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Que les hommes et les femmes soient belles !
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« Le masculin l’emporte sur le féminin » est une règle que des générations de Français et Françaises ont apprise à l’école. Quand dans une même phrase plusieurs sujets de genre sont différents, c’est le masculin qui l’emporte sur le féminin pour l’accord de l’adjectif ou du participe passé. Ainsi, l’usage veut que, par exemple, « les hommes et les femmes soient beaux ».

Un collectif d’associations, pour la plupart féministes (l’association L’égalité, c’est pas sorcier ! [1]), milite actuellement pour qu’on soit appliquée la règle de proximité, exemple : « les hommes et les femmes sont… belles » ! La règle de proximité consiste en ce que l’accord se fasse avec le nom le plus proche, féminin ou masculin.

Cette règle remonte au XVIIe siècle.

Avant les XVIIe et XVIIIe siècles, la règle de proximité était employée couramment, jusqu’à ce que des grammairiens tranchent autrement.
En 1767, un d’entre eux, Nicolas Beauzée, écrivait : « Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle. (sans commentaire !) » Un siècle plus tôt, son confrère le père Bouhours expliquait que, « lorsque les deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l’emporte ».

« Cette réforme a été décrétée sous la royauté, au temps du pouvoir absolu, au moment où l’Académie française est créée par Richelieu et où l’on fige la langue. Apprise encore aujourd’hui à l’école, cette règle inscrit la domination phallocratique dès l’enfance et conduit à l’invisibilité du féminin [2] ». Pour mettre fin à des siècles de pratique, il faut, selon elle, que désormais « un maximum de Français utilisent la règle de proximité afin qu’elle entre dans l’usage courant et que l’Académie française reconnaisse que c’est possible ».

Ce qui n’est pas gagné. Mais pas impossible non plus à long terme. « Les règles ne sont pas écrites dans les tables de la loi du Dieu de la grammaire. Elles se font et se défont », rappelle la linguiste Marie-Hélène Drivaud, directrice éditoriale du Petit Robert. En attendant, certains enseignants
ont trouvé des astuces afin d’éviter le controversé « le masculin l’emporte
sur le féminin ».

Notes :

[1Avec l’association Femmes solidaires et la Ligue de l’enseignement, elle a lancé sur la Toile une pétition intitulée « Que les hommes et les femmes soient belles », qui a reçu près de 5000 signatures.

[2Henriette Zoughebi, présidente de l’association L’égalité, c’est pas sorcier !.




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