Reprise d’un texte de septembre 1974 publié dans :
dissidence Cahiers théoriques anarchistes
Vroutsch N° 15
Pas de mise à jour ni de retouche en dehors des scories typographiques et orthographiques.
Dans le flot des publications groupes-pustulaires règne un marasme quasi-général : de l’illisibilité technique aux absconneries de l’élite para-universitaire. Publier une revue est devenu un tic ; de la banalité de base à l’incantation religieuse, il n’y a qu’un pas que beaucoup franchissent.
LE GROUPE ET LA REVUE
La TAUPE BRETONNE émerge et apporte un salutaire souffle de vie, mais demeure très isolée et presque aussi confidentielle que l’ancien S ou B, malgré sa prise en charge matérielle par les Éditions du Champ Libre (à partir du numéro 3 de la revue). Est-ce parce que son titre déroute ou que les amateurs de sensations régionalistes n’y trouvent pas leur manne quotidienne ? La TAUPE BRETONNE dérange, irrite, elle bouscule le tabou de la belle et grande Nation (et c’est son grand mérite) . Dans la TAUPE, Marianne ne fait plus bander et le BZH ne fleure plus bon la brise bretonne. LA TAUPE BRETONNE, en 5 numéros, a défriché le terrain bourbeux de la pensée nationale. Elle est le résultat d’une longue migration souterraine dans les hauts-lieux du nationalisme breton.
Il s’est constitué lors de l’exclusion de la section Paris-Nord de l’UDB en février 1970. Ce n’est qu’en mars 1971 que paraît le numéro 1 de la revue."Le bilan d’une exclusion" ne vient qu’en fin de numéro "pour en finir avec une vieille histoire". La spécificité bretonne a éclaté et la TAUPE BRETONNE
Est éditée par le Groupe d’Études Politiques Bretonnes et Internationales (G.E.P.B.I.). L’objectif de la TAUPE BRETONNE est au départ "d’apporter une réponse à toutes les questions que soulevait une rupture totale avec le nationalisme
et de radicaliser les positions sur lesquelles s’était opérée cette rupture " (T.B. n°4, page 8). En outre, la TAUPE BRETONNE introduit la notion de "groupe de formation" qui tend "prioritairement à une cohérence susceptible, en tant que préalable, de permettre la réalisation d’un projet ultérieur " (n°4, page 11). Et, simultanément à un travail théorique rigoureux, la TAUPE BRETONNE joint une auto-analyse de ses structures et de son fonctionnement. Le problème de l’organisation est abordé en toute logique car "tant que l’idéologie nationale n’est pas critiquée, elle fonctionne dans les structures mêmes de toute organisation ; la critique organisationnelle devient du même coup un élément de la critique de l’idéologie nationale" (T.B. n°5, page 4 et aussi n°4, page 15).
DE l’ETAT A LA NATION : la GENESE DU CAPITAL
La question "qu’est-ce qu’une nation ?" n’apparaît que très tard dans l’historiographie. Ernest RENAN disait (in Conférence de la Sorbonne du 11 mars 1882) que : "les nations sont quelque chose d’assez nouveau dans l’histoire. L’Antiquité ne les connaît pas. L’Égypte, la Chine, l’Antique Chaldée, ne furent à aucun degré des nations". Le même RENAN explique pudiquement que "la nation est donc un résultat historique amené par une série de faits convergeant dans le même sens" (Idem). C’est cette convergence que la TAUPE BRETONNE met en évidence. La nation n’a pas d’autre réalité que l’idéologique ; c’est le nationalisme qui la fonde (T.B. n° 1, page 11). Elle n’a aucune réalité naturelle (T.B. n° 3, page 69). Le travail critique sur la nation ne peut se faire que si on l’on considère, non pas la Nation, mais l’idéologie nationale, "la fonction principale" de celle-ci "étant de masquer la nature idéologique de la nation" (T.B. n° 1, page 2S). L’idéologie nationale se dévoile comme "discours" (T.B. n° S, page SO), c’est ce qui fait son efficacité et rend son décryptage difficile.
L’idéologie nationale sert de support au développement du capital et en même temps tente de brouiller les pistes. Tout en étant le "discours de référence du capital" (T.B. n°5, page 10), elle "hante le mouvement révolutionnaire" (T.B. 5, page 9).
Pour cerner l’idéologie nationale, il faut agir avec méthode et investir une multitude de recherches, car elle est un "discours total et totalitaire" qui "traverse et assujettit l’ensemble des pratiques sociales". La TAUPE BRETONNE mène ce travail sur plusieurs fronts : historique, géographique, linguistique, économique. Nous reprendrons rapidement les grands axes de ces recherches pour clarifier notre propos.
