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Divergences, Revue libertaire internationale en ligne
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Collectif dionysien contre le FN et l’extrême-droite
Non, l’immigration n’est pas la cause de tous nos maux !
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Le programme du Front National repose sur le principe de la préférence nationale et donc la stigmatisation systématique des immigrés. C’est par
le biais de la préférence nationale — rebaptisée priorité nationale pour
être « plus « présentable — que le FN prétend financer une grande partie de ses propositions. Or, ce principe est :

-  Contraire aux principes fondateurs de la République française

-  Un puissant outil de division des salarié-es

-  Un moyen de détourner l’attention par rapport à la seule véritable question, celle de l’inégale répartition des richesses.

-  Construit sur l’idée que l’immigration coûte de l’argent à la société française, ce qui est contraire à la réalité.

Il est donc nécessaire plus que jamais de déconstruire un certain nombre de mythes sur l’immigration que l’on retrouve dans la propagande mensongère du F-Haine.

Mythe n°1 : l’invasion immigrée

« Immigration zéro », voilà le totem idéologique du Front National. La propagande du F-Haine nous présente toujours l’immigré comme une menace, un poids, le responsable de tous les problèmes du pays.
Pour cela, le parti de Marine Le Pen nous présente l’immigration comme
une invasion massive : 400 000 à 500 000 nouveaux immigrés
arriveraient sur notre territoire chaque année. L’ennui c’est qu’aucune étude d’un organisme public ne vient confirmer ces chiffres.

Les travaux de l’INSEE et de l’INED établissent à 190 000 le nombre de titres de séjour délivrés chaque année depuis dix ans. En fait, il n’y a
pas d’accélération des flux migratoires en France. Le solde migratoire (différence entre les entrants et les sortants) est stabilisé dans les
années 2000 autour de 75 000 contre 150 000 dans les années 1970.
Il ne représente plus qu’une faible part de l’accroissement de la population du pays (20% contre 63% en moyenne dans l’Union Européenne d’après Eurostat). La vérité c’est que la France n’est plus la terre d’immigration qu’elle fut.

Mythe n°2 : l’immigration serait un coût pour la France

C’est faux ! Les immigrés sont même une excellente affaire pour
l’économie française. Travaillant pour le ministère des Affaires sociales,
des chercheurs ont établi qu’en 2009 (dernière année où les chiffres
sont disponibles) les immigré-es ont davantage rapporté qu’ils n’ont coûté.

En effet, il y a deux ans les immigré-es ont reçu 47,9 milliards d’euros
de l’État français à travers le versement des retraites, des aides au logement, du RMI-RSA, des allocations chômage et familiales, des prestations de santé…Mais, dans le même temps, les immigré-es ont
reversé au budget de l’État, par leur travail, au total 60,3 milliards
d’euros et donc un gain pour la France de 12,4 milliards (au travers
des divers impôts, taxes et cotisations sociales).

Le F-Haine répond alors que ce qui coûte le plus cher c’est l’immigration illégale. Mais là aussi son analyse est fausse.
Car on peut raisonnablement considérer que la clandestinité dans laquelle vivent entre 150 000 et 300 000 travailleurs/ses sans-papiers présente
un manque à gagner important pour nos comptes sociaux : leur régularisation permettrait de faire entrer des centaines de millions
d’euros de cotisations sociales chaque année. Elle permettrait aussi
de ne plus dépenser les 415 millions d’euros que coûte la politique de reconduite à la frontière (chiffre de 2009).

Mythe n°3 : l’immigration serait la cause du chômage

C’est faux là encore ! En effet, il n’y a pas de relation forte entre le taux
de chômage et la présence d’actifs étrangers. Ainsi en Espagne, en Italie,
en Finlande le taux de chômage est élevé alors que la part de la population étrangère dans la population totale est très faible.
Inversement, des pays comme le Luxembourg, la Suisse, les États-Unis ont un taux de chômage relativement faible (avant la crise) alors que le pourcentage de la population étrangère dans la population totale est élevé.

En France, une étude de 2008 du ministère de l’Immigration montre qu’il y a eu à la fois augmentation de la population active immigrée et baisse du taux de chômage (là encore on se situe avant la crise). De plus, depuis 2008 et la crise, le chômage a augmenté pour tous les salarié-es, ceux issus de l’immigration n’étant pas les derniers à être frappés !

Alors que le FN et Marine Le Pen veulent diviser les travailleurs/ses
pour le compte du patronat en faisant de l’immigré un bouc émissaire,
nous agissons au contraire pour unifier les travailleurs/ses contre leur véritable ennemi, le patronat, qu’il soit français…ou étranger.

C’est pourquoi notre collectif entend défendre les intérêts des travailleurs/ses sans papier. Le refus de les régulariser constitue bien une pression à la baisse pour les salaires de tous les travailleurs (même si le SMIC, régulièrement dénoncé par les libéraux, reste pour l’instant un rempart contre une baisse trop forte) ainsi que pour leurs garanties collectives.

C’est pourquoi nous réclamons une régularisation massive des travailleurs sans papiers : cette régularisation correspond à l’intérêt de tous les salarié-es. Plus largement, nous considérons qu’il faut dire la vérité : la France et l’Europe auront besoin d’une immigration légale pour construire leur avenir à commencer pour garantir les conditions actuelles de la retraite. D’autre part, nous défendons une sacralisation du droit d’asile en France et en Europe qui ne doit pas être traité comme un élément parmi d’autres d’une politique migratoire. En effet, le droit d’asile répond à des situations d’urgence humanitaire engendrées par les atteintes aux droits humains dont la France et l’Europe sont le berceau.

Enfin, nous militons pour une révision en profondeur des relations entre notre pays et les pays d’émigration qui soit fondée sur la solidarité. Un fond sera créé qui sera alimenté par une taxe sur les transactions financières pour réaliser des investissements accélérant le développement de ces pays. De même, les échanges d’universitaires, d’étudiants, de chercheurs doivent être encouragés.

Plus fondamentalement, nous considérons que le monde actuel est structuré par l’opposition de classe entre les possédants et les dépossédés et non par les clivages de frontières. Et nous n’oublions pas que les immigré-es ont participé à de nombreuses luttes pour la défense des idéaux républicains et les conquêtes sociales des travailleurs/ses.



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