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Notes de Lecture de Lang D.E 1e partie

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Résumé et notes de lecture Land Dark Enlightenment 1ème partie
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Le primo-lecteur peut s’initier aux arcanes des Lumières Noires dans :
https://divergences.be/ecrire/?exec=rubrique&id_rubrique=977

Je résume le texte de Land paragraphe par paragraphe. J’ajoute des notes et les commentaires sont précédés de │

Le mot « lumière » vient du mot « illumination ».
Donc, les adeptes des Lumières sont des illuminés.

Les Lumières sont le vrai nom de la modernité. Elles sont la base du progrès. Elles font partie d’un processus historique qui les influence.

Lumière devient un modèle pour l’homme en progrès. Cette lumière fait disparaître le passé. Sinon, elles font un gros pas en arrière. Le conservatisme est « condamné d’avance ». Cela montre que les choses sont décidées à l’avance.

│ La prédestination affleure, on en verra les raisons plus loin.

On ne peut pas revenir en arrière. L’idée d’un modernisme réactionnaire ne tient pas compte de l’évolution de la société.

En avril 2009, des penseurs américains ont affirmé que la liberté et la démocratie ne vont pas ensemble. Les libertaliens préfèrent la liberté à la démocratie.

│ Thèse centrale des D.E. (Dark Enlightenment) : nous entrons dans les entrailles de la Noircitude [1] qu’il ne faut pas rejeter d’un revers de main. La prolifération des libertés liée à l’individualisme marchand entre de tout façon en conflit avec les principes de la démocratie.

Les « néo-réactionnaires » pensent que la démocratie n’est pas seulement un système, mais aussi un moyen d’avancer, avec une direction claire et sans doute possible, comme des rails indissociables de l’expansion de l’État.
L’extrême droite peut-elle empêcher ce processus ? Pas du tout. Ce n’est pas démocratique. Les élections sont un marché de voix. Les gens sont corrompus, l’éducation est de masse et l’information est de la propagande. Le darwinisme social « démocratique » élimine les candidats qui ne correspondent pas aux attentes. Même la gauche joue ce jeu mauvais.

La démocratie réprime les voix libertariennes avant même qu’elles ne se manifestent. « La voix, c’est la démocratie », selon Rousseau.
« Le vote, c’est le cauchemar du monde. Et le brouhaha n’aide pas. » Il faut arrêter de débattre pour rien.

Fuir sans voix, sortir sans cautionner le système, voilà, donc, la seule solution. Pour les libertariens, il s’agit du seul droit humain universel.

Les purs et durs " néo-réactionnaires " considèrent que la démocratie n’est pas uniquement condamnée, mais qu’elle est le mal absolu. Ce courant anti-politique hobbesien constitue une forme cohérente de d’illumination sombre purgée de tout enthousiasme rousseauiste. Selon eux, les électeurs illuminés forment une " foule hurlante et irrationnelle ". La démocratie dégénérative encourage les vices, les ressentiments, voire les déficiences mentales. Le politicien démocratique et l’électorat fonctionnent en boucle propre à une autophagie collective.

Les Lumières voient des idéaux politiques, les Lumières sombres perçoivent des appétits que les gouvernants s’empressent de satisfaire avec voracité. La démocratie sert à empêcher les gueux de se révolter, de les contenir. Sinon la société s’autodétruirait (autophagie).

│ La démocratie, le mal absolu, mobilise toutes les énergies de la Noircitude. D.E procède par inversion quasi systématique des Lumières.
 Démocratie et État forment un dualité. Cela impose à la pensée libertaire d’affuter ses couteaux.
 Comme pour la prédestination, l’avenir est tracé d’avance : les rails de la modernité mènent à la destruction.
 Le thème du vote ne nous laisse pas indifférents. D’ailleurs, ceux qui ont fréquentés les AG et autres réunions politiques connaissent parfaitement les limites du formalisme électoral urnien (des urnes) ou pire de la main levée, sans tendre le bras vers l’avant !!!
 La psychologie des foules régit les mécanismes de la démocratie.
 La démocratie est une soupape de sécurité à l’usage de manipulateurs chevronnés.

