La maladie infantile…
Sous la rubrique " Liaisons dangereuses " je voulais faire un diagnostique exhaustif de cette maladie infantile. Chemin faisant, comme le bel emplumé du même nom, les livres, les notes et les souvenirs s’accumulèrent sur mon bureau des causes perdues. Pierre ayant eu l’excellente idée de produire une synthèse Pour plus de détails cliquer ici et, pour ma part, fort empêtré dans mon obsession de produire une nouvelle " somme " assommante, j’opte pour une notule finale avant de replonger dans le nécessaire travail de décryptage du néoTot, les élections américaines et le naufrage des intelligentsias politiques européennes imposent de concentrer nos efforts au tsunami qui nous emporte vers un présent/avenir redoutable.
Cette maladie infantile a dégénéré en syndrome sénile. Elle accompagne la terrible méprise des idéologies progressistes drapées dans la vertu révolutionnaire sanguinaire.
Heurs et malheurs.
Le léninisme
son compagnon de route le gauchisme confisquent depuis 1917 les espoirs de changement. Le miroir aux alouettes n’a cessé de mobiliser des troupes et de remplir les cimetières de la pansée. Hélas, quelques anarchistes ont suivi le mouvement, d’autres tentèrent de sauver les meubles.
L’extrémisme comme esthétique et comme fantasme de pureté.
L’élite auto-proclamée du mouvement ouvrier s’est positionnée comme le fer de lance, de " phare de la conscience historique ". Elle était la fille naturelle du romantisme attardé et perdu dans le marigot de la praxis. Par ailleurs, elle revendiquait l’incarnation de la pureté révolutionnaire. Cette radicalité valait rédemption et une forme sournoise de messianisme eschatologique. L’histoire nous avait pourtant averti du passage sournois de la pureté au fanatisme. Dernier point, la révolution voulait via une dictature des révoltés affirmé son sens de l’universalisme. Le prolétariat se voyait déjà le nouveau peuple élu. Une volonté de pureté idéologique, de certitude de détenir la vérité vraie, et, par conséquent un tropisme d’épuration, de nettoyage idéologique caractérisent toutes les formes de totalitarisme politique ou religieux.
La violence : un mythe libératoire.
La violence armée devint la voie " royale " de libération. La catharsis révolutionnaire aime l’odeur et la couleur du sang. Le drapeau rouge symbolise cette dérive. Certains historiens se demandent si la Prusse n’aurait pas financer Lénine afin de soulager son front oriental. Pour plus de détails cliquer ici et Pour plus de détails cliquer ici
Fascination et fascisation.
Le XXème siècle comme par la fascination des esprits pour des débats enragés. La lutte des classes passent par la lutte des idées. Après la saignée de 14/18, la fascisation prend le relais. La contamination se mondialise : Europe, USA, Japon… La peste brune, noire ou rouge polluent pour des décennies la vie politiques et intellectuelles. Les deux termes forment un tout qui explique les engouements populaires, les adhésions affectives. Le totalitarisme ordinaire s’appuie sur des mécanisme de propagande : les frères prêcheurs du christianisme des dominicains/ franciscains aux évangélistes, sans oublier le secte Tabligh ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Tablighi_Jamaat ) de l’islam prosélyte.
La berlinade ou l’horreur du vide.
Berlin fut le lieu de l’achèvement des deux mythes totalitaires du XXème siècle : 1945, la Chute de la peste brune et noire, et 1994, la chute du mur , l’effondrement du fol espoir d’un monde nouveau et libératoire. Et pourtant, ces deux monstruosités historiques n’en finissent pas de crever. Leurs épigones perpétuent la tradition ancrée en profondeur dans notre historicité collective et individuelle.
Les mouvements radicaux de gauche cumulent les tares des deux extrêmes. Problématiques largement documentées, commentées et objet de conflits indélébiles dont le simple inventaire nous renvoie à notre pathos.
De l’antiracisme au racialisme
1945 annonce la relégation définitive de racisme biologique et de la xénophobie généralisée. La nazisme incarnant les deux pôles de la haine systémique, sa chute déconstruits ses fondements. la farce du procès de Nuremberg peine à cacher le recyclage des élites techniciennes et administratives (Gestapo). Il inaugure aussi la mise en place d’un droit international ambigu ( génocide, crime contre l’humanité…).
