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Divergences, Revue libertaire internationale en ligne
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Philippe Arnaud
Un Noël 2010 en Palestine occupée
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Je vais vous raconter ce Noël 2010, passé en Palestine. Ce n’est pas sans inquiétude que je me suis rendu dans cette « mission civile » en Palestine.

 Un premier séjour raccourci…

En effet, c’est la deuxième fois que je me rendais en Palestine et le moins que l’on puisse dire c’est que mon premier séjour n’a pas été de loisir. Tout d’abord, l’entrée en Palestine passe par Tel Aviv en Israël et il est de coutume de masquer la destination réelle palestinienne pour éviter le refoulement. En 2003, je me suis donc fabriqué un ami israélien qui nous accueillait, et il a fallu présenter la version à au moins trois agents de la sécurité et des frontières.

Handala, célèbre personnage palestinien dessiné sur un mur à Bilin - photo PhA décembre 2010 (voir l’article à http://wp.me/p1ivMO-8y ou en cliquant sur le dessin)

Finalement, autorisés à rentrer, nous avons rejoint les autres militants du groupe de la CCIPPP (Campagne Civile Internationales pour la Protection du Peuple Palestinien http://www.protection-palestine.org/ ) à Jérusalem et là, nous eûmes le choix de rejoindre Gaza ou Naplouse qui venait d’être réoccupé par l’armée israélienne (couvre-feu, chars dans la ville, militaires dans les maisons, populations recluses, seules les ONG circulant dans la ville, …). Nous avons rejoints Naplouse à travers la montagne pour éviter les contrôles des militaires israéliens et nous avons été accueillis par l’ONG médicale de Naplouse (l’UPMRC – Union of Palestinian Medical Releaf Committes). Après avoir dormi dans des familles dans le camp de Balata, où l’armée israélienne avait indiqué son intention de détruire la maison en représailles car un membre de la famille s’était fait « kamikazé », nous avons participé à une manifestation à Awarha entre Naplouse et Ramallah contre le blocus imposé aux paysans palestiniens qui ne pouvaient ainsi écouler leur production. A la fin de cette manifestation, nous nous sommes faits arrêtés, incarcérés au commissariat de la colonie d’Ariel proche de là, puis amenés à Tel Aviv, pour l’annulation de notre titre de séjour et enfin gardés à la prison de Ramleh, en fait dans le Centre de rétention de la prison, pendant 5 jours avant d’être expulsés dans un avion rempli d’hystériques français ou israéliens, c’était difficile de savoir au vu de leurs propos et de leur haine envers nous. Nous étions interdits de séjour en Israël pendant 5 ans !!! Donc interdits de Palestine par le pouvoir israélien car il détient toutes les entrées en Palestine après avoir détruit l’aéroport de Gaza (construit avec les fonds européens) et aujourd’hui en arraisonnant et tuant ceux qui tentent d’arriver par la mer.

 Un deuxième séjour … dynamique

Après cette expulsion, nous étions évidemment anxieux de « l’accueil » qui nous seraient réservés, car c’est l’inconvénient des pays qui ne demandent pas de démarches préalables pour obtenir un visa, c’est que celui-ci peut-être obtenu ou refusé une fois sur place !!!

A cette deuxième arrivée à l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv, vu le calendrier, j’ai choisi de faire sobre, nous avons déclaré venir « pour la nativité » et étions hébergés à la Maison d’Abraham, propriété du Secours Catholique (ça fait beaucoup pour un anarchiste, je vous le concède).

Nous étions d’autant plus inquiets que deux jours auparavant Olivia Zemor, coordinatrice en France de ce séjour, et présidente de CAPJPO-Europalestine (Coordination des Appels pour une Paix Juste au Proche-Orient http://www.europalestine.com/ ) avait été refoulée après une nuit de rétention et que la presse s’en était fait l’écho (Le Monde du 22/12/2010) et que plusieurs personnes participant à la mission avaient été autorisés à rentrer en échange d’un engagement écrit à ne pas se rendre en territoires palestiniens !

L’agent des services de sécurité et des frontières a parlé de « quelques choses sur l’ordinateur » qui faisait que je devais aller attendre les autorités dans une petite salle que je ne pouvais pas rentrer pour l’instant. Dans cette petite salle se trouvaient des « pas tout blancs », une jeune fille dont le père avait un prénom musulman, un américain du sud qui avait un ami qu’il venait voir en Israël, des africains, … il était 4 heures du matin, c’était quand même une heure creuse.

Surprise, après un quart d’heure d’attente, on a appelé « Philippe » et j’avais le visa dans le passeport. En repassant devant l’agent de frontières, nous avons demandé le visa pour mon épouse et nous sommes rentrés en « Terre Ceinte ».

Nous avons rejoins Jérusalem et les membres du groupe venus avec Europalestine, au petit matin. Cette partie de l’équipe française avait auparavant rencontré les palestiniens de Jérusalem. (http://www.europalestine.com/spip.php?article5708)

De là, nous sommes partis en terres palestiniennes, en taxis car les bus n’avaient pas été autorisés à venir nous chercher pour passer de l’autre côté du mur.

 Bethléem,

Là, les deux bus nous attendaient, dans la banlieue de Bethléem, à Beit Jala, nous étions environ 70 de ce premier groupe et avons retrouvé une dizaine d’autres français venus par le CCIPPP.