L’ÉTAT-NATION ET SES ACCESSOIRES
- a) Au commencement était ... l’État qui fut la première grande création de la bourgeoisie naissante en collaboration étroite avec le pouvoir monarchique du moment (et parfois en opposition avec celui-ci). L’État se manifeste par une tendance à la laïcisation et à la concentration du pouvoir (E, page 47), il tente d’unifier les pouvoirs dans le Pouvoir. Il nie les autres pouvoirs : noblesse, corporation, églises de tout culte, même s’il les tolère ou les incorpore à lui pour mieux les digérer (religion d’état). Arrivé à un certain degré de concentration, l’État classique et ses promoteurs bourgeois ont besoin d’un appareil plus unifié, plus homogène, permettant le plein essor des lois internes de la production capitaliste. C’est la Révolution française qui permettra ce plein épanouissement : abolition des droits locaux communaux, abolition des douanes intérieures et des charges royales, planification des moyens de communication : routes, canaux ... naissance d’une administration, division du territoire en zones nouvelles... Ce mécanisme se fait sous le couvert de la Nation, qui devient le nouveau cadre théorico-idéologique de la bourgeoisie.
- b) Les constituants de la Nation : le territoire et ses limites
Le caractère essentiel de la Nation est sa territorialité. On ne peut exercer sa domination que sur un espace concret : le territoire. Ce n’est pas par hasard que le capitalisme et l’État sont nés dans les villes qui en sont "les centres nerveux" (E, page 52), et les unités de base. Il ne peut y avoir de nation que là où est déjà en place un État, ou, si l’on prend des exemples plus récents (luttes anti-coloniales), "tout mouvement national vise à la création d’un État " (T.B. n° 1, page 19). Tout mouvement national est une démarche pour faire reconnaître une propriété territoriale ("la nomination et la délimitation d’un territoire (lieu) sont investies par le concept de propriété" (T. B. n° 5, page 119). Une propriété est d’abord un label -nom : France, Bretagne, Occitanie, Palestine, etc.) et ensuite une circonscription. La Nation est un territoire clos, si bien que le problème des limites est d’une grande
importance, ainsi que celui du caractère naturel de celles-ci (cf. FICHTE et la Révolution française). Un territoire n’existe que par ses limites : il est fermé ; "ce qui fait apparaître le territoire, c’est la ligne frontière" (I. N. page 128), ce qui donne lieu à des polémiques hilarantes dans les sanctuaires du nationalisme, occitan par exemple (voir à ce sujet dans la TAUPE BRETONNE n° 5 l’article : "Idéologie nationale et discours géographique", page 133). Un nationalisme n’est jamais solitaire. La notion de territoire national implique logiquement l’existence de plusieurs domaines circonscrits et "réservés". Les nationalismes s’imbriquent les uns dans les autres. La nation française a beaucoup aidé le nationalisme allemand, qui lui-même a servi de modèle au nationalisme russe (et même fort tardivement : que l’on se rappelle le pacte germano-soviétique). À ce propos, il est très intéressant de lire "Langages totalitaires" de J.P. FAYE dont nous extrayons des morceaux de choix à la page 93. "Désormais, et jusqu’en 1936, les officiers de la Reichswehr - les plus acharnés à réprimer les soulèvements de la KPD - vont effectuer des stages d’instructeurs en Union soviétique, en même temps qu’ils s’y livreront aux essais d’armements lourds (artillerie, aviation, blindés) interdits par le traité de Versailles. Tandis que des officiers de l’Armée Rouge, tels que TOUKHATCHEVSKY, font le chemin inverse. Le colonel Max BAUER va trouver sur place un chemin de Damas tout particulier : il va découvrir que la Russie soviétique n’est plus dangereuse, puisqu’elle est enfin en voie de redevenir de plus en plus panslaviste… Perspective rassurante s’il en est pour un colonel pangermaniste, pour le cofondateur de l’Union Nationale. Le régime tend au nationalisme : il s’assainit. L’état y est fort et respecté ; c’est une façon de Staatkommunismus. Les ouvriers ne font pas grève. Invité par les autorités soviétiques au printemps 1923, il revient (et son langage avec lui) radicalement transformé, et cette transformation est censée correspondre à celle qu’il a pu constater là-bas. Elle s’exprime dès le titre de son récit de l’année 1925 " Le pays des Tsars Rouges". Les rouges redevenus tsars ou les tsars devenus rouges ; il est bon d’instaurer désormais avec eux des contacts étroits. "
- c) L’origine, l’Histoire et la langue.
Par ailleurs, le discours national a besoin, pour étayer ses théories, de puiser dans l’histoire ses lettres de noblesse. Il a recours au mythe de l’origine pour produire le " signe idéologique de la nation" . Dans le numéro 3 de la TAUPE BRETONNE, J.Y. Guiomar montre, dans son article, "la trilogie bénédictine" : Essai sur la production du signe idéologique Bretagne, comment le processus se développe. En fait, la bourgeoisie nationale s’invente purement et simplement son histoire, ce qui est le meilleur moyen de résoudre ses contradictions et d’éliminer par la même occasion les antagonismes de classes qu’elle a créés. La Nation est le signe de la réconciliation nationale. Le même procédé se dévoile au niveau de la langue ; la Nation est le lieu d’une communauté linguistique. Elle est un facteur naturel irréfutable, mais les travaux d’un F. FALC’HUN mettent en pièces le montage, (ce qui n’est d’ailleurs pas sans faire grincer les dents des national-bretons). Pour plus de détails, se reporter à l’article d’A. LE GUYADER " La ligne de démarcation ou un travail matérialiste dans le jardin de l’idéologie linguistique du mouvement breton" (T.B. n° 5, page 113).
