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Fleur d’un monde hyper-connecté,
La machinerie insinue
Son fantôme désaffecté
Dans notre intelligence nue.
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Née en des infinis fortuits,
L’autonomie électronique
Nous offre ses vénéneux fruits
Comme un remake satanique !
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Ce progrès, qui donne le la
A l’hallali de l’espérance,
Ce futur où l’on s’emmêla,
Sonne le glas et dit l’errance
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Qui sera le funeste lot
Des survivants de la débâcle
Quand, telle la tribu de Lot,
Ils iront, sans dieu ni pentacle,
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Atrocement libres et creux,
Anéantis dans le massacre
Programmé par l’octet affreux
Dont ces temps-là verront le sacre...
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Fade humain plat, triste têtard,
Instigateur de ton marasme,
Il est pour toi désormais tard ;
Tu mourras d’horreur et du miasme,
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Mais la nature survivra
A l’Armageddon ridicule
Que cette outrecuidance ivre a
Pendant que le monde t’adule,
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Impulsé par ton œuvre au noir,
Pauvre alchimiste suicidaire,
Assassin de son propre espoir
Réduisant peu à peu son erre
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En ce piège contemporain
D’où la vie échappe et reflue ;
Si l’homme en est content - pour rien -
C’est qu’il entretient sa berlue
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Au mirage imbu de gérer
Le vivant, tel qu’un vrai démiurge,
La laissant se régénérer
– Alors que létale est la purge -
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Fi de ces micro-processeurs
Et des plans menant aux abîmes ;
Ecoutez-moi, frères et sœurs :
Nous avons cru gagner les cimes
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Grâce au complexe ordinateur
Mais le crime était dans notre âme,
Et nous avons créé la peur
Et la mort - un immense drame,
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Un holocauste en tout fatal,
Une noyade programmée
Par la silice et le mental,
Sous l’ombre de la croix gammée...