RÉSISTANCES…RÉFLEXIONS…

La démocratie participative entre détournement et inachèvement
Afrique du Sud 2010 : la Coupe immonde des townships
Corps de coupe et coupe du corps
Football et psychologie de masse
« La Philosophie de l’argent » (2)
Le meilleur des mondes : les caisses automatiques
Sur l’angélisme « post-colonial »
Chomsky était à Paris : circulez ! Il n’y avait rien à voir !
Ces mauvais jours qui n’arrêtent pas d’en finir…
Le neveu de Freud a mal tourné
De l’irresponsabilité du capital
Une allocution du président de la république
Le président de la république parle de "l’Affaire" aux Français-es

INTERNATIONAL
Bolivie. Domitila, une femme des mines
Bolivie. Le massacre minier de Saint Jean
Canada-Québec. Grève au Journal de Montréal
Israël. Le danger vient de la mer
La bande de Gaza, présent-passé, passé, présent
CINÉMA… THÉÂTRE…
L’An prochain la Révolution de Frédéric Goldbronn
Aisheen (Chroniques de Gaza) de Nicolas Wadimoff
LIVRES, REVUES
Le Mexique en armes. Guérilla et contre-insurrection 1943-1981 de Laura Castellanos (LUX)
Sourate pour Dubaï de Jean-Manuel Traimond (ACL)
Le programme et la main de Bernard Demiaux (Sextant)
Quel sport ? Football : opium du peuple et guerre en crampons
Réfractions N° 24. Des féminismes…
Chimères N° 72. Clinique & politique
Barricata. Le devoir de révolte. N° 21

UN GUIDE MÉCHANT [ET PARFOIS MOCHE] DE PARIS
Le monument aux mères françaises
Décoration des Invalides. Diversité dans l’unité
PHOTOS… ART… VIDÉOS…
Marche des femmes. Solidarité contre les violences sexistes
Femmes en marche ! Femmes en luttes !
Grand tableau antisexiste collectif
Contre la réforme des retraites. Manifestation du 27 mai 2010
Contre la réforme des retraites en région
Contre la réforme des retraites. Manifestation du 24 juin 2010
Pour une radio publique indépendante, Radio France, 1er juillet 2010
Le dessin du jour par Luc Arnault
Les luttes continuent, les luttes s’amplifient alors que l’histoire officielle parle d’apathie et de découragement. Les pouvoirs s’évertuent à rogner les droits des individus sous prétexte de crise et de nécessité d’austérité… La crise a bon dos et la propagande a les moyens de brouiller les informations et les chiffres à grand renfort de sondages, de consultants et d’experts.
Il s’agit donc d’utiliser chaque espace d’expression libre car si « la vérité n’est pas belle à voir, […] il est temps de la regarder en face. C’est ainsi qu’une presse libre (s’il y en avait une) se devrait de présenter l’histoire. Avec une bonne dose d’opiniâtreté, on parvient à glaner ici ou là quelques indices permettant de reconstituer la vérité. Mais pour cela, il faut faire un effort, et bien connaître le dessous des cartes. » (Noam Chomsky, « Précis d’information et d’autodéfense intellectuelle »)

« Rénovation urbaine » et renouvellement social
Le « développement durable » : polluer moins, pour polluer plus longtemps
Le Mythe de la finitude terrestre
"La Philosophie de l’argent" (1)
On rentre à la maison ? Quelques réflexions sur la dynamique des contre-sommets
Nicolas Sarkozy est-il un fasciste ou un proto fasciste ?
IBM et la société de contrainte
Les Hackers et les services secrets
États-Unis. « Nous sommes des dinosaures »
Venezuela. Criminalisation de la protestation aujourd’hui
Hongrie. Les bottes de Staline
Autriche. Les beautés de l’éperon
Allemagne. Un jeudi à la Stasi
In the land of Wonders de Sorak Dejan
Honeymoons de Goran Paskaljevic
L’exil et le royaume. Documentaire de Jonathan Le Fourn et Andrei Andrei Schtakleff
Harragas de Merzak Allouache et Retour à Hansala de Chus Gutierrez
Álex de la Iglesia. Derrière les apparences du burlesque…
Morte ou vive… ? Vive la Commune !

Féministe et laïque au pays des seigneurs de la guerre
Une violence éminemment contemporaine
Les aventures véridiques de Jean Meslier (1664-1729). Curé, athée et révolutionnaire
La révolution du Grand renoncement
Identité nationale. Amer ministère
La pédophilie ecclésiastique catholique galopante

Manifestation interprofessionnelle pour la défense de l’emploi, du pouvoir d’achat et des retraites
1er Mai libertaire (2). Un 1er Mai pas comme les autres !
Salon du livre libertaire des 8 et 9 mai 2010
Il paraît que les luttes sont inexistantes ou si peu notables… Si peu couvertes par les médias de masse faut-il plutôt dire ? La canaille est présente dans ce numéro de Divergences et c’est tant mieux !
Bonne lecture !

