennes, comme Pâques et Noël…
Or l’Église Chrétienne entreprenait tout cela, et s’y est engouffrée, au niveau de la pratique, de l’écriture, de la prière et de la prédication, durant des centaines d’années, dans l’espoir unique de forcer les juifs à embrasser le christianisme !…
Troisième Vérité :
Nul n’ignore que ce comportement fut à l’origine d’une idéologie raciste, qui était aux antipodes de ce qu’étaient le Christ et le Christianisme comme Il l’avait voulu !
Cependant cette idéologie vit le jour, s’approfondit, et évolua au point de devenir ce qu’on entend par antisémitisme. Et avec le temps, celui-ci envahit tout l’Occident, ainsi que les pays slaves, particulièrement la Russie. Nul n’ignore aussi combien il a causé à tous les juifs, en tous ces pays, des souffrances aussi horribles qu’arbitraires, qui s’étalèrent sur des siècles, sous le regard et l’accord de toutes les Églises, pour finir, en plein milieu du 20ème siècle, par ce qu’on appelle « l’Holocauste Nazie » !
Quatrième Vérité :
Il est une autre vérité, incontournable celle-là, car elle est une conséquence fatale, de cette longue et dramatique histoire, que plus personne n’ignore. C’est le fait d’une haine immense et maladive, qui obsède désormais la presque totalité des juifs, à l’encontre de tout être humain, et particulièrement des « faibles », comme le sont les arabes aujourd’hui ! Et pourtant les juifs avaient presque toujours vécu, dans les anciennes sociétés arabes et musulmanes, à l’abri de ce qu’ils ont enduré dans l’Occident « chrétien » !…
Bien plus, leurs historiens, aussi bien français et américains qu’israéliens, sont unanimes à reconnaître – comme le dit « Aba Eban », dans la traduction française de son livre « Mon peuple », page 155 – « que certains d’entre eux ont joui dans les anciennes sociétés musulmanes, particulièrement en Andalousie et au Maghreb, de bien plus de richesse et d’influence, qu’ils n’en jouirent, même en Autriche et Allemagne, au 19ème siècle, et aux États-Unis au 20ème siècle » !
Quant à la haine qu’ils nourrissent à l’égard des chrétiens en général, et des Églises Catholiques en particulier, loin de se cacher, elle est en fait source d’interrogations terribles, quant à sa dimension et son expansion.
Qu’il me suffise maintenant de signaler une évidence que plus personne n’ignore. C’est leur mainmise totale sur tous les moyens de communication au niveau du monde, ainsi que leur souci tenace et efficace de contrôle de tous les responsables de l’Église Catholique, particulièrement aux États-Unis, et leur précipitation à charger des pires accusations, celui qui d’entre eux hausse le ton, comme il est arrivé au Cardinal « Bernard Law », archevêque de Boston, quand il a osé écrire au Président Georges Bush, en 2002, l’accusant de mentir au peuple américain et à la vérité !
D’ailleurs ce qui se passe à Gaza en ce moment, est la preuve plus qu’évidente, que les Sionistes ont franchi en leur « inhumanité », toutes les lignes et toutes les bornes.
Peut-on, d’autre part, oublier ce qui a été inoculé en eux, depuis des millénaires, quant à la certitude de leur foi en leur supériorité raciale, du fait de leur croyance que c’est « Dieu » qui les a élus, à l’exception de tous les peuples !
Cinquième Vérité :
Cette cinquième vérité n’est autre qu’un complexe de culpabilité, absolument morbide, qui obsède désormais les sociétés occidentales en général, et les églises catholiques en particulier, complexe sans lequel il est impossible d’expliquer l’appui de l’Occident à la création « d’Israël », vu toutes les graves infractions aux lois internationales, qui ont précédé, accompagné et suivi cette « création ». Et c’est ce complexe même qui explique le silence des Églises, plus particulièrement les Églises Catholiques, le Vatican en tête, face aux injustices flagrantes et croissantes qui ont été commises et qui se commettent en Palestine, au point que son nom a été supplanté par celui d’Israël, tandis que ce qui en reste aux mains des arabes, n’est plus désormais appelé dans les documents catholiques officiels, que du nom de « Terre Sainte ».
Par ailleurs, ce qui se commet en ce moment à Gaza, avec un sang froid glacial, en matière de génocide dirigé manifestement contre des milliers d’enfants et de femmes, sans que l’on entende le moindre mot de la part des hauts Responsables ecclésiastiques, au niveau du monde, constitue pour moi la preuve éclatante de la participation de tous, au profond sentiment de culpabilité vis-à-vis des responsabilités graves des anciens dignitaires ecclésiastiques, depuis l’époque de l’Empereur Constantin, jusqu’à l’Holocauste nazie. Ces fautes ont, hélas, expliqué et alimenté un « antisémitisme » maudit, que rien, absolument rien, ne pouvait justifier ou expliquer, dans le Christianisme de Jésus de Nazareth !
La question :
J’en viens maintenant, dans cette brève approche, à mon unique question.
N’est-il pas enfin temps pour l’Église du Christ, de se libérer de sa servitude maladive à l’Empereur Constantin, pour revenir, en toute liberté, audace et force, au Jésus Rédempteur, et donc à l’Homme, Tout homme ?
Père Elias Zahlaoui
Damas, le 24/10/2023