Dés que tout le monde est arrivé, nous sommes partis dans la campagne vers un village, Al Walaja, qui est en cours de séparation de sa vallée par une nouvelle extension du mur d’annexion. Sur la colline en face, trône une colonie « juive », israélienne en tout cas, qui vise à annexer la vallée entre elle et ce village palestinien. Cette vallée-là est pour l’essentiel la propriété d’un paysan palestinien qui y cultive des oliviers. Le mur, déjà en construction longe le village et doit finir par séparer la maison du paysan de ses terres avoisinantes. Nous rejoignons donc un groupe de villageois, dont le maire que nous retrouverons, toujours vitupérant contre les militaires israéliens à chacune de nos actions futures. Nous nous déployons derrière une banderole en anglais dénonçant la colonisation et le mur. Petit à petit des militaires israéliens apparaissent au loin autour de nous, puis des jeeps jouxtent notre manifestation d’une centaine de personnes. Finalement, ils tentent de nous empêcher de nous approcher de la maison du paysan où attendent deux voitures de journalistes. Finalement, nous les contournons et un reportage put avoir lieu. Le principal souci des militaires aura été de nous empêcher de toucher aux matériaux de construction du mur.

http://www.europalestine.com/spip.php?article5709
http://www.europalestine.com/spip.php?article5712

Mais, il faut aller sur place pour se rendre compte par soi-même, de la réalité de cette « annexion invisible » comme l’appelle les palestiniens, annexion qui grignote petit à petit, vallée par vallée, en campagne ; maison par maison à Jérusalem-Est, appartement par appartement à Hébron et à Jérusalem-vielle ville.

Nous avons rejoins la place de la mangeoire (Manger Square) à Bethléem où se déroulaient des cérémonies pour l’occasion, nous devions être le 25 décembre 2010 : musique, fanfares, fifres et cornemuses et caméras … Là, manifestaient, un peu à l’écart de la foule des mères et femmes de prisonniers politiques palestiniens avec leurs portraits. Quelques jeunes distribuaient des tracts de l’Initiative Nationale Palestinienne, Al Mubadara (http://www.almubadara.org ), le parti du Dr Mustapha Barghouthi, par ailleurs responsable des PMRS (Palestinian Medical Releaf Society). D’autres distribuaient des cartes, jouant sur le message « biblique » de la paix sur Terre, en interrogeant « même en Palestine ? ». Et un dessin symbolisant, un couple de parents, bédouins ou philistins, avec un âne et un enfant et se trouvant bloquer face à un mur de 4 mètres de haut avec ses miradors !

Après une rencontre (l’écoute d’un discours de bienvenue) avec un représentant de l’autorité Palestinienne, nous rejoignons la maison d’un secouriste du PMRS qui vient de voir l’essentiel de ses terres séparées de sa maison par le mur. De ce côté du mur où nous étions et où restait leur maison, les enfants avaient plantés un sapin de Noël, occasion d’une intervention, justement, de Mustapha Barghouthi, entouré de nombreux ambulanciers, amis du résident du lieu, pour raconter l’histoire de cette annexion, une des innombrables qui font que cette annexion est à la fois collective, annexion de la Palestine, mais aussi très individuelle, vol des terres, empêchement de se déplacer, ….

Le soir, nous avons été manger au sein du camp de réfugiés d’Ayda, dans le Centre social et culturel d’Al Rowad, après avoir regardé une démonstration de danses de jeunes hommes et jeunes femmes du camp. Ensuite, nous nous sommes répartis pour la nuit entre familles du camp d’Ayda, entre familles de Beit Sahour, banlieue de Bethléem, majoritairement chrétienne orthodoxe, ou au sein de l’auberge de jeunesse. (Je précise que nous étions dans des familles orthodoxes car alors que nous étions le 25 décembre et que les familles avaient beaucoup de symboles chrétiens, il n’y avait aucune ambiance de fêtes, car les calendriers diffèrent, …).

 Hébron,

Hebron 2010 : une rue à voies séparées, le trottoir à droite pour les non juifs, à gauche du muret, la voie pour les juifs, ici un mitraillette en bandoullière suivis par deux françaises n’ayant rien compris aux règles de la colonisation (photo PhA 16/12/2010)

Le lendemain, nous rejoignons les bus et partons pour Hébron. Là nous retrouvons trois guides, membres de l’association « Youngs against settlements » (jeunes contre la colonisation). Nous nous répartissons donc en trois groupes et visitons la vieille ville d’Hébron, passant des ruelles du marché palestinien aux rues occupées par les colons et l’armée israélienne d’occupation. Nous montons sur le toit d’une maison palestinienne d’où nous pouvons voir les collines alentour de la ville mais aussi les maisons tout autour donnant sur la rue de derrière et elles occupées par les familles de colons, nous voyons ainsi les enfants jouer au lancé de kippas. (Ces enfants par leur accoutrement désuet me font penser aux enfants de la secte américaine des Amish) Dans la rue de derrière, nous voyons un check point avec un militaire israélien avec sa mitraillette en bandoulière, quand arrivent une ambulance palestinienne venant chercher probablement un malade palestinien (on aura compris qu’il est des zones dans la vieille ville d’Hébron où la colonisation s’imbrique avec les maisons palestiniennes, souvent les rez-de-chaussée sont palestiniens avec des commerces et les étages sont colonisés par des israéliens. On voit d’ailleurs des grilles sur les ruelles entre le rez-de-chaussée et le premier étage car les colons jettent fréquemment leurs ordures par la fenêtre sur les palestiniens).