Luc Arnault est dessinateur.
Pour voir ses dessins, au jour le jour…
Y’en a pas une sur cent et pourtant elles existent… Les féministes. Elles luttent contre les inégalités et contre un machisme latent et bien ancré dans les mentalités. En France, depuis des années, il est de bon ton d’ironiser sur le mouvement féministe en s’attachant à le caricaturer ou en soulignant les désaccords, les dissensions ou les contradictions qui le traversent… À croire que c’est l’unique mouvement qui serait en proie à ce type de problèmes ! Mais, finalement, est-ce un aspect important du mouvement féministe ?
L’aspect essentiel n’est-il pas d’infléchir un changement des mentalités et de s’opposer à des lois, qui ont relégué, et relèguent encore, les femmes dans un rôle secondaire ou subalterne ? Il faut changer des habitudes qui banalisent les inégalités dans les itinéraires professionnels et les font considérer comme naturelles. On sait bien la difficulté de faire évoluer des mentalités encombrées par des clichés et des idées reçues, anciennes et tenaces. La discrimination de genre est l’une des tares des sociétés, nourries par les religions bien sûr, mais aussi par l’hypocrisie des pouvoirs. De la même manière qu’il a été commode de présenter les « indigènes » comme des sous-hommes et des sous-femmes pour les coloniser, les dominer et les massacrer sans états d’âme, il allait de soi de circonscrire le rôle des femmes au service des hommes — père, mari, fils ou dieu —, et de décréter ensuite que les femmes n’étaient finalement que des moitié d’hommes, incapables d’aspirer à une autonomie, régies uniquement par l’affect et seulement bonnes à faire des enfants, à séduire ou à être le repos du guerrier.
Ne dit-on pas d’une petite fille qui refuse l’image qu’on lui impose — celle de future maman jouant à la poupée — que c’est un « garçon manqué » ? Manqué, vous voyez la nuance… Elle est ratée la fille qui rêve sans doute d’autre chose que de « petite maison dans la prairie », de faire des gosses ou encore du chevalier arrivant sur son destrier blanc pour lui révéler l’amour !
D’ailleurs, même au sein du mouvement anarchiste, les femmes ont souvent dû compter sur leurs propres forces pour imposer une égalité jugée trop théorique ou déconnectée de la lutte pour l’émancipation de tous. La revendication d’une égalité entre les sexes reste un sujet de controverse dans les mouvances révolutionnaires comme au sein de la société. Si l’élan révolutionnaire réapparaît épisodiquement suivant une logique conjoncturelle quasi imprévisible, les réalisations d’une pratique véritablement libertaire et égalitaire en matière de rapports entre femmes et hommes sont encore plus épisodiques.
Dans ce numéro de Réfractions, il est question des débats qui animent le mouvement féministe (à noter cependant qu’il a fallu attendre le numéro 24 pour parler de féminisme).
Dans ce contexte, il est bon de rappeler que les anarchistes revendiquent la liberté et l’égalité pour tous les individus, ce qui induit entre les sexes, et que la plupart des théoriciens anarchistes sont à ce propos sans ambiguïté, si l’on excepte évidemment Proudhon, par exemple :
« Je ne suis vraiment libre que lorsque tous les êtres humains qui m’entourent, hommes, femmes, sont également libres. » Bakounine, Dieu et l’état.
« […] Combattons la prétention brutale du mâle qui se croit maître de la femelle, combattons les préjugés religieux, sociaux et sexuels. » Errico Malatesta, « Le problème de l’amour ».
Nous ne sommes pas sortis des années d’hiver. Et les conflits actuels autour du délitement des institutions en témoignent. À l’heure où le psychiatre, le juge, le professeur, le psychanalyste, se rassemblent (enfin) pour condamner la politique qui les vise, on peut voir aussi que la prophétie foucaldienne achève de se réaliser : ce sont les anciennes figures du pouvoir disciplinaire qui sont aujourd’hui directement mises à mort, et leurs institutions avec (institutions que bien souvent ils incarnaient personnellement). Évidemment cela ne va pas sans dégâts et cela ne va pas sans morts. Et l’on ne saurait aucunement se réjouir, ou fêter cette nouvelle violence déterritorialisante du CMI. Non pas parce que la fin de cet ancien mode de gouvernementalité signe la prolétarisation de ces anciennes figures du pouvoir, mais surtout parce que ces dernières continuent