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Le contexte de la guerre au Soudan et l’évolution en 2025

Depuis avril 2023, la population soudanaise subit une guerre pour le pouvoir opposant l’armée soudanaise régulière dirigée par le général Al Burhan et les Forces de Soutien Rapide (FSR ou “Janjaweed”), une milice dirigée par Mohamed Hamdan Daglo dit “Hemedti” et créée par l’ancien dictateur Omar El-Béchir. Les deux parties sont accusées de violences sur les civil·es, mais les méthodes des FSR sont particulièrement brutales, utilisant famine, violences sexuelles, massacres ethniques, enlèvements, bombardements d’hôpitaux et de camps de déplacés, comme des armes contre la population.

D’autres groupes armés existent : la plupart sont des groupes d’auto-défense populaire combattant aux côtés de l’armée régulière. Des puissances étrangères sont responsables de l’escalade de la violence en alimentant les deux armées en armes et en soldats (voir p. 3).

Le Soudan vit la plus grande crise humanitaire du monde, avec 9 millions de déplacé·es internes et 4,3 millions de réfugié·es ayant fui le pays. En 2025, les initiatives locales de soutien de la population ont été particulièrement mises en difficulté, avec l’arrêt de centaines de cuisines communautaires face à une désertion de l’aide humanitaire internationale. C’est aussi une année marquée par la famine (21 millions de Soudanais·es souffrent d’insécurité alimentaire aigüe) et les épidémies, dans un contexte d’effondrement des services publics.

En ce début d’année 2026, à Khartoum et dans les villes reprises par l’armée, la population civile entreprend un travail de reconstruction. Plus de 40 hôpitaux et 244 centres de santé ont rouvert dans la capitale. Le gouvernement dirigé par l’armée soudanaise y a officiellement réinstallé son siège. L’armée soudanaise prétend que la fin de la guerre est proche, la majorité du territoire étant sous son contrôle, et appelle les citoyen·nes exilé·es à revenir au Soudan. La milice RSF cherche à imposer un contre discours présentant le territoire comme dangereux et non viable, à travers une stratégie de terreur et de destruction par drones. Malgré l’espoir d’une fin du conflit, les militant·es restent méfiant·es du retour de l’armée, craignant un rétablissement de la politique répressive et autoritaire d’avant le conflit.

Khartoum & Gezira. En janvier 2025, l’armée lance une offensive dans l’état de Gezira et reprend le contrôle de Wad Madani, suivie d’une série de victoires dûes à la résistance des populations, la perte de chefs chez les FSR, leur manque de formation et d’équipement militaire. Le 23 mars, l’armée reprend le palais présidentiel de Khartoum, un changement significatif dans l’équilibre de pouvoir et un symbole de victoire.

Port-Soudan. Le 4 mai, l’usage du drone par les FSR transforme la guerre en bombardant la ville de Port-Soudan, une des dernières villes considérée comme “sûre”, refuge de milliers de personnes et siège du gouvernement soudanais. Les attaques visent les dépôts de carburant et l’aéroport de Port-Soudan.

Darfour - El Fasher. Le siège d’Al Fasher par les FSR s’intensifie à partir de mars 2025. Les habitant·es subissent famine et attaques sur des zones résidentielles et les camps de déplacé·es comme Zamzam, où tout le personnel médical est tué le 10 avril. Après des mois d’alertes des comités de résistances, le 27 octobre, El Fasher tombe aux mains des FSR. Plus de 60 000 personnes sont massacrées et 150 000 personnes sont encore portées disparues.

Kordofan Après la prise d’El Fasher par les FSR, le Kordofan devient la ligne de front du conflit. La milice intensifie les attaques et assiège l’armée dans la ville de Babanusa. Les villes de Bara et Kalogi sont la cible de massacres, de viols et de