La question du voile revient de façon récurrente sur le devant de la scène politique et médiatique. C’est la première mesure que prennent les religieux pour asseoir leur autorité, leur présence, leur influence. Les femmes en sont toujours les premières victimes - même si certaines veulent défendre les marques de leur oppression - et les luttes féministes des années 1970 ont du mal à entrer en résonance avec les préoccupations des jeunes filles des années 2000. Il s’agit donc de déconstruire le modèle idéologique religieux sur lequel se fonde l’oppression des femmes. La question de l’islamisme et du féminisme est ici posée.
Deux extraits :
Théologie féministe et contrôle social des femmes
La revendication de l’égalité des sexes dans la société musulmane pousse certaines femmes a adopter une approche qu’on pourrait qualifier de « théologique ». Selon elles, le combat politique ou économique pour cette égalité est faussé par une erreur plus que millénaire dans l’interprétation du Coran. Cette erreur d’interprétation a créé des pesanteurs qu’il faut combattre, et aucun progrès dans la condition féminine ne sera possible tant que les femmes ne se seront pas réapproprié le Coran. Les relations hommes femmes spécifiques de l’islam étant ancrées dans la théologie, il faut donc contester les fondements théologiques des tendances misogynes de la tradition islamique. Tant que cela n’aura pas été fait, les femmes continueront d’être victimes de discriminations, en dépit des améliorations de façade dont elles pourront bénéficier.
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Sur le « féminisme islamique »
La première manifestation du féminisme musulman sur la scène internationale eut lieu en octobre 2005 à Barcelone, lorsque se tint le premier congrès international du féminisme islamique avec le soutien... de la Ligue des droits de l’homme. La déclaration d’une participante : « Je suis croyante avant d’être féministe » donne le ton. La présence de l’épouse d’un théologien qui approuve que les maris battent leurs femmes aussi. Dernière touche pour compléter le tableau, une Qatarie, ex-productrice d’une émission pour les
femmes à Al Jazira, se félicita que son pays n’ait jamais ratifié la Convention de l’ONU pour l’abolition des discriminations envers les femmes .
Cependant, peut-être faut-il aller au-delà des attitudes idiotes de quelques femmes issues de la bourgeoisie pour s’attacher aux positions de celles qui militent sur le terrain, souvent en prenant de gros risques. En somme, ne pas avoir une vision sectaire. L’objectif de ces féministes est clairement de lutter contre les codes de la famille machistes et contre l’ensemble des pratiques discriminatoires dont les femmes sont victimes dans les pays musulmans ; il est aussi de construire une collaboration entre les femmes musulmanes et le mouvement féministe global.
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