Partout à l’international, des collectifs d’exilé·es soudanais·es se mobilisent pour lutter contre l’invisibilisation médiatique, porter la voix des victimes de la guerre et dénoncer les complicités étrangères.
Les Soudanais·es de la diaspora créent des infrastructures humanitaires qui viennent combler le vide créé par l’absence d’ONG internationales, comme le fait l’association SAPA née aux États-Unis qui reconstruit les hôpitaux détruits au Soudan. Chaque mobilisation a pris une forme particulière en convergeant avec des questions qui sont prioritaires dans le contexte où elles ont lieu.
Au Royaume- Uni, la complicité actuelle du pays dans la guerre au Soudan est abordée comme un héritage de la colonisation britannique en mettant en avant la question des réparations. Aux États- Unis, de nombreux·ses militant·es analysent l’indifférence occidentale visà- vis de la guerre au Soudan au prisme du racisme anti-noir·es, inscrivant leurs revendications dans le slogan “Black Lives Matter”. ont leurs bureaux au Kenya ou en Ouganda d’où ils essayent de visibiliser l’actualité soudanaise et de promouvoir la paix. Des centres culturels comme le Development Hub tentent de préserver des espaces de débat démocratique, ainsi que de faire vivre l’art et la culture soudanaise en exil.
En Grèce, le collectif Mataris essaye lui aussi de faire connaître la révolution soudanaise tout en se mobilisant activement contre les politiques migratoires et la criminalisation massive des migrant·es en Crète, où des jeunes hommes arrivant en bateau depuis la Libye, faussement accusés d’être des “passeurs” sont injustement emprisonnés.
A Bruxelles, le collectif “Sudan Solidarity Collective”, qui s’inspire des modes d’action des comités de résistance, a ouvert un local “Al-Rakuba” pour organiser des cantines solidaires et des événements de solidarité avec le Soudan, et se mobilise en soutien au mouvement squat et pour l’accès au logement des personnes immigrées précarisées. Face à la situation humanitaire très difficile dans laquelle se trouvent les exilé·es dans les pays voisins du Soudan, des initiatives d’entraide se développent, comme les écoles bénévoles de l’association Durmongaa au Tchad pour permettre aux enfants d’avoir accès à l’éducation dans les camps de réfugié·es, ou les centres communautaires soudanais en Égypte.
Au Maroc, des demandeur·euses d’asile Soudanais·es ont manifesté tout le mois de janvier 2026 devant le siège du HCR à Rabat pour réclamer des conditions d’accueil et de vie dignes. L’Afrique de l’Est reste un centre important pour la vie militante, culturelle et intellectuelle soudanaise en exil.
Beaucoup de médias militants Après la chute d’El Fasher, des manifestations rassemblant des centaines de personnes ont eu lieu partout dans le monde, créant une convergence entre différentes générations de l’immigration soudanaise. Mais cette mobilisation fait également face à une forte répression, notamment aux Émirats Arabes Unis où l’on a assisté à l’emprisonnement de plusieurs militant·es soudanais·es qui ont essayé de dénoncer l’implication des Émirats dans le génocide en cours au Soudan.
Partout dans le monde, les luttes des Soudanais·es pour leur propre libération tissent des liens avec celles d’autres peuples, montrant la puissance de la solidarité transnationale et portant le message d’une émancipation collective des peuples face aux régimes autoritaires, à l’impérialisme et aux violences racistes et coloniales.
En Allemagne, le collectif Sudan travers le monde. Uprising Germany se mobilise pour transmettre l’héritage révolutionnaire du Soudan, dans une vision internationaliste et en lien avec d’autres diasporas. Il dénonce également le racisme des politiques politiques migratoires européennes, luttant contre les centres de rétention et les déportations d’exilé·es.