Ces quelques lignes permettent de mieux cerner le signe État/Nation. Celui-ci est, nous l’avons déjà dit, le cadre de référence du mode de production capitaliste ; il est intéressant de le regarder à l’œuvre de plus près.
Idéologie nationale et mode de production.
L’idéologie nationale est l’expression intégrale de l’idéologie du mode de production capitaliste (dans sa grande poussée du 18e siècle). Nous y retrouvons d’autres éléments primaires et primordiaux que ceux que nous venons de souligner.
En premier lieu, NATION renvoie à NATURE (tous les deux dérivés du latin nasci) (voir I.N. page 22) qui "est le thème central de l’I. N. (T.B. n°1, page 15). Ce qui débouche sur la conception fondamentale que l’État/Nation/Nature est un organisme qui fonctionne à l’instar du corps humain. C’est peut-être l’étude de ce thème qui rend le livre de JY. GUIOMAR " l’Idéologie Nationale, nation, représentation, propriété " essentiel pour la "déconstruction de la topologie des pouvoirs" T.B. n° 3, page 8). Pour mieux saisir l’importance de la théorie du « corps social », il nous faut revenir en arrière et observer la formation d’un autre concept : celui d’individu.
- a) Genèse d’une « matrice ».
Les balbutiements de la bourgeoisie comme classe promotrice s’accompagnent d’une révolution intellectuelle qui bouleversera pendant plusieurs siècles la théologie et les théories issues de l’Antiquité. C’est l’apparition et l’évolution du concept d’« individu » qui servent le mieux de point de repère. (Nous ne ferons ici que survoler brièvement ce cheminement ; nous le développerons ultérieurement). Dans la pensée traditionnelle grecque, l’individu n’est qu’une partie du Tout, c’est la Cité qui est la fin en soi. L’individu n’y est reconnu que par sa participation : « il est fonctionnaire de l’État ».
Par contre, à Rome, la situation s’inverse ; l’individu devient prioritaire face à l’état qui devient une sorte de collection d’individus, à une restriction près, et de taille : c’est que « individu = citoyen = propriétaire ». Première apparition fondamentale dont nous retrouverons sans arrêt la trace, et qui prend toute sa signification chez LOCKE et les écoles libérales). Rome succombera sous les coups des barbares, du saturnisme et de la plaie d’Égypte : le christianisme. Ce dernier prend le relais. La notion de faute originelle et sa corrélation théorique de rédemption font de la personne humaine un être faible qui a besoin de la société, considérée alors comme Cité de Dieu, dont la partie terrestre, l’Église, devient le corps réel et spirituel de l’homme. Notons la personnification du concept organique de collectivité (que nous retrouverons sous sa forme laïque lors de la Révolution française dans l’Incarnation de l’Être Suprême dans la personne de son prophète favori : ROBESPIERRE ; cf. I.N. page 131). L’État, simple organe de gestion des affaires courantes, déjà la technocratie, n’est plus que le « bras séculier », serviteur des fins de l’Église, qui le purifie de ses origines pécheresses. C’est au Moyen Âge que cette métaphore organique devient le « corpus mysticum » conçu comme une totalité strictement hiérarchique. Cette réduction de la personne humaine bloque le développement économique. C’est pour cela que la classe bourgeoise montante va entreprendre son travail de sape de la théocratie, oh bien sûr ! Non pas à découvert, mais dans un flot incessant d’interprétations théologiques et sous le signe de la Foi véritable.
La première attaque décisive vient d’OCKHAM dont la croisade pour défendre la souveraineté de Dieu combine avec un combat en faveur de l’autonomie de l’homme et de ses intérêts temporels (D, page 132). OCKHAM achève donc de déshelléniser la foi et ouvre le domaine de l’expérience. Il fonde la première philosophie pure de tout élément gréco-arabe (Q, page 95). Pour lui, « il n’y a que des individus, il n’y a donc rien au-dessus des individus. Tout ce qui n’est pas un individu n’est pas réel, mais un instrument pour organiser le réel. En faisant table rase de toutes les natures qui s’interposent entre l’homme et les choses, OCKHAM a fait place nette pour les penseurs qui, plus tard, rejetteront comme vague l’idée de justice (BENTHAM), poseront que la seule fin de l’homme est la satisfaction de ses désirs et termineront en identifiant « le droit et l’utile » (HOBBES - C, page 154). "En ce qui concerne la politique, OCKHAM reconnaît au pouvoir civil une origine et des fins propres. La voie est ouverte à l’État mercantile dont le but est la puissance… (Q, page 156). Ainsi, lentement, l’économique s’autonomise et acquiert sa rationalité pour soi et en soi. DESCARTES achèvera l’« affirmation de l’indépendance de l’homme en tant qu’individu » (J, page 52). Rappelons au passage qu’il est le contemporain de RICHELIEU. La Réforme, en réaffirmant très fortement le caractère individuel de la conscience, achève la désintégration organiciste de la religion. Nous voyons donc apparaître la notion d’individu simultanément à celle de l’autonomisation de l’économique.