Nous arrivons enfin sous une voute au sein duquel ont été mises des grilles rotatives ne permettant de laisser passer qu’une seule personne. Derrière se trouve le tombeau de Rachel. Il y a quelques années, un colon est entrée dans la mosquée où se trouve ce tombeau une mitraillette à la main et il a mitraillé toutes personnes présentes jusqu’à ce qu’un palestinien l’égorge pour le stopper dans son massacre. En représailles, l’Etat israélien a coupé la mosquée en deux, une petite partie pour les musulmans et une plus grosse partie avec les jardins pour les juifs et les « touristes » certains jours. L’accès à ce qui est devenu une synagogue au sein de la ville palestinienne d’Hébron est gardée militairement, les voies d’accès sont coupées en deux, un trottoir et la chaussée sont réservés aux juifs, l’autre trottoir est pour les non juifs ! D’ailleurs, les colons juifs s’y baladent la mitraillette en bandoulière. Un vrai Far Est, avec ses cowboys et ses indiens ! On connait la suite !

Nous finissons notre visite, pour une pause déjeuner, chez un palestinien qui habite une colline au-dessus du cimetière d’Hébron. Il a un tout petit jardin et son voisin est un colon juif. La clôture grillagée est à peine à 2 mètres de sa maison et le long de la clôture patrouille en permanence des militaires ! Quelle surprise de voir notre pique-nique dans le jardin ainsi épié !

Lors de notre repas où se sont retrouvés les 3 groupes, nous avons échangé sur e que chacun a pu voir, puisque nous ne sommes pas allé dans les mêmes quartiers. Une parie d’un groupe a pu aller, sans le guide palestinien interdit d’entrée, dans le quartier entièrement occupé par les colons juifs.

Ensuite, nous sommes retournés dans le centre de la veille ville, nous avons retrouvé là d’autres internationaux dont un groupe d’écossais ainsi que des anticolonialistes israéliens. J’ai pu discuter avec un qui se disait proche des Anarchistes contre le Mur mais trouvait le projet anarchiste trop exigeant pour l’image qu’il se faisait de l’humanité.

Nous nous regroupions pour participer à la manifestation hebdomadaire organisée par les « Youngs against settlements ». L’objectif est de manifester dans la veille ville jusqu’aux limites imposées par la présence militaire israélienne.

Ainsi, nous partons en manifestations, avec pancartes, slogans contre l’occupation. L’armée arrive et s’engage un face-à-face avec slogans, sit-in, … La mitraillette des militaires n’est pas loin. Les militaires sont jeunes, les anticolonialistes israéliens les interpellent en Hébreu. La tension est forte, nous sommes en décembre, mais beaucoup transpirent, surtout chez les militaires. Un militaire se met à trembler, leur chef demande aux soldats de se tenir par le bras afin d’assurer la cohésion de leur groupe et éviter des dérapages, pour certains l’envie de tirer n’est pas loin, pour d’autres se seraient plutôt l’envie de partir d’être ailleurs, mas nous sommes-là, tous et c’est aussi là que se joue la question des mètres inexorablement grignotés aux palestiniens. La « guerre silencieuse » !

Finalement, nous rebroussons chemin et retournons manifester ailleurs dans la ville. La vieille ville est un dédale de ruelles voutées et pavées. Nous arrivons dans une fine artère de 4 mètres de large maximum avec des boutiques de chaque côté, avec leurs étals qui débordent sur la voie. Au bout de la voie, se trouvent un cordon de militaires, qui empêchent d’aller plus loin. Plus loin le ciel est dégagé, la voute se termine là et notre manifestation aussi.

Nous faisons face aux militaires, je me retrouve au milieu des robes de la boutique qui pendent le long du mur et j’ai du mal à voir tout ce qui se passe. Il y a des slogans, des cris, des mouvements. Là, difficile de dire dans quel ordre, tout s’est passé. Une anticolonialiste israélienne est arrêtée. Une palestinienne crie et fait un malaise. C’est la propriétaire de la petite boutique en face de moi. C’est vrai qu’à chaque fouis qu’il y a une manifestation dans la vieille ville, en représailles une boutique palestinienne est fermée par l’armée israélienne. Un manifestant du groupe qui est secouriste intervient pour l’aider et demande de l’air. L’armée, au contraire, se presse. De notre côté, chacun pousse pour ne pas reculer, pour ne pas partir en fuyant dans ces ruelles trop étroites, pour obtenir cet air demandé pour la palestinienne, parce que dans l’action, on ressent ce qu’il faut faire plus que l’on débat, discute, d’où l’importance du préalable du consensus, du choix de la non-violence du côté des manifestants, de notre côté, en face ce n’est pas vraiment le cas. Deux personnes de plus sont arrêtées : le secouriste français et un écossais. Nous repartons de la vieille ville, la tension un peu retombée. Mais ce n’est pas encore fini, un groupe de militaires ne sait pas s’il doit nous laisser sortir de la ville, il n’a pas de gradés responsable et ne peut prendre la décision seul de nous laisser passer, par contre nous bloquer, ça il peut faire. Après 15 longues minutes, un gradé arrive et nous demande de dégager en faisant lever le barrage. Or de la vieille ville, nous regroupons. Une petite délégation ira prendre des nouvelles des trois personnes arrêtées.

http://www.europalestine.com/spip.php?article5710
http://www.europalestine.com/spip.php?article5712
http://www.europalestine.com/spip.php?article5711
http://www.europalestine.com/spip.php?article5714

Les trois personnes seront libérées le soir même avec une interdiction de retourner à Hébron pendant 15 jours !

