Bandeau
Divergences, Revue libertaire internationale en ligne
Slogan du site
Descriptif du site
Nestor Potkine
Nicolas et Ségolène
logo imprimer

Vivons-nous des temps où tout change ? Peut-être, mais en tout cas ni la démagogie, ni la médiocrité, ni l’hypocrisie ne changent, il n’en faut pour preuve qu’un ouvrage de 1868, « Recherches sur l’art de parvenir » de Maurice Joly, réédité par les éditions Allia. Car on y lit les portraits alternés de Nicolas et Ségolène.

Retrouvons d’abord le nain hystérique : « Si par une faveur d’en haut, vous aviez le pouvoir de choisir entre toutes les qualités et tous les talents, il est à présumer que, séduit par les apparences, vous opteriez pour quelqu’une de ces facultés brillantes auxquelles le monde paraît attacher un certain prix. Ce serait cependant un très mauvais calcul ; car il est avéré que les petites qualités sont infiniment plus utiles que les grandes et que les grands talents sont loin de valoir les petits. Echangez donc beaucoup de savoir contre un peu d’habileté, beaucoup d’esprit contre un peu de sens commun, beaucoup de profondeur contre un peu de surface. »

« Règle générale, ce qui manque à l’esprit ou à l’imagination profite au caractère et à l’entente de la vie pratique. Ce n’est donc pas seulement une condition de bonheur que d’avoir l’esprit borné, c’est une condition de succès ; les gens qui ont peu d’idées sont moins sujets à l’erreur, et suivent de plus près ce qu’ils font. »

Joly cite alors Mme Roland, qui connut la plupart des personnes importantes de son époque : « La chose qui m’a le plus surpris depuis que l’élévation de mon mari m’a donné le moyen de connaître beaucoup de personnes, et particulièrement celles employées dans les grandes affaires, c’est l’universelle médiocrité, elle passe tout ce que l’imagination peut se représenter, et cela dans tous les degrés, depuis le commis jusqu’au ministre, au général et à l’ambassadeur ; jamais, sans cette expérience, je n’aurais cru mon espèce si pauvre. »

Joly ajoute : « On est porté à croire que les grandes positions tiennent à de grands talents, comme on rapporte les évènements à de grandes causes. Un peuple qui n’aurait pas cette illusion serait ingouvernable, c’est donc là un de ces préjugés heureux qui servent de fondements aux sociétés. »

Dans ce commentaire si pertinent, seul le mot « heureux » est malheureux !

Passons à Ségolène, la dompteuse d’éléphants. « Ceux qui composent les partis ne mettent en commun que des ambitions et des vanités. La haine les rapproche, mais la jalousie les divise, au point qu’ils passeraient tous à l’ennemi plutôt que de se procurer les uns aux autres des avantages un peu marqués. Leur grande préoccupation, c’est de se tenir mutuellement en échec et de se neutraliser autant que possible les uns les autres. Ils ont une grande perspicacité pour deviner les grands talents, les caractères élevés et résolus ; on s’en débarrasse avec le plus grand soin, car leur présence parmi des gens médiocres, timorés et envieux, dont la plus grande préoccupation est de se maintenir tous au même niveau, qui ont l’habitude des délibérations oiseuses, des résolutions incomplètes, des demi-mesures, de toutes sortes de petites négociations et capitulations, jetterait le trouble dans les rapports communs. »

« Quand un gouvernement a été assez fort pour réduire les partis à l’impuissance, quand ils sont en quelque sorte comme des essaims de guêpes dont on a arraché l’aiguillon, il se forme assez souvent des oppositions postiches au sein desquelles on peut siéger avec autant d’agrément que de sécurité.(...) Il ne s’agit (...) que de fermer les yeux sur les actes un peu violents de leur gouvernement, de délaisser les grosses questions pour les petites, de plier sous les chocs, et de crier de temps en temps, mais de se taire au premier éclat de foudre qui part de la main du pouvoir. Moyennant cette conduite, qui n’est d’ailleurs que de la modération, on jouit de très sensibles avantages. On peut avoir de l’argent, des places et, ce qui est incomparable, on a les honneurs de l’opposition sans en avoir les périls ; enfin, en cas de nouvelle révolution, on est extrêmement bien placé pour en profiter, puisqu’en somme on faisait de l’opposition sous le régime précédent. Ces oppositions postiches servent de coussin dans les chocs qui peuvent avoir un lien entre un pays et son gouvernement. »

Nestor Potkine, qui renifle avec suspicion ses coussins pour vérifier qu’ils ne sentent pas la rose.




Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.87.47