Après une période de paix illusoire, un nouveau type de guerre qualifiée de froide apparait. Les survivants de la LVF et les nostalgiques de la coloniale s’ennuient, l’alcool ne suffit à leur nostalgie. Ils se regroupent dans un magma frontiste.
Le fascisme usé jusqu’à la corde et l’antiracisme sans racisme relancent les luttes radicales anciennes, fussent-elles souvent pur fantasme. Mais la mayonnaise prend, elle mobilise les soixante-huitards en mal d’objectifsL Une nouvelle militance émerge des Trente Glorieuses et inaugurent les décennies piteuses.
Inutile de plonger dans la littérature abondante. En finir avec les liaisons dangereuses du présent s’impose. Le discours national-souverainiste cachant mal ses sources, beaucoup de camarades se mobilisèrent autour de cette nouvelle radicalité.
Les illusions perdues de la décolonisation et la xénophobie de l’immigration se transforment en une nouvelle doctrine pernicieuse l le racialisme. Le prolétaire embourgeoisé et le tiers-mondisme essoufflé créant un vide, la mobilisation générale s’incarne dans un nouveau totem : le racisé, synthétisant le racisme, l’exploitation capitaliste et l’anti-mondialisme. Ouf ! la militance a trouvé son ressourcement, son idéologie mobilisatrice. Le piège à … fonctionne au-delà de tout espoir. La race refoulée la lutte contre les exploiteurs des racisés s’installe sur le devant de la scène. Le Programme Commun contribua largement à la mélasse et aux lendemains qui déchantent.
Le reflux du marxisme pour cause de Chute du mur ouvre un vide sidéral dans la culture militante. La matrice américaine apporte des éléments exploitables. L’avant-garde n’est plus à l’est, c’est de l’ouest qu’arrivants le nouveau. L’américanisation inconsciente
s’installe avec bonheur.
De l’anticolonialisme au décolonialisme
Je ne suis pas historien, toutefois mes lectures m’ont convaincu que l’anticolonialisme n’était pas une vertu ni une position idéologique de gauche, mais une position libérale fortement implantée et convaincante depuis longtemps. L’Ancien-Régime implantait des têtes de pont portuaires nécessaires aux marines royales (Alger, Goa, Pondichéry, Malte…). La Révolution, l’Empire et la République optèrent pour la conquête territoriale musclée sans calculer les coûts dérivés.
https://www.persee.fr/doc/outre_163...
[1]
https://www.persee.fr/doc/outre_030...
https://www.persee.fr/doc/cea_0008-...
https://shs.cairn.info/revue-napole...
https://shs.cairn.info/revue-econom...
Le gauchisme endeuillé de sa matrice révolutionnaire libératoire et du tiers-mondisme eschatologique s’engouffra sans recul dans les luttes de décolonisation. Enfin de quoi se remuer le popotin et de brandir des pancartes. La réalité des répressions valida le bienfondé de l’action. La répression = la preuve par 9 de la justesse idéologique. Hélas, très peu de militants perçurent l’impasse et optèrent pour un pas de côté radical : insoumis, déserteurs, objecteurs de conscience. Beaucoup se retrouvèrent dans les chantiers internationaux (SCI). Scénario largement connu depuis la mobilisation de 1914.
Puis vint l’imposture finale, le décolonialisme, stade sénile du gauchisme déjà islamisé.
L’imposture décoloniale.
Le décolonialisme permit au gauchisme de peaufiner un nouveau concept synthétisant toutes les pulsions militantes et de mettre en place un œcuménisme pacificateur au moindre coût. Pseudo-antiracisme, déconstruction, décolonisation, désoccidentalisation, post-colonialisme, post-anarchisme, pratique renouvelée du complotisme, indigénisme, blanchité (le racisme anti-blanc) face à une négritude glorifiée, le racisme systémique, néo-féminisme (celui qui lave plus blanc), écologie politique, écoféminisme, écoterrorisme, victimisation, de l’action festive à l’émeute urbaine, de l’antisionisme carrément antisémite.