En rentrant vers le bus, j’essaie de discuter avec un de nos guides palestiniens. Comme j’ai vu des policiers palestiniens, je lui demande l’attitude de l’autorité palestinienne à l’égard de leurs manifestations. Il me répond « ni pour ni contre ». Enfin, c’est ce que j’ai compris avec mon anglais fragile. Je dirais même « ni pour ni contre, bien au contraire » !

 Bethléem, Beit Sahour,

Nous retournons à Bethléem en bus. Nous nous retrouvons dans une grande salle municipale. Il y a beaucoup de policiers. Peut-être ont-ils une fête dans une salle à côté. Nous manquons-là d’interlocuteurs palestiniens pour nous expliquer ce que nous faisons-là. En fait, nous allions manger.

Ensuite, nous étions invités à participer à un récital de chants et danses en plein air. Une sorte de foire avec des stands de nourritures. Après quelques notes, nous partons à la recherche d’un café pour déguster une bonne bière palestinienne, une Taïbé. J’ai même trouvé une petite boutique d’eau-de-vie pour prendre une fiole de raki, très bon alcool local anisé.

En rentrant, nous retrouvons le palestinien qui nous héberge sur Beit Sahour. Son ami américain, qui est aussi hébergé avec nous arrivé, avec un hollandais qui fait un service civil dans une association humanitaire à Hébron. Ensemble, nous rejoignons Beit Sahour, à pied, à travers champs mais la zone est habitée entre Bethléem et Beit Sahour. Nous nous couchons rapidement, car le lendemain matin, nous devons nous lever tôt pour partir vers Ramallah.

Au petit déjeuner, il y a du fromage fait à la maison avec du lait de brebis cuit, caillé et essoré puis congelé pour la conservation, une belle omelette, du thé, … Nous laissons un petit cadeau à la dame qui nous a hébergé. Elle nous a raconté que ses enfants étaient partis vivre aux USA car ici, ils ne trouvaient pas de travail dans leur spécialité, qu’elle était enseignante et après avoir travaillé dans une école privée, a près de 60 ans voire plus, elle avait dû accepter de travailler dans une école publique de l’Autorité Palestinienne afin de pouvoir être payée, les subventions internationales allant à l’Autorité Palestinienne, c’est elle qui redistribue ainsi ces fonds, il y a donc peu de moyens financiers en dehors.

le mur de séparation aux abordsdu check-point de Kalendia, graphé en illustration du rêve d’évasion des palestiniens (photo PhA 27/12/2010)

Nous nous retrouvons au bus prés de l’endroit où hier soir il avait la fête. Nous partons vers Ramallah, premier arrêt le check-point de Kalandia. Nous traversons des paysages de garigues, de multiples collines de chaque côté de la route. Et presque toujours, en haut des collines, des implantations juives et en bas des villages palestiniens. Nous passons par des routes en plus ou moins bon état derrière des grillages protégeant les voies modernes réservées aux colons israéliens. Partout, la présence militaire, le mur avec ses tours de garde, miradors disséminés dans le paysage et reliés par des murs, des barbelés, des grilles, …

Arrivés à Kalandia, nous trouvons un immense mur, peint et tagué avec un portrait d’Arafat jeune en keffieh à côté d’un portrait de Marwan Barghouti, tous deux membres du Fatah, l’un décédé l’autre un des plus vieux prisonniers politiques détenus en Israël, puis, en ombre chinoise, une jeune fille accrochée à 3 ballons qui s’élève vers le haut du mur et ce commentaire « Ce n’est pas comme ça, fille, que tu sortiras d’ici ! ». Une file continue de voitures, de bus, de camion tente, comme tous les jours, de passer le check-point de Kalandia pour rentrer dans les territoires côté israélien, y compris ceux annexés par la construction du mur.