Le concept d’individu.
Le concept « individu » devient donc le signe idéologique de la bourgeoisie. Il est donc très intéressant d’en suivre la définition.
Définition : L’individu se définit donc en premier lieu comme une abstraction se plaquant de façon soi-disant objective sur une donnée naturelle, le corps (I. N. page 56). Le concept d’individu, comme plus tard celui de nation, n’a rien de réel, il part de l’individu abstrait et « l’hypostasie » (B, page 268) en un être générique (voir D, pages 145/146). L’individu est "le représentant nivelé du genre abstrait de l’humanité en général" ; cette formule de GURVITCH (B page 5) éclaire parfaitement notre propos. L’individu est donc l’atome indivisible du Tout, c’est "l’unité de mesure naturelle" (cf. Elie HALEVY "le radicalisme philosophique" et aussi J page 401). C’est ROUSSEAU qui pousse l’atomisation à son extrême (fidèle à HOBBES) ; pour lui, l’individu est une "unité numérique", un "entier absolu" (cf. P, page 4). On peut aussi définir l’individu comme MASPETIOL (E page 14) : « L’individu, c’est l’homme de troupe identifié par son matricule, c’est l’être qui continue la masse en laquelle il se perd ».
De cette conception de l’individu découlent logiquement une série de mécanismes.
1) Individu - Travail
L’individu émerge comme « unité » idéologique pour servir de point d’appui à l’économie politique naissante. Un individu n’est vraiment « autonome » (donc distinct des autres, en opposition avec eux) que dans la mesure où il est son propre maître, c’est-à-dire qu’il dispose de lui-même, se possède de façon à pouvoir se vendre comme force de travail contre paiement. C’est HOBBES qui exprime cela de façon décisive (voir à ce propos le très important ouvrage de C.B. MACPHERSON : « La théorie politique de l’individualisme possessif de HOBBES à LOCKE » dont nous ne faisons que reprendre les thèses). À la sortie du Moyen Âge, l’économie est encore très rudimentaire ; c’est la « société de marché simple ». « Le marché est un système autorégulateur » (W, page 62). Ce type de production « implique que l’individu reste maître de son énergie et de ses aptitudes et que l’échange ne porte que sur des produits » (W page 63).
En passant de la société "de marché simple " à celle de marché généralisé, certains individus perdent le libre accès « aux moyens permettant de transformer leur force de travail en travail productif" (W page 67). Le marché, en se généralisant, implique la concurrence permanente des individus (l’homme est un loup pour l’homme). Ce qui donne toute leur importance aux notions de salaire, de valeur et à celle essentielle de travail comme marchandise : tous les postulats du mode de production capitaliste sont là. HOBBES reste néanmoins encore très imprégné de son époque ; il pense que la société de marché généralisé (« l’universalité de la lutte concurrentielle entre individus ») (W, page 105) abolit toutes les inégalités de classe et toute cohésion de classe.
2) Individu et Propriété.
LOCKE, par contre, va fournir le « fondement moral » de l’État de classe "déduit de l’égalité des droits naturels" (W page 274). Pour lui, l’individu ne peut survivre qu’en se possédant ; en étant propriétaire non pas des objets de strict usage personnel mais de ses « biens » (terre, industrie, commerce).
Il fonde donc l’"appropriation capitaliste de la terre et de l’argent"(W, page 229). L’École des Physiocrates développera sans complexe cette théorie de l’appropriation qui deviendra un postulat du libéralisme. MERCIER DE LA RIVIÈRE dira que « la propriété est la mesure de la liberté, comme la liberté est la mesure de la propriété ». On ne peut parler ici de « propriétarisme » (J page 322), que l’on retrouve chez PROUDHON sous la forme « la propriété est le rempart de la liberté », PROUDHON qui voudra voir chaque homme devenir propriétaire (On trouve une excellente approche des théories de l’appropriation dans « L’Idéologie libérale : l’individu et sa propriété » d’A. VACHE, Anthropos). C’est la propriété qui devient donc fondatrice du droit et l’État est garant des droits des propriétaires.
3) Atomisation = concentration ou de l’individualisme à l’absolutisme et à l’Étatisme.
L’atomisation s’accompagne du processus inverse de concentration de pouvoir et de son individualisation en un Individu-Roi (Louis XIV) ou un citoyen type (ROBESPIERRE) ou dans une abstraction personnalisée (chef d’État, parti). Ce paradoxe peut se formuler de la façon suivante : l’individualisme et le collectivisme (sous toutes leurs formes) ne sont pas deux réalités opposées et antagonistes, mais l’expression janusienne du pouvoir.
MACPHERSON le souligne à propos de LOCKE (W, page 280) : « L’individualisme de LOCKE, celui que secrète une société capitaliste naissante, n’exclut nullement la suprématie de l’État sur l’individu ; bien au contraire, il l’exige. Individualisme et collectivisme ne sont pas en raison inverse, mais en raison directe l’un de l’autre. » Cette thèse est déjà développée par H. MICHEL (1896) dans « L’idée de l’État » (H, page 223). Pour cet auteur, que l’on ne peut pas taxer de marxiste, le principe individualiste conduit, au point de vue économique, à la glorification du capital, à la haine de la pauvreté ; et de là tout droit au malthusianisme… en politique, l’individualisme conduit au despotisme, témoin, « Le Contrat social » (cf. HOBBES, ROUSSEAU, SARTRE.)