8/11
Beurk !
Cauchemardesque, à vomir. C’était à prévoir hélas, c’est pourquoi il nous faut réagir et vite, chacun selon nos moyens...
Pat Athènes

8/11
Mon seul étonnement est que ça ne soit pas arrivé plus tôt...
A vomir, de fait.
Et ça ne sera pas le seul...
Nestor

9/11
Bonsoir,
À mon avis, le terme antisémitisme n’est pas très adapté (d’autant moins pour un Syrien), même si je l’utilise aussi parfois par commodité. Sur le texte en question, c’est un discours somme toute assez classique des antisionistes/antijuifs.
Ce texte m’a intéressé car ce prêtre prétend parler en vérité. Le problème, c’est qu’il s’agit plutôt de demi-vérités, donc aussi de demi-mensonges.
L’Église primitive a effectivement été persécutée par une partie des juifs (et non "les juifs", si on veut être précis), tout simplement parce qu’elle est née dans un contexte juif. Le christianisme était à l’origine une "secte" juive messianique ou un judaïsme réformé, un mouvement révolutionnaire qui menaçait l’ordre politique et religieux. Or les conservateurs, de toutes les époques, origines et religions, n’ont jamais aimé ce type de mouvement.
Absolument d’accord avec lui sur la collusion entre l’Église et le pouvoir à partir du IVe siècle (sous Constantin). La grande perversion du christianisme commence vraiment là… et son courant religieux en fait d’ailleurs partie (un rejeton de l’empire byzantin).
C’est surtout à partir du quatrième point qu’il part en vrille et révèle son idéologie. Prétendre que la presque totalité des juifs ont de la haine à l’encontre de tout être humain, et en particulier des "faibles", c’est vraiment n’importe quoi. Quid des médecins, des révolutionnaires, des grands penseurs, moralistes juifs qui ont tant apporté à l’humanité ? Même certains membres du Hamas, à ce que j’ai lu, sont soignés dans des hôpitaux israéliens. En termes de haine, on a vu pire…
Sur la mainmise des juifs sur les médias : celle-là, je l’entends souvent. Que répondre, sinon que si tel est le cas ils sont vraiment nuls en propagande, vu le nombre d’antisionistes et d’antijuifs qui pullulent un peu partout…
Son unique question (à la fin) serait très pertinente si elle était sérieuse. Renouer avec la tradition chrétienne pré-constantienne, j’adhère complètement ! C’est d’ailleurs tout ce que j’essaie de faire à travers mes écrits. Mais cela suppose aussi de renouer avec les racines juives de la foi chrétienne, donc anti-idolâtrique, iconoclaste, et, aujourd’hui, "technoclaste". Par sûr que les melkites – et autres – le souhaitent vraiment…
Beno Hasopher

9/11
Presque entièrement d’accord avec le texte ci-dessous, à ceci près bien sûr qu’en ce qui concerne son dernier paragraphe, en athée conséquent, j’espère avec ferveur que l’humanité sera un jour en fin libérée de son erreur religieuse, quelle que soit la forme qu’elle prend. Pour les Parisien.ne.s, je rappelle qu’il y a au moins une église melkite à Paris, Saint-Julien le Pauvre.
Nestor

9/11
Salut Nestor,
Merci pour le retour. Une réponse similaire a aussi été envoyée à des gens qui, apparemment, connaissent l’intéressé (en espérant qu’ils feront suivre).
Concernant l’athéisme, je suis d’avis que c’est aussi une religion. J’ai même l’habitude de dire que c’est une forme d’égothéisme (peut-être pas dans ton cas). Contrairement à la quasi-totalité des anarchistes – sûrement plus cohérents que moi sur ce point – je ne pense pas que l’humain se dégagera un jour de la religion ou du fait religieux. Car la religion est consubstantielle à l’humain. Il y a juste des transferts de foi, de sacré, etc., à autre chose (égo, politique, technique...).
Beno Hasopher