Rapidement, nous formons une manifestation avec drapeaux palestiniens et des drapeaux jaunes, plus tard, j’apprendrais que ce sont ceux du Fatah. Il semble qu’aux alentours de Ramallah, il y ait une certaine hégémonie du Fatah. Aussi rapidement, les grilles se ferment, le flux des voitures est détourné. Les militaires ferment les grilles auxquelles nous nous agrippons et poussons pour tenter d’empêcher la fermeture des grilles. Une personne arrive à se faufiler de l’autre côté des grilles, elle est malmenée, un groupe pousse et passe pour l’aider et tenter de la ramener vers nous, les personnes s’agrippent les unes aux autres, s’entassent à terre. Les soldats tentent de les extraire un à un. Un enseignant proche de la retraite est extrait par le cou, par une strangulation. Il est groggy et ne bougera plus trop le temps de reprendre ses esprits. Quelques personnes réussissent à revenir avec nous côté palestinien avant qu’un ordre d’arrêter toutes les personnes passées au-delà du check-point n’arrive. Certains arrivent à vriller la serrure, celle-ci ne ferme plus. En urgence, une jeep arrive pour bloquer les grilles du portail. Un soldat grimpe dessus et tente de mettre une chaine entre les deux battants du portail pour les coincer avec un cadenas. Il n’arrive pas à la passer suffisamment longtemps pour mettre le cadenas. Certaines réussissent même à arracher la chaine puis à la faire disparaitre. L’armée capture ainsi 9 internationaux et un journaliste palestinien. Après négociation avec des gradés israéliens, nous acceptons de reculer et de nous disperser en échange de la libération du palestinien. Ce qui fut fait après que nous ayons reculé suffisamment loin du check-point.

http://www.europalestine.com/spip.php?article5715
http://www.europalestine.com/spip.php?article5716
http://www.europalestine.com/spip.php?article5720
http://www.europalestine.com/spip.php?article5725

Ainsi 9 personnes seront arrêtées. Il y aura des blessés. La personne étranglée en sera quitte pour extinction de voix, il y aura aussi une poignée luxée. Les personnes seront gardées la journée en interrogatoire, le soir les blessés et personnes âgées seront ramenées à la Maison d’Abraham à Jérusalem-Est et convoquées le lendemain pour décider de leur sort. Les plus jeunes seront mis en prison jusqu’au lendemain. L’avocate Léa Tsemel les défendra. Ils seront condamnés à quitter le territoire au plus tôt. Le lendemain, les autorités israéliennes décideront de leur délivrer une invitation à quitter le territoire israélien au plus tôt, en leur laissant faire eux-mêmes les démarches auprès des agences de voyage.

 Bil’in,

Après la manifestation du check-point, le groupe, sans les 9, continuera vers Ramallah puis Bil’in. Aux abords de Ramallah, la police de l’autorité palestinienne encadre le bus. Nous passerons aux abords de la Mouqhata mais éviterons le centre-ville de Ramallah. Est-ce que l’Autorité palestinienne voulait éviter que nous risquions de manifester dans Ramallah ou bien souhaitait-elle que nous arrivions sans encombre à Bil’In ? Je n’en saurais rien.

A Bil’in, nous sommes réunis dans une salle, on nous présente rapidement l’histoire de la résistance non-violente à Bil’in et on nous indique les familles qui nous nourrirons et nous hébergerons pour la nuit. Une grande manifestation internationale est prévue vendredi 31 décembre 2010, mais aujourd’hui la manifestation consistera à aller planter de jeunes plants d’oliviers sur les terres proches de la clôture de séparation afin de reconquérir les terres qui sont vouées à l’annexion.

Nous convergeons de chez nos familles d’accueil vers le point de départ de la manifestation. Là dans un hangar ont entreposés une grosse centaine de plants d’oliviers, tous ceux qui peuvent prenne un plant, d’autres prendrons des pelles, enfin quelques autres filmeront. Nous partons en manifestation avec nos plants. Au bout de quelques minutes, nous voyons une grille qui enserre l’horizon. Ici le mur se fait grillage, car sa position n’est probablement pas définitive dans l’esprit des israéliens.

Cette grille est militarisée : fils de fers barbelés en rouleaux de chaque côté, route qui longe le grillage, fossé et zone déserté de toutes plantations côté palestinien. L’objectif de la manifestation est donc de rendre vie à cette zone au pied du grillage en plantant ces jeunes oliviers, symbole de la terre de Palestine, symbole de paix aussi. Nous déployons de chaque côté de la route pour aller planter le plus d’arbres possibles avant l’arrivée de l’armée et le début des hostilités. Il s’agit de creuser, de dépoter le plant et de constituer une légère cuvette au pied du plant. En effet, il sera difficile de venir apporter l’eau nécessaire à l’enracinement du jeune plant. La période n’a pas été choisie au hasard, en hiver, il pleuvra et l’eau arrivera naturellement à la jeune pousse. La pluie est annoncée pour la semaine suivante. Pendant que nous plantons sur ce terrain escarpé et en pente, les forces d’occupation israéliennes se font de plus en plus nombreuses, d’abord des soldats à pied puis avec quelques jeeps, des sommations sont lancées, mais nous finissons d’installer nos derniers plants. Puis une pluie de grenade lacrymogènes, nous arrivent dessus, un certains nombres d’entre nous détalent, dans tous les sens, car les gaz nous aveuglent très vite. Il y aura quelques foulures sur les cailloux. Sur la route, j’aperçois IBRAHIM sur son fauteuil roulant. Il porte un masque à gaz et prend des photos. On peut le voir dans le film de Shaï Pollack des Anarchistes contre le Mur sur la résistance non-violente à Bilin.