De plus, tous ces fragments idéologiques permettent l’affichage d’une unité factice, mais hautement politique, car ils ont engendré un désir politicien et parlementariste. En France, l’art tactique de LFI sait parfaitement brouter à toutes les verdures et assurer son emprise sur une gauche française à la ramasse depuis des décennies. [2]
Le massacre du 7 octobre 2023 redynamisa les forces gauchistes naufragées dans l’électoralisme. Le décolonialisme nouveau relance la légitimité lexicale antisioniste (donc du nationalisme fut-il palestinien ainsi lavé de tout soupçon idéologique). Louis XIV affirmait " l’État c’est moi ", Mélanchon claironne " Je suis la république ", la gauchisme islamisé ose : " Mohammed Merah c’est nous ! ".
La pensée honteuse : le nationalisme
La nation
Objet de tant de ressentiments dans la gaucho-sphère, la Nation est une pure construction idéologique tardive. Sa substance réelle pioche à la fois dans la notion de territoire, de langue, d’ethnie, de lieu d’exercice d’un pouvoir. Elle génère un sentiment d’appartenance, de communauté de destin ; elle devient Patrie.
La gente révolutionnaire tenta deux ersatz : le prolétariat et l’International, eux aussi pures constructions idéologiques. Le reniement était dans le fruit, la mobilisation de 1914 remit les idées folles dans la grande poubelle de l’histoire. La gente militaire s’étonna du faible taux d’insoumissions dans le contexte de l’époque. L’assassinat de Jean Jaurès ne fut qu’un grain de sable. L’absence de révolte stupéfia les képis étoilés. (Relire Roger Marin du Gard, les Thibault ).
Le nationalisme devint une vertu (vice) droitière. La gauche inventa même les Comités de Soldats, exemple de sa praxis de l’entrisme (la taqiyya des islamistes). Le nationalisme, les guerres s’éloignant, devint honteux, une sorte de mal identique à la guerre. L’anti-nationalisme parvint à redorer un blason souillé par les mobilisations soutenues par l’ensemble des partis parlementaires. Seule une poignée d’illuminés fit un pas de côté et opta pour l’exil, l’insoumission ou l’objection de conscience. Nationalisme et anti-nationalisme forment une idéologie commune à géométrie variable et opportuniste. Il est devenu périlleux de se revendiquer comme nationaliste, le souverainisme se substitue avec succès à la névrose anti-nationaliste. La jonction avec l’extrême-droite a permis à nos gauchistes (plus ou moins islamisés) de retrouver l’ennemi janusien. La résurgence du concept de populisme autorise tous les amalgames, d’autant que le laminage du PC (organisé par Mitterand) a coupé radicalement la gauche de sa base électorale ouvrière traditionnelle.
La libération nationale
L’actualité a relancé le nationalisme (Ukraine, " Palestine " [3]. et nos anti-nationalistes patentés repartent à la défense des opprimés se libérant du joug colonial, impérialiste. Les mêmes occultent le Soudan et plusieurs peuples d’Asie ou d’Afrique.
Proche-Orient et Maghreb
Les schèmes de l’idéologie nationale reprennent des couleurs. La honte se transforme en soutien inconditionné de l’opprimé maintenant racialisé. Les damnés de la terre peuvent compter sur leur soutien militant actif, voire violent s’il le faut. Par la même occasion, le vocabulaire, non pas des invectives, mais juste des mots aux doux parfums passéistes, fleurit. Génocide tient le haut du pavé. Le procès de Nuremberg a presque formaté le concept pour stigmatiser les oppresseurs aux " mains sales " du colonialisme et du racisme honnis.
A ce jeu de langage tourbillonnant, pratiquant l’inversion accusatoire avec brio, les persécutés, les pogromés, les gazés deviennent, par incantation répétitive, les génocidaires. La diatribe, par son évidence médiatique, accuse le sionisme de nationalisme sanglant tout en soutenant le nationalisme d’organisations utilisant sans vergogne les armes qu’ils condamnent. Les cadavres et les souffrances sont la preuve par 9 de la vérité. Inutile de chercher plus loin, dans le passé et dans le présent, des expiations. La factualité est une commencement, normal chez les adeptes du monothéisme méditerranéen. Les descendants de Marcion (marcionisme) prétendent toujours qu’ils sont l’origine, un commencement. Ils cachent l’éternel retour du même, inlassable bégaiement de l’histoire, sorte de ravalement dont la couleur dépens de l’idéologie invoquée.
