Chronique mensuelle irrégulière. Mai 2021

CONTRE TOUTES LES FRONTIÈRES, POUR LA PAIX ENTRE LES PEUPLES !

CONFLIT ISRAÉLO-PALESTINIEN

Des dizaines d’années de conflit, des dizaines d’années d’expulsions, de colonisation...et autant d’années de non-respect du droit international.

Des dizaines d’années de plans de paix sans concrétisation...ou entraînant la mise à mort de ceux qui les portent.

Des dizaines d’années de blessés et de morts.

Des dizaines d’années de mensonges, de groupes de fanatiques religieux, palestiniens ou israéliens, jouant sur les haines.

Trop d’années à être des variables d’ajustement selon les intérêts de tant d’acteurs et pas uniquement israéliens ou palestiniens.

Depuis une semaine, les braises incandescentes se sont faites flammes ! Lire la suite
COMMUNIQUÉ DU SECRÉTARIAT AUX RELATIONS INTERNATIONALES DE LA FÉDÉRATION ANARCHISTE FRANCOPHONE, MEMBRE DE L’IFA – INTERNATIONAL DES FÉDÉRATIONS ANARCHISTES

POUR UN ANARCHISME RÉVOLUTIONNAIRE

JPEGDes mots froids pour des concepts froids qui tentent de cartographier le déploiement, toujours plus massif et intime, du capitalisme, avec d’un côté du manche la classe bunkérisée des rentiers en plus-value exponentielle et de l’autre, celle des exploités. Non pas « dominés » ni « discriminés » mais bien « exploités », ce bon vieux substantif d’usage encore fréquent à la fin du siècle dernier et dont la charge, autrement plus inclusive que cette orthographe torturée déclinée dans les proses administratives et militantes, suffisait à faire naître dans l’esprit de ceux s’y identifiant le sentiment d’appartenance à la fameuse classe des prolétaires. De là la reconnaissance, à la fois mécanique et implicite, d’une condition universellement partagée : celle de sangs, de larmes et de sueurs versés dans la tuyauterie avide d’une ingénierie mondialisée qui, sous le masque fielleux d’une panacée progressiste et redistributive, ne serait jamais rien d’autre qu’une espèce d’insatiable extracteur de jus humain. Lire la suite

Le climat et la militarisation du monde !

La militarisation des sociétés évoque une série d’étapes nécessaires à la préparation de la guerre, qui ont leurs propres impacts sur l’environnement. Ces étapes sont, selon la théorie du cycle économique militaire, les dépenses militaires, la recherche, le développement et l’innovation de nouvelles armes (R + D + I militaire), l’industrie de l’armement, le commerce des armes et le financement privé. Ensemble, ils expliquent la dynamique qui facilite l’intervention éventuelle des États dans les conflits armés. En analysant chacune de ces étapes, on peut voir clairement dans quelle mesure l’armée influence la crise environnementale.

- Premièrement, les impacts environnementaux liés aux dépenses militaires comprennent tous ceux qui sont liés à l’activité militaire régulière : on peut citer la consommation d’énergie et de ressources lors de la formation, l’entretien des casernes et des bases internationales, la consommation de ressources énergétiques et d’infrastructures, ainsi que les déchets toxiques provenant de l’entretien des équipements et des infrastructures militaires, et de la formation des soldats.

- Deuxièmement, la recherche, le développement et l’innovation de nouvelles armes (R + D + i militaire), à travers les essais d’armes, ont des coûts environnementaux importants liés à l’utilisation des ressources et de l’énergie, en plus de la contamination par les déchets toxiques, la déforestation et la perte d’habitat résultant du processus de R + D + i.

- Troisièmement, l’industrie militaire a des impacts environnementaux indirects importants, de l’extraction des matières premières à la fabrication des armes, en passant par la contamination due aux activités industrielles dans les chaînes d’approvisionnement et l’assemblage final des nouveaux équipements militaires.

- Quatrièmement, les exportations et les importations d’armes ont un impact environnemental dû à la consommation d’énergie et à la pollution liée au transport des armes.

- Cinquièmement et enfin, le cycle de préparation de la guerre inclut la participation d’institutions financières privées qui fournissent les services financiers nécessaires à son bon fonctionnement.

Les institutions financières ont des impacts environnementaux indirects, en soutenant économiquement les sociétés extractives transnationales et le complexe militaro-industriel, qui constituent ensemble le "Triangle mondial du pouvoir" - un réseau d’organisations et d’individus hautement interdépendants, dont le fonctionnement est lié au changement climatiqueLire la suite

La traite de travailleurs chinois à l’étranger

China Labor Watch publie un rapport sur les travailleurs chinois bloqués à l’étranger dans le cadre de la pandémie de Covid-19

Depuis l’éclatement de la pandémie de Covid-19, des centaines de milliers de travailleurs migrants chinois bloqués à l’étranger n’ont pas pu rentrer chez eux. En réponse, China Labor Watch a commencé à enquêter sur la situation en juillet 2020. Les données de ce rapport proviennent principalement de notre correspondance via des services de messagerie instantanée, des appels téléphoniques et des courriels avec près de 100 travailleurs chinois dans huit pays de l’initiative "la Ceinture et la Route" (BRI) [1] en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique. Des reporters citoyens en ligne et des volontaires chinois dans les pays d’accueil qui se préoccupent des droits des travailleurs chinois à l’étranger ont également été consultés.