IBRAHIM fait partie avec son père des premiers à avoir popularisé la résistance non-violente de Bilin. Aujourd’hui, le village forme les autres villages à cette forme de résistance. Cette forme de résistance leur permet d’avoir un écho et une popularité internationale et ils accompagnent cette résistance de terrain de longue haleine avec une résistance, elle aussi de longue haleine devant les tribunaux, avec le cabinet d’avocats anticolonialistes israéliens de Léa Tsemel, bien connus aussi des internationaux bien souvent contraints d’avoir recours à leur service, le plus souvent avant une expulsion. Recours devant les tribunaux israéliens qui ont permis par exemple le recul de la clôture d’annexion de quelques mètres autour de Bilin, mais aussi recours devant les tribunaux canadiens, car les sociétés canadiennes (Green Valley et Green Park) qui construisent les implantations coloniales le font alors que la législation de leur Etat ne reconnait pas comme légale l’annexion, donc leur activité est illégale, le verdict ne semble pas avoir été rendu à ce jour, à suivre sur les sites suivants :

http://bilinmtl.blogspot.com/
http://www.bilin-village.org/francais
http://www.nonviolence.ca/index.php?option=com_content&task=view&id=239&Itemid=111

Contraints, nous nous replierons vers le centre de conférence.

Il n’y aura pas eu de perte aujourd’hui, mais vendredi 31 décembre 2010, la commune de Bilin connaîtra une nouvelle perte avec le décès de Jawaher Abu Rahmah (voir par exemple : http://www.awalls.org/israeli_forces_kill_female_protester_in_bilin ou http://www.bilin-village.org/francais/articles/presse-et-medias-independants/Israel-doit-permettre-aux-Palestiniens-de-manifester-en-paix ). Il y a un an déjà (17 avril 2009) son frère, Bassem Abu Rahmah, décédait dans ce même lieu (voir : http://www.bilin-village.org/francais/articles/autre-regard/Il-s-appelait-Bassem ). Elle est décédée asphyxiée par les gaz (lacrymogènes ?), ses poumons seront collés, l’empêchant de respirer, elle décédera le lendemain à l’hôpital de Ramalah. Ce devait être une grande manifestation symbolique, internationale. Ce vendredi, le Premier ministre palestinien, Salem Fayyad, s’est déplacé pour participer à la manifestation hebdomadaire. Des heurts avec les soldats israéliens ont éclaté à l’issue du rassemblement, qui réunissait plusieurs centaines de personnes. La présence du Premier ministre n’a visiblement pas empêché la violence de l’occupation de s’exercer encore et toujours.

Au centre de conférence, nous nous regroupons, constatons que personne n’a été perdu. Nos hôtes, ont reçu quelques autorités qui tiennent à nous remercier de notre présence et tiennent à nous expliquer la situation. Il y a ainsi un représentant des relations internationales du Fatah, qui parle anglais et sera traduit par un de nos hôtes de Bethléem, Mazin Qumsiyeh (par ailleurs, auteur d’un travail sur la résistance non-violente populaire en Palestine : http://qumsiyeh.org/ ). Il nous expliquera que la politique du Fatah est basée depuis de nombreuses années sur la négociation. Aujourd’hui, le Fatah fait le constat de l’impasse de cette voie dans la mesure où il n’y a plus de partenaire pour la négociation en Israël et aucune volonté internationale pour imposer la négociation, le Fatah a donc décidé de se retourner vers le soutien aux résistances de son peuple à l’image de celle menée par les villageois de Bilin. Nous aurons aussi, une présentation par le Ministre des colonies et des frontières de l’Autorité Palestinienne, sur la situation dramatique des terres annexées sans cesse et des frontières qui se réduisent autour des palestiniens. Un diaporama doit ensuite nous être présenté, mais ces traductions sont fastidieuses et notre journée a été harassante, un traducteur de notre groupe demandera d’écourter la présentation. D’ailleurs, les présentations n’étaient pas entourées du silence religieux de nos hôtes de Bilin qui discutaient et riaient entre eux pendant les exposés. Signe sans doute que ces discours de politesse ne leur apportaient pas grandes nouveautés ou qu’ils n’y apportaient pas grand crédit. Quelques questions furent posées comme la question des relations avec le Hamas. La réponse fut diplomatique, c’est-à-dire, celle de l’unité du peuple palestinien et donc de la nécessaire réconciliation (l’histoire a rattrapé cette question avec les manifestations populaires de jeunes pour l’unité politique, sociale et géographique de la Palestine au premier trimestre 2011).

Nous rejoignons nos familles d’accueil qui ont préparé de quoi nous restaurer. Les repas sont équilibrés avec des légumes en salade (tomates, betteraves), du riz, du yaourt et un bout de viande. Toute la famille et la belle-famille est venue nous rejoindre, nous tentons de discuter mais je suis le seul des 3 français hébergés à parler anglais, donc ce n’est pas facile. Nous sommes accueillis par une famille jeune qui avait une petite fille qu’ils ont appelé « Céline », enfin je crois et visiblement la maman attend un nouvel enfant. Je comprends que la personne qui nous accueille est le fils de l’ancien maire de Bilin, ensemble ils étaient partis l’an passé, avant le décès de son père, au Canada pour le procès des sociétés canadiennes qui construisent les colonies. J’ai aussi compris qu’il travaillait pour la municipalité de Ramallah. Nous avons simplement émis des doutes sur la stratégie d’Abou Mazen (Mahmoud Abbas), mais visiblement j’ai cru comprendre que la belle-mère n’appréciait pas ces doutes. Comme je l’ai dit, depuis Kalandia, nous avons constaté que nous manifestions avec des drapeaux jaunes en plus des drapeaux palestiniens habituels. Ce sont les drapeaux du Fatah, qui exerce apparemment une forte influence sur cette partie de la Cisjordanie.