10/11
Une remarque, non sur ce texte (qui est à chier), mais sur un des échanges
"renouer avec les racines juives de la foi chrétienne, donc anti-idolâtrique, iconoclaste, et, aujourd’hui, "technoclaste". "
Il me semble qu’il n’est pas besoin qu’un salto-arrière multi-millénaire pour trouver la promotion d’un christianisme " anti-idolâtrique, iconoclaste,". C’est ce qu’on fait les protestant, et le résultat n’est guère probant.
Patrick

10/11
Pourquoi le Hamas a-t-il choisi d’accomplir des actions aussi barbares ?
Evidemment, nous ne sommes pas dans leurs têtes, donc nous ne pouvons qu’avancer des hypothèses.
Les miennes :
1/ Que les Palestinien.ne.s en aient très, très gros sur la patate, toute idéologie, toute structure ethnique mises à part on ne peut pas s’en étonner.
2/ En plus, ne pas oublier que l’Islam est bourré de contradictions : il a des injonctions à la paix, à la tolérance, il affirme que "il n’y a pas d’obligation en religion" (en toutes lettres dans le Coran), mais il a tout autant d’appels au massacre, de haine contre les apostats et les athées, de mise sur piédestal des vrais croyants, et donc de déshumanisation des non-croyants.
Le Hamas est d’abord un groupe islamiste, donc intégriste, au pire sens du terme. Quelle que soit la religion, les intégristes sont violents, et dans l’Islam, tant le Coran que les hadiths ne manquent pas d’appels au meurtre. Tuer les bébés des démons, ce n’est pas tuer des bébés, c’est éviter le renouvellement du mal...
L’Histoire abonde en raisonnements analogues !
3/ Causeur est un média ignoble, et devrait balayer devant sa porte, mais l’argument que puisque le Hamas n’a pas la technologie militaire dont dispose Israël, il lui reste en revanche le faire-peur, en revenant au niveau le plus primitif de la violence est à prendre en compte. Il se peut très bien que s’il y a des têtes pensantes au Hamas, et malheureusement il doit y en avoir, ils aient très consciemment approuvé/édicté ce recours à ce niveau.
Bien sûr, que "Causeur" ce média ultra-Zemmourien utilise cet argument, sans penser une seule seconde que ses équivalents israéliens sont aussi racistes que les pires des antisémites, n’a rien d’étonnant.
4/ Que notre étonnement à nous devant les actes barbares est quelque chose de relativement neuf dans l’histoire humaine, constellée de massacres de bébés, de viols, de tueries, etc. La norme, c’est l’horreur. Le refus de l’horreur, c’est l’exception.
Or si nous "modernes", ou du moins certain.e.s d’entre nous modernes refusons l’horreur, c’est aussi en partie parce qu’elle est commise au bout d’une longue chaîne d’action. Le missile, le bombardier, le howitzer et même le tank, c’est nettement moins lourd psychologiquement pour qui les actionne que la hache, le couteau, la corde à étrangler.
Je suis donc d’accord avec Patrick qu’Israël n’a guère de leçons à donner au Hamas en la matière. Mais l’ignominie des uns n’excuse jamais l’ignominie des autres. Dans un sens comme dans l’autre.
Pour faire court : il n’y a à mon sens hélas pas lieu de s’étonner que le Hamas ait commis ces horreurs, ni même de se demander pourquoi. Ce qui aurait été étonnant, c’est qu’ils se soient conduits en Résistants (toutes majuscules dehors).
Et comme toujours, et de plus en plus dans les guerres modernes, ce sont les civils qui trinquent.
Nestor.