« L’individu est, en tant que tel, le fondateur de l’ÉTAT, (voir R. POLIN « Politique et Philosophie chez HOBBES ») devient donc une évidence dont GURVITCH a fait une minutieuse analyse (B, page 269) : « C’est grâce à l’individualisme que la personne autonome, reconnue dans sa dignité morale pour une valeur en soi, a été asservie à la pâle abstraction de l’homme en général, dont elle n’est qu’un exemplaire uniforme et qu’ainsi elle a été condamnée à perdre sa personnalité individuelle. C’est grâce à l’individualisme que l’état moral spécifique et le règne du droit ont été identifiés avec « l’état civil », avec l’État politique reconnu comme la seule expression possible de la « volonté générale » et de la liaison sociale légitime qu’elle incarne. C’est grâce à l’individualisme que le règne du droit, identifié avec le régime d’état, a été conçu comme un ordre strictement centralisé, excluant tout groupement particulier intermédiaire entre l’individu et l’État, qui ne peut que déformer et pervertir la volonté générale identique chez chaque citoyen ; la poussière d’individus disjoints et nivelés placés devant l’unité de l’État centralisé, réalisant la volonté générale identique et immanente à tous ses membres, telle est la conclusion logique de cet individualisme. »
NOTE
L’opposition théorique entre l’individualisme et le collectivisme est un faux problème « dont les anarchistes du 19e siècle » et leurs pâles émules du 20ème ont été victimes » (I. N. page 199). Nous aurons l’occasion de revenir sur ce sujet ultérieurement, notamment à propos de « L’Idéologie allemande » de K. MARX et de sa polémique avec Stirner que les commentateurs anars grand teint (les derniers en date, FREITAG et BARRUE, Spartacus, série B n° 54) s’obstinent à ignorer.
4) De l’individu à la Nation - la fermeture de l’organisme du pouvoir.
Nous arrivons maintenant au point de « convergence » dont nous parlions au début de notre propos. C’est ici que se ferme la quadrature du cercle du mode de production capitaliste. L’individu, qui sert de référence, est donc le fondateur de l’État/Nation, qui est d’ailleurs, lui aussi, conçu comme un individu jouant « le rôle de matrice idéologique » (I. N. page 95). Il est le postulat de base de la bourgeoisie, qui en cela n’est guère novatrice, si l’on se rappelle cette pensée de Platon : « L’état le mieux gouverné est celui qui se rapproche le plus de celui de l’individu » (République V 462d).
Cette conception s’exprime couramment sous la forme de métaphore organiciste : l’état (la société, la Nation…) est un corps vivant, en expansion (cf. la métaphore de l’enfant y compris chez STIRNER). HEGEL fait de l’État un hyper-individu et A. H. MULLER affirme que « L’État n’est autre que l’homme élargi » (T, page 217). (Voir aussi NOVALIS : "L’État est une personne, comme l’individu. Ce que l’homme est à lui-même, l’État l’est aux hommes. Les États resteront divers tant que les hommes sont divers. Pour l’essentiel, l’État, comme l’homme, est toujours le même. (L, paragraphe 1522/1-195). Cette analogie entre État et individu n’est pas fortuite et n’est surtout pas une figure de style. « Lorsqu’on veut penser une totalité individuelle, des parties différenciées qui concourent à l’unité d’un tout, un développement qui s’auto-modifie au cours même de son devenir, c’est le langage de l’organisme qui s’offre le plus naturellement à l’expression, c’est le schème de l’organisme qui se présente d’emblée comme évident »(T, page 87). La totalité abstraite trouve donc sa justification naturelle et rationnelle. Le Tout émerge comme une unité dont la « plénitude globale est une individualité » en parfaite harmonie avec ses composants. Dans l’organisme, l’idéologie joue à plein son rôle premier de médiation. L’organisme est le domaine de l’englobant. J.E. SCHLANGER, dans sa thèse sur les métaphores organiques, analyse très justement le fonctionnement de la Totalité qu’est l’État : elle se définit « comme intégratrice d’une tension » (T, page 210).
« Le plein organique est une pluralité et c’est par là qu’il est animé par la liaison interne et les actions réciproques de ses organes ; cette pluralité est homogène car tout ce qui s’y manifeste est d’emblée organique ; cette pluralité est différenciée car chacune de ces sphères organiques est qualitativement unique à la fois par sa teneur et par sa place dans la hiérarchie des sphères. Dans un tout vivant, les parties elles-mêmes sont des « touts » dont chacun se rapporte aux autres et à l’ensemble à travers la spontanéité et la justesse d’une liaison organique. L’État organique se différencie en articulations internes qui ne sont pas simplement des composants ou des secteurs de la vie publique, mais dont chacune est à sa façon un englobant doué d’une force d’imagination propre » (T, page 213 ; (les passages soulignés le sont par nous). Ce plein organique de l’Idéologie est destiné à combler le vide de la pensée bourgeoise et totalitaire. Cette longue citation concentre en elle toutes les données du problème d’atomisation et la concentration en un Tout organique. La belle dialectique hégélienne y est à son paroxysme de plénitude.