Le lendemain matin, nous rejoignons le bus pour Naplouse plus au Nord de la Cisjordanie.

 Naplouse,

En entrant dans Naplouse, il me semble reconnaître les endroits où quelques années plus tôt, nous sommes passés à pied. Quel changement ! Alors, Naplouse subissait une nouvelle incursion de l’armée israélienne, la population était sous couvre-feu. Aujourd’hui, le marché regorge de monde, les voitures sont nombreuses, les palestiniens circulent en tout sens. Le centre du PARC (Palestinian Agricol Relief Committee) qui étai détruit en 2003, se trouve reconstruit dans un ensemble d’édifices regroupant le Ministère de l’Agriculture.

Nos bus nous déposent devant l’université de Naplouse, nous sommes reçus dans un grand amphithéâtre ultramoderne. De vastes terrasses séparent les différents bâtiments de l’Université de Naplouse. Nous sommes accueillis par des étudiants en 2° année de français, principalement des étudiantes d’ailleurs. Le directeur de l’Université, nous souhaite la bienvenue, ainsi qu’un représentant de la Mairie de Naplouse, un professeur de français de l’université nous explique la situation de l’université et de la scolarité. Après une collation, nous sommes conduits vers la nouvelle université de Naplouse. Cette dernière m’apparait luxueuse. Chacune des facultés porte le nom du généreux donateur qui a financé sa construction. Pour l’essentiel, ce sont des émirs du golfe persique qui ont financé ces constructions. On retrouve aussi des équipements sportifs, des piscines, des terrains de basket, mais aussi des facultés de pharmacie, d’astronomie, de « sciences religieuses », de lettres, …

Nous passons beaucoup de temps entre ces bâtiments, trop de temps, car cela retardera notre programme.

Nous n’aurons malheureusement pas le temps de visiter le camp de réfugiés de Balata, car notre programme était très chargé. http://www.europalestine.com/spip.php?article5724

Nous retournons vers le centre de Naplouse, avec l’intention de visiter la Maison de Darna, qui a relancé (à ma connaissance) la production traditionnelle de savon de Naplouse (comme le savon d’Alep, mais avec un séchage moins long). La Maison de Darna est l’association qui a organisé la production mais aussi la distribution dans le monde de ces savons en expliquant l’origine et l’utilisation. Cette association, pour laquelle il y a déjà eu un article dans Le Monde Libertaire, il y a quelques années, a eu des difficultés avec la Mairie de Naplouse, à qui elle refusait de reverser une part des recettes. Nous fumes déçus d’apprendre que nous ne pourrions la visiter car elle était fermée. Dans un premier temps, nous avons cru que les locaux étaient fermés parce que nous arrivions trop tard, plus tard, nous comprîmes que c’était suite aux problèmes relationnels avec la Mairie, que le centre était fermé. Nous sommes alors passés par une vielle rue piétonne au centre de la ville, nous avons visité une savonnerie qui ne semblait plus en activité (pour compenser Darna ?). Nous avons du mal à nous déplacer en groupe dans la rue, les présentoirs des boutiques se déployant sur la voie piétonne. La fois précédente où j’ai parcouru cette rue, ce sont les gravats et les voitures écrasées par les chars qui rendaient difficile notre progression. Nous nous rendons dans une association pour que l’on nous donne un repas pour le midi. En face se trouve, une école maternelle, en 2003, à cet endroit, nous sommes tombés nez à nez avec un char israélien qui prenait plaisir, semblait-il, à détruire de ses chenilles le trottoir de cette école, tout en nous pointant de son canon. Aujourd’hui, tous rassemblés dans une cour nous mangeons notre sandwich, notre gâteau (amandes et miel !) et le café. Allez tout le monde repart, car nous sommes attendus à Beitin, prés de Ramallah pour une action. Les villageois souhaitent profiter de notre présence pour tenter de libérer un point de passage entre leur village et Ramallah. La route la plus courte est barrée par un tas de gravats, les obligeants à prés d’une demi-heure de route pour rejoindre Ramallah, distante par cette route directe de 5 minutes.

 Beitin,

En arrivant au village de Beitin, nous retrouvons plusieurs bus ainsi que des palestiniens et des internationaux que nous avions croisés aux précédentes manifestations. Tout le monde nous attend ! A peine arrivés, nous mettons nos chasubles et nous partons tous en manifestation vers le point de blocage, avec drapeaux et force slogans. Malheureusement, à peine voyons nous l’amas de pierres et de terres qui bloque la route, que nous découvrons aussi les premiers soldats israéliens qui nous interdisent l’accès à la route, à mesure que les manifestants de nouveau soldats arrivent et très vite les premiers tirs de gaz fusent en tout sens. Certains partent par les villas palestiniennes et là aussi arrivent les grenades à gaz. Nous refluons, certains ont du mal à voir à cause des gaz lacrymogènes, d’autres les aident avec des sortes de parfum pour calmer. http://www.europalestine.com/spip.php?article5721

Nous nous sentons un peu responsables de l’échec de cette manifestation. En ayant joué le jeu de la politesse institutionnelle, nous avons mis en retard la manifestation et facilité l’arrivée des soldats avant toute tentative d’action sur le tas de gravats !!