Lang reprend les arguments d’Hans-Hermann Hoppe : https://www.wikiberal.org/wiki/Hans-Hermann_Hoppe
"En tant que monopoleur héréditaire, un roi considère le territoire et le peuple sous son règne comme sa propriété personnelle et se livre à l’exploitation monopolistique de cette « propriété ». Sous la démocratie, le monopole et l’exploitation monopolistique perdurent. Au contraire, ce qui se passe est le suivant : au lieu d’un roi et d’une noblesse qui considèrent le pays comme leur propriété privée, un gardien temporaire et interchangeable est chargé de manière monopolistique de la gestion du pays. Le gardien ne possède pas le pays, mais tant qu’il est en fonction, il est autorisé à l’utiliser à son avantage et à celui de ses protégés. Il possède son usage actuel – l’usufruit – mais pas son capital social. Cela n’élimine pas l’exploitation. Au contraire, cela rend l’exploitation moins calculatrice et menée avec peu ou pas de considération pour le capital social. L’exploitation devient myope et la consommation du capital est systématiquement encouragée."

Les dirigeants élus démocratiquement pillent la société le plus vite possible, car leur durée de vie politique est limitée. Par ailleurs, ils s’efforcent de transmettre le gâteau à leurs successeurs, car leurs ennemis ne doivent pas profiter des ressources collectives. " Mieux vaut donc détruire ce qui ne peut être volé. " D’où la sanctuarisation des partis politiques.

Les Lumières sont indissociables d’une relégation de la notion de temps et d’espace, l’intérêt pour le présent s’efface devant l’avenir. " La démocratie, qui, tant en théorie qu’en pratique historique, accentue la préférence temporelle au point de provoquer une frénésie convulsive, est donc aussi proche que possible d’une négation pure et simple de la civilisation, à moins d’un effondrement social instantané vers une barbarie meurtrière ou une apocalypse zombie ". Devenue virus, la démocratie ravage tous les composants de la vie individuelle et colletive — rien ne lui échappe. Le consumérisme orgiaque, l’incontinence financière, le spectacle clownesque de la politique, deviennent la " télé-réalité " quotidienne. Un slogan : Tout tout desuite, autant tout dévorer maintenant.

W.C. (Winston Churcill of course) formule avec son style typique de néo-réactionnaire : " Le meilleur moyen contre la démocratie est une conversation de cinq minutes avec un électeur moyen ", ce qui complète sa sentence : « la démocratie est la pire forme de gouvernement, à l’exception de toutes celles qui ont été essayées ». Bien qu’il n’ait jamais concédé que « d’accord, la démocratie est nulle (en fait, elle est vraiment nulle), mais quelle est l’alternative ? ». Les néo-conservateurs ont parfaitement compris le message d’autant que W.C. sut triompher de la Germanie en folie (avec l’aide de beaucoup d’Européens consentants). En fait, l’économie de marché n’est qu’un mode de de survie spontané face aux ruines du monde.

Le seigneur suprême du néo-conservatisme, Mencius Moldbug, pose la question : « Pouvez-vous imaginer une société post-démocratique du XXIe siècle ? Une société qui se considérerait comme en voie de guérison après la démocratie, un peu comme l’Europe de l’Est se considère comme en voie de guérison après le communisme ? »
On retrouve, ici, les implications du courant austro-libertarien, mais avec la volonté de dépasser une position sans issu, si ce n’est une collusion entre l’Etat et la croissance.

e passage du néo-conservatisme à la néo-réaction passe par un retour hobbsien à la souveraineté qui ne doit pas être bradée mais contrôlée.
Au passage, Lang fait une réflexion lourde de sens : " Les utopies anarcho-capitalistes ne peuvent jamais sortir de la science-fiction, les pouvoirs divisés se regroupent comme un Terminator brisé, et les constitutions ont exactement autant d’autorité réelle que le leur accorde le pouvoir souverain d’interprétation ". D’après Mencius Moldbug l’État ne peut disparaître car il a trop de valeur pour ses agents, " il a trop de valeur pour être abandonné et, en tant qu’incarnation concentrée de la souveraineté dans la société, personne ne peut lui faire faire quoi que ce soit ".
L’impossibilité d’éliminer l’État implique qu’il faut guérir la démocratie en la " formalisant ", position soutenue par le " néo-caméralisme ".

