Divergences Revue libertaire en ligne
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Des morts et des vivants !
Pourquoi parler de néo-fascisme aujourd’hui ?
Introduction par la Commission du n°54

Outre la présentation des articles, la contribution de la Commission est significative. Elle comprend à la fois quelques remarques, mais ses non-dits sont encore plus importants.

D’abord, les années 1930 n’ont pas le monopole de la "violence de masse". C’est oublier qu’elle fait suite à la Première Guerre mondiale, dont le bain de sang ne témoigne pas d’un quelconque pacifisme. La violence de masse et la violence comme accoucheuse de l’histoire et de la libération fait partie intégrante de l’idéologie hérité de marxo-socialisme.( Mettre la ref Histoire de la violence).

Le lien réputé patent entre l’extrême droite et le néolibéralisme gagnerait à être démontré.

Les préposés et les non-dits de la présentation.

Le fascisme n’est pas défini, même brièvement. Et comme l’indique le titre " Les habits neufs… ", il suffirait de changer d’uniforme pour qu’il perdure.

Le fascisme est à la fois daté et génétiquement caractérisé. Il es tné dans les tranchées, haut lieu de la violence systémique et idéologique et a été une " une révolution sociale, politique et culturelle et surtout anthropologique "( Histoire du fascisme Le Moal, Tempus 890, p. 8). Il meurt en 1945 ; quelques nostalgiques tenteront de le perpétuer. Il affirme une modernité redoutable ; il est à la fois contre et pour ce qui le caractérise parfaitement comme un mouvement réactionnaire et révolutionnaire.

Surtout, la diabolisation qui l’entoure empêche de percevoir sa vraie nature. Il naît en France dans les marges de l’anarcho-syndicalisme sorellien. En premier, Georges Vallois le formalise. D’ailleurs, Mussolini disait " qu’il lui était plus cher qu’un autre ". Vallois est décédé en camp de concentration, ce qui brouille les pistes.

En 1926, Mussolini affirme que le " fascisme est exactement dans le fil du mouvement de 1789 ; il s’y rattache ; il le prolonge ; il le dépasse en lui donnant une conclusion que les peuples cherchent depuis des siècles " (Le Moal p. 352).

À l’instar de la révolution d’octobre 1917 (un putsch financé par l’Allemagne), le fascisme et sa variante raciste hitlérienne sont les symptômes d’un malaise profond de l’Occident dominateur et le début de sa perte d’hégémonie.

Habiller la dépouille de neuf et croire à une descendance, même préfixée de " néo " relève d’une démarche incompréhensible. L’histoire ne réchauffe pas les plats et le clonage historique est une vue de l’esprit.

La préfixation " néo " permet d’amalgamer tous les items de la quatrième de converture dans un pot-pourri indigeste qui cache les vraies résurgences de la domination ainsi que leur radicalité.

D’abord, le point commun des pulsions de mort du XXe siècle est le totalitarisme (Arendt) qui mute sous nos yeux avec une défroque et des origines différentes.

Ajouter le préfixe "fascisme" aux changements en cours satisfait au passéisme militant, mais ne permet pas de sortir de l’impasse narcissique.
Les termes de " technofascisme " et de " cyberfascisme " illustrent ma remarque.

Divergences a entamé une longue étude sur le développement du technoféodalisme, de son origine cromwellienne jusqu’au libertarianisme actuel dans ses multiples facettes (le Dark Enlightenment compris). Les questions de la propriété, du féodalisme comme représentation du monde, du numérique, du pouvoir, de l’état, de l’économie (plateformes) sont au cœur de notre problématique.

L’écume du sociétal ne doit pas servir de cache-misère. La gravité de la situation ne le permet pas.

Devons-nous, libertaires, encore rater notre compréhension des enjeux du monde ?

Dominique (R-D M)