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Divergences, Revue libertaire internationale en ligne
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Le Rojavah, mythe ou réalité
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il est de bon ton dans les milieux libertaires de porter un regard sympathisant sur ce qui se passe dans cette région kurde située au nord de la Syrie. Serait ce une nouvelle Espagne libertaire ? Tout cela parce qu’un chef de guerre, recherché pour terrorisme depuis des années et maintenant enfermé à perpétuité sur une ile, se serait fait une virginité théorique en découvrant les écrits libertaires et communalistes de Murray Bookchin.

Nul ne s’interroge pour savoir comment un tel retournement individuel, passage d’une conception stalinienne de la société à une option plus ou moins libertaire, serait devenu la façon de voir les choses pour les habitants et les combattants de cette région. L’adulation montrée envers Öcalan, le culte de sa personnalité dans la bonne tradition stalinienne n’y est certainement pas pour rien.

L’autre chose qui ne semble pas appeler un questionnement est la question de l’armement. Le parallèle fait avec l’Espagne libertaire devrait nous faire souvenir du prix que paya la révolution pour la fourniture de fusils et de canons soviétiques. En quel honneur en serait il là autrement ? Toujours la même vieille question de l’argent. Nul questionnement non plus sur la possibilité du socialisme dans un seul pays pas plus que sur le mode de production local qui a première vue relève plus d’un mode agraire primitif en terme de développement que de quelque chose d’avancé d’un point de vue productif. Tout cela montre à quel point le désarroi idéologique des anarchistes français mais pas seulement est grand.

A sa tête se trouve l'ancien dirigeant de sa branche militaire la " Peoples' Liberation Army", Cemil Bayik

Enfin et ce n’est pas la moindre question, quelle est la nature des relations entre les forces du Rojavah et le parti frère, le PKK. Faut il rappeler qu’il s’agit d’un parti marxiste-léniniste qui a choisit la guérilla comme moyen de donner naissance à un Etat kurde. Le fait que son nom signifie « parti des travailleurs » ne veut pas dire que l’action syndicale soit sa façon d’intervenir dans le combat prolétarien. Il s’agit d’un parti nationaliste, centraliste, militaire. A sa tête se trouve l’ancien dirigeant de sa branche militaire la " Peoples’ Liberation Army", Cemil Bayik, du temps où Öcalan était libre. Il y a été élu contre d’autre leader jugés trop réformistes.

Faut il se souvenir d’un autre autre leader indépendantiste, chef d’une Armée de Libération Nationale qui prit le pouvoir après avoir pour le moins bousculé les leader naturels de la révolution. As t on déjà oublié Boumedienne ?

Entre temps le parti a fait tout ce qui était possible pour affaiblir un parti de gauche, le HDP, sympathisant des Kurdes, qui venait de faire un score électoral qui pouvait menacer Erdogan. En juin 2015 ce parti entre au Parlement avec 80 sièges, l’AKP d’Erdogan perd la majorité absolue. Fin juillet 2015 le PKK rompt la trêve avec les forces armées turques, le 21 juillet, Erdogan dissout le Parlement, aux élections suivantes le HDP n’a plus que 21 sièges, la route est libre pour l’accès au pouvoir absolu du président turc et le retour de la guerre totale.

Pendant ce temps dans le conflit qui oppose les forces occidentales comme orientales au terrorisme islamique, la technicité et l’habitude du combat fait des Kurdes du PKK et de leur alliés syriens du PYD des forces terrestres incontournables, particulièrement du fait que les États-unis répugnent pour encore quelque temps à intervenir au sol.

Toute cette ambiguïté dans les camps libertaires et d’ultra gauche vient du fait aussi que leur position vis à vis de Daech et du terrorisme islamique n’est pas claire. C’est l’héritage d’une époque ou l’action militaire clandestine d’ultra gauche trouvait une certaine compréhension dans ces rangs.




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