Avec ces quatre éléments : travail, propriété, atomisation/concentration et le Tout organique, nous avons brièvement décomposé les éléments de l’Idéologie Nationale dans sa genèse historique. Il nous faut maintenant, c’est là l’essentiel, voir la même idéologie nationale dans ses œuvres contemporaines car le mode de production étant le même, l’idéologie qui le dissimule subsiste, n’en déplaise aux socialistes nationaux.
D’UN NATIONALISME A L’AUTRE OU LA VOIE IMPÉRIALLISTE DE L’INTERNATIONALISME ET DU RÉGIONALISME
Le passage de la domination formelle à la domination réelle du capital se fait par le biais de l’émancipation « nationale ». Même l’internationalisme prolétarien est l’expression de l’impérialisme et de la généralisation du despotisme du capital. Le national-bolchevisme étant l’exemple le plus frappant, car il va même jusqu’à faire la jonction entre le mode de production capitaliste et le mode de production asiatique. La domination du capital est donc totale et totalitaire (Que l’on pense au candide TROTSKY : « Toute l’histoire de l’humanité est l’histoire de l’organisation et de l’éducation de l’homme social pour le travail, en vue d’obtenir de lui une plus grande productivité", "Terrorisme et Communisme », page 218, 10/18 ). Le capital s’autonomise au fur et à mesure de son développement (plus il s’affirme, plus il devient abstrait et omniprésent, son caractère de classe semble disparaître ; une certaine bourgeoisie perd ses prérogatives et se retrouve en position de prolétarisation). La structure territoriale se transforme donc et des « nationalismes » globaux apparaissent : Europe. Notons la parfaite continuité entre l’Europe d’HITLER et celle du Marché Commun), pays arabes producteurs de pétrole, Afrique Noire (négritude) etc. qu’ils accompagnent d’un processus inverse de reterritorialisation interne (toujours
le même mécanisme d’atomisation (région)/concentration -pouvoir toujours plus englobant). « La régionalisation des Etats-Nations est une restructuration de l’espace du pouvoir capitaliste » (T. B. N°3, page 51). Le Centre, dans sa phase nationale bourgeoise intensive, a « colonisé ». " La régionalisation des États-nations est une restructuration de l’espace du pouvoir capitaliste" (T. B. 3, page 51). Le Centre, dans sa phase nationale bourgeoise intensive, a "colonisé" la périphérie (voir la Révolution française et la Belgique) , mais ce faisant, il s’est coupé d’elle ; il rompt la « communauté nationale » et s’étouffe dans un appareil bureaucratique centralisé et vertical, si bien que la « réalisation de son projet totalitaire »
, mais s’effectue par la médiation de la réorganisation régionale de l’espace européen » (T, B. 3, page 58). Le pouvoir secrète « de nouvelles idéologies » de secours (T.B. N°3, page 59) pour pallier au vide « engendré par un nationalisme caduc » ; ce faisant, il solidarise à nouveau les classes sur un territoire (Bretagne, Occitanie (?), Flandre, Wallonie, Corse, Pays Basque, Irlande). La domination économique et idéologique verticale devient horizontale, et la domestication se fait sans problème : la gauche (et l’extrême gauche) nationale jouant à plein son rôle de conscience d’avant-garde du Capital, et de fer de lance de celui-ci (T, B. n°5, page 57 « la gigue des ploucs, ou le roman de l’autogestion nationale »). Nos théoriciens social-nationaux (en attendant d’être national-socialistes) jouent donc le rôle de la nouvelle bourgeoisie en allant puiser aux sources du nationalisme régional les mêmes justifications (lettres de créance) que la bourgeoisie de 1789. Le nationalisme est profondément unitaire ; même au plus fort de la décolonisation qui s’est "faite dans les termes de l’idéologie bourgeoise, au nom de nationalismes régionaux, dans la perspective des intérêts des divers impérialismes, et à partir des découpages territoriaux issus du partage du monde, c’est-à-dire d’un rapport de force entre les puissances coloniales" (T.B. n° 3, page 21). Les lointaines périphéries, en accédant à l’indépendance, s’insèrent encore plus dans le marché généralisé du mode de production capitaliste. L’exemple du Portugal est ici caractéristique ; le centre ne peut plus assurer sa domination réelle car sa conscience nationale dans les colonies a disparu ; il lui faut laisser place au nationalisme du cru qui, lui, même s’il n’est pas unifié, a une conscience nationale territorialisée (P.A.I.G.C. / FRELIMO) qui permet la maintenance de la domestication et de la production. Ce qui, dans le cas du Portugal, est très important, c’est l’importance de l’armée (et de la militarisation) dans cette décolonisation / domestication. (Nous aurons l’occasion d’y revenir plus longuement ; voir le rôle de l’armée de la Révolution in I. N. et aussi chez Daniel Guérin).