Nous devons faire un détour pour rentrer à Jérusalem par Ramallah. Dans la banlieue de Ramallah, nous devons abandonner les bus palestiniens pour retourner à Jérusalem. Nous devrons prendre individuellement les lignes de transports collectifs entre Ramallah et Jérusalem. Nos hôtes palestiniens tiennent à nous fournir un dernier sandwich pour la route. La nuit est déjà tombée et nous faisons des petits groupes pour prendre le bus.

Dans un bus, je découvre une « publicité » ou une recommandation (de la compagnie de bus ?) indiquant comment il faut porter le niqab. Il est déconseillé aux femmes de porter le niqab avec un short ‘ou une minijupe ?), il est aussi déconseillé de le porter avec un jean, les deux ports sont stylisés et rayés, alors que le port du niqab avec une robe longue est conseillé. Cette affiche m’a suscité la remarque que sans doute ces ports déconseillés devaient exister et j’ai alors pensé à cette femme d’un pays du golf (où l’obligation du port du niqab était inscrite dans la loi) portait le niqab à la ceinture (juriste de formation, elle manifestait ainsi puisque la loi n’indiquait pas où ce port était obligatoire.

 Jérusalem-Est,

Nous arrivons à Jérusalem et rejoignons la Maison d’Abraham. Nous aurons une journée de libre avant le départ de notre avion pour nous promener dans Jérusalem-Est.

Là, nous retrouvons les arrêtés de Kalendia. Certains d’entre nous sont éclopés de Bilin. L’une aura finalement une fracture de la cheville, mais les services médicaux israéliens ne seront pas très soigneux, ne soignant que les hématomes. Par ailleurs, les représentants d’Europ Assistance feront trainés deux jours avant d’autoriser le rapatriement sanitaires. Ils seront militants israéliens avant d’être soignants. Moi-même, j’aurais une inflammation du talon, suite à la fuite sur les cailloux à Bilin au milieu des grenades de gaz asphyxiants et lacrymogènes.

Le dernier jour, nous visitons la vieille ville de Jérusalem. Bien sûr, nous croiserons quelques jeunes israéliens la mitraillette en bandoulière. C’est un peu le « Far-West » avec ses cow-boys et ses indiens. La même démarche : la Conquête de l’Est.

Certains ont continué les rencontres avec les palestiniens et ont continué de témoigner, comme : http://degrenobleagaza.over-blog.com/

 Le Retour,

Le soir le taxi, nous amène à côté de Tel Aviv, aéroport Ben Gourion. Nous faisons la queue pour l’enregistrement. Là, pleuvent les questions, où étiez-vous, pourquoi votre épouse a un prénom musulman, connaissez-vous ses parents, pourquoi vous êtes-vous mariés avec une arabe, … Je garde mon calme et ne réponds pas aux provocations et nous sommes autorisés à passer aux détecteurs. A Jérusalem, nous avons acheté des dattes de Jéricho, celles-ci semblent inquiéter, nous devons faire la queue pour passer au contrôle manuel.

Enfin, nous montons dans l’avion Alitalia. Ce retour sera plus calme que le précédent, puisqu’à l’époque nous arrivons dans l’avion encadrés par la police qui nous expulse, les hôtesses étaient accueillantes mais les passagers semblaient tous être des français sionistes ou des israéliens sionistes vivant en France. Ils n’avaient pas pu s’empêcher de nous buter eux-mêmes. Charmants compatriotes !?

Qui plus est nos amis palestiniens ont été contents de notre présence active et l’ont témoigné par courrier, par exemple lire le courrier de Mazin Qumsyieh ici : http://www.europalestine.com/spip.php?article5733.

Mes photos ne sont pas terribles mais sont visibles à ces adresses : http://picasaweb.google.com/farida.trichine/PhotosPhilou?authkey=Gv1sRgCJnR_MWS5cuSiwE&feat=email# et http://picasaweb.google.com/farida.trichine/PhotosPhilou2?authkey=Gv1sRgCKm0qMDZg8nupAE&feat=email#

Le début de l’année était la période des vœux, alors disons « que 2011 soient une année de victoires pour les plus faibles et de défaites pour les possédants et les accapareurs de tous poils ».

 La Prochaine mission Juillet 2011,

Mais les palestiniens semblent satisfaits de cette mission de décembre et ils ont décidé quasiment de suite d’organiser une nouvelle mission en juillet 2011 dans la vallée du Jourdain, elle-même aussi grignotée par la colonisation. Je vous invite chaleureusement à venir avec nous du 8 au 16 juillet 2011. Il s’agit pour nous d’arriver toutes et tous le 8 juillet à Ben Gourion en revendiquant notre destination : La Palestine. Nous voulons en finir avec le mensonge dans l’objectif de rentrer, en prétextant une visite ne Israël. Vous trouverez toutes les informations sur le site http://bienvenuepalestine.com . Cette opération est complémentaire de « Un bateau pour Gaza » qui tentera fin juin 2011 de dénoncer, si ce n’est briser le blocus de Gaza, quand notre mission vise à illustrer les dégâts de la colonisation galopante en Cisjordanie occupée.




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