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Trump et le problème de l’an II
Arnaud Miranda

30 décembre 2025.

• De l’Empire Trump : sources intellectuelles d’une révolution culturelle

Seul organe de presse dans la sphère politico-intellectuelle française, a avoir pris au sérieux l’arrivée de la contre révolution américaine le site web, Le Grand Continent a publié, traduit, le texte intégral du plan élaboré par Curtis Yarvin qui selon Arnaud Miranda circule dans les milieux du pouvoir de Washington.

Ce dernier publiera à la fin du mois de janvier Les Lumières sombres. Comprendre la pensée néoréactionnaire chez Gallimard dans la Collection Bibliothèque de géopolitique

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Nous nous sommes permis de reproduire la présentation faite par Le Grand Continent.

Selon le principal théoricien néoréactionnaire, Donald Trump n’a pas été assez loin en 2025. Sans accélérer leur coup — sans aller au bout du changement de régime — les trumpistes risquent désormais de tout perdre.

Il y a près d’un an,Curtis Yarvin sortait de la marginalité pour s’imposer comme l’un des idéologues les plus commentés de la droite radicale américaine. Le grand public découvrait alors ses thèses néoréactionnaires, forgées à la fin des années 2000 dans les confins de la blogosphère, dont la principale est d’en finir avec la démocratie pour la remplacer par une technomonarchie. Les premières mesures de l’administration Trump, ainsi que le ralliement de grandes figures de la tech, semblaient faire de Yarvin le prophète inattendu de ce nouveau trumpisme.

Cependant, depuis l’euphorie des premières mesures, le climat révolutionnaire des premiers mois a laissé place aux premiers craquements d’une alliance idéologique éclectique.
Entre l’alt-right antisémite de Nick Fuentes, les élucubrations théologiques de Peter Thiel, l’enthousiasme évangélique de Tucker Carlson ou encore les projets postlibéraux de Patrick Deneen, le trumpisme semble désormais fragilisé. Les rebondissements de l’affaire Epstein, le shutdown de l’automne dernier et la perspective des midterms, ont achevé de ralentir l’enthousiasme des premiers mois.

En juillet dernier, Yarvin avertissait déjà l’alliance trumpiste : il fallait resserrer les rangs, pour franchir enfin le Rubicon et en finir avec la démocratie.

Pour accomplir le changement de régime, il fallait un coup d’État.

S’il ne semblait pas offrir de solution concrète pour remédier à ce problème, les choses ont changé.

Dans un long texte programmatique publié le 27 décembre, Yarvin appelle à la création d’une nouvelle forme partisane destinée à hacker la démocratie de l’intérieur : un hard party capable de discipliner ses membres comme les soldats du changement de régime, et de préfigurer l’architecture de l’État à venir.

Ce hard party doit aussi s’appuyer sur une application numérique, visant à faire de l’adhésion une forme d’expérience de réalité augmentée. Yarvin ne s’en cache pas : il s’agit de repenser, à l’ère numérique, les formes partisanes qui ont triomphé de la démocratie dans les années 1920 et 1930 – autrement dit, il s’agit de réinventer le fascisme, et de mettre la Silicon Valley à son service.

Si ce texte reprend les thèmes centraux de la pensée néoréactionnaire, il marque un tournant par sa clarté idéologique.

Pour la première fois, la vocation fasciste du projet de Curtis Yarvin n’est plus suggérée mais explicitement revendiquée, inventant une forme politique autoritaire nouvelle qui s’appuierait sur des infrastructures numériques