Cette doctine se résume simplement : " un État est une entreprise qui possède un pays. Un État doit être géré comme toute autre grande entreprise, en divisant la propriété logique en parts négociables, chacune rapportant une fraction précise des bénéfices de l’État. (Un État bien géré est très rentable.) Chaque part donne droit à une voix, et les actionnaires élisent un conseil d’administration qui embauche et licencie les dirigeants. " L’individu actionnaire s’implique dans la vie de l’État. Un État bien géré est rentable. Les actionnaires peuvent licencier les dirigeants.
Critique du néo-caméralisme :
— La critique du néo-caméralisme implique de briser le mythe démocratisque selon lequel un État appartient aux citoyens. Les néo-caréralistes rachettent l’Etat donc cassent la perpétuation du mensonge démocratique sur l’émancipation des masses. Cette position reste dans l’ombre de la " farce démocratique ".
— Il faut donc trouver un moyen de savoir qui sont les dirigeants que le néo-conservatisme ne réduit pas à la bourgeoisie, contrairement au marxisme réducteur. Mencius Moldbug nomme " LA CADTHÉDRALE " l’ensemble des actionnaires privés, des dirigeants, des parts fongibles des organismes administratifs, médiatiques, législatifs, judiciaires, éducatifs et universitaires forment la souveraineté réelle.
— La convertion en parts des formalismes politiques, une fois purgés des corruptions démocratiques, forme le Gov-Corp dont la fonction se concentre sur la bonne gestison du pays capable d’attirer des clients. Sans " voix " (action), la liberté de partir est fondamentale.
Bien que jamais véritablement tenté le néo-caméralisme se rapproche de l’l’absolutisme éclairé (Frédéric Le Grand, Singapour, Hong-Kong, Dubaï…) qui assurent une grande qualité de service à ses citoyens sans aucune démocratie politique.

Démocratie :
Dans l’antiquité européenne la démocratie était une phase familière du développement politique cyclique, naturellement décadente par nature très souvent l’anti-chambre d’une dérive vers la tyrannie. Aujourd’hui, l’idéologie démocratique tend à la mondialisation et a perdu toute capacité de réflexion critique sur elle-même. Ce type de démocratie s’apparente à un crédo religieux parfaitement identifiable.

  • D’abord, l’universalisme qui est une secte chrétienne non théiste s’accompagne de ses compagnons de routes traditionnels : progressisme, multiculturalisme humanisme, gauchisme, politiquement correct. On y retrouve la marque du christianisme calviniste issu de la tradition dissidente et/ou puritaine anglaise, unitariste et transcendantaliste.
  • Cette tendance première se mixte avec des pulsions souvent cachées : rousseauisme, utilitarisme, judaïsme réformé, idéalisme allemand, marxisme, existentialisme sartrien, le post-modernisme heideggérien…
  • L’universalisme cache aussi un culte mystérieux du pouvoir qui poussé à l’extrême s’apparente à une gnose laïcisée. Lang compare la dualité universalisme / État en le comparant au paludisme impossible sans moustique.
  • La Réforme est la matrice de cette modernité. Se contenter de la dénoncer comme un mal, ne sert à rien. Il faut agir radicalement.

Aujourd’hui, la situation est caractérisée par une extension totalitaire de l’État, une prolifération de pseudo " droits de l’homme " positifs, de retour de guerres justes, de bureaucraties coercitives, de contrôle social de plus opérant. L’universalisme comme idéologie sert de cache-sexe au la domination de castes. La militance engendrée ressemble au courant des niveleurs, elle se hausse au niveau une téléologie planétaire en même temps qu’elle devient théologie.

La Cathédrale substitue son évangile à tout le fatras que nous avons connu. Lang s’appuie sa démonstration sur des citations :

Une démocratie n’est rien d’autre que la loi de la foule, où 51 % de la population peut priver les 49 % restants de leurs droits. — Thomas Jefferson

La démocratie, c’est deux loups et un agneau qui votent pour décider du menu du déjeuner. La liberté, c’est un agneau bien armé qui conteste le vote ! — Benjamin Franklin

La démocratie ne dure jamais longtemps. Elle se gaspille, s’épuise et s’assassine rapidement. Il n’y a jamais eu de démocratie qui ne se soit suicidée. — John Adams
Les démocraties ont toujours été le théâtre de turbulences et de conflits ; elles se sont toujours révélées incompatibles avec la sécurité personnelle ou les droits de propriété ; et elles ont généralement eu une existence aussi brève que leur mort a été violente. — James Madison

Nous sommes un gouvernement républicain. La véritable liberté ne se trouve jamais dans le despotisme ou dans les extrêmes de la démocratie... On a observé que si elle était praticable, la démocratie pure serait le gouvernement le plus parfait. L’expérience a prouvé qu’aucune position n’est plus fausse que celle-ci. Les anciennes démocraties, dans lesquelles le peuple délibérait lui-même, n’ont jamais possédé une seule bonne caractéristique de gouvernement. Leur caractère même était la tyrannie... — Alexander Hamilton

Ne vous fiez pas à l’attribution de la citation de « Benjamin Franklin » ci-dessus. Selon Barry Popik, cette phrase a probablement été inventée par James Bovard en 1992. (Bovard remarque ailleurs : « Il y a peu d’erreurs plus dangereuses dans la pensée politique que d’assimiler la démocratie à la liberté. »)