11/10
Shalom/Salam,
Le problème de cette discussion, c’est qu’elle demanderait d’aller aux racines et de définir plusieurs notions. Ce qui est un peu difficile par mail où il faut abréger.
Certes, les Juifs ne formaient pas une nation au sens ethnique ou linguistique ni même en tant que groupe de personnes nées dans un même territoire (lat. natio). Mais au fil du temps et des mélanges successifs, le sens de nation s’est étendu et confondu avec celui de peuple ou d’État (État-nation).
Si la judéité est une affaire complexe, je pense qu’il y a quand même une sorte de communauté de valeurs qui s’est formée, soit autour du Talmud, soit d’une histoire commune, des persécutions antijuives ou simplement d’un sentiment d’appartenance plus ou moins fondé. La Suisse n’est pas non plus une nation à proprement parler (4 langues, des cultures différentes), mais beaucoup ont un sentiment d’appartenance, et il y a même des nationalistes (rire). En l’occurrence, on peut dire que c’est l’État qui a formé la "nation" (ce qui est d’ailleurs souvent le cas).
Par contre, je ne suis pas sûr qu’on puisse réduire le sionisme à un simple mouvement nationaliste, car ce sont en partie les pogroms, et pas seulement le mimétisme des autres mouvements nationalistes, qui ont façonné le sionisme. D’où le fait qu’il y avait aussi des sionistes anarchistes.
Au reste, qu’est-ce qu’un peuple sans État ? Les Kurdes, par exemple, n’ont pas d’État et il me semble que c’est un peuple, même une nation. Je suis d’ailleurs assez sensible à leur cause, pour autant qu’ils ne luttent pas pour former un État…
Bref, rien n’est simple dans le conflit israélo-palestinien. À qui appartient cette terre ? Les uns disent que c’était une terre sans peuple pour un peuple sans terre (formule certes exagérée), et que leurs ancêtres – réels ou symboliques – étaient les premiers occupants ; les autres disent qu’ils se sont faits exproprier. Les avis sont partagés et dépendent pour une large part de l’affinité que l’on a avec l’une ou l’autre culture.
Ci-joint un article de Jacques Ellul sur la question (pour ceux que ça intéresse…)
Beno Hasopher
À qui appartient la Palestine ?
Je m’excuse d’encombrer les colonnes de Réforme en revenant sur la question de la
Palestine, mais il est assez difficile de laisser passer certaines affirmations
péremptoires. Je me bornerai à 6 remarques.
1. - Tout d’abord on ne peut tirer aucun argument des statistiques de l’époque
ottomane et même de l’entre-deux-guerres : elles sont totalement fantaisistes. Pour la
même année, les sources ottomanes varient de 300 à 650 000 habitants pour la
Palestine, de 20 à 60 000 habitants pour Jérusalem. Allez donc faire des pourcentages
de Juifs et d’Arabes là-dessus. A cela s’ajoute le fait de la grande quantité de nomades
(bédouins) impossible à dénombrer. Mais ce que l’on sait, c’est qu’entre les deux
guerres, s’il y a eu arrivée des Juifs dont on parle toujours, il y a eu aussi une entrée
massive d’Arabes en Palestine sous mandat britannique.
2. - Les Palestiniens n’existaient pas en tant que groupe significatif, ethnique, culturel.
Ils n’ont rien de commun avec des peuples comme les Kurdes, les Turcs, les Druzes,
les Maronites qui sont une entité spécifique. Les Palestiniens étaient simplement des
Arabes habitant en Palestine, et qui auraient pu, sans mal, habiter ailleurs, en
Jordanie, en Syrie ou en... Arabie. On répondra que maintenant grâce à leur lutte,
grâce à l’O.L.P., ils forment un peuple spécifique. Je veux bien, mais alors il faut
appliquer le même critère aux Juifs, dont on dispose aisément. « Qu’ils retournent
chez eux ! » Désolé ! Depuis 35 ans qu’ils luttent, ils forment un peuple, une nation,
une réalité politique spécifique encore plus forte que celle des Palestiniens.
3. - « Il est évident que la Palestine appartient en droit comme en fait aux Arabes ».
On croit rêver ! (il est vrai que dans Le Monde on a pu lire que les Palestiniens
descendaient en droite ligne des Philistins, antérieurs aux Hébreux !). Car enfin
comment les Arabes sont-ils venus en Palestine ? Ils sont tombés du ciel comme de
bons anges ? En réalité ils se sont installés là par la guerre, la conquête, la violence, le
massacre. Jusqu’à eux et que ce soit sous les Grecs, sous les Romains ou sous Byzance,
la Palestine était d’abord peuplée de Juifs. Les Juifs ont été chassés par les Arabes. En
face de cela les Juifs y sont revenus avec mandat international, rachat de terres, etc.
Et, entre temps, la Palestine avait été sous des dominations multiples, française,
ottomane, égyptienne, etc. Et il ne faut pas oublier que les Turcs ne sont pas des
Arabes ! Il n’y a rien « d’évident » quant à la propriété des Arabes sur cette terre.
4. - Quoique cela soit très désagréable, et parmi les choses qu’il ne convient pas de
dire, il faut rappeler que les Arabes de Palestine sous la haute direction du Grand
Muphti de Jérusalem ont été des alliés décidés des nazis, ont reconnu le régime
hitlérien et ont combattu les armées des nations antifascistes. On a admis que les
peuples alliés aux nazis devaient être « punis... » mais il ne fallait pas, bien sûr,
toucher aux Palestiniens !
5. - Jérusalem ville sainte... de tout le monde ! Il ne faut pas exagérer. Pour les Arabes
elle est aussi, et accessoirement une ville sainte, bien après La Mecque et Médine.
Pour les protestants, il n’y a pas de ville sainte ; pour les catholiques c’est d’abord
Rome et secondairement Jérusalem. Il n’y a que pour les Juifs qu’elle soit une ville
sainte, unique et absolue. L’histoire de « Jérusalem, ville sainte indispensable aux
musulmans » est un pur argument ad hoc polémique.
6. - Enfin je voudrais rappeler comment la ville sainte fut traitée par les Arabes quand
elle était sous domination jordanienne. Non seulement les Juifs de Jérusalem furent
progressivement exclus de leur quartier où il était interdit de reconstruire les maisons
juives en mauvais état. Mais entre cent autres, deux faits : il y a à l’est de Jérusalem le
cimetière juif, le plus sacré de tous. Les Arabes en ont arraché les pierres tombales et
ont construit avec des cabinets publics (je l’ai vu). Il y a un lieu où se situe la « Tombe
du Jardin », où des fouilles archéologiques avaient découvert une tombe qui pourrait
être le plus vraisemblable des sépulcres de Jésus. Les Arabes ont largement entamé ce
lieu pour y construire une station d’autobus. Et finalement je ne cesserai jamais de
dire que si les Palestiniens ont été très malheureux en tant qu’expulsés et personnes
déplacées, ils partagent le sort de dizaines de millions ; y compris les Français
d’Algérie.
Pourquoi seuls les Palestiniens provoquent-ils une telle passion, un tel amour,
pourquoi sont-ils seuls comptés comme des « pauvres », des déshérités... ? Ce n’est pas
la justice qui anime ces discours, mais la haine du Juif.
Extrait de Jacques Ellul, Israël, chance de civilisation (articles de journaux et de revues,
1967-1992)