Il nous faut donc conclure avec la TAUPE BRETONNE sur l’urgence d’une dénonciation / d’un décryptage de l’idéologie nationale. C’est là « une exigence fondamentale du mouvement révolutionnaire » (T. B. n° 1, page 25) car « s’installer sur le terrain du nationalisme, ce n’est pas simplement reprendre à son compte les mythes oppresseurs et s’en trouver mystifié, mais plus fondamentalement, c’est revendiquer à terme et pour soi-même, le pouvoir exercé par telle ou telle fraction de la bourgeoisie et de ses représentants, et se démasquer comme partie prenante dans le concert des exploitateurs du prolétariat, donc mener une politique contre-révolutionnaire » (T.B. n° 3, page 28).
Nécessité de déchirer le masque mystificateur du « bon » national-régionaliste (en opposition au « mauvais » nationalisme : France, Belgique, Espagne/France…).
Nécessité de revenir aux données fondamentales d’une révolution, afin que celle-ci ne soit pas un renforcement du pouvoir politique, après sa transformation (S, page 77), c’est-à-dire une destruction de l’État/Capital et une désarticulation annihilatrice des mécanismes du « système » qu’est le Capital, d’où l’importance des recherches sur la destruction de la valeur et du travail comme marchandise salariée (c’est d’ailleurs ce à quoi débouche la TAUPE BRETONNE dans le numéro 5). Sans retomber dans l’usinisme qui, lui aussi, est une nouvelle atomisation du pouvoir économique (cf. le très intéressant LIP et la Contre-révolution Autogestionnaire in NÉGATION n° 3).
Pour clore cette présentation de la TAUPE BRETONNE, nous pouvons affirmer que l’Idéologie Nationale est une tautologie dont les éléments après décodage s’avèrent semblables. L’apparition d’un seul de ces éléments dans le discours suffit à la dépister, si bien que :
INDIVIDU = NATION
LIBERATION = DOMESTICATION
AUTOGESTION = RENFORCEMENT DU TRAVAIL SALARIÉ
CONSEIL = RESTRUCTURATION DE LA PRODUCTION
AUTONOMIE = CONCENTRATION
ETC ...
Nous avons essayé, en quelques pages, de présenter la TAUPE BRETONNE et son travail théorique. Il va de soi que cette présentation ne se substitue pas à la lecture de la TAUPE BRETONNE et qu’elle ne peut pas avoir fait le tour du problème de l’idéologie nationale et de sa critique. Aussi, nous avons mis en bibliographie un certain nombre d’ouvrages qui peuvent amener de plus amples précisions et fournir de précieux matériaux de recherche. (Pour l’État, la liste serait pléthorique, nous avons donc réduit arbitrairement). Nous avons voulu cette présentation assez précise pour permettre d’entamer par la suite une réflexion systématique sur les thèmes abordés : travail, marchandise, atomisation/concentration, évolution du concept de propriété avec le passage à la domination réelle du Capital. Par ailleurs, nous avons volontairement gommé toute référence explicite à MARX et au marxisme afin de ne pas heurter la fibre irrationnelle de certains lecteurs dont l’anarchisme épidermique souffre d’allergie anti-marxiste chronique. Nous l’avons fait pour mieux souligner l’importance du débat sur l’idéologie nationale en privilégiant des références « scientifiques » et « universitaires ». Nous l’avons fait aussi et surtout parce que nous pensons que l’antimarxisme est aussi ridicule qu’un certain marxisme auquel il s’oppose.
Mais notre propos ne s’inscrit pas dans une tentative de rénovation de l’anarchisme. DISSIDENCE nous apparaît plutôt comme une tentative de déconstruction de cet anarchisme (en priorité), mais aussi, par la même occasion, du marxisme de la conscience du Capital, du conseillisme productiviste… Si DISSIDENCE veut exister comme Cahiers Théoriques Anarchistes (et non comme amuse-gueule), nous devons dévoiler les prémisses anarchistes et les passer au crible.
Pour l’instant, notre collaboration à DISSIDENCE se base sur le besoin crucial d’un effort théorique qui doit permettre à la longue de faire éclater les structures mentales et logiques de l’idéologie dominante qui s’irradie jusqu’au cœur de sa négation marxiste et anarchiste.
Dominique MOREL
Septembre 1974.
B i b 1 i o gr a ph i e
La TAUPE BRETONNE n° 1 et 2 épuisés, mais certains articles sont repris dans le numéro 3
La TAUPE BRETONNE n° 3 - oct.72 Du centre à la périphérie : les mystères de la nation dans les labyrinthes de la politique économique.
La TAUPE BRETONNE n° 4 - mai 73
La taupe bretonne
La TAUPE BRETONNE n° 5 - Nov.73
Les questionneurs questionnés.
Jean-Yves GUIOMAR
L’IDÉOLOGIE NATIONALE : Nation, représentation, propriété.
Éditions CHAMP LIBRE, 1974, 286 pages.
A- Anthropologie politique – G. Balandier, puf.
B- L’idée du droit social – Gurvitch, Sirey.
C- Essai sur le fondement du pouvoir politique – J.W Lapierre Thèse, Paris, 1969.
D- Introduction à la philosophie politique – R Labrousse, Sirey.
