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Martine

Notre amie Martine est décédée. Elle vivait à Ramonville, ville proche de Toulouse, depuis des années et elle se battait avec passion pour les causes qui lui étaient importantes : le communisme, la Palestine, la gestion et l’avenir de la Chapelle (un squat culturel Toulousain), la photographie… etc.
Mais ce militantisme était aussi celui du cœur, de l’émotion, de l’amitié bien au delà des différences idéologiques.
Vous pouvez retrouver sa parole ici :
Ci dessous vous pouvez lire
 le faire-part de sa famille, annonçant son décès,
 un texte d’un de ses camarades palestinien
 et un point de vue de Martine sur un hommage institutionnel à Manouchian.

Toulouse - Paris - Beyrouth

Layla et Salim, ses enfants,
ont la douleur de faire part de la disparition de
Martine BESSIERE, dite BEHL HELAVY,
survenue le 7 mars 2026, à Quint-Fonsegivres, à l’âge de soixante-seize ans, libre, sans jamais ni dieu ni maitre.
Une cérémonie aura lieu le 12 mars, à 10 heures, au Nouveau cimetière de Castanet-Tolosan.
Au lieu de fleurs, seront préférés des dons a une association en lien avec ses luttes, Médecins sans frontières ou l’Association France Palestine Solidarité.

Un texte :

J’ai connu Martine il y a plus de quarante-cinq ans.
Quarante-cinq années au cours desquelles j’ai vu une femme transformer une solidarité en fidélité, et une fidélité en engagement de toute une vie.

Martine n’a pas seulement soutenu la cause palestinienne : elle l’a portée avec constance, avec conviction, et surtout avec cœur. Comment aurait-il pu en être autrement ? Par son mariage avec Fathi, Palestinien profondément engagé pour son peuple, elle est entrée dans cette histoire. Mais très vite, cette cause n’était plus seulement celle de son mari : elle était devenue la sienne.

De leur union sont nés deux enfants, témoins vivants de ce lien entre deux peuples, entre deux histoires, entre deux mémoires.

L’engagement de Martine n’était pas fait de mots, mais d’actes. Elle s’est rendue à Beyrouth pendant la guerre du Liban, au cœur d’une période sombre et dangereuse, où elle a participé activement à la création du Croissant-Rouge palestinien. Là où d’autres auraient hésité, elle a choisi d’être présente.

Et plus tard, à Toulouse, elle n’a jamais cessé d’être là. Dans les réunions, dans les actions, dans les moments de solidarité avec la Palestine, sa présence était constante, fidèle, silencieuse parfois, mais toujours déterminée.

Martine venait d’une famille de résistants français face à l’occupation nazie. Peut-être est-ce là que se trouve l’origine profonde de son engagement : cette conviction simple et puissante que, face à l’injustice, on ne peut pas rester du côté de l’indifférence. On doit se tenir du côté des opprimés.

Et lorsque ces opprimés deviennent aussi, par la vie et par l’amour, les siens, l’engagement devient presque une évidence.

Pour nous, Palestiniens, Martine n’était pas seulement une amie. Elle faisait partie de nous.

Aujourd’hui nous lui disons au revoir, mais son passage parmi nous a laissé des traces profondes. Par sa générosité, par sa fidélité, par sa persévérance, elle a su rassembler autour d’elle un cercle d’amis et de consciences unis par les valeurs qu’elle défendait.

Repose en paix, Martine.
Tes enfants sont aujourd’hui des adultes, et la vie continue à travers eux et leurs enfants. Et ton engagement, lui aussi, continuera de vivre dans la mémoire de ceux que tu as touchés et inspirés.

Car certaines personnes ne disparaissent jamais vraiment : elles deviennent simplement une part de notre histoire.

Et Martine, désormais, fait partie de la nôtre.

Mohammed Yousef

Martine au Ramier, photographiée par Jean


Martine m’écrivant un courriel à propos d’une cérémonie "officielle" à Toulouse sur Missak Manouchian :

Missak n’appartient à personne.
Je ne le reconnais pas pour ma part comme un communiste, mais comme un internationaliste antifasciste. Je lui reconnais courage et cette profonde humanité qui manque hélas souvent . "Et je meurs sans haine pour le peuple allemand". Une leçon magnifique. Ce fut dit, certes.
Et ces jours, lui rendre hommage sans dénoncer les lois Darmanin, sans parler du droit du sol, c’est pour (Carole) Delga une arnaque électorale, qui flirte et frise presque avec du " lèche Macron ». Ne pas parler du fascisme, de Vichy, représente à mes yeux une histoire faussaire et conforte mon idée que nous n’étions pas là pour parler ni histoire, ni politique, mais faire consensus politicien dans ce fameux arc républicain et nous pauvre public pour nous taire.

Mais c’est surtout la forme « plateau télé » anesthésiant d’un entre soi léger, avec ce que j’appelle les « moi-je », plateau, ignorant la salle.
Non cette soirée, à mes yeux, n’élevait pas la pensée, n’enrichissait que très peu les connaissances, ne s’ancrait pas dans la réalité. Loin de la conférence sur Maurice Audin où, après un film minable certes, du style Delga, moi-je, nous avons eu plusieurs interventions, dont celle de Benjamin Stora ; les intervenants s’adressaient aux auditeurs, travaillaient sur l’histoire, n’évitaient pas les questions délicates, loin d’un divertissement de l’entre soi de (Nathalie) Saint Crick. Il y a eu débat et les questions ne furent pas éludées.
J’ai bien aimé moi aussi la simplicité honnête de l’ambassadrice arménienne. Mais, à mon avis, elle a eu trop peu d’espace. Ou du moins il n’y eut quasiment rien à côté.
Une grand-messe en quelque sorte pour racoler.
Je suis souvent sévère
Amitié
M