d’oublier, dans leur ambition de résistance, les vrais prolétaires : ceux qui, depuis longtemps déjà, triment, oubliés dans les recoins ténébreux du Socius. Pour que le sommet de l’iceberg se fissure de la sorte à son faîte dans un tel craquement spectaculaire, il fallait que le bloc ait déjà été défait depuis longtemps à sa base, et que, surtout, rien n’ait été fait à temps pour prévenir son délitement fracassant, qui résonnera encore longtemps bruyamment dans nos esprits. Quand, en d’autres époques, le mot d’ordre politique était de critiquer l’aliénation par le travail, aujourd’hui, sous le signifiant de résistance s’est glissée la revendication dérisoire (et assez triste) d’un : « nous voulons continuer à travailler ! ». Évidemment, personne n’est dupe. C’est bien que l’on soupçonne que l’aliénation qui vient (à défaut d’une véritable insurrection) est bien pire que la précédente. Foucault l’appelait « biopouvoir », et Deleuze, lisant Foucault, « contrôle ». Et, de la société disciplinaire à la société de contrôle, seule la réaction mélancolique semble se faire entendre : « Redonnez nous un vrai maître pas un manager ! » L’alternative paraît être entre Charybde ou Scylla : soit se résoudre à l’aliénation ancienne, soit en risquer une bien plus grande encore. C’est l’histoire qu’on raconte à l’enfant de « la fin de l’histoire » : il doit choisir entre deux craintes, entre d’anciens maîtres et de nouveaux plus terribles. Il doit se résigner à serrer les rangs —pour ne pas dire les fesses — « face à la menace », et c’est ainsi qu’on lui fait oublier qu’il pourrait combattre et refuser et les uns et les autres. Ironie du sort (ou logique des choses), c’est souvent la psychanalyse la plus normative qui devient l’une des figures de proue de cette injonction au renoncement, érigée tel le dernier et seul rempart face à la barbarie !
Ce n’est donc pas seulement la casse actuelle de toutes les institutions héritées de l’après-guerre, que tout le monde déplore, que nous constatons. Mais c’est surtout d’abord l’échec quant à la création de nouvelles institutions et même l’abandon de tout projet révolutionnaire ou d’émancipation qui est en cause, et dont nous souffrons. Pour que l’on puisse quitter le « réalisme politique », les « leçons de l’histoire » — et surtout celles où il est question sempiternellement de sa fin —, il s’agit de rouvrir l’histoire, de rêver et de mettre en lien notre histoire, nos histoires avec l’Histoire : pour que l’on schizo-analyse en somme. Ce n’est pas un hasard si c’est la folie qui est écrasée de toute part aujourd’hui, plus que jamais. Voilà l’ambition de ce numéro, voilà la scène conflictuelle sur laquelle se place Chimères et dont l’écho s’est retrouvé dans les discussions au sein même du comité de rédaction. Et comme l’Histoire est d’abord une histoire de désirs et d’inconscient, ce numéro sera spécialement consacré au rapport de la « science psy » (psychanalyse, psychologie, psychiatrie) et du politique pour aujourd’hui et surtout pour demain. Chimères propose donc de larguer les amarres, et d’ouvrir ses pages à cette critique qui manque (et qui appellera son peuple), et à ces lignes de fuite toujours possibles : lignes de fuites théorico-politiques, lignes de fuite pour la folie, espace pour la parole de la folie. Assurément, il se pourrait que l’une des tâches qui s’annoncent ne consiste pas seulement à repolitiser le champ psy, mais à repolitiser l’inconscient lui-même. C’est dire l’immense travail qui nous attend, le gai savoir qui se prépare en ce moment même, secrètement, à l’ombre des puissances de l’inconscient.
(édito)
Le fanzine Barricata existe depuis 1999. Longtemps à parution épisodique, il est désormais trimestriel. Il est diffusé à hauteur de 2000/2200 exemplaires dans les lieux militants, en librairies, chez des disquaires, lors de concerts ou de manifestations ainsi que par correspondance. Il est animé par une poignée de militants libertaires et d’activistes musicaux issus des mouvances RASH (Red & Anarchist Skin Heads, section Paris-banlieue) et anarchopunk. Viscéralement opposés à l’enfermement d’État, au système capitaliste, à toutes les formes de fascisme, investis dans les combats de notre temps, convaincus qu’un autre futur est possible, nous ouvrons nos colonnes aux dissidents culturels, politiques et anarcho-syndicalistes.