Nous avons mené des entretiens approfondis avec 22 travailleurs chinois qui ont travaillé ou travaillent actuellement sur divers projets de la BRI situés en Indonésie, en Algérie, à Singapour, en Jordanie, au Pakistan, en Serbie et dans d’autres pays. Parmi les travailleurs interrogés, nous avons constaté des violations généralisées des droits, dont les suivantes la détention de passeports, des restrictions à la liberté de mouvement, des horaires de travail excessifs allant jusqu’à 12 heures par jour et 7 jours par semaine, zéro indemnité de vacances, des salaires impayés, la délivrance de visas illégaux, un recrutement trompeur et de fausses promesses, l’isolement de la communauté locale, des intimidations et des menaces, des pénalités élevées en cas de démission, l’absence de traitement médical suffisant, des conditions de vie et de travail médiocres, une protection du travail et des équipements de sécurité insuffisants, l’absence de canaux de plainte ou de mécanisme de réclamation raisonnables, une liberté d’expression restreinte et des sanctions sévères à l’encontre des travailleurs qui protestent.

L’ONU définit la traite des personnes comme "le recrutement, le transport, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la coercition, l’enlèvement, la tromperie ou l’abus de pouvoir ou de vulnérabilité, à des fins d’exploitation". Les indicateurs de la traite des êtres humains définis par l’Organisation internationale du travail (OIT) comprennent le recrutement coercitif ou trompeur, des conditions de travail et de vie abusives ou dangereuses, et des employeurs qui restreignent la liberté de mouvement, confisquent les documents d’identité, retiennent les salaires et imposent des heures supplémentaires. Notre enquête a trouvé de multiples indicateurs dans différents pays et projets de la Ceinture et la Route qui peuvent prouver l’existence généralisée du travail forcé systématique parmi les travailleurs chinois à l’étranger. Lorsque certains travailleurs sont allés collectivement demander de l’aide aux ambassades et aux consulats, ils ont été soit ignorés, soit accusés de protestation violente.Lire la suite

1er mai, Retour de manif !


- Premier mai parigot : résister c’est créer !

Quand la fête de Saint Jacques tombe un dimanche, les catholiques observants se rendent en pèlerinage à Compostelle ; ça revient tous les 6, 5, 6 puis 11 ans. Pour les dévots de Shiva la Grande Kumbha Mela c’est tous les 12 ans ; 100 millions de pèlerins en 2013. Mais pour les anarchistes parisiens c’est bien plus simple : c’est chaque année le premier mai Place des Fêtes et direction celle de la République.

On était près de 3000 à descendre la colline de Belleville pour le rituel. Son dress-code, sa liturgie mille fois répétée, ses officiants à mégaphone et son ambiance familiale. Enfin, sauf lorsqu’une copine qui fermait la manif avec quelques autres, brandissant son drapeau de la FA, s’est faite happée par les robocops. De son bouclier, une des brutes la poussait vicieusement dans le dos. Elle, forcément, elle résistait un peu. Et Paf ! une seconde : le mur s’ouvre deux cognes la choppent l’entraînent derrière, la ligne est déjà refermée. Tu te demandes si t’as rêvé. Quelques cris, on s’arrête, le reste de la manif continuait d’avancer, déjà trop loin pour faire corps. On est pas bien nombreux, on hésite, le rapport de force sent la loose. On veut de l’aide, en vain, la manif poursuit sa descente. Pas fier de moi, je me rattrape mal en me disant qu’un S.O. bien organisé c’est pas du luxe… Plus tard, à Publico j’apprends qu’un sous-cortège qui rejoignait la manif l’a sauvée. Les malfaisants pris en sandwich ont préféré dégager léger laissant leur prise sur place. Peut-être une des Kro.potes on me dit ?

Faut dire que des flics y’en avait vraiment partout, pis que les doryphores ! Devant, derrière et sur chaque côté du cortège, les seuls endroits où tu pouvais coller c’était leurs boucliers.

Créatifs d’ici et d’ailleurs Cortège planplan. On est contents de se retrouver, on papote, on se réchauffe, certains s’échauffent.

Au milieu des anars, une banderole de jeunes grecs de Paris, très sympas. Aussi un groupe de Kanaks regroupés autour d’un drapeau. On discute un peu et ils me disent un mix de terroir et d’ouverture qui résonne alors que partout on redécouvre la commune. Un des défis de la commune justement c’est de faire jouer le terroir et l’ailleurs, les « d’ici » qui nourrissent la terre de leurs fluides, et les « d’ailleurs » qui lui donnent de l’air – ça pourrait s’écrire solid’air. Les chinois diraient Yin et Yang ; les biologistes la membrane nécessairement poreuse de la cellule. Les zapatistes aussi qui font jouer ce qu’ici on ne sait qu’opposer, ils disent mandar obedeciendo (commander en obéissant). Ici plutôt que que d’explorer les possibles équilibres, on fait la chasse au complotiste. Plus facile, plus rassurant aussi – le stress pousse à agir – mais on se se tire dans le pied. Justement, une banderole poétique annonce la venue prochaine des zapatistes.
C’est une grande chance que des peuples d’ailleurs viennent gratter nos évidences, dévoiler nos impensés – écoutons-les. Certains connaissent – parfois vivent encore – les modes de vie
précapitalistes éradiquées ici ; ils ont quelque chose à nous apprendre. Quelque chose de vital dont Karl Polanyi dans sa « Grande Transformation » explique comment on nous la volé.
Lire la suite->