E- L’État devant la Personne et la Société. R. Maspetiol, Sirey.
F- Du Pouvoir : Histoire naturelle de sa croissance ; De Jouvenel
G- Hegel et l’État. - E. Weil, Vrin.
H- L’idée de l’État. H. Michel, Hachette 1896, réimpression disponible.
I - L’Individualisme économique et social - A. Schatz A. Colin, 1907.
J- L’idéologie libérale : l’individu et sa propriété. - A. Vaché Anthropos.
K- la notion d’individualisme chez Tocqueville - J. C. Lamberti Puf
L- L’Encyclopédie – Novalis. Minuit
M- Le radicalisme philosophique (3 vol.) Halévy Alcan 1901/1904. Dispo Belles-lettres.
N- Politique et philosophie chez T. Hobbes - R. Polin Sirey.
O- La cité totalitaire : HOBBES - J. Vialatoux Chroniques sociales de France, 1952.
P- La politique de la solitude - R. Polin Sirey
Q- Enquête sur le nominalisme - J. Largeault, Narnwelaerts.
R- Essai sur l’histoire des doctrines du Contrat Social – F. Atger, Thèse de droit 1906.
S- Le Pouvoir politique – J.W. Lapierre, Puf.
T- Critique des totalités organiques ou les métaphores organiques. J.E. Schlanger, Vrin.
U- Communisme et Nation – V. Leduc. Éditions Sociales.
V- L’idéologie allemande - K. Marx
W- La théorie politique de l’individualisme possessif : de Hobbes à Locke - C.B. Macpherson. Gallimard.
Bibliographie : individu et individualisme
Individu et communauté chez Spinoza - A. MATHERON. Minuit
Phénoménologie du corps - M. Henry, Puf.
L’individualisme occaniste – Delagarde. Ed Beatrice
La connaissance de l’individuel au M.A. – Bérubé, Puf.
La valeur sociale des individus au point de vue économique - Nancy 1916 – Eichtal, Berger-Levrault.
Essai sur l’individualisme – Fournière, Alcan.
L’individu, l’Association et l’État, Fournière, Alcan.
La démocratie individualiste - 1907, Guyot, Giard & Brière
L’individualisme selon DESCARTES R. - G. Lewis
Individualisme et absolutisme (en allemand). R Schmur, Berlin, 1963
Le principe de l’autonomie de la volonté en droit privé. Contribution à l’étude critique de l’individualisme juridique - Gounot 1912.
Individuum und Gemeinschaft - Th. Litt 1919
Individu et société chez TAINE - Lavombe, Alcan.
L’individu dans le déterminisme social - Draghicesco, Alcan.
L’individualité et l’erreur individualiste - Le Dantec
L’humanisme politique de Saint Thomas d’AQUIN, individu et État. L. Lachance - Sirey.
Le rôle de l’individu dans l’histoire (non traduit en français) - Plekhanov
Anarchisme et individualisme (avril 1907) - Palante, Rev. philosophique.
Combat pour l’individu (1904) - Palante, Alcan.
L’individu contre l’État (1885)H. - Spencer, Alcan.
Le citoyen contre les pouvoirs - Alain, Sagittaire.
L’individu et sa génèse physico-biologique - Simondon, Puf.
L’État et la Société, le socialisme et l’individualisme - M, Block. 1928, Alcan.
TURGOT théoricien de l’individualisme libéral - Bourrinet, Rev d’histoire d’éco et société, 1965
L’individu dans sa société - A. Kardiner, Gallimard
L’individualisme et le droit (1945) - M. Waline, Montchresten
Die Entstehung der individualistischen Sozialphilosophie - K · Pribram, Liepzig, 1912.
L’Unique et sa propriété - STIRNER, L’Âge d’Homme.
Les manuscrits de 1844 - K. MARX, éd. Sociales.
Corps et Biens : notes sur le corps propre et la propriété privée - R. De FONTENAY in TOPIQUE 9/10 sur le sens du corps.
État, Nation, organisme.
Le nationalisme : mythe et réalité - BOYD C. SHAFER Payot
(excellente bibliographie)
Enquête sur le nationalisme - M. VAUSSARD, Paris, 1924.
Die Nationalitätenfrage und die Sozialdemokratie - O. BAUER, Wien 1924.
Esquisse d’une histoire des Français dans leur volonté d’être une nation - J. BENDA ,Paris 1932
Du territoire dans ses rapports avec l’État. - L. DELBEZ Revue générale de droit international 1932.
Le national-socialisme allemand - Mankiewicz
Réalité de la nation - G. COGNIOT 1950.
Classe et Nation - Glaesermann.
Doctrines du nationalisme - PLOUCARD D’ASSAC, éd. duFuseau
Le mythe de l’Etat. E. CASSIRER, Gallimard.
The origin of State R. LOWIE 1927
Der Staat - F. Oppenheimer,1907.
Le fonctionnement de l’État - G. BERGERON Colin 1965
La philosophie de l’organisme - H. DRIESCH, 1921.
Structure de l’organisme - K. GOLDSTEIN.
- Domestication
CAMATTE in INVARIANCE Série II n° 3