La légitimité de la réponse aux massacres du 7 octobre a engendré, comme une irruption/éruption volcanique, une déflagration. Les idéologies s’enchevêtrent dans une mélasse insupportable. Les vieux démons de l’occident rempilent (au sens militaire), sortent les casques, les discours rabâchés, le cadastre biblique. Bagatelles pour un massacre version sanglante (et non littéraire) se déroulent sous
nos yeux cathodisés.
Deux pseudo-nationalismes s’affrontent. La domination territoriale accompagne la volonté de pouvoir. L’un brandit le Coran, l’autre la Torah. Abraham et Noé ont honte de leur descendance sémitique. Au-delà des longues polémiques, analyses et récupérations militantes, je veux insister sur le retour dramatique du nationalisme que l’on croyait rayer de la panoplie intellectuelle.
L’alliance du chiisme et du sunnisme annonce une corruption islamique donc politique d’un courant monothéiste porteur d’une culture diverse et riche, et qui a inspiré de nombreux philosophes inséparables de notre occidentalité et de ses disputations : Ibn Rushd, Ibn Sina, Al-Ghazâlî, Sohrawardi, Mollah Sadra… La fascination/fascisation pour synthèse religieuse nationaliste ne peut qu’engendrer les pires déviances.
La réduction de la Torah à un plan cadastral inscrit dans les pierres et la textualité équivaut à la dérive islamique. De plus, cela correspond à un changement radical dans la conception d’Israël. La Jérusalem mystique se banalise jusqu’à parodier le pire : une sorte de national-fascisme qui aspire à la construction du troisième Temple. Hérésie anti-juive !
C’est un reniement complet du Talmud qui sauva le judaïsme par l’exil mémoriel et ensuite par la diaspora, incarnation d’une pensée religieuse et intellectuelle libérée totalement de volonté territoriale..
Cette tradition influença l’anarchisme des goyim allergiques au nationalisme. Une pensée libre est obligatoirement détorrialisée.
Le cas Boualem Sansal.
La dimension nationalise dans l’arrestation de Sansal est pour moi un facteur important. Le pouvoir actuel algérien ressemblant à celui d’Hassad par bien des côtés s’appuie sur un découpage territorial hérité du colonialisme tant honni. C’est une intégration du virus " nation ". L’Algérie est une création de conquête aux frontières artificielles au détriment du Maroc, état constitué depuis longtemps.
La question nationale n’a pas perdu une ride, les exemples abondent. Nationalisme, nationisme restent un
boulet de la pensée théorique, impossible à nier. [4].
Le genrisme
Le gauchisme en perte de fondement cherche désespérément toutes les dérives sociétales qu’il transforme en lutte existentielle. Le cache-misère tient lieu de pensée théorique. Les contradictions et les pulsions du capitalisme contemporain lui fournissent un champ de bataille de première classe.
Qu’importe les contradictions avec son infiltration islamiste. La division du travail a toujours permis une amélioration de la productivité. Le bagou et le psittacisme militant se renforce avec la prolifération des luttes sociétales à chaque nouveauté. L’adieu au prolétariat et aussi un enterrement parlementariste.
Islamo-gauchisme, le suicide collectif de la pensée dite radicale
Face aux incuries du gauchisme et de la gauche à la dérive, une seule concession s’impose :
- Maintenir une surveillance critique de la factualité, on échappe ni à l’histoire ni à l’actualité.Ce qui mobilise déjà beaucoup de temps, la chronophagie guette.
- Réinvestir les fondamentaux en gardant à l’esprit que nous luttons à armes inégales contre un nouveau capitalisme soutenu par des I.A et des armées de techniciens dont c’est le gagne-pain et l’assurance vie.
- Reprendre les discussion sur le nationalisme et le nationisme, d’autant que la théorie de l’empire reprend de sa ferveur militaire.
Cette entreprise implique un investissement important, temporel, intellectuel et participatif.
R-D. M