Quand on part pour le grand voyage, on ne saisit pas très bien tout ce qu’il va se passer. Il y a l’impulsion dans les reins, la force, la poussée. On y va. On a confiance, on se croit fort, on se croit malin, il y a les compagnons de voyage.
Un voyage ce n’est qu’un voyage. Des aventures. On ne sait pas qu’en partant on enterre celui qu’on a été et qui a rêvé. On ne sait pas que ce fantôme-là sera sur notre dos.
Toujours.
A réclamer justice.
On veut l’oublier. On ne peut pas. »
Sur la route de l’exil, Alpha va croiser Livio, berger italien dont le troupeau a péri dans un incendie et Ftaline, petite fille congolaise coincée en Turquie. Cette dernière sera accueillie par Léa, assistante sociale épuisée et ex-petite amie d’Hugo, chargé de fonds d’investissement en route vers son bunker de luxe.
Ce récit polyphonique vient questionner la possibilité ou pas des déplacements, et illustre une partie des chemins multiples qui s’inventent de par le monde au rythme des expériences d’exil. Le slogan « Ils font pousser des barbelés, cultivons des tenailles » est le moteur de ce récit de fiction documentaire. Une ode à la liberté.
Ce texte a été écrit à partir de rencontres faites, pendant cinq ans, dans des camps et des lieux d’accueil de personnes en situation d’exil, en zones frontalières.
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