13/11
Un texte remarquable, à mon sens, sur la situation :
https://lmsi.net/Le-chandelier
Yves

19/11
Quand dans un Etat les plus hautes autorités décident de manifester contre l’antisémitisme, on peut se demander ce que ça cache.
Avant WWII l’antifascisme de rigueur était là pour cacher le totalitarisme soviétique. Lors de la manif à Strasbourg en tête du cortège il y avait celle (la préfète) qui avait ordonné le rasage du campement des migrants au centre ville.
Toute l’attention portée à antisémitisme ne démontre t elle pas qu’il y en a que pour les juifs....
Pierre

19/11
Antisémitisme
Malgré les déclarations triomphalistes la manif fut un quasi bide.
L’absence aveuglante de musulmans purs halal saute au yeux.
La pseudo polémique contre le RN sert à justifier l’injustifiable.
L’antisémitisme de façade dément encore une fois ce qu’elle met en avant. En France nous retrouvons 3 sources « naturelles « d’antisémitisme : politique gauche et droite confondues et le surgeon vitaminé de l’islam ( islamisme et consorts ne sont que des courants de l’islam authentiquement antisémite. L’islam réel mérite une étude sérieuse et non des approximations . (Idem pour le judaïsme).
R-D M

21/11
Salut R-DM,
Je ne dis pas que tous les antisionistes sont antijuifs (ou antisémites si tu préfères ce terme), mais cela n’est pas si rare.
J’ai bien compris que pour toi le sionisme se réduit à un mouvement nationaliste, mais je ne le vois pas ainsi (si ça t’intéresse j’ouvre un fil sur le proto-sionisme). Car si le sionisme ne faisait pas forcément rêver les juifs bien établis et bourgeois d’Europe de l’Ouest, les juifs de l’Est (Ostjuden), eux, plus pauvres et moins assimilés, y étaient déjà plus sensibles. Car ils subissaient souvent la double peine (d’être juifs parmi les antijuifs et pauvres). On ne peut donc pas écarter l’analyse de classes.
De plus, je pense qu’une chose est de critiquer tout État, y compris celui d’Israël, son gouvernement, etc., une autre est d’être antisioniste, c’est-à-dire contre l’établissement des juifs en Judée. Leibowitz, par exemple, était un sioniste religieux, mais cela ne l’a pas empêché d’être critique de l’État d’Israël et de certains Israéliens, avec des mots parfois très durs et polémiques. Son franc-parler était d’ailleurs exceptionnel…
Je laisse de côté Marcion, si tu veux bien, car si on remonte aussi loin, on risque de passer des heures ;-). D’autant qu’il y a des aspects théologiques. Mais effectivement, c’est une figure incontournable pour comprendre l’antijudaïsme chrétien et même plus largement ce que j’appelle le pagano-christianisme…
Beno Hasopher