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Divergences, Revue libertaire internationale en ligne
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Christiane Passevant
Venezuela : révolution ou spectacle ? Une critique anarchiste du gouvernement bolivarie
de Rafael Uzcátegui (Spartacus)
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Venezuela : Révolution ou spectacle ? ou le regard critique d’un militant libertaire, Rafael Uzcategui, sur la situation au Venezuela.

Car il s’agit bien de spectacle dans le monde actuel de la communication, d’image sublimée et des faux semblants. Or ce livre casse toutes les idées reçues et galvaudées par des tendances, de gauche comme de droite, qui s’escriment à convaincre qu’il n’y a pas d’autre alternative possible que celle qu’ils et elles prônent.

Lorsqu’il s’agit du Venezuela, « d’un côté, on affirme que le gouvernement de
Caracas a engagé une série de transformations radicales qui déboucheront sur le “socialisme du XXIe siècle”, une trajectoire qui s’oppose aux politiques et aux valeurs de l’impérialisme capitaliste ; de l’autre, au contraire, on assure que le président Chávez est un dictateur qui instaure par la force le communisme au Venezuela.
 »

Capitalisme d’État, « populisme qui prétend lutter contre le capitalisme et l’impérialisme », quelle est finalement la nature du régime d’Hugo Chavez ? Comment cerner la complexité de ce pays dans le contexte de la globalisation capitaliste ? L’autonomie et l’émancipation sont-elles au programme du gouvernement ?

Venezuela : Révolution ou spectacle ? de Rafael Uzcategui est aussi une œuvre d’historien, sans aucune concession à l’histoire officielle. Il donne la parole aux voix « critiques autant du gouvernement Chavez que des partis politiques d’opposition », critiques de la propagande aussi « qui a contribué et contribue […] à démobiliser les authentiques alternatives anticapitalistes et anti-impérialistes dans l’horizon historique contemporain. »

Jean-Michel Kay : Rafael Uzcategui, militant libertaire venezuelien, a voulu écrire ce livre parce qu’il s’est rendu compte qu’au fil des années s’était constitué dans la gauche internationale un courant qui défend le régime de Chavez, en le présentant comme la voie du socialisme du XXIe siècle. Mais pour la population qui vit au Venezuela, c’est un autre écho. Et il nous a semblé important, à Spartacus, de faire paraître ce livre, même si habituellement nous publions plutôt des ouvrages historiques. Il faut rappeler que les éditions Spartacus, fondées dans les années 1930 par René Lefeuvre, ont dénoncé le stalinisme qui à l’époque était présenté comme l’avenir radieux.
Aujourd’hui, une partie de la gauche française soutient que ce qui se fait au Venezuela est un modèle. C’est aussi la raison pour laquelle nous avons décidé de publier l’ouvrage de Rafael Uzcategui.

Le pétrole…

Jean-Michel Kay : C’est le premier pays exportateur de pétrole, qui a été découvert au XIXe siècle. Il servait alors essentiellement à faire la cuisine. À partir des années 1920, l’exploitation a été industrialisée sans qu’elle profite vraiment à la population d’ailleurs. Mais les paysans pauvres ont immigré vers les villes où la vie était moins difficile grâce aux revenus du pétrole.
En 1960, après l’indépendance, le pays est à l’initiative de la création de l’OPEP et au moment du choc pétrolier, dans les années 1970, le Venezuela est dans une situation bien différente de celles des autres pays d’Amérique latine où règnent des dictatures militaires. Le pays est dans une expansion de type socio-démocrate et la paix sociale est achetée par les revenus de l’exportation du pétrole. On construit des écoles, des logements sociaux, on met en place un système de santé, tout cela avec une compagnie pétrolière nationale. Mais ce régime n’a pas tenu avec l’effondrement du cours du pétrole.

À la fin des années 1990, les élites des anciens partis politiques sont déconsidérées et ce lieutenant colonel, Chavez, est présenté aux élections présidentielles. Et là, on retrouve autour de Chavez, les partis de gauche venezueliens, notamment le parti communiste, des marxistes, des anciens des guerillas des années 1960. Il est élu président de la république, le discours étant « Il faut redonner la souveraineté au peuple ». Mais il n’y avait pas de base populaire ni de mouvements sociaux constitués qui appuyait ce mouvement qui était uniquement électoral. C’est pourquoi, il y a eu toute une démarche de constitutionalisation canalisant l’enthousiasme populaire et un discours nourri par les théories de la gauche marxisante, la lutte de classes, l’anti impérialisme…

Mais pour revenir au titre de Rafael Uzcategui, Venezuela : Révolution ou spectacle ?, depuis douze ans, on ne peut pas dire qu’il y a eu une révolution au Venezuela.

Aujourd’hui ?

Charles Reeve : Il y a trois ans, je suis allé au Venezuela où j’ai rencontré Rafael. Cela a du changer depuis, mais ce que l’on peut dire c’est que l’État est revenu à un type d’interventionnisme social, par définition qui vient du haut vers le bas. Cette montée au pouvoir des chavistes n’est pas le résultat n’est pas le résultat d’un mouvement social comme cela a été le cas en Bolivie, mais c’est le résultat d’une restructuration de la classe politique étatique autour de Chavez qui est un homme des militaires. Il y a cependant une chose importante, ce sont les émeutes de 1989 avec le recours au FMI et un programme d’austérité. C’est toujours la même chose, on est en plein dedans. Et là-dessus le gouvernement social-démocrate, avec à sa tête Carlos Andrés Pérez, ami de Mitterrand, met en place une augmentation des prix et notamment des transports. Ce sont les émeutes de Caracas, pendant plusieurs jours, réprimées par l’armée à laquelle appartenait Chavez et qui a fait un millier de morts. Deux ou trois ans après, Chavez fait deux tentatives de prises de pouvoir qui ont échoué. Et c’est à la suite de cela qu’il est élu en 1998.

Aujourd’hui, il y a à la fois l’écroulement du vieux système d’aide sociale et l’apparition du nouveaux gérés par les associations chavistes. Mais la dégradation vient de l’inflation, qui est l’une des plus hautes, et même de la dégradation du système chaviste. Car le pays est extrêmement endetté auprès de banques internationales et de puissances comme la Chine. Le gouvernement vend actuellement son sous-sol aux Chinois en échange de prêts. Toute une détérioration de la situation se fait actuellement.



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